French – Israel Shamir http://www.israelshamir.com Ideas that will Derail the descent to Barbarity Thu, 01 Aug 2019 17:11:35 +0000 en hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.2.2 L’Ukraine et l’Eglise politique http://www.israelshamir.com/french/lukraine-et-leglise-politique/ http://www.israelshamir.com/french/lukraine-et-leglise-politique/#respond Wed, 24 Jul 2019 16:37:19 +0000 http://www.israelshamir.com/?post_type=french&p=3639 Les tentatives pour chasser l’Eglise du terrain politique, et la reléguer dans le coin des loisirs ont échoué, mais l’organisation la plus importante de l’histoire humaine n’a pas encore regagné la place qu’elle avait avant que les juifs et les libéraux unissent leurs forces contre la chrétienté. La défaite des nazis ukrainiens est le premier résultat tangible des changements en cours.

Le président russe Vladimir Poutine est du genre va-t-à-la messe, un oiseau rare parmi les hommes d’Etat qui comptent. Il communie, et il a un confesseur, et il allume des cierges dans des paroisses modestes les jours de fête religieuse, et il confère avec de vieux sages dans des monastères reculés. Il suit la politique de l’Eglise, et reste engagé. Récemment, face à une urgence confuse (unspecified emergency), après que le sous-marin nucléaire russe eut souffert un accident fatal (le 1er juillet dernier), et alors que le vice-président Mike Pence venait d’être rappelé à Washington (le 2 juillet), Poutine s’en est allé rendre visite au pape François (le 4 juillet), avec lequel il a eu un long entretien dramatique, en tête-à-tête.

Rien n’est plus significatif du changement dans le cœur russe. En 1944, Staline avait répliqué à Churchill qui lui recommandait de tenir compte du point de vue du Vatican avec son célèbre: “Combien de divisions, le pape de Rome”? Et maintenant, l’héritier de Staline respecte et écoute attentivement les opinions du successeur de saint Pierre, tout en conservant sa propre allégeance chrétienne orthodoxe.

Au même moment, les US jadis chrétiens ont tourné le dos à l’Eglise. Si un quotidien US important fait mention de l’Eglise, c’est habituellement pour la condamner parce qu’elle refuse de consacrer les unions de même sexe, pour une affaire de “prêtres pédophiles” ou pour avoir manqué aux juifs en matière d’Holocauste. Les US mettent un point d’honneur à ne jamais défendre les chrétiens. Les juifs, toujours, et les musulmans, de temps en temps. Mais les chrétiens, jamais.

L’Eglise a été lente à riposter, mais le moment si longtemps retardé est arrivé. Tant que Moscou était rouge et athée, l’Eglise n’avait pas d’autre choix que de faire corps avec Washington. Maintenant cela n’a plus de sens.

La rencontre de Poutine avec le pape, sa troisième audience avec le pape François et la sixième avec un souverain pontife, signifie un changement cardinal, m’a dit Frère Jeffrey Langan, un prêtre de l’Opus Dei, un homme très proche du Vatican et professeur de philosophie à l’université de Harvard. La rencontre avec Poutine marque l’intention du Saint-Siège de rompre avec les US, dans le contexte globalisé. Le Vatican se tenait aux côtés de Washington depuis des années, mais maintenant, le pape François a apparemment décidé que ça commençait à bien faire. L’Eglise devrait rester neutre dans les conflits internationaux. Cela concerne en particulier l’Ukraine. Le Saint-Siège considère le conflit ukrainien comme une guerre par procuration à l’instigation de la CIA, et elle veut rester en dehors de cela.

C’est une décision très importante. Les Ukrainiens sont en majorité des chrétiens orthodoxes, mais il y a une église grecque ukrainienne, une église catholique de rite byzantin. Elle est bien implantée en Ukraine occidentale, la région au nationalisme fervent qui a ses traditions propres. Les Ukrainiens de l’Ouest (ou Galiciens de la Galicie) étaient surtout des villageois, mais ils ont migré vers les villes lorsque les Juifs et les Polonais se firent massacrer ou expulser. Ils n’avaient guère d’amour pour les Juifs ni pour les Polonais, leurs voisins; après leur intégration à l’Union soviétique en 1940, ils découvrirent qu’ils aimaient encore moins les Russes (et les Ukrainiens russifiés).

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, leurs militants les plus durs choisirent le camp d’Hitler: après la guerre, ils se tournèrent vers les US. Après le démantèlement de l’Union soviétique, ils sont devenus les moteurs d’un développement indépendant, ou plutôt du dé-développement, parce que ces ex-paysans urbanisés de fraîche date se méfiaient profondément de l’industrie et des gens des villes. Ils ont désindustrialisé leur région, puis se sont installés en masse en Ukraine centrale, où ils sont devenus les emblèmes vivants de l’élan culturel du retour aux racines. Si la France était brisée par un Gorbatchev français, le Midi tenterait de revendiquer les traditions perdues du pays d’Oc, mais comme peu de gens du Sud parlent provençal, ils regarderaient du côté des villageois des Pyrénées en tant qu’incarnation de la culture du Midi. De la même façon, les Ukrainiens du centre et de l’Est de l’Ukraine ont gardé peu de choses de leur culture originale et de leur langue, après l’indépendance en 1991, et ils ont ressenti le besoin de regonfler leur identité ukrainienne. Les Ukrainiens de l’ouest faisaient l’affaire pour le rôle. Ils devinrent importants dans les structures politiques ukrainiennes, au niveau de l’idéologie et de la culture. Et leur église a gardé beaucoup de son influence sur cette population fort active et dynamique.

De l’autre côté, l’église ukrainienne grecque catholique est une lumière à suivre, pour les protestants ukrainiens. Les protestants, un groupe réduit mais d’un bon niveau d’études et influent, suivent en général la ligne des catholiques grecs. On considérait que l’église grecque catholique était violemment anti-russe.

Mais dès le lendemain de la rencontre avec Poutine, le 5 juillet, le pape rencontrait les évêques de l’église grecque catholique, et leur disait de laisser tomber leur rhétorique anti-russe. Restez en dehors du conflit, recommanda-t-il aux évêques. Ce fut pour eux une révélation: pendant des années, ils avaient combattu contre les Russes, et contre l’église majoritaire orthodoxe d’Ukraine, qui est alliée au patriarcat de Moscou. Et voilà que soudainement, on leur disait d’arrêter tout ça. Ils ont fait ce qu’on leur disait, et apparemment cela a eu de l’effet: aux élections parlementaires du dimanche 21 juillet, les nationalistes d’extrême-droite (que notre ami le Saker appelle les “Ukronazis”) se voyaient éliminés en tant que force politique, ou en tout cas ils ont perdu leurs positions. Finis les Ukronazis! Kaputt! Terminée, la révolution brune The Brown Revolution is over!

J’avais prédit ce résultat il y a cinq ans; l’Occident utilise et encourage toujours l’extrême-droite nationaliste pour se débarrasser des socialistes, mais dans l’étape suivante, c’est l’extrême-droite qui se fait déloger. Cela s’est passé en Croatie où des nazis pur jus ont été utilisés contre les socialistes afin de démanteler la Yougoslavie et de combattre les Serbes; après quoi, une fois la victoire atteinte, la chasse d’eau de l’histoire les a évacués. De la même façon, les Ukronazis ont rempli leur rôle en prenant le pouvoir et en déclenchant une guerre de basse intensité avec la Russie; puis ils ont transféré le pouvoir aux libéraux soutenus par Soros.

Cependant, le plus grand changement dans la politique de l’Eglise ukrainienne a eu lieu au sein de la communauté orthodoxe. En novembre 2018, j’ai écrit à propos du schisme en cours  dans l’église orthodoxe ukrainienne “Le spectre du Phanar”. Vous pouvez vous y reporter pour vous rafraîchir la mémoire. Bref, deux groupes nationalistes orthodoxes à la marge s’étaient unis pour écraser la plus grande église orthodoxe traditionnelle ukrainienne, qui est une partie autonome de l’orthodoxie russe relevant du Patriarcat de Moscou. Ls deux groupuscules firent appel au patriarche Bartolomé de Constantinople pour qu’il leur garantisse le Tomos (décret solennel et irrévocable) de l’autocéphalie, en d’autres termes pour les faire reconnaître comme une église indépendante au sein de l’église orthodoxe. Le Tomos leur a été garanti le 5 janvier 2019. En voici here le texte; le patriarche déclarait que les “Ukrainiens pouvaient désormais jouir du don sacré de l’émancipation, de l’indépendance, et du gouvernement propre, devenant libres de toute allégeance externe ou intervention extérieure.”

Seulement voilà que ce plan soigneusement encouragé par la CIA pour finir de séparer la Russie de sa sœur l’Ukraine, se trouve réduit à néant, en à peine six mois. Les ambitions et l’avarice ont saboté les plans des sans-Dieu.

Le personnage clé dans l’orthodoxie ukrainienne, c’est l’évêque nonagénaire Filaret. C’était un métropolite (archevêque) légitime de Kiev dans l’église orthodoxe russe, mais il avait une grande ambition personnelle, il voulait devenir le patriarche, le pape de Moscou. Comme il n’avait pas pu satisfaire cette ambition, il avait quitté l’église mère, pour se déclarer lui-même patriarche de Kiev, à la tête d’une nouvelle église orthodoxe ukrainienne (KP). Moscou le défroqua et le déclara hors-la-loi, et toutes les églises orthodoxes suivirent Moscou. Son organisation, plutôt réduite, devint la base de la nouvelle église orthodoxe ukrainienne, mais c’était un personnage trop controversé aux yeux de Bartolomé, pour se faire nommer comme le chef de celle-ci. On parvint à un compromis, provisoirement. Filaret serait le chef de la nouvelle église en tout, sauf en titre. L’évêque Epiphanius allait devenir le primat en titre, le personnage visible, nominalement, de la nouvelle église, et cette nouvelle église serait pleinement indépendante. Il était là, le grand succès de Petro Poroshenko, le roi du chocolat et président de l’Ukraine. Et ce fut bien là sa seule réussite, à moins de tenir compte de ses triomphes négatifs. Son nationalisme déchaîné, son animosité envers la Russie, la guerre interminable à l’Est de l’Ukraine, la reddition devant le FMI, l’ouverture des marchés à l’Europe et la fermeture des marchés russes, l’ont fait détester par les Ukrainiens appauvris, et il a misérablement perdu les élections présidentielles le 21 avril 2019, laissant la place à Vladimir Zelensky, un jeune comédien. Aussitôt après, l’église qu’il avait instaurée s’est effondrée.

L’évêque (ou patriarche, si vous préférez) Filaret a dit qu’on l’avait trompé. Il croyait qu’il allait être de fait le chef de l’église, mais il n’avait pas la moindre influence dans la nouvelle structure. L’homme dont il croyait qu’il serait le chef pour la galerie, l’évêque Epiphanius, refusait de partager le pouvoir avec le vieil homme.

Et surtout, le Tomos n’avait pas rendu la nouvelle église ukrainienne indépendante, malgré son titre d'”autocéphale”, elle s’était retrouvée soumise à Constantinople. Comme je l’avais prédit, les Ukrainiens n’ont aucune chance de devenir pleinement indépendants. Le régime de Kiev pouvait se passer de Moscou, mais il se retrouva  soumis à l’Occident. Ses finances sont supervisées par le FMI, son armée par l’OTAN, sa politique extérieure par le Département d’Etat US. Une indépendance réelle, c’était un mirage, hors d’atteinte de l’Ukraine. Et en matière d’église, les Ukrainiens ne pouvaient que se retrouver subordonnés à Moscou ou à Istanbul, le même choix devant lequel s’étaient trouvés leurs aïeux quatre siècles auparavant. Moscou, avec tous ses torts, avait moins d’exigences envers les évêques ukrainiens. Les Russes ne demandent pas de tribut, et peuvent être secourables. Constantinople, non. Le patriarche Bartolomé exigea de recevoir 4000 euros par église et par mois. C’est beaucoup, pour des Ukrainiens pauvres.

Filaret déclara le Tomos caduc, la nouvelle église une fiction, et annonça qu’il restait le patriarche du patriarcat de Kiev. Bartolomé déclara que le patriarcat de Kiev, ça n’existe pas, et que ça n’avait jamais existé. Bref, les Ukrainiens et les Grecs tentèrent de ruser l’un avec l’autre, mais Dieu est encore plus roublard. Un prêtre ukrainien a résumé (ici) les menées de l’église ukrainienne dans un post succinct qui a été repris des milliers de fois:

Filaret, Epiphanius et Poroshenko s’étaient mis d’accord pour tromper Bartolomé, s’agissant d’obtenir l’autocéphalie pour une église dans laquelle Filaret règnerait tandis qu’Epiphanius serait l’homme de paille. Bartolomé, en échange, les avait trompés tous les trois, en conférant le Tomos en des termes tels qu’il ne restait plus de l’autocéphalie promise que le nom. Poroshenko avait trompé Siméon (l’évêque du patriarcat de Moscou), en lui promettant la primauté dans la nouvelle structure. Siméon avait trompé ses propres fidèles, en promettant de ne pas partir ailleurs. Les dix évêques mythiques du patriarcat de Moscou avaient trompé Siméon en étant absents lors du       synode de l’église à Sophia. Le synode de Sophia avait trompé les Grecs en élisant une personne douteuse, qui n’était même pas un vrai prêtre, comme primat. La société civile avait trompé l’église, en criant sur les toits que tous les Ukrainiens se précipiteraient dans ses rangs aussitôt. La nouvelle église avait trompé les attentes de la société civile, en montrant que même avec le soutien de l’Etat,elle n’ était tout simplement pas à la hauteur d’un patriarcat. Le Phanar trompa l’église ukrainienne en lui promettant qu’elle serait reconnue par les autres églises; les autres églises ont trompé les attentes du Phanar, en refusant de reconnaître l’église ukrainienne. Et maintenant, Filaret prétend qu’il a été trompé par Poroshenko et par Epiphanius, alors qu’ils étaient justement en train de  monter des plans ensemble pour tromper Bartolomé.

La suite? Filaret est un homme d’église expérimenté et très fin, un maître de l’intrigue, et je ne parierais pas contre lui. En attendant, toute idée de  mener l’église d’Ukraine à la rupture avec l’église de Moscou semble s’être effondrée. Quels que soient les projets du bureau de la CIA en matière de religions, ils n’avaient probablement pas escompté un tel niveau de tromperies mutuelles. Les Ukrainiens seraient capables de tromper le diable lui-même, disent-ils.

La politique de l’église, ce n’est pas seulement, ou pas d’abord, les intrigues. Cet article a été écrit comme un résultat de la  conférence de Rome, où j’ai écouté les points de vue et opinions de prêtres, d’évêques et de journalistes. Tous, ils étaient intéressants et éclairants, et je suis particulièrement reconnaissant envers  E. Michael Jones, l’écrivain américain indomptable et catholique qui nous a rappelé que “les chrétiens, qu’ils soient américains, européens, ukrainiens ou russes ont un point de départ commun, qui est le Logos. La division entre nous a été causée par des forces anti-chrétiennes, par les juifs et les néo-cons qui veulent détruire l’Eglise”. Si nous gardons cela en mémoire, nous parviendrons sûrement à surmonter tous nos différends.

Israel Shamir can be reached at adam@israelshamir.net

This article was first published at The Unz Review

Traduction: Maria Poumier

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Un peu moins d’indignation autour de Jeffrey Epstein, svp http://www.israelshamir.com/french/un-peu-moins-dindignation-autour-de-jeffrey-epstein-svp/ http://www.israelshamir.com/french/un-peu-moins-dindignation-autour-de-jeffrey-epstein-svp/#respond Mon, 15 Jul 2019 17:10:49 +0000 http://www.israelshamir.com/?post_type=french&p=3641 Arrêtez donc de vous indigner, mes amis américains! Faut-il donc que vous nous rejouiez les Sorcières de Salem, encore et encore? En voilà, une routine! Je veux parler de l’affaire Jeffrey Epstein, évidemment.

Je peux comprendre (et sympathiser avec) les raisons pratiques qui sont derrière cette affaire. On peut supputer une contre-attaque de Trump contre le clan Clinton; une revanche sur des manigances de juifs en réseau; et des manœuvres de diffamation politique qu’il fallait brider. Je peux comprendre et approuver le raisonnement intraitable qui est derrière l’opération Epstein II. Les Clinton pouvaient s’y attendre, après ce qu’ils ont fait à Trump, et Bill Clinton sera probablement la victime désignée de toute l’affaire. Lae réseautage juif aux US était devenu trop puissant, insupportable. Epstein a pu diffamer trop de gens puissants, et ce genre de personnage finit par avoir des ennuis un jour ou l’autre. Si Epstein a été mêlé à un schéma du Mossad, comme l’a insinué Acosta, et comme notre collègue Philip Giraldi l’a suggéré ici, c’est un homme à abattre, en toute légitimité.

Mais il n’y a pas lieu de s’indigner. On se calme! Dans le pire des cas, c’est de l’ordre de ce qu’était la fraude fiscale pour al Capone. Epstein a été jugé, a reconnu les faits, a été sanctionné et effectivement puni. Maintenant, ils veulent refaire le coup. D’accord, pour les raisons pratiques mentionnées ci-dessus. Mais le traiter de pédophile, c’est aussi ridicule que de traiter Julian Assange de violeur.

Peut-être bien qu’il a fait des choses avec des gamines de 14 – 15 ans, et cela ressort du droit pénal de nos jours aux US, tout comme d’apporter une bouteille de gnôle en Pennsylvanie. Il y a quelques années, c’était tout à fait permis, et le meilleur poète américain de tous les temps, Allen Edgar Poe, avait épousé sa Virginie quand elle avait 13 ans (et lui 27). N’oubliez pas, quand même, que les filles (et les garçons) sont beaucoup plus éveillés sexuellement parlant que leurs grands-mères au même âge. Et on leur apprend à l’école tout ce qu’il y a à savoir sur le sexe à un âge précoce.

En Europe (et peut-être aussi aux US?) les enfants à la maternelle sont obligés de découvrir les relations homo et hétéro sexuelles; les parents qui émettent des objections contre cette introduction forcée à la vie adulte risquent de perdre leurs enfants au profit de l’Assistance publique. Au Royaume uni, les enfants n’ont pas le droit de refuser l’éducation sexuelle, parce que vous savez, ils voient tous énormément de porno, nous dit-on. Souvent ils vont plus loin d’ailleurs, à 14 ans. Dans notre société hyper sexuée, on ne peut pas les condamner pour cela, mais c’est un fait, l’innocence enfantine, c’est quelque chose qui a sérieusement reculé.

Est-ce que Epstein a fait du tort à ces jeunes créatures? Aucune d’entre elles n’a prétendu être vierge ou bien avoir été forcée à accepter ses avances. Elles avaient déjà probablement assez d’expérience pour apprendre un truc ou deux à Epstein. Et depuis quand est-ce que ces considérations vous dérangent? Qu’est-ce qui est pire, pour une fille de 15 ans expérimentée, d’avoir des relations consenties avec un adulte, ou pour un garçonnet de huit ans de se faire castrer? Lequel  va en souffrir le plus?

La castration n’est pas seulement permise aux US, elle est encouragée et renforcée par les tribunaux, comme dans le cas de James Younger, le petit Texan. Quand il avait trois ans, sa mère divorcée s’était mise à l’habiller en fille, et à l’appeler “Luna”. Son père Jeff Younger s’était vu interdire, par un juge, d’apprendre à James qu’il était un garçon, et de l’habiller en garçon. Qui plus est, Younger n’avait pas le droit d’apprendre à son fils un point de vue religieux sur la sexualité ou le genre. Les tribunaux ont exigé du père qu’il paye au moins 50% des frais pour la future castration chimique de l’enfant, quand il aurait huit ans.

Et maintenant, mes amis indignés, à vous de trancher: Si un garçon de six ans peut décider qu’il veut se faire castrer, et si sa volonté peut être validée par un tribunal, pourquoi une fille de 15 ans ne pourrait-elle pas décider si elle veut batifoler avec un gaillard dans les bosquets. Si un garçon d’âge tendre peut être donné en adoption à un couple homosexuel, dans un contexte tel que ses chances pour échapper à des rapports sexuels avec ses parents adoptifs sont nulles, pourquoi une fille nubile ne peut-elle pas fauter avec Epstein?

Il va falloir choisir, si vous voulez être des victoriens et défendre la virginité des filles, ou bien des gens libres et modernes qui permettent l’élagage définitif des petits garçons et les épanchements juteux de leurs “parents” adoptifs. On ne peut pas être les deux à la fois.

Le mouvement Me Too qui a permis ces poursuites est devenu une base pour des accusations trop ravageuses. Impossible de se défendre de ces accusations, tout comme il était impossible de se défendre si on était accusé de sorcellerie par un tribunal de Salem, pas plus qu’un supposé trotskiste ou espion britannique devant un tribunal spécial soviétique en 1937.  S’ils disent que vous en êtes, votre compte est bon. Pris en main par de vieilles gouines en compétition avec des hommes pour des chattes fraîches, ce mouvement est ouvertement mysandrique, et relève de la haine des hommes. Résultat, les US sont tourmentés par le sexe: ils ne supportent pas l’activité sexuelle normale, hétéro, avant la majorité. Un juge américain a condamné une jeune femme à 22 ans de prison pour avoir couché avec un garçon de treize ans, alors que tous les garçons de 13 ans que je connais auraient été drôlement jaloux de la “victime”. Appeler un homme qui a des relations sexuelles avec une fille nubile un pédophile, c’est plus qu’une injustice: cela fait le jeu des pervers qui en sont, des vrais pédophiles.

L’affaire Epstein, c’est du vent. La journaliste féministe Vicky Ward a réuni des éléments pour un profil d’Epstein, sur Vanity Fair, en 2003. Elle l’avait rencontré avec plusieurs filles qui étaient proches d’Epstein. Il n’y avait rien qui puisse lui faire du tort, dans l’article. En 2011, après qu’Epstein a été effectivement sanctionné, Vicky Ward a écrit sur son blog; “Jeffrey avait des peccadilles sexuelles sur la conscience”, c’est tout. Maintenant la voilà qui dit qu’il y avait plusieurs reproches qui circulaient, mais apparemment personne ne voulait rendre cela public. Aujourd’hui, j’en suis sûr, on peut trouver un bon millier de filles qui vont jurer sous serment qu’elles ont subi les agressions d’Epstein alors qu’elles avaient douze ans, et seule une poignée de dollars pourra les aider à s’en remettre. Parce qu’enfin, ces jérémiades, c’est gagnant-gagnant. S’il paye, parfait, et sans ça, vous n’avez rien à perdre.

Je comprends, messieurs, votre désir de lyncher un juif richissime et odieux, mais dans une certaine mesure il va falloir aussi jeter aux orties votre soumission routinière aux vieilles fouines, et reconnaître le sexe entre hommes et femmes comme la chose la plus normale. Autrement, vous les Américains, vous n’aurez aucune chance de regagner du terrain dans d’autres compétitions.

Avant que vous vous vous enquériez dans vos commentaires sur ma réaction si ma fille mineure couchait (de son plein gré) avec Epstein, demandez-vous aussi si vous aimeriez que votre fils prépubère se fasse castrer chimiquement “parce ce c’est ce qu’ils veulent”.

Pas de doute, Epstein n’était pas un modèle de gentleman. Il est fort possible que Mr Epstein ait donné des verges pour se faire battre, comme le méritent largement tous les amis de Dershowitz. Mais attendez pour vous indigner. Cette explosion publique de sentiments contre lui prouve que les Américains n’arrivent pas à surmonter leur syndrome hystérique de Salem. Et un public hystérique, c’est un peuple facile à manipuler.

Joindre l’auteur: israelshamir@gmail.com

Source: https://www.unz.com/

Traduction: Maria Poumier

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La fin du libéralisme http://www.israelshamir.com/french/la-fin-du-liberalisme/ http://www.israelshamir.com/french/la-fin-du-liberalisme/#respond Mon, 08 Jul 2019 17:53:02 +0000 http://www.israelshamir.com/?post_type=french&p=3636 La Russie savoure son été si bref. La phobie du réchauffement global n’a pas réussi à pénétrer ses limites givrées. Tandis que le midi de la France connaît la canicule, que la Californie est en feu, et que les forces progressistes manifestent contre le climat, les Russes haussent les épaules, incrédules. Ils n’auraient rien contre un peu de réchauffement climatique. Ici, la température ne dépasse que rarement de confortables 22 petits degrés, et maintenant, début juillet, ça stagne autour de 15°. L’été, c’est la meilleure saison pour un pays qui est recouvert de neige la plus grande partie de l’année. C’est maintenant qu’on peut s’enfoncer dans la campagne profonde, et découvrir d’anciennes forteresses ou des églises, sans trop souffrir.

S’il vous est arrivé de vous balader en Russie au-delà de Moscou, vous avez sûrement quelques histoires horribles à raconter sur les routes atroces, la nourriture et l’hébergement, ou plus exactement le manque de toutes ces choses. Cela a d’ailleurs changé, et cela continue. Maintenant il y a des autoroutes modernes, des cafés et des restaurants à profusion, et les petits hôtels pullulent; la robinetterie est au niveau des normes européennes; les vieilles perles de l’architecture ont été restaurées somptueusement; les gens vivent mieux que jamais auparavant; Ils continuent à se plaindre énormément, mais c’est dans la nature humaine. Les Russes, jeunes et d’âge moyen, possèdent ou affrètent des bateaux pour sillonner les fleuves et autres cours d’eau; on  s’achète des villas (“datchas”) plus que partout ailleurs. Ils voyagent à l’étranger pour leurs vacances, paient des sommes colossales pour assister aux concerts des célébrités de passage, font du vélo en ville, bref, la Russie est devenue aussi prospère que les autres pays d’Europe. Cette prospérité durement acquise et sa longévité sur le plan politique permettent au président Poutine de poursuivre ses propres objectifs en matière internationale. Il est parmi les rares dirigeants expérimentés sur la planète qui tiennent encore, au bout de vingt ans, au poste le plus élevé. Il a rencontré trois papes de Rome, quatre présidents US, et bien d’autres dirigeants. C’est important: le Premier ministre Mahathir Mohamad, âgé de 93 ans, qui a gouverné la Malaisie pendant 40 ans et qui a été élu à nouveau, a dit que les dix premières années à la tête d’un pays, on les passe à apprendre à quoi se raccrocher, et que c’est seulement au bout de vingt ans qu’on devient efficace dans l’art de gouverner. Le premier ennemi que doit affronter un dirigeant, c’est son propre establishment: médias, armée, services d’intelligence et juges. Tandis que Trump en est encore à perdre dans ces bagarres, Poutine s’en est bien sorti, grâce à ses techniques d’esquive, de judoka.

Une petite tempête s’est récemment levée dans les médias russes, lorsqu’un jeune journaliste a été détenu par la police, et qu’une petite quantité de drogue a été découverte, supposément, sur sa personne. La police a commis plusieurs fautes dans la gestion de l’affaire. Ils ont peut-être planté de fausses preuves de façon à coincer le jeune homme; et peut-être qu’ils avaient commis ces fautes évidentes afin de coincer le gouvernement. La réponse a été terrible, comme si toute l’affaire avait été préparée bien à l’avance par l’opposition enragée, afin de provoquer et de réveiller la colère populaire contre la police et l’administration. Poutine dans ce cas précis, au lieu de soutenir la police, comme il le fait habituellement, a fait relâcher le journaliste et arrêter les officiers de police les plus âgés. Et cette réaction par l’esquive a été un coup de maître contre le montage de l’opposition.

Poutine a fait part ouvertement, il y a peu de temps, de son peu de goût pour le libéralisme, dans une interview pour le  Financial Times. Ceci constitue une hérésie majeure, comme les Quatre-vingt-quinze thèses de Luther. “Les libéraux ne peuvent pas imposer… Leurs diktats, on les voit partout: tant dans les médias que dans la vie réelle. La simple mention de certains sujets est censée être parfaitement inconvenante…  L’idée libérale est devenue obsolète. Elle s’avère être en conflit avec les intérêts de l’écrasante majorité de la population”. Poutine a condamné le projet libéral d’immigration encore plus massive. Il a qualifié la décision d’Angela Merkel d’accueillir des millions d’immigrants de “faute cardinale”; il a “compris” la tentative de Trump pour arrêter l’afflux de migrants et de drogues depuis le Mexique.

Poutine n’est pas un ennemi du libéralisme. C’est plutôt un libéral à l’ancienne, dans le style du XIX° siècle. Non pas un “libéral” au sens amémricain ordinaire, mais un vrai libéral, qui rejette le dogme totalitaire du gender, de l’immigration, du multiculturarisme et des guerres d’ingérence “humanitaire”. “L’idée libérale ne peut pas être détruite; elle a le droit d’exister et devrait même être défendue sur certains points; mais elle n’a pas le droit d’être le facteur dominant absolu.”

Dans la Russie de Poutine, le libéralisme n’est pas exclusif, il ne représente qu’une ligne possible de développement. Les homosexuels ne sont ni discriminés ni promus. Il n’y pas de parades gay, ni de persécution de gays. Les enfants russes ne subissent pas de lavage de cerveau pour leur faire détester leurs pères, pour les séparer de leurs familles et pour les livrer à des maniaques homosexualistes, comme cela vient d’être révélé par un fait divers en Italie. On n’initie pas les gosses aux joies du sexe à l’école primaire. Les gens ne sont pas sommés d’adorer les transgenres et les immigrants. Vous pouvez faire tout ce qui vous plaît, à condition de ne pas forcer les autres à vous suivre: voici la première règle de Poutine, et pour moi c’est là le vrai libéralisme.

Il y a très peu d’immigration en Russie, malgré des millions de demandes: les étrangers peuvent venir à titre de travailleurs sous contrat, mais cela ne débouche pas sur la carte de séjour permanent ou la naturalisation. La police contrôle souvent les gens qui ont l’air de venir d’ailleurs, et les déporte rapidement s’ils les trouvent en situation illégale. Les nationalistes russes voudraient encore plus d’action en ce sens, mais Poutine est un vrai libéral.

La Russie est un Etat où les notions de “masculinité toxique”, et de “culpabilité blanche” sont inconnues. Les garçons ne sont pas forcés à aller vers l’homosexualité, les filles n’ont pas à entonner des clameurs sur le mode  “Me too”. C’est cette attitude qui a fait de Poutine une personnalité culte pour les Européens fâchés avec l’immigration de masse, le totalitarisme gender, la botte des féministes et les guerres sans fin. C’est l’une des raisons pour lesquelles il est tellement haï par les promoteurs du Nouvel Ordre mondial, et admiré par les  gens du commun.

Je suis sûr que cet amour des Européens ordinaires le fait sourire de plaisir à l’occasion. Mais Poutine et son administration veulent être en bons termes avec les US, avec le Royaume Uni, et avec l’Europe. C’est leur première priorité. Si l’Occident n’était pas si intransigeant dans son hostilité, la Russie serait un géant amical. Cependant, sa longue expérience a appris à Poutine qu’il ne peut pas se soumettre en échange de promesses creuses. Il veut arriver à un accord-cadre solide avec les US, avant toute chose. Un accord qui permettrait aux Russes de vivre comme ils l’entendent et d’agir dans les limites de la loi internationale, sans devenir l’objet de la fureur américaine.

Pourquoi Poutine tient-il à l’assentiment américain? Pourquoi est-ce qu’il n’arrêterait pas, tout simplement, d’accepter les dollars? Cela veut dire qu’il est un pion américain, s’écrierait un zélote bouillant d’envie d’en découdre. La réponse, c’est que les US ont accru énormément leur pouvoir, bien au-delà de ce qu’ils avaient en 1988, quand Reagan négociait avec Gorbatchev. Les années où c’était la seule super-puissance n’ont pas été perdues. On n’a pas intérêt à rigoler avec la puissance américaine.

  • Les US peuvent interdire aux Russes de continuer à commercer à l’extérieur en dollars américains via des banques américaines, et l’économie russe serait coulée.
  • Les US peuvent interdire l’exportation de technologie de pointe en Russie, comme à l’époque soviétique, et la Russie se retrouverait broyée, paralysée.
  • Les US peuvent utiliser leur système de brevets et de copyright pour empêcher les ordinateurs russes de fonctionner. Ils ont déjà essayé d’interdire aux Russes d’utiliser des scripts d’ordinateurs. Ils peuvent bloquer tous les ordinateurs Microsoft et Apple en Russie. Ils peuvent interdire l’usage des processeurs, comme ils viennent de l’entreprendre avec Huawei.
  • Ils peuvent asséner à la Russie le même traitement qu’à l’Iran et à la Corée du Nord, et bannir ses exportations.
  • Ils peuvent attaquer les réseaux électriques russes et tout ce qui est informatisé dans un acte de guerre cybernétique, comme l’a insinué le New York Times.

Certes, la Russie est assez vaste pour survivre même à de pareils traitements, mais les Russes se sont habitués à la vie facile, et ils n’aimeraient pas du tout se voir renvoyés aux conditions des années 1956. Ils ont pris des mesures pour prévenir de semblables scénarios catastrophe; par exemple, ils ont vendu une bonne partie de leur dette US, et se sont retirés de Microsoft, mais ce sont des choses qui coûtent cher et qui prennent beaucoup de temps. Poutine espère que les US renonceront à la recherche de la domination pour assumer une attitude “laissez-les-vivre”, comme le requiert la législation internationale. Mais en attendant que cela se produise, il est bien obligé de manoeuvrer selon les règles du jeu imposées par Washington, et de tenter de limiter l’antagonisme.

Or un courtier expérimenté est arrivé, en promettant d’obtenir un accord selon les termes souhaités. C’est l’Etat juif, et il prétend avoir les moyens de piloter les US dans la bonne direction. C’est là une prétention juive traditionnelle, brandie au cours de la première guerre mondiale pour persuader le Royaume Uni d’accepter le marché suivant: vous nous donnez la Palestine, et  nous amènerons les US à entrer en guerre à vos côtés. Cette fois-là, cela avait marché : les Britanniques et leurs alliés avaient ravagé Gaza; s’étaient emparés de la Terre sainte, avaient publié la déclaration Balfour qui promettait de refiler la Palestine aux juifs; et en échange, des troupes américaines fraîches sont arrivées sur le théâtre de la guerre, entraînant la reddition allemande.

Cette fois, l’Etat juif a proposé à Poutine de rompre ses liens avec l’Iran; en retour, ils lui ont promis de prêter main forte au réchauffement général des relations russo-américaines. Poutine avait une contre-proposition encore plus digne d’examen: laisser les US lever les sanctions et retirer toutes ses forces armées de Syrie, et la Russie s’efforcera de pousser les troupes iraniennes armées hors de Syrie en retour. Les négociations qui s’en suivraient  autour de l’accord Iran-Syrie amèneraient à la reconnaissance des intérêts US et israéliens en Syrie, puis cela pourrait déboucher sur des négociations dans d’autres sphères. C’était un arrangement gagnant-gagnant qui était proposé là. L’Iran échapperait aux sanctions; les intérêts US-israéliens se verraient reconnus en Syrie; le dialogue si nécessaire entre Russie et US s’enclencherait d’un bond. Mais Israël n’aime pas les propositions gagnant-gagnant. L’Etat juif veut des victoires nettes, de préférence, sur un ennemi brisé, humilié, lynché. Israël a rejeté la proposition, parce qu’il voulait que l’Iran souffre sous le poids des sanctions. La proposition russe avait d’abord été tâtée en septembre l’année dernière, et avait été discutée à huis clos au Parlement israélien, la Knesset. Le Premier ministre Netanyahou avait dit: “les Russes nous ont demandé de leur ouvrir les portes à Washington”. Netanyahou rejeta les propositions russes parce qu’il pensait que la ré-imposition de sanctions sur l’Iran pourrait être utilisée comme un levier pour faire pression sur les Iraniens en Syrie, et non le contraire, écrivit le journaliste israélien à connaître Barak Ravid, sur la 13° chaîne. “Netanyahou a refusé de faire preuve de la moindre flexibilité sur la question des sanctions US”, disait-il en citant un personnage officiel.

Les Russes étaient d’accord avec l’idée louche de faire se rencontrer les conseillers à la sécurité russe et américain à Jérusalem, en espérant que cela conduirait à un déblocage. Mes lecteurs se souviennent que j’étais très préoccupé à l’idée de cette rencontre trilatérale d’un représentant russe avec les va-t-en guerre notoires que sont John Bolton et Netanyahou. Les médias israéliens ont joué la carte du sommet en y voyant un point de pivotement pour la région. La Russie romprait avec l’Iran et pivoterait vers Israël et les US, prédisaient-ils. Ce sera un nouveau pacte Ribbentrop – Molotov, la Russie se mettant d’accord avec l’agresseur: adieu l’Iran, bonjour l’Israël.

“Et pourtant le cadeau de la prophétie a été dérobé au peuple d’Israël”, et donné à des écervelés, dit le Talmud toujours avisé (Baba Batra 12b). Le représentant russe au sommet, Nicolas Patrouchev, n’a pas tourné le dos à l’Iran, tout en se faisant amical avec l’Israël. Il a nié que Téhéran soit la menace clé pour la sécurité de la région. “Lors du sommet trilatéral de Jérusalem, la Russie est aux côtés de l’Iran, contre Israël et les US. L’officiel russe chevronné s’en tient à la version de Téhéran selon laquelle le drone US a été abattu dans l’espace aérien iranien, et il défend les droits des troupes étrangères à rester en Syrie malgré l’opposition israélienne”, telle est la conclusion du Times of Israel.

La Russie est amicale avec Israël, parce que beaucoup d’Israéliens sont liés à la Russie par la naissance, ou par l’origine de leurs parents. Une raison encore plus forte en est que les juifs sont aux manettes aux US, et que l’Etat juif peut ouvrir bien des portes à Washington. Les juifs et l’Etat juif pourraient être aussi peu importants que les Kurdes, disons, s’ils n’avaient pas un ancrage aux US.

La Russie veut certes vivre en paix avec les US, mais pas au prix suggéré par M. Netanyahou…  M. Patrouchev a condamné les sanctions US contre l’Iran. Il a dit que l’Iran avait abattu le drone géant américain RQ-4A “Faucon global”, qui valait plus de cent millions de dollars, au-dessus du territoire iranien, et non pas dans l’espace international comme le prétendait le Pentagone.

Il a réaffirmé que les “preuves” américaines selon lesquelles l’Iran avait saboté des pétroliers dans le Golfe persique n’étaient pas concluantes. La Russie a demandé aux US d’arrêter leur guerre économique contre l’Iran, de reconnaître les autorités légitimes de la Syrie, conduites par le président Assad, et de retirer leurs troupes de Syrie. La Russie a exprimé son soutien au gouvernement légitime du Venezuela. De la sorte, la Russie s’est montrée, en ce moment délicat, comme un allié et un partenaire fiable, tout en assurant le leadership israélien de son amitié à toute épreuve.

Le problème, c’est que la tentation de la guerre avec l’Iran n’a pas disparu. Il y a quelques jours, les Britanniques se sont saisis d’un super tanker iranien dans le détroit de Gibraltar. Le pétrolier était en route pour approvisionner la Syrie en pétrole. Avant cela, les US avaient quasiment déclenché une attaque de missiles sur l’Iran. Au dernier moment, quand les avions étaient déjà en vol, Trump a interrompu l’opération. Il est particulièrement troublant qu’il ait lui même laissé entendre sans ambigüité que l’opération avait été lancée sans qu’il soit au courant. Ce qui veut dire que la chaîne du commandement aux US est maintenant brisée, et qui précisément peut commencer une guerre, ce n’est pas clair. Il faut en tenir compte à la fois à Moscou et à Téhéran.

La situation est redoutable. Le président Trump aura beau vouloir la désescalade après avoir amené son pays à se retirer d’un accord nucléaire multilatéral avec l’Iran, il est happé par son “Etat profond”, par  Pompeo et par Bolton; sur ce dernier, Trump lui-même a dit qu’il voudrait en découdre avec le monde entier. Les présidents ne peuvent pas toujours limoger les ministres dont ils veulent se débarrasser, même les monarques absolus de jadis n’y parvenaient pas toujours.

Espérons que, étant donné le peu d’entrain de Trump pour partir en guerre, et la position de faiblesse dans laquelle se trouve le premier ministre Netanyahou quant à lui, il y aura un progrès dans ce domaine. Mais en attendant, Trump a introduit de nouvelles sanctions contre l’Iran; le dirigeant iranien a qualifié les dirigeants américains de “dérangés”; et les Américains sont à nouveau en train de menacer l’Iran de “destruction complète”.

La Russie veut aider l’Iran, non par pur amour envers la République islamique, mais dans le cadre de ses efforts pour fonder un monde multipolaire, où des Etats indépendants puissent suivre le chemin de leur choix. L’Iran, la Corée du nord, le Venezuela, leur combat pour la survie rentre dans le cadre des efforts russes. Si ces Etats sont brisés, la Russie deviendra la prochaine victime, voilà ce que ressent Poutine.

Le président Trump semble avoir certaines idées positives, mais il a les mains liées. Lors de la parade du 4 juillet, son propre Pentagone s’est cruellement moqué de son souhait de faire défiler les chars à Washington. Ils avaient envoyé quelques vieilles carcasses à la peinture écaillée, alors que le président leur avait demandé d’envoyer les équipements les plus extraordinaires. A cette occasion, ils ont fait constater à Trump qu’il ne saurait imposer sa volonté même à sa propre armée.

Dans ces conditions, Poutine tente de construire des ponts avec les nouvelles forces en Europe et aux US, de travailler avec la droite nationaliste. Ce n’est pas le partenariat le plus évident pour ce libéral à l’ancienne mode, mais cela s’insère dans son idée de la multipolarité, de la suprématie de la souveraineté nationale et de la résistance contre l’hégémonie mondiale des puissances atlantiques. Sa récente visite en Italie, un pays où s’imposent des forces nationalistes solides, avait été un succès; et sa rencontre avec le pape en est un autre.

Au lendemain de l’audience avec le pape, Poutine a fermement défendu l’Eglise catholique, en disant: “il y a des problèmes, mais on peut pas leur donner une dimension exagérée et s’en servir pour détruire l’Eglise romaine catholique elle-même. J’ai l’impression que ces cercles libéraux commencent à se servir de certains problèmes de l’Eglise catholique comme d’un outil pour détruire  l’institution elle-même. C’est  cela que je trouve incorrect et dangereux. Après tout, nous vivons dans un monde basé sur les valeurs de la Bible, et les valeurs traditionnelles sont plus stables et plus importantes pour des millions de gens que cette idée libérale qui est en train, à mon avis, de cesser d’exister.”  Cela faisait des années que les Européens n’avaient pas entendu ce genre de message. C’est peut-être le moment d’écouter.

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Comment protéger les juifs http://www.israelshamir.com/french/comment-proteger-les-juifs/ http://www.israelshamir.com/french/comment-proteger-les-juifs/#respond Thu, 27 Jun 2019 17:26:20 +0000 http://www.israelshamir.com/?post_type=french&p=3634 Justifiez toujours vos actions par la nécessité de protéger les faibles et les vulnérables. Voilà la première règle en matière de rhétorique politique. Si vous bombardez la Syrie, n’admettez pas que vous l’avez fait pour installer un régime fantoche à vos ordres ou un oléoduc. Dites que vous l’avez fait pour sauvez les enfants d’Alep gazés par Assad-le-boucher. Si vous occupez l’Afghanistan, n’admettez pas que vous y faites de beaux bénéfices dans le trafic d’héroïne, mais dites que vous êtes venus protéger les femmes. Si vous voulez mettre votre peuple sous surveillance totale, vous direz que vous l’avez fait pour empêcher des groupes haineux de s’en prendre aux pauvres gens sans pouvoir et qui plus est divers.

Souvenez-vous: pas besoin de demander aux enfants, aux femmes ou aux immigrants s’ils souhaitent votre protection. Si l’on vous pousse dans vos retranchements, vous pouvez toujours trouver quelques profils qui fassent l’affaire pour les mettre devant les caméras et leur faire répéter un texte court. Avec tout mon rejet de l’hypocrisie du R2P (le droit d’ingérence humanitaire), je ne peux quand même pas accuser les soi-disant protégés pour les désastres que causent les protecteurs non-désirés.

Voilà la pensée qui m’est venue lors de ma récente visite en France, à l’occasion de la publication de mon nouveau livre Au nom du Christ. La France est en train de voir ses libertés rétrécir à grand vitesse. Toutes les nations en font l’expérience, mais la France est nettement en tête. Depuis des années ils avaient des lois pour interdire des choses qui déplaisaient aux juifs; et maintenant ils étendent l’application de ces lois en punissant non seulement ce qu’on dit ou ce qu’on écrit mais aussi ce qu’on pense, ce qui est “implicite” ou ce qu’on sous-entend. La loi pour rendre passibles de sanctions pénales l’antisémitisme et l’antisionisme devrait être votée très vite. Comme la loi votée en 2015 (après l’attentat de Charlie Hebdo) contre “l’apologie du terrorisme” la nouvelle loi va permettre au gouvernement de s’en prendre à n’importe qui, juste pour un tweet ou un post sur facebook, et d’envoyer quelqu’un au trou pour 18 mois en “détention préventive” avant même qu’il soit présenté devant un tribunal. Le juge le sanctionnera sur la base de son “intime conviction” au sujet des “intentions cachées” du présumé coupable.

Cette bataille contre le supposé antisémitisme est devenu, comme au Royaume Uni, un outil puissant entre les mains de l’élite contre le peuple. On s’en sert contre les Gilets jaunes, et contre l’opposition en général. Les juifs se voient utilisés en tant que victimes proverbiales, comme c’est le cas pour les femmes et les enfants. La faute et la responsabilité sont du côté de ceux qui se servent d’eux comme prétexte.

Vous pouvez trouver que la comparaison est un peu forcée, parce que les instances juives françaises participent activement à cette campagne contre la liberté des Français. Oui, c’est vrai, mais ces organisations sont les gardiens volontaires et auto-proclamés de l’intérêt juif. Les juifs n’ont pas voté pour eux, ne les ont pas élus. Le gouvernement était libre de les ignorer en disant qu’elles ne représentent pas leurs concitoyens juifs. De fait, c’était là la position française traditionnelle, le refus de traiter avec les organisations juives en s’appuyant sur le fait que les juifs français sont des Français et qu’ils n’ont pas besoin d’intermédiaires. Si le gouvernement a préféré les écouter, les institutions communautaires, c’est seulement parce qu’elles disent ce que le gouvernement veut entendre.

A Annecy, l’une des plus jolies cités médiévales, j’ai rencontré Maître Viguier, l’avocat de M. Alain Soral, et autour d’une fondue qui est la spécialité savoyarde, il m’a raconté une histoire ahurissante. Pendant une de leurs manifestations, les Gilets jaunes avaient brûlé une photo d’une personnalité de la TV française, BHL, comme on l’appelle, et de quelques autres personnages du même acabit. Cet évènement a été repris dans un joyeux clip vidéo que l’on peut regarder avec plaisir; or ce clip a été montré sur un site associé à Alain Soral.

Le CRIF (et/ou la LICRA et d’autres entités) ont accusé M. Soral d’antisémitisme, un délit puni par la loi, sur la base de  ces faits, et a requis [par le truchement du parquet] deux ans de prison et 30 000 euros d’amende, + 82.500 euros en tant que dédommagement pour les “victimes”. Maître Viguier dit que les élites tentent d’unir les juifs contre les Gilets jaunes et contre les Français ordinaires. D’autres soutiens des Gilets jaunes, Jean Bricmont et Etienne Chouard, seraient les prochains sur la liste, après Soral.

Le CRIF a dit que le rap était en “langage codé”; et que la photo brûlée de BHL suggère une grande fournaise pour faire brûler tous les juifs. “Entre 1940 et 1945, les nazis traitaient les juifs de vermine et de parasites à exterminer”, disent-ils. Et c’est pour cela que le mot “parasites” qui figure dans le clip se réfère nécessairement aux juifs qui devraient être exterminés. C’est très faible du point de vue logique; Socrate aurait renvoyé ces sophistes du CRIF dans leurs tanières parce qu’ils fuient en général la lumière du soleil. Quoi que les nazis aient pu dire, ils n’ont pas de copyright sur le mot “parasites”. En Union soviétique après la Révolution d’Octobre 1917, alors que les juifs occupaient une place éminente dans la société, la chanson révolutionnaire la plus populaire disait que les parasites n’avaient pas le droit de gouverner le pays.

Les parasites, ce sont ceux qui ne travaillent pas mais qui consomment; et cela n’est en rien une caractéristique propre aux juifs. En relayant l’idée que les juifs sont les parasites, les organisations juives auto-proclamées tombent dans le plus vil antisémitisme, ai-je rétorqué. Qu’est-ce qu’il y a de mal à brûler une photo de BHL? Voici ce que j’ai rédigé:

Une photo de M. BHL a été brûlée par des protestataires à Paris. Un évènement constaté et montré sur un site lié à M. Alain Soral. La LICRA a aussitôt accusé celui-ci d’antisémitisme, ce qui est un délit passible de la loi, sur la base de ce fait. Je trouve leur mauvais usage de la position juive dans la société française totalement inacceptable, pour les raisons suivantes.

  1. BHL est un citoyen français qui a droit à ses opinions. Néanmoins, aucune de ses opinions ne saurait ou ne devrait être agréée en tant que “la position juive”. Les juifs français, et certainement les juifs du monde entier, manifestent une large diversité d’opinions, les uns sont d’accord avec BHL sur certains points et d’autres pas, et parfois même s’opposent vivement à ses vues. M. BHL a été un soutien fervent, voire un instigateur, de l’attaque de l’OTAN contre la Libye en 2011, attaque qui a fait de ce pays d’Afrique du Nord relativement prospère un Etat failli tenu par des gangs islamistes armés. M. BHL a été un soutien fervent, voire un instigateur, du coup d’Etat à Kiev en 2014, qui a renversé le président légitime de l’Ukraine et qui a amené au pouvoir des gens qui soutiennent le collabo nazi Stepan Bandera. M. BHL a tenté de pousser à la colère ses compatriotes français contre les Gilets jaunes. Ces choix, et d’autres également déclarés par Mr BHL, ont été un motif d’indignation de certains citoyens français qui ont exprimé leur indignation en brûlant sa photo. Ces actes de M. BHL et de ses adversaires sont parfaitement légitimes et rentrent dans le cadre de la liberté d’expression publique.

Ce qui ne saurait être légitime, c’est une tentative de la LICRA pour créer l’impression fausse que ces opinions et conduites de M. BHL étaient une expression de la position juive. C’est là un mensonge odieusement antisémite. Les juifs de France, d’Israël et du reste du monde ne voulaient nullement le bombardement de la Libye ou les émeutes de Kiev; les juifs n’ont pas de position politique unifiée sur les élections françaises ou sur les mouvements politiques français. Il y a des juifs français qui soutiennent les Gilets jaunes, et d’autres qui les rejettent. Les uns votent pour M. Macron et d’autres pour Mme Le Pen ou M. Soral. Il n’y a que des antisémites pervers pour prétendre que tous les juifs suivent et soutiennent M. BHL. Or cette assertion maligne, c’est la LICRA, autoproclamée “organisation de lutte contre l’antisémitisme” qui l’a brandie.

Permettez-moi de le redire: l’entité appelée LICRA ne représente pas les juifs français, car elle n’a pas été élue par les juifs français. Ni les juifs français ni d’autres juifs n’acceptent d’être dirigés par la LICRA. C’est une organisation politique qui a ses propres objectifs; objectifs qui ne se superposent pas à ceux de la majorité des juifs en France ou ailleurs.

Tandis qu’il est possible d’argumenter que dans certains cas la LICRA agit dans l’intérêt des juifs en combattant le préjugé anti-juifs, dans le cas particulier, la LICRA agit contre les intérêts juifs, dans la mesure où cette action contribue à renforcer le préjugé anti-juif selon lequel tous les juifs agiraient de concert pour quelque finalité douteuse telle que la destruction de la Libye ou la déstabilisation de l’Ukraine, ou d’autres objectifs controversés.

Les juifs en tant que juifs n’ont pas de position sur ces sujets. M. BHL n’est pas un représentant élu ni une autorité spirituelle des juifs en France ni nulle part ailleurs. Il ne s’habille pas comme un juif pratiquant, n’observe pas les lois juives ni les coutumes juives; sa famille est célèbre pour comporter des apostats; ses actions ont toujours été celles d’un agent libre; il n’a jamais consulté les autorités juives, spirituelles ou temporelles. Il a parfaitement le droit d’avoir ses propres opinions et points de vue; néanmoins il ne saurait prétendre qu’il agit dans l’intérêt des juifs ni qu’il représente les juifs. La LICRA en a donc d’autant moins de droit à prétendre qu’une protestation contre BHL soit un acte contre le peuple juif comme un tout, ni donc comme un acte relevant de l’antisémitisme. S’il y a bien quelque chose d’antiémite c’est la LICRA qui suggère qu’une attaque contre BHL est une agression contre le peuple juif. Si c’était le cas, devrions-nous considérer une condamnation du comédien noir M Dieudonné comme un acte de racisme anti-noir?

Il est parfaitement légal de brûler l’image de BHL en Israël; et j’ai l’intention de le faire demain à Tel Aviv sur la Gordon Beach. Aucun tribunal en Israël ne m’accuserait d’antisémitisme si je mettais le feu à sa photo; même chose avec un portrait de M. Netanyahou, qui est d’ailleurs un représentant élu de l’Etat juif d’Israël. Tandis que le drapeau israélien est protégé contre la profanation, l’image d’une personne d’origine juive ne l’est pas. On est libre de la brûler ou d’en faire ce qu’on voudra, selon ses envies.

Je suis certain que les citoyens français ne sont pas moins libres que les citoyens israéliens, et j’espère que le tribunal français rejettera le grief sans fondement du LICRA, entité auto-proclamée, contre Alain Soral. Ce serait une bonne chose si M. BHL trouvait le courage de soutenir M. Soral contre la LICRA en affirmant que cette entité n’a pas agi ni n’agit en tant que représentante légitime ou autorité spirituelle des juifs français. Encore mieux, si la République française accusait la LICRA d’encourager le préjugé anti-judaïque par des griefs sans fondement.

Si la République française trouve nécessaire de condamner M. Alain Soral pour une raison ou une autre, qu’elle le fasse sans prétendre agir au nom de la cause juive. Laissez les juifs en dehors de cette polémique! Nous et nous ancêtres avons assez souffert sans être utilisés comme une sorte d’argument suprême dans une dispute intérieure entre Français.

Voilà donc ce que j’ai dit à M° Viguier, l’avocat français, et il a produit mon argumentaire ci-dessus devant le tribunal français. Vous pouvez lire ses conclusions ici ou bien écouter simplement l’entretien que j’ai eu (en anglais avec traduction française) avec le présentateur et analyste populaire Jean-Michel Vernochet et la charmante Maria Poumier (poète, penseur et ma traductrice).

Les histoires à base de juifs, c’est quelque chose qui de fait vous obnubile entièrement, et je suis heureux si j’ai peu être utile aux Français en état de siège tout en défendant les juifs; Dieu sait si les juifs ont assez de péchés spécifiques sur la conscience sans avoir à porter aussi et à défendre les péchés de l’establishment français.

Il serait triste et mal avisé de conclure cet article sur une note aussi sombre, alors qu’un splendide été nous transporte. Traversons donc la Manche, ou l’indomptable ex-Premier ministre de Malaisie Dr. Mahathir Mohamad, dit Dr. M pour faire court, a participé à une conférence-débat avec les étudiants de la société Union de Cambridge dimanche dernier, le 16 juin. Le public de Cambridge s’est senti chatouillé, devenant tout rose, en découvrant la sagesse du Dr. M, selon un reportage dans la presse.

“J’ai certains amis juifs, de très bons amis, ils ne sont pas comme les autres juifs, et c’est pour cela que ce sont mes amis”, a dit le Dr. M, déclenchant l’hilarité générale. J’espère qu’il me compte parmi ses amis, dans la mesure où il m’a invité à Kuala Lumpur il y a quinze ans, et que j’ai écrit un article, sur la Malaisie et sur lui-même, lui l’homme qui avait combattu Soros et le FMI, et qui avait gagné. Lisez comment il y était arrivé ici [en anglais].

Il a souvent qualifié Israël de “force derrière tous les malheurs du Moyen Orient”. Et il n’avait pas peur d’être traité d’antisémite. Et ce grand homme (dont le seul nom horrifie les activistes juifs et a poussé le Club travailliste de l’Université de Cambridge à proclamer sa “solidarité avec les juifs britanniques”) a dirigé son pays pendant quarante ans, et il a été réélu récemment candidat du parti désormais dans l’opposition. Il a dépassé les quatre-vingt-dix ans, mais il est solide.

Or donc, déridez-vous, mes amis et lecteurs! Suivez l’exemple du Dr. M et n’ayez pas peur de vous faire traiter de vous-savez-ce-que-je-veux-dire. Ce n’est pas la fin du monde. La voix des juifs est puissante seulement quand elle est à l’unisson avec les vrais pouvoirs, et quand leurs opposants sont peureux  et à genoux devant eux. Les gens qui ont la tête solide peuvent passer outre leur opposition aussi facilement que face à une querelle entre bonnes femmes sur la place du marché.

Israel Shamir est joignable sur adam@israelshamir.net

Source: The Unz Review

Traduction: Maria Poumier

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Retard annoncé pour l’Antéchrist http://www.israelshamir.com/french/retard-annonce-pour-lantechrist/ http://www.israelshamir.com/french/retard-annonce-pour-lantechrist/#respond Sun, 09 Jun 2019 17:08:03 +0000 http://www.israelshamir.com/?post_type=french&p=3632 Si les juifs ont des projets de domination mondiale, leurs projets viennent de connaître une mise au pas à cause d’une rivalité mesquine entre politiciens israéliens. Et voilà que ce recul mineur menace maintenant d’ébranler tout le schéma directeur. Un clou vint à manquer, et le royaume fut perdu.” Une erreur minime peut avoir de lourdes conséquences, disait Eugène Scribe à propos d’un verre d’eau qui avait mis fin à une guerre trop longue.

Dans le cas particulier, le recul mineur, c’est l’échec de Netanyahou à former son nouveau gouvernement, après sa campagne électorale victorieuse. Les grandes conséquences, c’est l’effondrement de l’ambitieux “Deal du siècle” de Kushner/Trump. L’alliance entre Russie et Israël semble moins certaine; et au-delà, le couronnement du Messie, en tant que Roi juif et de loin la première autorité spirituelle mondiale, semble reportée indéfiniment. Comme par un effet domino, ces plans ont commencé à échouer, l’un après l’autre.

S’adressant à la nation d’Israël dans un discours dramatique, et reconnaissant sa défaite après que la Knesset (le parlement israélien) s’était dissoute sur insistance de Netanyahou lui-même, le “leader éternel” Benjamin Netanyahou a révélé les projets de  rencontre trilatérale entre les chefs de la sécurité de Russie, des US et d’Israël. La Maison blanche a également  confirmé la chose, pour le mois de juin 2019. Cette rencontre sans précédent était censée constituer le grand oeuvre de Netanyahou, le couronnement de sa réélection pour la énième fois, la confirmation de son statut international.

Symboliquement, cette rencontre donnerait à Israël un rang d’égal à égal avec les deux superpuissances; et on reconnaîtrait le talent unique du maître d’ouvre pour rapprocher les puissances hostiles, comme un dompteur qui amène en même temps un lion et un tigre au centre de l’arène. Même pour notre époque profane voire éprise de sobriété, une telle rencontre aurait une haute signification, bien au-delà de ce que nous souhaiterions en penser.

Au Moyen-Age, quand les gens étaient moins inhibés pour basculer dans l’ésotérisme, le supposé agenda des grands maîtres des deux ordres chrétiens directeurs, l’Occidental et l’Orthodoxe, comportant la rencontre avec leur féroce contrepartie, comme avec le Vieux de la Montagne, et cela à Jérusalem (parmi tous les lieux possibles!) aurait définitivement comporté le baiser à l’anus de Baphomet. Cette rencontre avec les juifs aurait concrétisé leur désir de couronner l’Antéchrist. Dans les deux cas, ils auraient fini sur le bûcher en face de Notre-Dame de Paris, sur l’Ile aux juifs, comme  Jacques de Molay.

Et si l’homme médiéval avait appris que la cathédrale vénérée de Paris avait brûlé récemment, il aurait considéré que l’affaire était réglée, même pour le sceptique le plus ardent. Les chevaliers du retournement de veste, héritiers des Templiers, avaient clairement tenté d’établir la domination juive éternelle sur les chrétiens, aurait dit un sage chrétien; tandis que son contemporain juif aurait applaudi à la rencontre en tant que préfiguration de l’avènement prochain du Roi et berger de l’univers, pour guider le peuple d’israël et les gentils bien obéissants.

De nos jours, à l’ère de la rationalité et des lois “contre” la haine, ces affirmations blessantes sont interdites, mais nous avons des âmes jugiennes, à l’ancienne, et nous continuons à interpréter le tonnerre et la foudre comme des signes d’en haut. Les symboles ont un sens et portent un message, que cela nous plaise ou non. Si vous êtes conditionné pour rejeter toute interprétation spirituelle, pensez à la programmation neuro-linguistique (NLP ou PNL) que comporte la Bible, ce livre auquel vous, vos parents et vos grands parents ont été exposés. Une “rencontre à Jérusalem”, ce sont des mots déclencheurs, pas seulement pour les croyants, mais aussi pour des matérialistes crasses omni-niants. Pour le dire simplement, les prophéties dont nous avons connaissance tendent à se réaliser. Les attentes du Messie vont bon train à Jérusalem.

Il y a quelques jours, quand la Journée de Jérusalem israélienne (anniversaire de la conquête de la ville en 1967) est tombée le même jour que la fête la plus importante à la fin du Ramadan, la Nuit du destin, pour les musulmans, les juifs se sont rendus dans la cour de la mosquée d’al Aqsa pour y prier. Habituellement, les juifs ne sont pas autorisés à pénétrer dans cette cour la dernière semaine du Ramadan. Après quelques escarmouches, les soldats israéliens ont déclenché un raid sur la Mosquée. “Heureusement nous allons bientôt pouvoir prier là, sur notre lieu sacré”, s’est écriée Miri Regev, une sioniste religieuse et ministre fort populaire de la culture dans le gouvernement de Netanyahou. Ces mots ont été interprétés comme une attente de la prise imminente de la mosquée, de sa destruction, et de l’édification du Temple juif sur ses ruines.

La rencontre trilatérale annoncée s’insère très bien dans le schéma de ces attentes. Une rencontre publique de cette teneur sans précédent serait interprétée comme le soutien des super puissances au coup de maître de Bibi, et à la mise à genoux des gentils. Le représentant US, c’est Mr John Bolton, un zélote sioniste, un homme obsédé par son adoration des juifs, qui est capable de dire tout et son contraire pour faire plaisir à son public israélien. Il est connu pour avoir une influence prépondérante sur le président Trump, et il a été décrit comme son “cerveau”, choisi par les agents secrets pour contrôler le président flamboyant.

Côté russe, on a Mr Nicolas Patrouchev, un vieil ami de Mr Poutine. Il a hérité de la position culminante dans les services secrets (le FSB) après que Poutine l’a quittée pour entamer son ascension jusqu’à la présidence. Il est considéré comme un sinistre individu à la vision aussi limitée que son imagination, qui lit ses discours sur un prompteur, par exemple. Il n’est donc pas réputé pour improviser, pour réfléchir vite, ou pour ses talents de négociateur. Ce qui est excellent. Un improvisateur peut se laisser entraîner au large au moment où c’est la dernière chose dont on puisse avoir besoin. Patrouchev va s’en tenir au script, disent ses collègues. Au ministère des Affaires étrangères russe, les diplomates sont désolés de ce choix, mais il en irait de même avec tout autre élu qui ne soit pas un diplomate de carrière.

Les Israéliens  se réjouissent d’avance à l’idée que la rencontre favoriserait une plus grande alliance renouvelée avec la Russie, contribuerait au virage de Moscou vers le bord US, contre l’Iran. Mais c’est très improbable. La Russie est amicale avec Israël, et veut instaurer des liens amicaux avec les US, mais sans cesser d’obéir à ses propres intérêts nationaux.

La semaine dernière, lors du “Davos russe”, le Forum économique de St Pétersbourg, le président Poutine a réitéré les principaux points de son mémorable discours de Munich en 2007. Il a émis sept revendications, ce qui ne laisse planer aucun doute sur son désagrément face à la main lourde américaine, avec les tentatives US pour se servir du dollar comme d’une arme, de même que de Google, de Facebook et de tout savoir faire, comme dans le cas de Huawie. “Des Etats qui  antérieurement invoquaient les principes de la liberté de commerce, de la libre concurrence, ont commencé à parler le langage des guerres commerciales et des sanctions, des raids économiques flagrants, de l’intimidation, de la rétorsion, de l’élimination des concurrents par ce qu’on appelle les méthodes non mercantiles”, a-t-il dit. Ce ne sont pas les termes de quelqu’un qui n’attend qu’un signal pour rejoindre l’entourage US.

Certes, il y a d’autres signes moins plaisants.

– Le “Bolton russe”, Mr. Eugene Satanovski, à la tête d’un think tank pro-israélien, autrefois à la tête d’une entité juive sioniste, et qui s’exprime abondamment à la télévision russe, a été nommé conseilller du ministre de la Défense Mr Sergueï Choïgou Sa nomination est venue directement du Kremlin, à la surprise générale du corps ministériel.

– Un ecclésiastique russe en vue, Fr Chapoline, a exprimé sa satisfacion du contrôle israélien sur Jérusalem, dans les colonnes de la Nezavisimaya Gazeta.

–   Au même moment, les missiles 3-000 russes n’ont pas fait opposition aux bombardements israéliens en Syrie.

Il apparaît que les Israéliens avaient embringué les Russes dans l’ambitieux projet de rencontre avec la promesse de faire lever les sanctions US sur la Russie. Por commencer, il est assez douteux qu’Israël soit en mesure de tenir une telle promesse. Poutine est un homme d’Etat très expérimenté, et il ne prendrait pas une promesse US pour argent comptant. Surtout après l’échec des pourparlers entre Trump et Kim à Hanoï, mais avant non plus. De toutes façons, Poutine voudrait ne plus être sous le coup de sanctions, mais pas au prix d’avoir à céder sur toutes les exigences US.

Les Israéliens veulent neutraliser l’Iran, parce que la République islamique d’Iran est le seul pays restant pour défendre la mosquée d’Al-Aqsa. Amman, Ryad et d’autres capitales arabes ne prendraient pas les armes contre Israël si Netanyahou décidait de démolir la mosquée. Les Palestiniens se battraient, mais ils n’ont pas d’armement. La dernière victime juive d’une attaque palestinienne a été blessée par des ciseaux. L’Iran a des armes et veut protéger la mosquée. Est-ce que Netanyahou peut convaincre Poutine de neutraliser l’Iran, ou de faire pression sur l’Iran pour qu’il se désintéresse de la Palestine? Ce serait un exploit digne d’un magicien.

Et nous arrivons au point capital. Au lieu de revecoir les envoyés des deux superpuissances avec le faste convenant à un presque Roi des juifs, Bibi devrait les rencontrer en tant que chef d’un gouvernement de transition en attente de nouvelles élections et d’un procès tout à fait possible. Avec un pareil statut, il vous est difficile de convaincre un banquier de vous accorder un prêt pour acheter une nouvelle voiture, sans parler de convaincre Poutine pour un renversement d’alliance, et de persuader Trump de renier le Christ.

Dans la foulée, le gendre au visage enfantin Kushner, de concert avec le beau-père Trump, avait prévu de sceller son Deal du siècle. Mais ils auront bien du mal, le Trump versatile et l’inexpugnable Netanyahou, à faire fonctionner le piège. Trump menacé de destitution et Bibi face à de nouvelles élections et à une enquête policière n’ont aucune chance. Et c’est probablement une bonne chose, par ailleurs. La Russie et la Chine ont décidé de rester en retrait. Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, a refusé le Deal, de son côté, et le flop de cette vaste fraude empêchera que la Palestine paye les pots cassés.

Le contenu de l’accord envisagé n’avait pas été officiellement révélé; tout ce dont nous disposons, c’est d’une fuite dans un journal proche de Netanyahou et financé par Seldon Adelson, disant que cela avait fuité du ministère israélien des Affaires étrangères. Suspendez, mes chers lecteurs, votre incrédulité! Même si ce morceau de rêve éveillé ressemble à un devoir de vacances rédigé par un lycéen, il n’est nullement inspiré par la bienveillance. Il y est dit que les US abattront (textuellement “kill”) les dirigeants palestiniens qui n’accepteront pas le plan, mais qu’auparavant, la Palestine sera sanctionnée à mort, et que tous ses alliés se verront interdire d’acheter, de vendre ou de faire don aux Palestiniens de quoi que ce soit.

Le projet envisage une entité palestinienne désarmée de façon permanente qui paiera Israël pour sa “protection”. Toutes les colonies israéliennes restent inviolables, et sont considérées comme faisant partie d’Israël. Israël contrôlera chaque arrivée et départ de l’entité appelée “Nouvelle Palestine”. Jérusalem reste juive. Gaza sera reliée à la Cisjordanie par un pont de 30 km sous contrôle israélien. Ce pont sera financé par … la Chine. Une usine de dessalement de l’eau pour Gaza sera payée par … le Japon. Même sans tenir compte de la menace de flinguer les Arabes désobéissants, cela serait tout simplement grotesque. Si bien qu’il n’y a rien à regretter, dans l’abandon de cette “tractation” éminemment bizarre.

Le Président Trump a compris qu’avec Bibi devant affronter un procès et une campagne pour la réélection, il n’a aucune chance d’avancer sur son projet, ou sur aucun autre, d’ailleurs. “Israël est dans une pagaille totale, avec ses élections”, avait dit Trump aux journalistes. Il faut qu’ils se mettent d’accord”. Bibi a été élu, “et voilà que maintenant tout est à recommencer? Ca ne nous plaît pas du tout”, a dit Trump.

De fait, les deux grands projets de Bbi, la rencontre trilatérale à Jérusalem et le Deal du siècle, se sont effondrés, dès lors qu’il n’est pas parvenu à constituer son gouvernement. Ces vilains projets, ce n’est pas la gauche israélienne qui les a gâchés, ni l’extrême droite US, ni les chrétiens orthodoxes russes. C’est la faute d’un homme seul : Avigdor Lieberman, un politicien israélien, à la tête d’un petit parti représentant les Israéliens russes. On aurait du mal à l’aimer, mais il a saboté ou du moins remis à plus tard l’avènement du Messie juif, autrement dit l’Antéchrist.

Je le comparerais volontiers avec Gollum, la créature révoltante et traîtresse qui suivait Frodon dans Le Seigneur des anneaux. Alors que Frodon mettait en oeuvre sa tentative folle de s’emparer de l’anneau pour son usage personnel, Gollum a sauvé la quête. Il a tranché le doigt à Frodon, puis il est tombé dans la Rivière de feu d’Orodruin. Et Gandalf de conclure; “même Gollum pouvait encore servir à quelque chose”.

Lieberman a fait couler le montage de la coalition de Netanyahou, mais non pour la moindre bonne ou honnête raison, ni par compassion envers les Palestiniens: c’est juste le contraire: il voulait bombarder Gaza et la raser; ce n’est pas non plus par haine de la corruption, car il n’est pas moins corrompu que Netanyahou; sa raison déclarée (il proclamait qu’il s’opposait à la domination par les juifs religieux) ne tient pas la route, dans la mesure où il a voté avec les partis religieux tout au long de sa carrière, et cela même contre les intérêts des Russo-israéliens qui lui donnaient leurs votes. A la fin, on lui offrait tout ce qu’il pouvait vouloir, mais il insistait sur un point qui ne valait pas un kopeck, du point de vue de ses électeurs; il voulait que tous les étudiants en droit religieux juif fassent leur service mililtaire. L’armée n’en voulait pas, les électeurs russes s’en fichaient complètement, et les jeunes juifs renâclaient, prêts à mourir plutôt que de rejoindre l’armée.

Il agissait par dépit. Netanyahou ne le traitait pas avec le respect qu’il estimait lui être dû; il se sentait utilisé et sous-estimé. A la fin, il a refusé toutes les offres tentantes de Netanyahou, et le voici plongeant dans l’Orodruin avec toute la Knesset.

Ce farouche dépit semble être quelque chose de très juif. Le Second Temple avait été détruit pour la même raison,  (שינאת חינם) dit le Talmud (Yoma 9b). R. Yohanan (BT Gittin 55b) détaille toute l’histoire de Kamtza et de Bar Kamtza, dont l’inimitié acharnée causa la guerre contre Rome, et la destruction du Temple qui s’en suivit. R. Yohanan b. Torta (PT, Yoma 4b (1:1) renchérit en disant que le Second Temple fut détruit à cause de l’amour de l’argent et de la haine aveugle.

L’amour de l’argent et la haine aveugle entre dirigeants israéliens ont de nouveau joué leur rôle, en donnant un coup d’arrêt à un processus extrêmement dangereux, juste à temps. L’édification du Troisième Temple est probablement reportée, comme c’est arrivé plusieurs fois dans l’histoire. L’occasion la plus mémorable s’était présentée à l’époque de Julien l’Apostat, qui avait permis aux juifs de reconstruire leur  temple; ils commencèrent à l’édifier, mais un tremblement de terre survint et mit à bas le projet. Lieberman aura été moins spectaculaire que le tremblement de terre, mais tout aussi efficace.

Pour mes lecteurs qui ne se satisferaient pas de l’explication par le dépit illimité, je peux vous offrir une autre version qui circule en Israël. On dit que Lieberman avait fait cela en suivant docilement les ordres du rusé Poutine. Poutine nétait pas chaud pour se laisser pousser par Netanyahou et Trump à agir contre l’Iran; il ne voulait pas se quereller avec ces deux dirigeants non plus, par ailleurs. Il aurait donc activé Lieberman et torpillé le nouveau gouvernement Netanyahou.

Se non è vero, è ben trovato. Si ce n’est pas vrai, c’est bien trouvé …

 

Israel Shamir: adam@israelshamir.net

Source: The Unz Review

Traduction: Maria Poumier

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Est-ce que les espions règnent sur le monde? http://www.israelshamir.com/french/est-ce-que-les-espions-regnent-sur-le-monde/ http://www.israelshamir.com/french/est-ce-que-les-espions-regnent-sur-le-monde/#respond Wed, 22 May 2019 21:33:23 +0000 http://www.israelshamir.com/?post_type=french&p=3630 L’excellent valet de Mr Wooster, le célèbre Jeeves [des romans de  P. G. Wodehouse], avait un as caché dans sa manche: si les choses tournaient mal, il se servait des dossiers du Club Junior Ganymede, et là, il pouvait trouver de la matière compromettante contre toute personne ayant pu jadis employer un valet ou un majordome, parce que ces gentlemen au service des autres gentlemen étaient obligés d’inscrire dans le livre du club tous les exploits imprudents de leurs maîtres. Grâce à ces renseignements de l’intérieur, Jeeves avait pu sauver son piètre maître, Mr Bertie Wooster, de l’opprobre. Jeeves était quelqu’un de modeste, et loyal comme un vassal à son maître étourdi; il en allait de même pour d’autres membres du club. Ils n’essayaient pas de faire du livre en question un outil de manipulation  sur l’Angleterre à partir de Buckingham Palace. Ceci étant, nous vivons à l’âge des grandes ambitions, peu portées aux loyautés excessives. Les valets, majordomes et autres gardes du corps ont mis en commun leurs forces et ont décidé de faire leur loi dans le monde entier.

Les écrivains férus de conspirations ont envisagé le gouvernement mondial de l’ombre comme un bureau de méchants “sages” entourés de  financiers et de mandarins du cinéma. Ce serait déjà assez sinistre; mais dans la réalité qui est infiniment pire, notre monde est dirigé par les Junior Ganymèdes qui ont été rendus fous. Ce n’est pas un gouvernement, mais un réseau, comme la vieille franc-maçonnerie de jadis, et c’est principalement constitué par un groupe d’espions félons et de plumes à louer, deux genres de domestiques qui ont collecté des tas de données et de leviers d’influence, et qui, au lieu de servir leurs maîtres loyalement, ont décidé de mener le monde dans la direction de leur choix.

L’amiral allemand Wilhelm Canaris, dernier chef de l’Abwehr, le service de renseignement militaire d’Hitler, était de cette espèce d’agents secrets dotés d’ambitions politiques. Il avait soutenu Hitler en tant que puissant ennemi du communisme; à un certain moment il arriva à la conclusion que les US seraient mieux placés pour faire le travail, et il changea de bord, pour servir les Anglo-américains. Il fut démasqué et exécuté pour haute trahison. Son collègue le général Reinhard Gehlen avait également trahi son Führer et était passé du côté des Américains. Après la guerre, il poursuivit sa guerre contre la Russie soviétique, cette fois-ci pour la CIA et non plus pour l’Abwehr.

Les espions sont des tricheurs par nature. Ils prennent contact avec des gens qui ont trahi leur pays; ils travaillent sous de fausses identités; pour eux le basculement de loyauté est aussi habituel et normal qu’une opération de changement de sexe pour un médecin marocain qui en fait entre 5 et 8 par jour. Ils se mêlent aux espions étrangers, ils tuent des gens impunément; ils bafouent toute loi, humaine ou divine. Ils sont extrêmement dangereux s’ils le font pour leur propre pays. ils sont infiniment plus dangereux encore s’ils travaillent pour eux-mêmes tout en gardant leurs marges de manœuvre institutionnelles  et leur réseau international. Nous avons récemment eu un triste rappel de leur nature traîtresse. Le chef du renseignement du Venezuela, ancien directeur du Service national du renseignement bolivarien (SABIN) Manuel Christopher Figuera, était passé à l’ennemi lors du dernier coup d’Etat avorté et il a filé à l’étranger quand le coup a foiré. Il avait découvert que le fait d’être membre du club Junior Ganymède des agents secrets était plus important pour lui que son devoir envers son pays et sa constitution.

Aux US les agences alphabétiques, de NSA à CIA et FBI, ont trahi leur pays de façon aussi flagrante que Figuera, mais ils n’ont pas encore pris la fuite. Nos collègues Mike Whitney et Philip Giraldi ont décrit la conspiration organisée par John Brennan de la CIA avec le concours actif de l’agent du FBI James Comey, pour opérer un changement de régime aux US. Dans la conspiration, des agences de renseignement étrangères, et d’abord le britannique GCHQ, ont joué un rôle important. Comme, en vertu de la loi, ces agents secrets de sont pas autorisés à opérer sur leur territoire national, ils s’adonnent à des petits coups de griffe routiniers. La CIA espionne en Angleterre et passe les résultats au Renseignement britannique. Les espions du MI6 espionnent aux US et passent les résultats à la CIA. Ils sont maintenant inextricablement liés entre eux à l’échelle mondiale.

Il ne s’agit plus d’Etat profond; ce sont les espions du monde entier, unis contre leurs maîtres légitimes. A lieu de rester loyaux envers leur pays, ils les ont trahis. Ce n’est pas seulement pour l’argent, c’est qu’ils pensent qu’ils sont les mieux placés pour savoir ce qui est bon pour vous.  En un sens, ils sont une nouvelle incarnation  de la Cecil Rhodes Society. Les politiciens élus démocratiquement et les hommes d’Etat doivent soit leur obéir soit affronter leur déplaisir, comme cela s’est passé avec Trump et avec Corbyn.

Partout, que ce soit aux US, au Royaume Uni, en Russie, les espions sont devenus trop puissants pour être repris en main. La CIA était derrière l’assassinat de JFK et ils ont essayé d’abattre Trump. Le renseignement britannique a tout fait pour couler Jeremy Corbyn, après avoir assisté la CIA pour pousser à la guerre en Irak. Ils ont créé le Error! Hyperlink reference not valid., ont inventé la fallacieuse affaire Skripal, et ont amené la Russie et l’Occident à un pas de la guerre nucléaire.

Les espions russes sont sur un mode particulier dans leurs rapports avec le réseau mondial; pendant bien des années, en Russie, des rumeurs persistantes affirmaient que la périlleuse Perestroika de Mikhail Gorbatchev avait été conçue et mise en route par le chef du KGB (1967-1982) Iouri Andropov . Avec ses employés, il avait démantelé l’Etat soviétique et préparé son détournement de 1991 dans l’intérêt du projet d’un monde unifié. Andropov, qui avait chaussé les bottes de Brejnev en 1982 (et qui était mort en 1984) avait avancé son pion Gorbatchev et son architecte de la glasnot Alexander Yakovlev. Andropov avait aussi mis en avant le général archi-traître du KGB Oleg Kalouguin pour prendre la tête de la contre-intelligence. Plus tard, Kalouguin a trahi son pays, s’est enfui aux US et a livré tous les espions russes de sa connaissance au FBI.

A la fin des années 1980 et début 1990, le KGB qui était à l’origine le chien de garde de la classe ouvrière russe, avait trahi ses maîtres communistes pour passer dans le camp du Réseau. Sans leur trahison, Gorbatchev n’aurait pas été capable de détruire son pays aussi vite: le KGB avait neutralisé ou désinformé les dirigeants communistes.

Ce sont les mêmes qui ont permis l’explosion de Tchernobyl; ils avaient permis à un pilote allemand d’atterrir sur la Place rouge, et cela fut utilisé par Gorbatchev comme excuse pour se débarrasser du bloc des généraux patriotes. Les gens du KGB ont été actifs pour subvertir d’autres Etats socialistes également. Ils ont exécuté le dirigeant roumain Ceauscescu et sa femme, ils ont mis à bas la République démocratique allemande; ils ont comploté avec Eltsine contre Gorbatchev et avec Gorbatchev contre Grigory Romanov. Résultat de leurs manigances, l’URSS s’est effondrée.

Les comploteurs du KGB en 1991 pensaient que la Russie post-communiste serait traitée par l’Occident comme l’enfant prodigue, et qu’on tuerait le veau gras pour lui souhaiter la bienvenue. Mais, à leur grande déception, ces stupides salopards ont découvert que leur pays était censé prendre la place du veau gras au festin, et ils se sont retrouvés, après avoir été le pouvoir invisible, gardes du corps pour des milliardaires. Des années plus tard, Vladimir Poutine est arrivé au pouvoir en Russie avec la bénédiction des agents secrets et des banquiers du monde entier, mais comme c’était un homme trop indépendant pour se soumettre, il a su amener son pays vers son horizon actuel nationaliste, tout en essayant de regagner quelque peu le terrain perdu. Les barbouzes insatisfaits le soutenaient.

C’est seulement depuis une date récente que Poutine a commencé à freiner la croissance sauvage de son propre service de renseignement, le FSB. Il est possible que le soupçonneux président ait été alerté par l’insistance surprenante des médias occidentaux pour imputer au GRU l’affaire Skripal et d’autres affaires de grande visibilité; le GRU, c’est le service relativement petit du renseignement militaire russe; on semblait en oublier le FSB. Le chef du département spécialisé dans la cybercriminalité au FSB fut arrêté et condamné a de longues années d’emprisonnement, et deux colonels du FSB ont été arrêtés après la découverte dans leurs antécédents d’immenses trésors en liquide, tant en monnaie russe qu’étrangère. Ces énormes tas de roubles et de dollars ne pouvaient servir que pour une tentative de changement de régime, ce que réclamait le Réseau.

En Ukraine, les chefs de la Sûreté d’Etat, le SBU, avait comploté contre le président légitime Victor Yanoukovitch. Ils avaient aidé à l’organisation et à la direction des manifestations du Maidan en 2014, et surent induire en erreur le président, jusqu’à ce qu’il se voie contraint de fuir à l’étranger. Les manifestations du Maidan ont pu être comparées avec le mouvement des Gilets jaunes; cependant, Macron, en tant qu’employé du Réseau, avait le soutien de ses espions, et il s’est maintenu au pouvoir, tandis que Yanoukovitch s’était vu trahi et déboulonné.

Aux US, les agents secrets ont permis à Donald Trump de devenir le candidat républicain, parce qu’ils pensaient qu’il allait forcément perdre face à Mrs Clinton. Or, à leur grande surprise, il avait gagné, et depuis lors, cet homme qui avait été mis en avant comme une proie facile, un bouffon, s’est retrouvé pourchassé par la franc-maçonnerie des barbouzes et scribes réunis.

Vous pourriez me demander : étaient-ils donc assez stupides pour croire à leur propre propagande sur l’inévitable victoire de la Clinton? Je réponds oui, ils étaient stupides et ils le restent. Ce ne sont pas des “sages”, malveillants ou bienveillants. Ma principale objection aux théoriciens conspirationnistes, c’est qu’ils voient habituellement les comploteurs comme omniscients et tout-puissants. Mais ils sont trop cupides pour être tout-puissants, et trop bêtes pour être omniscients.

Leur connaissance des failles des dirigeants officiels leur donne effectivement un sentiment de puissance, mais cette connaissance peut se traduire en contrôle effectif seulement sur des faibles. Les dirigeants solides ne se soumettent pas si facilement. Poutine a eu son quota d’agissements imprudents voire criminels dans le passé, mais il n’a jamais permis aux maîtres chanteurs de lui dicter son agenda. Netanyahou, autre homme fort dans le jeu politique moderne, s’est aussi débrouillé pour survivre aux chantages. Pendant ce temps-là, Trump déjouait toutes les tentatives pour l’éjecter, alors que ses ennemis brandissaient sa réputation de brutalité dans ses rapports avec les femmes, les noirs et les juifs, à tout bout de champ. Il a su rebondir et franchir le profond gouffre du Russiagate comme Gulliver. Mais il faut encore qu’il purge tout l’alphabet des agences de renseignement pour arriver à bon port.

En Russie, le problème est aigu. Bien des barbouzes et ex-barbouzes se sentent plus proches de leurs ennemis et collègues dans d’autres pays, plus que de leurs concitoyens. Il y a une qualité maçonnique dans leur camaraderie. Cette caractéristique pourrait être recommandable chez des soldats une fois la guerre terminée, mais ici, la guerre continue. Ils sont particulièrement entichés de leurs ennemis déclarés, apparemment c’est la trace du christianisme dans leurs âmes, mais elle est fort regrettable.

Lorsque Snowden est arrivé à Moscou après son évasion téméraire de Hong Kong, la télévision russe a projeté un débat auquel j’ai participé, parmi des journalistes, des membres du parlement, et des ex-espions. Les barbouzes russes disaient que Snowden était un traître; un personnage qui avait trahi son agence ne pouvait pas être crédible et devait être renvoyé aux US menotté. Ils avaient l’impression d’appartenir au monde des agents secrets, avec ses liaisons internes, tandis que leur loyauté envers la Russie passait très loin derrière.

Pendant la récente visite de Mike Pompeo à Sotchi, le chef du SVR, le service de renseignement russe à l’étranger, Mr Sergueiy Naryshkine, a proposé au Secrétaire d’Etat Mike Pompeo, ex-directeur de la CIA, d’élargir ses contacts parmi les services spéciaux russes, à un niveau plus élevé. Il a précisé qu’il avait interagi activement avec Pompeo pendant la période où il était directeur de la CIA. Pourquoi aurait-il eu besoin de contacts avec son adversaire? Il vaudrait bien mieux éviter les contacts en bloc. Même le président Poutine, qui est avant tout un nationaliste russe (ou un patriote, comme ils disent), qui a garanti l’asile à Snowden à Moscou au prix très élevé de la dégradation de ses rapports avec l’administration Obama, même Poutine, donc, a dit à Oliver Stone que Snowden n’aurait pas dû faire fuiter des documents comme il l’avait fait. “S’il n’aimait pas quelque chose dans son travail, il aurait dû simplement démissionner, mais il est allé plus loin”: cette réponse prouve qu’il ne s’est pas complètement libéré lui-même de la maçonnerie barbouzarde.

Tandis que les barbouzes complotent, les scribes sont là pour justifier leurs complots. Les médias sont aussi une arme, et une arme puissante. Dans l’opéra Lohengrin de Richard Wagner, le protagoniste se voit battu par une campagne de dénigrement dans les médias. Malgré son arrivée miraculeuse, malgré sa victoire glorieuse, la méchante sorcière parvient à empoisonner l’esprit de l’épouse du héros et de la cour. La plume peut contrer l’épée. Quand elles agissent de concert, comme dans l’union entre agents secrets et scribouillards, c’est un outil trop dangereux, on ne peut pas le laisser intact.

Dans bien des pays d’Europe, la politique des éditorialistes internationaux est sous-traitée au Conseil atlantique, ce think-tank basé à Washington et truffé d’agents secrets. Il est bien relié avec l’Alliance otanesque et avec la bureaucratie de Bruxelles, qui sont les instruments de contrôle sur l’Europe. Autre outil, The Integrity Initiative, où la différence entre espions et journalistes est complètement brouillée.

Tout aussi brouillée que la différence entre droite et gauche. Les médias de droite et de gauche brandissent des arguments différents, qui convergent étonnamment au bout du compte vers les mêmes résultats, parce que ce sont toutes les deux les machines du même réseau.

Dans les années 1930, elles étaient divisées. Les agents allemands et britanniques tiraient et poussaient dans des directions opposées. Puis les militaires russes devinrent si amicaux avec les Allemands qu’à un certain moment, Hitler avait cru que les généraux russes seraient à ses côtés contre leur propre chef. Par ailleurs, les agents secrets russes étaient traités en amis par les Britanniques, et avaient tenté de pousser la Russie à la confrontation avec Hitler. Le prudent maréchal Staline avait purgé l’Armée rouge de ses généraux pro-allemands, comme les barbouzes pro-britanniques du NKVD, et il avait retardé le déclenchement des hostilités autant qu’il avait pu. Maintenant, cependant, la cohésion et l’intégration des services secrets est parvenue au palier suivant, ce qui rend difficiles les discussions.

S’ils sont tellement puissants, intégrés et unis, ne devraient-ils pas jeter l’éponge, quitter le ring et se rendre? Horreur! Tout ce qu’ils réussissent à faire, c’est à défaire. Ils complotent, mais Allah est meilleur comploteur encore, comme disent nos amis musulmans. Effectivement, quand ils ont réussi à corrompre un parti, les gens votent avec leurs pieds. Le Brexit est un cas à considérer attentivement. Le Réseau voulait saboter le Brexit; aussi ont-ils neutralisé Corbyn avec des poursuites pour antisémitisme, tandis que May faisait tout ce qu’elle pouvait pour saboter le Brexit tout en l’appelant de ses vœux en public. Mais excessivement malins et lucides, les électeurs britanniques ont voté en lâchant les deux partis établis à la fois. Si bien que le plan qui se croyait retors s’est retourné contre eux.

Les peuples sont versatiles et ne savent pas toujours ce qui est bon pour eux; il y a beaucoup de démagogues pour égarer les foules. Et pourtant, les officiels légitimement élus devraient être ceux qui gouvernent, tandis que les non-élus devraient obéir; et cela signifie que les réseaux de barbouzes et d’agents des médias devraient savoir où est leur place.

 

 

Israel Shamir est joignable : adam@israelshamir.net

Traduction: Maria Poumier

Source: The Unz Review.

 

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Le brasier de la haine http://www.israelshamir.com/french/le-brasier-de-la-haine/ http://www.israelshamir.com/french/le-brasier-de-la-haine/#respond Sun, 21 Apr 2019 21:02:25 +0000 http://www.israelshamir.com/?post_type=french&p=3626 L’Eglise en proie aux flammes

Les rabbins ne regrettent nullement le désastre parisien. “C’est le châtiment divin pour avoir brûlé le Talmud”, vaticine un rabbin très en vue, celui de Bethel, Shlomo Aviner, au sujet de Notre-Dame en feu. En 1242, les Français avaient fait des recherches dans le Talmud, établi que le codex contient des volumes entiers d’appels à la haine, et ils ont fini par envoyer au bûcher 1200 échantillons du codex dans le square de la cathédrale Notre-Dame fraîchement édifiée. “Le temps du châtiment est venu”, entonne dramatiquement ce rabbin. Pas si vite, rabbin! Si nous devons mettre en relation les deux évènements – l’incinération du Talmud et la récente destruction de l’église- ce qui est en cause, dans l’histoire, c’est que jadis la France avait un système immunitaire solide et viril. La destruction médiévale de ce livre funeste fortifia une salutaire immunité collective face aux légalismes talmudiques, et cela permit à la cathédrale de survivre aux guerres et aux révolutions pendant le nombre magique de 777 années. Mais rien ne dure éternellement, hélas, et la résistance du peuple de France s’est épuisée.

Peut-être est-ce le moment de lui ré-inoculer un vaccin contre les schémas talmudiques. Peut-être que le malfaisant esprit de l’intolérance talmudique et de la suprématie judaïque devait se voir exorcisé une fois de plus, chassé du cœur de la France pour encore 777 ans. Espérons que l’édification de la cathédrale de remplacement inspirera un nouvel esprit de fidélité envers Notre Dame. Mais on n’en prend pas le chemin. Certes, dans le climat actuel, les autorités françaises ont plutôt envie de profiter du naufrage de Notre-Dame pour en faire le prochain Musée de la tolérance.

Il y a 777 ans, un juif qui reniait le Talmud avait coupé les ponts avec la Juiverie, accueillait le Christ et entrait dans l’Eglise: Nicholas Danin exposa publiquement le tintamarre talmudique; cela fit l’objet d’un débat, et l’assemblée, choquée et amèrement offensée, décida de rassembler les exemplaires existants et de les brûler en place publique. Dans la France de Macron, Nicholas Danin serait traîné en justice par la LICRA, et condamné à la prison, voire brûlé vif. C’est Danin, et non le Talmud, qui serait déclaré coupable du propos haineux si ses juges étaient préalablement bien formés, comme nous le sommes, dans le philosémitisme. Y a-t-il la moindre raison de rendre les ruines de Notre-Dame à l’Eglise catholique? Pourquoi ne pas la refiler directement au CRIF?

Dans le même article, le rabbin Shlomo Aviner, Français de naissance, rappelle à ses disciples que toutes les églises chrétiennes peuvent se voir démolies prochainement (au moins en Israël), mais que les temps ne sont pas encore mûrs.

Pour ce qui est de la cathédrale française, “nous ne sommes pas obligés de la détruire”, même si “le christianisme est le plus grand ennemi des juifs”. Un juif est censé se réjouir à la vue d’une église carbonisée, et doit réciter une bénédiction spéciale du dieu de la vengeance qui renverse la maison des orgueilleux. Le pouvoir juif en France ne cesse de monter tandis que l’Eglise voit sa signification s’amenuiser; la vieille cathédrale avait peu de chances de survivre à un tel retournement du destin. Elle sera reconstruite mais avec une autre identité: quelque chose qui ne sera pas catholique, quelque chose qui ne sera plus une église. Elle sera conçue pour attirer les touristes; nul besoin de consulter les autochtones. On a déjà tout décidé  à la place des Français.

La destruction de la cathédrale était dans les tuyaux depuis longtemps. Quand les sorcières dénudées des Femen y ont célébré leur messe noire, ont trompé les prêtres et fouetté les vénérables cloches dans les tours de Notre-Dame, un tribunal français les a aussitôt acquittées et a infligé des sanctions aux gardiens qui avaient tenté d’arrêter le sacrilège. Et ce n’était pas encore suffisant pour les ennemis de l’Eglise: pour leur pur blasphème, les Femen ont été présentées au concours de l’ International Secularism Award 2017, et leur cheffe a vu sa tête honorée sur un timbre postal; elle a en outre servi de modèle pour une nouvelle Marianne. Dominique Venner, écrivain et historien catholique français, s’est suicidé dans la cathédrale en 2013 pour alerter ses concitoyens sur les nuages menaçant sa chère France, mais en vain.

En France, le combat sans relâche contre l’Eglise, conduit par les juifs et leurs alliés, continue à porter des fruits. En 2013, le gouvernement de Hollande a forcé les citoyens à accepter le mariage gay malgré les manifestations sans égaldes catholiques français. L’influence de la LICRA en France dépasse même celle de l’ADL en Amérique. Les catholiques comme Soral et Dieudonné sont désormais envoyés en prison parce qu’ils heurtent la sensibilité juive (et comme vous le savez, les juifs sont des gens très sensibles). Ils poursuivent les Gilets jaunes tout comme ils persécutent l’Eglise et pour la même raison: il s’agit de provinciaux têtus qui veulent écouter les leçons du temps de la France chrétienne.

Le terrible brasier de Paris devrait être un présage et un avertissement pour les Français: retrouvez le lien avec votre Eglise! Sauvez-la et chérissez-la, car elle ne sera pas toujours à vos côtés. Et qui vous sauvera une fois qu’elle vous aura quittés? L’Eglise de France devrait tendre la main au peuple en soutenant les Gilets jaunes contre le gouvernement anti-chrétien de Macron. Son gouvernement n’a rien fait pour défendre l’Eglise, et cet incendie n’est pas sorti de nulle part. Macron est absolument coupable, si ce n’est par action, par sa négligence criminelle. C’est trop facile de l’imaginer trinquant avec une coupe de champagne en recevant la nouvelle. Nous devrions nous méfier des gens de pouvoir qui sont susceptibles de se réjouir de la destruction de nos églises.

Les meneurs du combat contre l’Eglise de France livrent bataille en France comme ils l’ont fait aux US, sous l’étendard des “prêtres pédophiles”. Ces accusations ad hominem (ces ragots, ou ces tropismes, devrions-nous dire?) visent directement le cœur  de l’Eglise. Personne ne pipe mot sur la malhonnêteté du coup fourré, tout le monde est trop occupé à battre sa coulpe. Certes si vous faites une allusion aux “escrocs juifs”, vous allez avoir la LICRA sur le dos, ou ses pieux agents viendront frapper à votre porte pour vous expliquer qu’il “peut y avoir des escrocs qui soient juifs, mais cela ne fait pas d’eux des escrocs juifs”. Et si vous vous avisez de parler d'”escrocs juifs”, vous êtes coupables d’antisémitisme. L’histoire des “prêtres pédophiles” est un truc génial: l’Eglise se retrouve forcée de faire des purges en son sein, d’elle-même, et les juifs se retrouvent débarrassés d’elle, libres de poursuivre leur route vers un dénouement auto-destructeur.

Les juifs se décrivent eux-mêmes comme “une nation de prêtres”, les prêtres de l’obédience la plus antichrétienne au monde. A mesure que l’influence de l’église juive resplendit, la fermeté de l’église chrétienne s’évanouit. C’est un jeu à somme nulle.

Même ceux qui ne s’intéressent pas aux choses de l’esprit peuvent constater que l’histoire menace de se répéter. Chaque fois que les forces de l’ombre préparent une nouvelle attaque contre l’humanité, ils se servent de leur redoutable artillerie pour mettre à bas toute éventuelle résistance, en commençant toujours par viser leur ennemi honni, l’Eglise.  Le Troisième Reich l’avait fait: avant d’entrer en guerre, ils avaient commencé une  campagne sur  les prêtres “amis du sexe”, pour forcer l’Eglise au silence. Maintenant c’est au tour du Quatrième Reich: l’Eglise était contre la guerre en Irak; l’Eglise est prompte à défendre la Palestine; l’Eglise est contre une attaque menaçant l’Iran; l’Eglise s’oppose,  implacable, à une guerre contre la Russie. Il faut la mettre à genoux, cela saute aux yeux.

Mais l’Eglise ne peut pas être salie par les errements commis par ses serviteurs. Si un prêtre abuse d’un garçonnet, c’est son crime, et non pas celui de l’Eglise. De même, si un soldat abuse d’un jeune homme, ce n’est pas la faute de l’armée, et si un homme politique abuse d’un enfant, ce n’est pas la nation qui est à blâmer. Dans la mesure où nous voyons maintenant l’Eglise catholique traînée en justice pour des délits commis par des prêtres, ne devrions-nous pas être capables de traduire en justice ses concurrents traditionnels, les juifs, pour chaque crime commis par un juif? Si l’Eglise porte la responsabilité pour “les abus de prêtres”, peut-être serait-il temps de poursuivre la communauté juive organisée à l’échelle internationale pour “escroqueries envers les juifs?” Ou pour les entraîner dans une guerre mondiale? Ou pour les massacres de non-juifs en Palestine?

Mon petit doigt me dit que les juifs modernes n’accepteraient jamais une responsabilité collective. Ils regrettent le temps de leur hubris, quand ils avaient tenu tête à Ponce Pilate. Les juifs d’aujourd’hui sont prêts à agir en tant que corps constitué pour récolter des offrandes, mais pas pour payer. L’actuelle génération de gentilles colombes ecclésiastiques devrait apprendre quelques leçons pragmatiques de ces vieux serpents avisés, pour trouver le moyen de survivre dans ce monde juif.

Un petit conseil: oubliez les supposées victimes d’abus cléricaux au siècle dernier. Je n’éprouve aucune pitié pour ces plaignants tardifs. Pourquoi ont-ils attendu vingt ans ou plus pour porter plainte? Les enfants qu’on agresse se mettent à hurler et courent chez eux demander la protection de leurs parents et de la police. S’ils n’ont pas pris leurs jambes à leur cou en hurlant, c’est qu’il ne s’agissait pas d’une agression.

Mettez cela sur le compte d’un geste maladroit de la part d’un amateur pathétique; c’est une expérience désagréable et honteuse, certes, mais peu susceptible de se reproduire après un blâme énergique.

Ne vous en prenez qu’à vous si vous envoyez des signaux ambigus, et reprenez votre chemin. Rejoignez l’humanité: chacun d’entre nous, même vos père et mère, ont eu à subir des baisers non souhaités ou des étreintes qui les dégoûtaient. Les lois devraient être raisonnables. Recevoir des plaintes au bout de vingt ans pour des transgressions non signalées à l’époque, ce n’est pas raisonnable. Seule une accusation immédiate devrait être reconnue comme valable, et 24 heures, c’est plus que suffisant dans la plupart des cas pour déposer plainte dans les formes.

Si un viol a été perpétré, bien sûr que le coupable devrait être puni. Mais ne laissez pas le délateur tirer profit de son rapport. C’est la règle indispensable pour que justice se fasse. Il y a eu une époque où un délateur pouvait réclamer un tiers des biens de celui qu’il dénonçait. Et souvent nous allons au-delà, dans notre environnement porté aux litiges. L’angle “pédo” nous égare. Un “enfant”, c’est quoi? Etes-vous révoltés par Roméo et Juliette? En tant que bons citoyens américains, vous devriez l’être; Juliette avait 14 ans, et donc Romeo de nos jours devrait être jugé et enfermé en tant que pédophile, ainsi que son complice le bon Frère Laurence. Et celui-ci serait certainement considéré comme un prêtre coupable, et un Dershowitz quelconque raflerait un million de ducats, prélevé sur le diocèse de Vérone pour le péché d’avoir prêté son concours aux rendez-vous galants des amoureux. Edgar Allan Poe avait épousé une jeune fille de 14 ans, et sous les lois actuelles, le poète américain aurait estampé à son Corbeau son “nevermore” entre quatre murs. Le prophète Mohammed avait épousé Aicha à neuf ans, mais Jacob, le patriarche biblique, avait fait mieux encore, en épousant Rachel qui n’avait que sept ans. Dans notre monde moderne, Jacob et Mohammed seraient pris en chasse, extradés et mis sous les verrous. Et les Personnes encore plus haut placées ne s’en tireraient pas avec notre justice “éclairée”: la Mère de notre Sauveur avait à peine 14 ans lors de l’Annonciation.

La tradition grecque approuve les femmes mûres qui veulent bien partager leur expérience avec des garçons en plein bourgeonnement. Dans le classique grec Daphnis et Chloé, une dame mûre du nom de Lycaenium enseigne au jeune Daphnis comment donner du plaisir à sa petite amie pour leur mutuelle satisfaction. La BBC rapporte le cas d’une maîtresse d’école de 26 ans qui a été arrêtée pour des relations sexuelles avec un élève de 15 ans. Même le procureur a admis que c’est le “fantasme de tout écolier de recevoir ce genre d’attention de la part d’une éducatrice jeune et attirante”, ce qui ne l’a pas empêché de sévir. Aux US, Pamela Rogers a été envoyée en prison pour avoir eu une relation avec un garçon aussi grand que vous et moi; il n’avait que 13 ans à l’époque, mais c’est exactement l’âge où s’était marié mon arrière-grand-père. Si Mrs Rogers s’était plutôt concentrée sur le moyen de torturer émotionnellement et d’humilier le garçon, elle aurait certainement mené une belle carrière dans l’éducation publique. Qui sait, elle serait peut-être devenue secrétaire d’Etat.

Les Américains et les Britanniques ont inventé le concept absurde de “détournement de mineur” [en anglais: viol statutaire]; comme si un procureur savait mieux que les garçons et les filles ce qu’ils veulent. Les grands penseurs français Sartre et Derrida, Foucault et Simone de Beauvoir, avaient appelé en 1977 à déchirer ce piège de papier, cet outil pour des poursuites sélectives. Les sages Espagnols ont établi l’âge du consentement à 13 ans, tandis que les musulmans encore plus sages ne fixent pas d’âge minimum pour le mariage du tout, parce qu’ils réprouvent plus que tous les rapports en dehors du mariage. Les juifs se guidaient par le Talmud, qui stipule que l’âge permis aux filles pour le mariage est de trois ans et un jour (mais on conseille plutôt d’attendre ses neuf ans), et il interdit sagement la sodomie.

De fait, presque tous les cas allégués en matière d’abus sexuel dans le clergé sont le fait d’homosexuels; les victimes éventuelles devraient plutôt incriminer les organisations pour les droits des gays qui ont infesté l’Eglise, plutôt que de harceler l’Eglise quand elle n’est pas parvenue à les en protéger. Mais les dirigeants de l’Eglise ne sont même pas autorisés à envisager une telle suggestion. Ils ne peuvent pas dire “pédérastie”, ils doivent prétendre que c’est de la “pédophilie”. Il leur est interdit de défroquer un prêtre homosexuel , sans quoi il seront accusés d’homophobie.

La violence sexuelle envers un garçon ou une petite fille de la part d’un adulte est répugnante et criminelle, mais ces accusations sont extrêmement rares dans l’histoire des abus dans le clergé.

Nous ne devons pas rester indifférents aux tribulations de l’Eglise, parce qu’elle seule a le potentiel pour remplacer l’état de choses prédateur néo-judaïque par un cadre chrétien et aimant la paix. L’Eglise affirme la primauté de l’esprit, et de nos capacités d’origine divine pour la pensée et la reproduction; de telles opinions chargées d’espérance sont anathèmes aux yeux de nos maîtres du monde. Au niveau le plus profond l’Eglise est le principal adversaire du mal dans  notre monde. Les despotes ont constitué une sorte d’église concurrente, l’église des ténèbres, et ils ne souffriront pas de compétitrice. Mais tout dominants qu’ils sont, ils ne sont pas tout-puissants. Il n’y a pas de force magique dans leurs incantations. Ils n’ont pas de pouvoirs divins pour les protéger. Ce sont des imposteurs. Ils exploitent les vieux mythes de l’humanité, en oubliant que rien ne marche sans Dieu. En tant que rebelles contre Dieu, ils seront vaincus. En tant que charlatans, ils seront désossés. Leur chute est imminente. Nous devrions les rejeter complètement, aussi complètement que nous sommes appelés à le faire lorsque nous confessons notre foi.

L’Eglise catholique est l’un des plus grands champions de la Palestine. Elle a un patriarche palestinien, son clergé fait de son mieux pour défendre le peuple palestinien. Toutes les églises instituées soutiennent la Palestine; avec les églises apostoliques prenant le premier rôle, et les catholiques étant souvent en tête.

Lors du siège de Bethléem par les juifs en 2002, c’est l’Eglise catholique qui a dirigé la résistance. Je le sais parce que j’y étais résistant aussi. Jadis, l’Eglise avait lancé la croisade pour libérer la Terre sainte. Avec un esprit courageux et généreux, elle pourrait se mettre à la tête d’une croisade pour la Paix, et libérer à nouveau la Terre sainte. La France a autrefois atteint des sommets de justice économique, de sophistication sociale et d’intégrité morale, en union avec l’Eglise. Le terrible avertissement du brasier de Notre-Dame devrait provoquer un choc chez les Français, les faire basculer dans le giron de l’Eglise, tout comme devrait susciter un réveil de l’Eglise la vision des “fumées de Satan” imprégnant ses murailles.

Ecrit en collaboration avec Paul Bennet

Voir aussi le texte écrit par Israël Shamir en 2007: http://www.unz.com/ishamir/darkness-from-the-west

Pour joindre Israel Shamir: adam@israelshamir.net

Traduction: Maria Poumier

Source: The Unz Review.

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Assange enchaîné http://www.israelshamir.com/french/assange-enchaine/ http://www.israelshamir.com/french/assange-enchaine/#respond Sat, 20 Apr 2019 20:54:18 +0000 http://www.israelshamir.com/?post_type=french&p=3620 Comme Prométhée, auquel il a été comparé, Julian Assange n’a pas échappé à la colère des dieux autoproclamés du « Deep State ». Après sept ans de captivité entre les murs de l’ambassade équatorienne, l’homme qui nous a mis en état de comprendre la politique internationale a été  transféré dans une autre et pire prison, le « Guantanamo anglais », Belmarsh, en attendant son extradition vers une prison encore pire que celle-là, dans l’archipel des culs-de-basse fosse de la CIA.

« Il n’a pas été arrêté pour le bien de deux femmes en Suède ni pour réprimer une infraction mineure supposée dans le cadre d’une mise en liberté sous caution. Il n’a jamais été question de la Suède dans cette affaire ni de liberté sous caution, ni même de la fable discréditée du Russiagate, comme n’importe qui d’un peu attentif a pu s’en rendre compte. Il s’agit du Deep State en action pour écraser Wikileaks et faire de son fondateur un exemple retentissant. Aujourd’hui, tous les faux-semblants ont sauté », a écrit Jonathan Cook.

Le président Trump peut encore le sauver, ne fût-ce que parce qu’il devrait éprouver une énorme gratitude envers l’homme qui l’a porté à la Maison Blanche. Sans la publication, par Julian, des documents de la Convention  nationale démocrate, le public américain n’aurait pas su que la candidature Clinton n’avait pu être poussée que par tricherie, en anéantissant la candidature beaucoup plus défendable du sénateur Bernie Sanders. Mais  jusqu’à présent, Trump n’est pas venu en aide à un seul des hommes qui ont eu des ennuis pour l’avoir aidé. Néanmoins, le Président US devrait savoir ce qui est bon pour lui.

Le transfert d’Assange, de l’ambassade à la vraie prison, s’est produit tout de suite après que le Rapport Mueller se soit avéré un échec. Dès que le Deep State a eu compris que le rapport Mueller était à bout de souffle, il est passé à l’étape suivante. Maintenant, « ils » vont essayer de faire admettre à Julian qu’il a collaboré avec la Russie, pour pouvoir ré-allumer la mèche du RussiaGate et destituer Trump au bout du compte.

Le premier signe annonciateur de cette nouvelle phase est venu avec l’arrestation de Manning. Cet homme brave est passé en jugement, a été condamné, emprisonné et il a souffert des années de terrible incarcération. Il n’a pu sortir qu’en acceptant de renoncer à sa virilité. Malgré cela, cette personne mentalement torturée a été ré-arrêtée et renvoyée en prison, cette fois pour une durée illimitée, jusqu’à ce qu’elle accepte de témoigner contre Assange. Cette méthode, héritée de l’arsenal de l’Inquisition, a pu être utilisée sans déclencher le moindre  tollé public. Ses « sœurs » récentes, qui insistent si fort pour appeler Manning « elle », n’ont pas levé le petit doigt pour le sauver. Après l’arrestation de Manning, l’arrestation d’Assange était prévisible. Trump devrait y faire attention, mieux : il devrait sauver Assange et ainsi se sauver lui-même.

Voir l’arrestation de Julian m’a rappelé l’arrestation de Saddam. Non qu’il y ait beaucoup de similitudes entre le président irakien déposé et le superbe fléau de l’Empire, mais c’était la même image des cheveux blancs ébouriffés, de la barbe en broussaille, de l’humiliante vulnérabilité d’un homme fort aux mains de ses ennemis, le même regard désorienté. Il avait l’air d’un ermite arraché à son ermitage, si différent du jeune homme mince, élancé, net et plein de dynamisme qu’il était il y a à peine quelques années, lorsqu’il a accepté l’offre du Président de l’Équateur. La prison est une expérience épouvantable, même si c’est dans une jolie pièce d’un hôtel particulier de Knightsbridge.

Pourquoi s’est-il précipité dans cette impasse ? Ses amis ont essayé de le persuader de se livrer à la Suède, estimant qu’au pire, il sortirait au bout de six mois, mais lui, il disait que la Suède ne le relâcherait pas et l’extraderait vers les USA. En fait, nous avons fini par découvrir que les Suédois voulaient laisser tomber l’affaire depuis longtemps, alors que les Britanniques, tortueux et perfides comme toujours, les poussaient à persister tout en prétendant soutenir les intérêts de la Suède. Maintenant, on voit qu’il avait raison et que ceux qui le disaient paranoïaque avaient tort.

Les « autorités » ont une méchante tactique : ils commencent par quelque chose de peu important, juste pour pouvoir s’emparer de leur victime, après quoi, ils déroulent quelque chose de plus sérieux. La police britannique a saisi Julian pour une broutille relevant de la liberté sur parole; maintenant, ils vont prétendre l’extrader pour une histoire de piratage ; une fois qu’il sera aux États-Unis, il sera accusé de trahison, d’espionnage ou de quelque chose de ce genre.

Nous devons nous battre pour qu’il soit relâché. Il ne s’agit pas seulement de sauver le héros du peuple, il s’agit aussi d’empêcher qu’un nouveau round de Russiagate nous rapproche d’une apocalypse nucléaire. Comme mon nom a été mentionné à ce sujet, je le déclare à nouveau : Julian n’a eu aucun lien avec les Russes, il n’a pas eu l’intention d’aller en Russie, la Russie n’a pas eu besoin et n’a pas eu l’occasion de lui refuser l’asile, et on peut lire mon explication complète ici.

Le Deep State veut émasculer Julian, comme il a émasculé Manning, comme il veut nous émasculer tous. La campagne contre Assange fait partie intégrante d’une entreprise d’émasculation de l’humanité. L’Empire hait Poutine, pas seulement parce qu’il ne l’a pas laissé s’emparer des richesses de son pays, il le hait aussi pour sa franche masculinité. Eric Walberg, dans son Great Games, parle d’une stratégie plus profonde derrière les révolutions colorées : leurs organisateurs « châtrent les Etats modernes », dans le but de les transformer en minus faiblards postmodernes. Cette castration est un plan important des « maîtres du monde », bien plus profond que les empoignades éphémères sur des gazoducs et des ressources. La défaite de Julian Assange est une défaite pour tous les hommes et une défaite pour l’humanité, grosse d’un avenir sinistre pour nous tous, à moins que nous nous décidions à y faire quelque chose. Ce n’est pas seulement notre liberté qui est en jeu, mais notre virilité, notre être.

Les meilleurs des Britanniques sont de notre côté. Jeremy Corbyn s’est exprimé fortement contre l’extradition d’Assange. Si le gouvernement de Mrs May tombe, comme cela se pourrait bien, Corbyn aura une chance de peser sur les décisions des autorités britanniques, parce que les ennemis d’Assange sont ses ennemis aussi.

Les pires des Britanniques sont contre Julian. Integrity Initiative, l’entité grise qui est derrière les médias, complote contre lui. Le Guardian, qui fut jadis un merveilleux journal, est devenu l’outil privilégié pour combattre Corbyn, Assange et la Russie.

Les meilleurs, aux États-Unis, parlent eux aussi en faveur de Julian, comme l’a fait Ron Paul et comme le font d’autres auteurs qui écrivent sur Unz.com.

Julian m’a dit un jour que les « élites » complotent et conspirent toujours ; notre devoir est de faire la lumière sur leurs obscures menées. Tous les journalistes et tous les éditeurs devraient se tenir aux côtés d’Assange, parce que c’est notre intérêt professionnel à tous. Nous devrions être libres d’écrire et de publier, sans crainte d’être jetés dans la Tour, à la Bastille ou à Guantanamo. Sinon, les gens au pouvoir nous enlèveront en toute impudence ce qui reste de notre liberté et de notre dignité.

Joindre l’auteur: adam@israelshamir.net

Original sur The Unz Review.

Traduction: Catherine Lieutenant et Maria Poumier

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Le Venezuela, une nouvelle Syrie http://www.israelshamir.com/french/le-venezuela-une-nouvelle-syrie/ http://www.israelshamir.com/french/le-venezuela-une-nouvelle-syrie/#respond Wed, 03 Apr 2019 20:57:02 +0000 http://www.israelshamir.com/?post_type=french&p=3623 Il y a quelques jours, un Iliouchine 62M de ligne amenait plus d’une centaine de soldats et d’officiers russes à Caracas. De façon hautement symbolique, ils avaient fait une escale en Syrie, une façon de dire que le Venezuela est le prochain pays, après la Syrie, qu’il va falloir sauver de la ruine et du démembrement? La mission militaire était dirigée par le chef d’Etat major, le général Tonkoshkourov (“la peau fine”) un nom qui aurait qui aurait enchanté Vladimir Nabokov.

“Comment osez-vous, s’est écrié John Bolton, mettre votre nez dans l’hémisphère occidental! Bas les pattes! Le Venezuela, c’est notre arrière-cour à nous”. Mais les Russes n’ont rien voulu savoir. Il y a quelque temps, ils avaient essayé d’émettre des objections au stationnement de chars US positionnés en Estonie, à quelques enjambées de St Petersburg, et tout ce qu’ils y avaient gagné, c’était un sermon sur le thème de la souveraineté, comme quoi “l’Estonie n’a pas à demander la permission aux Russes pour recevoir une assistance militaire américaine”. Ils viennent de revenir sur le sujet avec John Bolton et son patron. “Et commencez par quitter la Syrie”, ont-ils ajouté.

C’est un nouveau palier dans les relations russo-américaines, ou faut-il parler de confrontation. Pendant très longtemps, les Russes s’étaient persuadés que leur sympathie pour les US était réciproque, ou qu’ils obtiendraient quelque chose en retour un jour ou l’autre. Seulement voilà, la page est tournée, leur regard s’est dessillé, et ils ont fini par réaliser que l’animosité américaine est implacable. “Ces Russes sont vraiment sourds si c’est seulement maintenant qu’ils se réveillent”, vous dites-vous tout bas. Il suffit de lire les commentaires à l’article du New York Times au sujet de l’éxonération de Trump par Muelller pour découvrir que la haine de la Russie est au menu quotidien des élites américaines, tout autant que l’amour d’Israël. Voilà où on en est.

Mais les Russes avaient aussi une tradition d’opposition. Ils avaient eu des sentiments tendres pour la grande nation d’outremer à l’époque des tsars, puis des soviets, et encore plus dans les années post-soviétiques; Ils aimaient la bravoure américaine, ses hardis pionniers, ses fermiers, le jazz et Hollywood. Ils comparaient le cri de guerre “toujours plus à l’ouest, les gars” avec leur propre exploration de la Sibérie. Ils comparaient leurs cités poussant comme des champignons à Chicago. Khroutchev admirait leur maïs et appelait son peuple à concurrencer pacifiquement l’Amérique. Les classes cultivées et occidentalisées, ce qu’on appelle l’intelligentsia russe, étaient aux côtés des US pendant la guerre du Viet-Nam, et tout au long des guerres du Moyen Orient.

Cet amour de l’Amérique avait été si étroit qu’il n’y avait pratiquement pas de films russes ou soviétiques avec les Américains dans le rôle du méchant. C’est vrai, il n’y a pas d’équivalent des antagonistes de Rambo, ou d’Igor dans les films d’horreur classiques. Les Américains dans les films russes sont de braves garçons, à quelques exceptions près, dans des films de série B. “Nous ne faisons pas confiance à la Russie, jamais nous ne les croirons. Ils ne deviendront jamais nos amis… Nous allons leur botter les fesses à chaque occasion”, ces paroles mémorables de Nikki Haley n’avaient pas de contre-partie russe, on ne connaissait pas ces sentiments.

Maintenant cela pourrait bien changer. Le dernier film d’action russe  The Balkan Line montrait un commando russe opérant en Bosnie et au Kossovo contre les alliés de l’OTAN, des islamistes trafiquants d’organes, tout à fait selon le schéma du thrilller turc La Vallée des Loups. Il est sorti pile pour l’anniversaire du bombardement de Belgrade, l’évènement traumatisant entre tous pour les Russes post-soviétiques. Lorsque Clinton avait ordonné le bombardement de la Serbie, l’alliée de la Russie et sa correligionnaire, malgré le plaidoyer russe et leur intercesion, les Russes avaient compris que leur changement de régime avait attiré les catastrophes sur leur tête. Le premier ministre Primakov apprit la décision de Clinton alors qu’il était en route pour Washington, et il ordonna au pilote de faire demi-tour au-dessus de l’Atlantique. Quelques mois plus tard, Poutine prenait la présidence de la Russie, et celle-ci prit un nouveau cap, plus affirmé, mais encore amical pour l’Amérique.

Cependant, les US persistaient à traiter la Russie comme un Etat vaincu, comme l’Irak après Saddam ou le Japon en 1945. C’en était trop. Les Russes pouvaient accepter dêtre traités comme des vassaux, mais des vassaux importants, méritant d’être écoutés et ménagés. Avec Le soutien US à  l’insurrection islamiste en Tchétchénie ou l’encouragement à l’agression géorgienne, le lien s’est brisé.

Jusqu’à une date récente, nous avions la version de Poutine sur ce qui n’allait pas, telle qu’offerte dans ses entretiens avec Oliver Stone. Maintenant nous disposons de la version américaine, et curieusement, elle n’est guère différente compte tenu de l’évolution du contexte. La version US des choses a été offerte par William J Burns, un diplomate américain vétéran, et ambassadeur à Moscou. Cela a été résumé comme suit par Vladimir Golstein de la Brown University:

  1. La Russie était censée agir comme un partenaire junior obéissant aux US. “L’Amérique pensait que Moscou allait s’habituer à ce statut de partenaire junior, et s’accommoder de l’expansion de l’OTAN jusqu’à sa frontière avec l’Ukraine à contre-coeur. Hélas, la poussée du président Bill Clinton vers l’est avait renforcé le ressentiment russe”. Quelle surprise!
  2. La Rssie s’attendait à un quiproquo pour son soutien aux US après le 11 septembre, mais “Poutine a profondément mal interprété les intérêts et la politique ades Américains. L’administration Bush n’avait pas le moindre désir de négocier le moindre partenariat avec la Russie contre al-Qaida, elle ne voyait aucune raison pour ce faire. Elle n’était nullement tentée de faire des concessions à un un Etat sur le déclin”, dont les offres furent ignorées.
  3. Les Américains n’ont pas tenu compte des avertissements russes. L’ambassadeur raconte que Poutine lui disait de retenir le président géorgien téméraire de s’attaquer à ses clients russes, mais cette mise en garde avait été ignorée.
  4. Le changement de régime en Libye “avait énervé Poutine, On disait qu’il était en train de regarder la vidéo macabre de la destitution du dirigeant libyen Mouamar Kadhafi capturé alors qu’il se cachait dans un tunnel de drainage et qu’il se faisait abattre par des rebelles soutenus par l’Occident, une fois de plus”. Apparemment, c’est à ce moment que Poutine avait pris conscience enfin que  nul ne survivrait si la position russe ne s’affirmait pas. Après le Russiagate, l’inimitié entre les vieux adversaires a atteint des  niveaux inédits.

Non, Je ne regrette rien, et je ne regrette pas, en particulier, que les relations russo-américaines aillent de pire en pire. Le monde a besoin d’équilibre, et les Russes constituent un contrepoids à la main lourde de l’once Sam. Le pire moment, dans l’histoire récente, c’est vers 1990, quand la Russie avait pratiquement cessé d’exister en tant que facteur important de la politique internationale. C’est à ce moment que les US ont ravagé le Panama et l’Irak, bombardé Belgrade, créé al-Qaida, et démoli leur propre classe ouvrière. Si Maduro le chauffeur de bus enragé et basané avait essayé de dire non à Washington dans les années 1990, il aurait été enlevé, arrêté et traîné devant la justice pour viol sur mineur ou pour trafic de drogues, et coffré pour trente ans. Le président russe d’alors, Boris Eltsine, n’aurait même pas remarqué, entre deux cuites, que le Venezuela se retrouvait brutalement ramené à un statut colonial.

Heureusement, la Russie et les US n’en sont qu’aux altercations verbales, et les pays qui veulent échapper aux diktats impériaux ont le choix. Le Venezuela en fait partie. Le président Maduro a souligné que la visite des conseillers militaires russes avait été prévue de longue date. Même si techniquement cest vrai, la position de la Russie a bien évolué au cours du mois de mars.  Quand les US ont bloqué les comptes bancaires du Venezuela, Maduro a annoncé qu’ils les avaient transférés à la Gazprom Bank. Les Russes qui sont dans le pétrole se seraient bien passés de cette révélation. J’en ai parlé avec un pdg d’une compagnie pétrolière qui regrettait vivement les imprudentes paroles de Maduro. “Et voilà, maintenant c’est notre banque qui va se retrouver sous le feu des sanctions, et nous courons à la ruine”, disait-il. Il ne pouvait pas tenir sa langue, Maduro? On aurait géré ses avoirs à bas bruit, sans que cela soit perçu comme une provocation pour les Américains.” D’autres officiels importants à Moscou ont dit que de toute façon le Venezuela était fichu, et qu’il valait mieux s’occuper d’autre chose.

Mais la visite de la vice-présidente vénézuélienne doña Delcy Rodríguez à Moscou a changé la donne. Cette dame aussi élégante que dynamique est une oratrice excellente et convaincante. Elle a fait une apparition sensationnelle lors de la conférence de presse avec Serguéi Lavrov. En quelques mots choisis, elle a détricoté l’écheveau de mensonges qui étouffe son pays. Malgré les sanctions, le Venezuela vit mieux que ses voisins la Colombie, le Guatemala, le Honduras. Il héberge six millions de réfugiés économiques et politiques en provenance de Colombie, et qui ne veulent pas rentrer chez eux. Ils préfèrent souffrir dans le Venezuela socialiste. Et tandis que des milliers de Centre-américains se fraient un passage vers le Rio Grande, les US devraient s’occuper d’eux et régler le problème au lieu d’être obsédés par le Venezuela. Cet exode en cours part des Etats clients les plus dociles envers Washington. Nous avons aussi entendu dire que les US ont détourné $31 milliards de dollars en avoirs vénézuéliens, et en ont refilé un (petit milliard) au  quidam embauché pour faire président à la place de Maduro, le petit Guaido.

Pendant quelques jours, la Russie a hésité. Ceux qui sont sur une ligne pro-américaine ont un pouvoir bien réel à Moscou, et ils appelaient à lâcher Caracas. Ils rappelaient aux gens un danger imminent et tout-à-fait certain: les US peuvent bloquer les avoirs russes en dollars et interdire toute transaction en dollars aux entreprises russes. Cette modalité de guerre a été expérimentée en Corée du nord et en Iran avec des effets dévastateurs.

Les Russes s’attendent à ce genre de mesure; c’est pourquoi ils augmentent leurs réserves en or, et vendent leurs actions et obligations US. Ils sont prêts pour le moment attendu, mais ils préfèrereaient le retarder aussi longtemps que possible.

Et pourtant, malgré la menace, Poutine a décidé de soutenir le Venezuela de Maduro. C’est ainsi qu’un nouveau palier dans la guerre hybride a été franchi. Les Vénézuéliens ont déménagé le quartier général de leur compagnie pétrolière à Moscou, et la circonspecte Russie les a accueillis.

Aussitôt, les US ont répondu avec des attaques cybernétiques sur les centrales électriques, provoquant une panne très étendue. C’est probablement la première cyber-agression déployée sur les infrastructures de l’ennemi. La destruction des centrales iraniennes grâce au Stuxnet avait un rayon d’action limité, et n’interférait pas au niveau de l’économie générale du pays. Le réseau électrique du Venezuela avait fait l’objet d’une mise à jour récente, et d’une importante modernisation, par la grande firme internationale ABB. Une fois que tout a été rénové, la firme a fait savoir dans ses communiqués à la presse que désormais le Venezuela était doté de l’équipement le plus performant et pointu. D’où l’on peut déduire qu’un équipement dernier cri est aussi plus vulnérable aux cyber-atttaques.

Chaque changement de régime organisé par Washington en Amérique latine a comporté une attaque sur l’approvisionnement en énergie (pensons par exemple au renversement d’Allende au Chili), mais jusqu’à  présent, l’adversaire devait mettre les mains dans le cambouis, physiquement, pour saboter les centrales électriques et les lignes à haute tension. Maintenant ils ont appris à le faire depuis l’étranger, depuis Miami. Les Vénézuéliens ont fait remarquer ue la première annonce de leur panne, c’est Marco Rubio qui l’avait proférée. “Marco Rubio a averti quelques heures avant la panne que les Vénézuéliens allaient subir le rationnement le plus strict en matière de combustible et de nourriture; ce faisant il révélait qu’il était bien au courant qu’un choc sévère allait se produire dans les prochaines heures”. Le site Moon of Alabama accepte également l’explication par une cyber-attaque, tout en nuançant: un gros foirage, c’est quelque chose qui peut arriver, rappelle-t-il, et les US aussi ont connu des pannes comparables.

J’ai demandé à un expert russe en matière de guerre cybernétique son avis, et il m’a confirmé qu’une cyber-attaque sur les infrastructures est faisable. Il mettait cela en relation avec la bataille US contre le géant de la communication chinois Huawei; c’est le seul grand fournisseur qui ne fournit aucune espèce de porte dérobée “backdoor” accessible aux opérations d’espionnage de la NSA.

Les Russes ont décidé de donner un coup de main au Venezuela. Ils ont envoyé des experts en cybernétique, une mission militaire; ils achètent son pétrole au Venezuela et brisent le boycott américain contre le peuple bolivarien. Ils aident aussi l’Iran à contourner les sanctions.

Les Russes n’ont pas de grosses ambitions. Ils ne cherchent pas à gouverner le monde, ni même à dominer leurs voisins. Ils ne veulent pas affronter l’empire. Si on les laissait tranquilles, ils se contenteraient d’avoir la paix. Mais si on les bouscule, et c’est ce qui se passe maintenant, ils vont répliquer. Du point de vue russe, même les politiciens américains les plus hostiles reculeront avant une collision apocalyptique. Et si ce n’était pas de cas, eh bien tant pis.

Joindre Israel Shamir adam@israelshamir.net

Source: The Unz Review.

Traduction: Maria Poumier

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http://www.israelshamir.com/french/le-venezuela-une-nouvelle-syrie/feed/ 0
L’attentat de Christchurch revisité http://www.israelshamir.com/french/lattentat-de-christchurch-revisite/ http://www.israelshamir.com/french/lattentat-de-christchurch-revisite/#respond Sat, 23 Mar 2019 20:28:43 +0000 http://www.israelshamir.com/?post_type=french&p=3614 Pas la peine d’être un nationaliste blanc pour commettre un meurtre de masse dans un lieu de culte comme à Christchurch, quoique, si vous ne lisez que les médias officiels, vous  soyez probablement tenté de les associer, les nationalistes blancs, avec ce genre de dépravation. Je n’ai aucune intention de chercher des excuses pour ce crime, et tout en rejetant les théories conspirationnistes, je voudrais contextualiser l’évènement, enquêter sur les forces politiques à qui profitent la chose, et sur l’assignation de la culpabilité que les libéraux ont mis en œuvre.

Les nationalistes blancs ne sont pas des gens à part. Un musulman aurait pu en faire autant. En Egypte, des extrémistes musulmans ont massacré, en avril 2017, 45 chrétiens dans deux églises coptes. Il y a une longue liste d’attaques contre des églises en Egypte, en Syrie et en Irak, par des extrémistes islamiques. Ils tuent également des musulmans pas  assez dévots à leur goût: 300 fidèles musulmans furent massacrés par des extrémistes musulmans (voir wikipedia) dans une mosquée du Sinaï en novembre 2017. Les atrocités de Daech se situent à un autre niveau (pire) dans l’ensemble, même si les médias les sous-évaluent parce qu’ils préfèrent diaboliser Assad avec ses alliés russes et iraniens. Il y a beaucoup d’attaques musulmanes contre des chrétiens qui ne sont pas diffusées, parce que les médias obéissent à la règle visant à maintenir les nationalistes locaux de souche sous pression, et que des reportages complets leur feraient rater leur cible. En septembre 2018, un individu a répandu du pétrole et tenté de mettre le feu à une rame de métro à Stockholm. Il en a été empêché par des passagers, arrêté, et condamné à quatre ans de prison. Mais on n’en a pas vu trace dans les médias, à une exception près, et on n’a pas communiqué son nom pour une bonne raison: c’est un nom musulman. En même temps, les crimes dits de haine sont très abondamment commentés.

Et dans le cas d’un juif, ça peut aller encore plus loin. Le dr. Benjamin Goldstein (ah, ces benjamins, vous savez (1)…) avait envoyé ad patres d’une seule main environ 50 fidèles à la mosquée d’Halil/Hébron, en Palestine, à la veille de Pourim en 1994. Il avait aussi causé des blessures à environ 150 fidèles de plus, à cette réserve près que des soldats israéliens présents sur les lieux lui auraient prêté main forte. Ils avaient peut-être pensé que la chasse était ouverte pour tous.

Ce Benajmin (dit Baruch) Goldstein est considéré comme un héros sanctifié par le martyre dans sa communauté, celle des chauvinistes juifs féroces de Hébron. Il vont sur sa tombe et lui demandent d’intercéder pour eux après du Tout-puissant. Les jeunes filles s’adressent à lui pour trouver un prétendant. On allume des bougies constamment renouvelées à sa mémoire. Un livre a été publié en son honneur, et son nom est fréquemment mentionné par les colons. Ils prétendent (sans la moindre preuve ni  base factuelle) que ce carnage a sauvé les juifs d’un massacre par des musulmans.

Tandis que les vidéos des nationalistes blancs ont été retirées des plateformes, Youtube ne voit rien à redire à celle qui disculpe et glorifie le massacreur juif. Le premier ministre Netanyahou (encore un Benjamin!) a décidé de faire rentrer dans sa coalition gouvernementale le parti des fans de Goldstein, Otzma Yehudit, ce qui n’a en rien interféré dans ses démarches triomphales en vue de la conférence de l’AIPAC devant se tenir le 24 mars, juste après Pourim.

Goldstein avait eu des prédécesseurs. Le 26 juillet 1983, un groupe terroriste juif s’en était pris à un collège islamique avec des grenades et des mitraillettes; trois élèves avaient été tués et trente autres blessés. Les assaillants furent appréhendés par hasard, jugés et rapidement pardonnés par le président israélien après une grande campagne publique: plus de 70% des juifs israéliens avaient demandé leur grâce.

A l’approche de Pourim, l’activité autour de la tombe de Goldstein atteint des sommets. Un mystique pourrait penser que le tonton flingueur néo-zélandais était passé à l’acte dans le cadre de l’effervescence que suscite la fête de Pourim. En même temps, on évite toujours de mentionner le nom du Benjamin tueur juif dans les médias occidentaux, et les officiels juifs américains, tout en exprimant leur horreur (justifiée) et leur indignation à l’égard des tueurs de Christchurch, ne font jamais allusion à leurs coreligionnaires qui ont précédé et inspiré Brenton Tarrant. Certains vont jusqu’à affirmer que rien de semblabe au carnage de Christchurch n’avait jamais eu lieu.

Or donc, les nationalistes blancs ne sont pas des exceptions. Ce qui est peu banal, dans le cas de Tarrant, c’est que la composante haineuse était faible, dans son crime; c’était essentiellement un crime de gamer. Apparemment, on éprouve des envies, à partir des  jeux vidéo, de faire pleuvoir les balles sur “la vermine”. Si vous êtes amateur de jeux vidéo, vous voyez ce que je veux dire. Une sorte de FPS (ces jeux à qui tirera le premier First Person Shooter Games) où vous remplacez un zombie par votre ennemi préféré.

Et maintenant, passons à l’étape suivante, considérons les gens bien réels comme des zombies. aucun besoin de haine pour cela, et Tarrant ne haïssait pas ses victimes, d’après ce qu’il avait écrit. Il avait même écrit sur les grands amis qu’il s’était faits en Turquie.

La frontière entre le jeu vidéo et la réalité est devenue floue, avec les techniques de guerre modernes. La vidéo Collateral Murder, première révélation sensationnelle de Julian Assange et Wikileaks, nous donne le FPS d’un pilote américain qui tue des innocents et des gens sans armes dans les rues de Bagdad. Les filles soldates israéliennes actionnent un système de tuage par télécommande, par-desus les barbelés de Gaza. Cela s’appelle le système Spot and Shoot. Elles font exactement ce qu’a fait Tarrant, c’est leur boulot de tous les jours. De même pour les opérateurs de drones, rivés à leurs fauteuils, qui tuent de très loin des enfants: pour rendre la chose plus  facile, ils appellent leurs victimes des “terroristes rigolos” (“Fun size terrorists”).

Les jeux vidéo qui vous entraînent à tirer sans ressentir de haine sont un substitut de ce genre de tueries. J’ai participé à des guerres, j’ai vu et j’ai éprouvé ces choses-là en vrai. Pas besoin de haïr pour tuer l’ennemi. Si vous savez qui est votre ennemi, vous pouvez le descendre sans haine, et c’est ce que font la plupart des soldats la plupart du temps.

Pas de quoi être horrifié. Il nous faut reconnaître l’agressivité comme un élément nécessaire, dans notre mental. Ce n’est ni bien ni mal, c’est ce que nous sommes, selon l’expression favorite de Mrs. Pelosi. Nous avons un sens inné de la chasse et de la guerre, et c’est ce qui pousse un petit garçon à faire “pan! pan!” avant même de savoir parler.

Nous sommes câblés. Les gens aiment en flinguer de’autres; s’ils n’ont pas le droit de le faire dans la vraie vie, il le font dans les jeux. Mais ils rêvent de le faire pour de vrai, de se battre, de tuer, et peut-être d’y rester. Cette pulsion, comme d’autres tendances destructrices, se voit normalement canalisée, voire sublimée. L’instinct de chasse et de guerre d’un garçon se voit transformé en actions héroïques, en défense de son foyer ou de sa patrie, ou en exploits herculéens. Sans cela, nous en serions encore à partager des bananes dans la jugle africaine.

Seulement voilà, nous vivons dans une société féminisée où les exploits sont hors la loi. Ce ne sont pas seulement les vêtements et les toilettes qui sont devenus unisexes, mais aussi l’endoctrinement. La propagande sur la fluidité de genre vise à éradiquer la masculinité à la racine. Un jeune homme de la classe ouvrière a très peu d’options dans sa vie. Il peut tout au plus trouver un job temporaire mal payé et sans assurance pour le lendemain. Et il peut déverser son indignation et tout ce qui le démange dans une salle de jeux vidéo ou dans des fight clubs. Ou bien consommer encore plus de drogues et d’alcool.

Les jeux, et les jeux de guerre en particulier, sont très populaires parce qu’ils servent à satisfaire des besoins de base, tout comme la pornographie. Ils sont tellement populaires que le gamer suédois mentionné par Tarrant a 90 millions de followers: infiniment plus que ne peut rêver d’en toucher  un journaliste pour un article. Il y a donc beaucoup d’hommes frustrés et insatisfaits. Les jeux suffiront-ils à évacuer ces tensions exacerbées et refoulées? Peut-être; le porno a certainement  pesé sur les relations sexuelles, au point que bien des hommes sont moins intéressés par la pratique en situation réelle.

Ce n’est pas dans l’intérêt de l’humanité, tout ça. Pour le genre humain, il vaut mieux que les hommes soient intéressés par les femmes et fassent preuve de bravoure au service de l’humanité pour gagner l’amour de celles-ci. Mais pour les gens qui se considèrent comme nos maîtres, il y a d’autres priorités. Ils veulent avoir des troupeaux calmes, de vaches et de boeufs, car les taureaux sont des fauteurs de troubles. Cette comparaison est cependant biaisée, parce que nous les humains ne sommes pas des herbivores, nous sommes plus rebelles, plus intelligents, et nous avons de la suite dans les idées.

Pour étouffer notre esprit d’insoumission, nos aspirants à la domination inventent des pièges et des dérivatifs frelatés. Greta Thunberg et ses rassemblements contre le réchauffement climatique fournissent ainsi des exutoires bidon pour la révolte. Les Gilets jaunes en France eux sont en train de fomenter une rébellion réelle, et c’est la raison pour laquelle les médias les diabolisent.

Notre société devrait être réorganisée de façon à ce que les hommes jeunes puissent réaliser des exploits bien réels. Ils veulent sauver le monde, et tout ce qu’on leur offre, c’est des hamburgers à faire sauter ou des manettes pour jouer.

Ce désir de sauver le monde est évident, dans le Manifeste de Tarrant. il décrit le monde dans lequel avec d’autres jeunes travailleurs ils se retrouvent écartés, et même si la solution qu’il propose (le terrorisme) n’est pas la bonne, le problème, lui, est bien réel. Il voit les gens se faire remplacer par les immigrants, et il cherche quoi faire avec. Le remplacement est bien réel, mais les coupables ne sont pas les immigrants qu’on lui substitue à son poste. Ce sont les gens qui organisent le remplacement, qui bombardent les pays musulmans de façon à rendre la vie impossible aux habitants du Moyen Orient et de l’Afrique du nord, régions jadis propères, ceux qui amènent les réfugiés en Europe (et dans l’extrême Europe que sont l’Australie et la Nouvelle-Zélande), ceux qui vous endocctrinent sur le thème de la xénophobie au lieu de dénoncer le moteur que constitue la rapacité.

De fait, Tarrant en est bien conscient. Il avait écrit dans son Manifeste:

“Le plus gros facteur pour l’importation de non Européens en Europe est cet appel d’air et cette volonté d’acquérir de la force de travail bon marché. Rien n’attire plus l’invasion et rien n’est plus urgent à bloquer que cette rapacité qui exige des travailleurs bon marché… Au final, la rapacité humaine et le besoin d’augmenter leurs marges de profit chez les tenants du capital, c’est ce qu’il faut combattre et briser.”

Il a parfaitement raison sur ce coup-là. L’avarice du capital, toujours avide, devrait être réduite à néant afin de sauver l’humanité, mais tuer des musulmans n’est certes pas le bon moyen pour y parvenir.

On peut très bien comprendre que Tarrant se fasse du souci à propos de la faible natalité des Européens, mais cela pour une seule raison: il considère incontournable la demande de main d’œuvre bon marché, et la course au chiffre d’affaires. Or cela ne constitue nullement des nécessités devant absolument être satisfaites. Si la rapacité est fermement contrôlée et vaincue, et que l’immigration est bloquée, la population peut décliner doucement jusqu’à ce qu’un nouvel équilibre durable soit trouvé. Pendant un certain temps, la population va vieillir, c’est vrai; mais c’est là un effet temporaire. Nous ne sommes pas condamnés à avoir une population en croissance constante, ni des profits et des chiffres d’affaires toujours en augmentation, ni des actions toujours à la hausse, ni une expansion sans fin. Tout cela peut être modifié.

Et nous devrions nous y atteler, parce qu’autrement, nos supposés “maîtres” vont organiser une effusion de sang géante, une nouvelle grande guerre afin de faire de millions de jeunes gens subissant des privations autant de Tarrant à leur service, comme ils l’ont fait en 1914 et en 1930.

L’humanité va devoir tordre le cou à l’avarice et mettre en chantier un avenir meilleur, sans quoi elle se retournera contre elle-même: elle est là, la principale leçon à tirer du massacre de Christchurch.

(1) Ilhan Omar, représentante au Congrès des États-Unis a présenté des excuses quelque peu équivoques pour avoir tweeté que le pouvoir sioniste était « une question de Benjamins », (all about the Benjamins) (NdT : un « Benjamin » est un billet de 100 dollars, portant le portrait de Benjamin Franklin, et All about the Benjamins est le titre d’une chanson de rap sur l’argent). Quelques semaines plus tard, elle ne s’excusait pas du tout pour avoir suggéré que les représentants du Congrès américain ne devraient pas avoir à prêter serment à Israël. (unz.com, traduction Egalité et réconciliation) https://www.egaliteetreconciliation.fr/Israel-a-t-il-hypnotise-le-monde-54159.html

Joindre Israel Shamir : adam@israelshamir.net

Source: The Unz Review

Traduction: Maria Poumier.

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