French – Israel Shamir http://www.israelshamir.com Ideas that will Derail the descent to Barbarity Thu, 21 Mar 2019 04:09:41 +0000 en hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.1.1 La marche des Maures sur la France http://www.israelshamir.com/french/la-marche-des-maures-sur-la-france/ http://www.israelshamir.com/french/la-marche-des-maures-sur-la-france/#respond Thu, 31 Jan 2019 04:41:29 +0000 http://www.israelshamir.com/?post_type=french&p=3536 Des fakirs qui jouent de la flûte à d’horribles cobras, un dentiste natif du lieu en tongs peu ragoûtantes, avec un pot rempli de dents arrachées, des tambourineurs en un costume national bariolé, des stalles où on vous sert des plats épicés dans de brillants tajines; la place centrale de Marrakech, l’ancienne capitale du Maghreb, est exotique, vibrante et tapageuse, tout à fait à la hauteur des attentes d’un nouveau Paul Bowles. La place est entourée d’un réseau de ruelles étroites, qui rappellent la vieille ville à Séville. Le Maghreb et l’Espagne sont unis par bien des traits de leur culture. Le Bahia Palace de Marrakech est un petit frère du magnifique Alcazar de Séville, et ses minarets imitent la Giralda. Les Maures, ou Maghrébins, ont créé les perles de la civilisation espagnole à Grenade, Cordoue et Séville, mais ils n’ont pas renouvelé l’exploit après leur expulsion, de retour sur leur propre sol.

Marrakech, c’est un nœud de vieilles routes reliant Tombouctou par le Sahara et l’Andalousie par le détroit de Gibraltar, les rivages de l’Atlantique avec ses surfeurs et le reste de l’Afrique du nord par Fès et Tunis. La première de ces routes est la plus romantique. La meilleure évocation de la navigation transsaharienne, c’est le film glorieux quoique sous-estimé de Bernardo Bertolucci, Un thé au Sahara. Si le cinéma devait disparaître comme les enluminures des vieux manuscrits, hors de la conscience publique, ce film resterait, avec une poignée d’autres films, comme témoignage de ce jadis grand art. Les résidences carrées, les kasbah, avec leurs murs aveugles et leurs toits crénelés, bordent les routes fréquentées par les camions qui ont remplacé les chameaux. L’Afrique sub-saharienne est très loin, 52 journées à dos de chameau la séparent du Maghreb. Le ciel étoilé, un ciel incroyable, incomparable, est une raison suffisante pour aller voir le Sahara de près.

La deuxième route, vers Gibraltar et au-delà, est plus importante, parce que le Maghreb est bien relié à l’Europe. La Méditerranée rattache le Maghreb à l’Europe, alors que le Sahara le sépare du reste de l’Afrique. Arnold Toynbee considérait le Maghreb comme une extrémité de l’Europe, comme les Balkans ou la Scandinavie. Si l’Europe a pris la suite de l’Empire romain, le Maghreb, ou l’Afrique et la Mauritanie, ont été les provinces romaines les plus riches et les plus durables, alors que la Germanie et la Scandinavie étaient encore terra incognita. Cette proximité se voit contrebalancée par la différence de croyances. Les Maures ont été parmi les premiers à accepter le Christ, et ils ont  donné les Pères de l’Eglise Tertullien et saint Augustin; mais ils ont bifurqué vers l’islam il y a fort longtemps, et sont devenus non seulement des voisins mais des concurrents et des adversaires pour l’Europe.

Ce sont eux, les Maures, le sujet de cet article. Avec les Européens, ils envahissent et s’invitent les uns chez les autres à tour de rôle, comme les vagues qui affluent et refluent sur le rivage. Ce n’est pas qu’il y ait eu un sens toujours prévalent. Les Maures ont colonisé l’Europe et les Européens ont colonisé le Maghreb. Ils ont également expulsé leurs colonisateurs même au bout de plusieurs siècles. Rien n’est éternel. Les Maghrébins, ou Maures, ne sont pas particulièrement dociles, pas du tout. Ce sont des gens dynamiques, vigoureux, des gaillards bien pourvus en testostérone. N’allez pas vous y frotter, vous le regretteriez. Vous le regretterez de toute façon, comme Desdémone avec le Maure de Venise. Les Maures ne sont pas noirs. Ils ressemblent à des Européens du sud, les uns plus clairs, les autres plus foncés, comme les Grecs, les Espagnols ou les Italiens. Il y en a maintenant des quantités qui vivent en Europe, principalement en France et aux Pays-Bas, au point qu’on peut parler d’une nouvelle conquête mauresque. Les invasions réciproques ont commencé il y a 2000 ans. Dans la confrontation entre Carthage, la principale ville d’Afrique du nord, et Rome, la première capitale européenne, les Romains avaient gagné; ils conquirent et colonisèrent les Maures, et leur firent place dans l’empire; ils embrassèrent la foi chrétienne et entrèrent dans l’église latine. Tout comme l’Espagne le Maghreb fut submergé par les Vandales, un peuple d’Europe du nord, mais ils revinrent sous la houlette  de la Rome orientale, sous Justinien. La domination européenne prit fin avec l’arrivée des Arabes, qui se mêlèrent aux autochtones, leur amena l’islam, les mobilisèrent et entreprirent l’aventure européenne. Les Maures s’emparèrent de l’Espagne (c’est ce qui s’appelle la Conquista) et leur civilisation y atteignit son apogée. Mais rien ne dure éternellement.

Des centaines d’années plus tard, les Espagnols vainquirent les Maures et les renvoyèrent en Afrique du nord. Même les Maures chrétiens furent expulsés, un peu plus tard (c’est ce qu’on a appelé la Reconquista, ou reconquête) [1].

Et pourtant, l’idée de séparation, ça ne marcha pas. Les Maures ne se résignèrent pas après leur défaite. Ils commencèrent à entreprendre des raids sur les rivages européens, et à attaquer les bateaux européens. On les appela alors les corsaires barbaresques, les redoutables adversaires des Européens. Ils firent des percées en Europe jusqu’en Islande, et dépeuplèrent villes et villages du sud de la France et de l’Espagne. L’Europe était pour eux un gisement d’esclaves.

Elle était là, la grande différence entre l’Europe et le monde musulman: l’esclavage. C’était un phénomène marginal en Europe (après la chute de l’Empire romain), mais populaire en Dar al Islam. Les musulmans faisaient usage d’esclaves, ils en avaient besoin, et apparemment ils préféraient les esclaves européens chrétiens. Lorsque l’Espagne était musulmane, les Vikings ravagèrent l’Europe orientale, ils capturaient les habitants et les vendaient aux juifs, et ceux-ci négociaient cette denrée hautement appréciée à Cordoue. Plus tard, les Européens de l’Est, ancêtres des Russes modernes, firent l’objet de razzias par les Tatares de Crimée, qui les convoyaient vers Istanbul. Mais la demande était forte, les profits considérables, et les Maures entreprirent de faire des incursions sur les plages  de l’ouest, et d’attaquer les bateaux en Méditerranée. Ces corsaires étaient fort différents des pirates des Caraïbes. Le peuple de Jack Sparrow, c’étaient des Européens, qui convoitaient les bateaux. Ils n’avaient cure des équipages ni des passagers des vaisseaux arraisonnés; on pouvait les jeter par-dessus bord ou les débarquer sur une plage en leur donnant un canot; on les gardait rarement contre rançon. Les corsaires de Barbarie visaient surtout les équipages et leurs passagers. Ils traitaient les Européens comme les Européens traitèrent les Africains sub-sahariens noirs: ils étaient capturés, mis en esclavage et vendus sur le marché. Oui, chère Virginie, les blancs aussi ont été esclaves. Tout Européen pouvait tomber en esclavage en Dar al-islam, et des millions d’Européens de l’est et de l’ouest, des Français, des Espagnols, des Britanniques et des Russes ont été vendus et achetés sur les marchés d’Istanbul. Les Européens ont été forcés de s’emparer du Maghreb (tout come les Russes ont été obligés de conquérir la Crimée) pour en finir avec les razzias des esclavagistes.  Et ce fut le début de la colonisation européenne du Maghreb.

Les Maures cessèrent de venir en Europe, mais à cette époque, les Européens s’étaient installés au Maghreb. Ils avaient construit des villes et des cités, implanté des industries, et relié le Maghreb à l’Europe. Ils s’étaient fixés au Maghreb, en espérant y rester à jamais.

Mais cela ne marcha pas: à leur grand surprise (?), les Maures n’appréciaient guère leur présence. Ils se soulevèrent, se rendirent indépendants, et chassèrent tous les colons européens, des millions de gens, direction l’Europe. Un demi million de colons du Maroc, un million et demi d’Algérie, deux cent mille de la petite Tunisie durent quitter leurs maisons et s’en aller vers le pays où ils n’avaient probablement jamais mis les pieds.

Se sont-ils tourné le dos pour autant? Pas vraiment. En peu de temps, les Maures ont débarqué en Europe par centaines de milliers et y ont fait souche. Aujourd’hui la France et les Pays Bas ont plus de Maures, entre trois et quatre millions, que l’Espagne n’en eut à l’apogée du pouvoir maure.

Cela n’a pas aidé les Européens expulsés. Les maisons des colons européens en Algérie, au Maroc et en Tunisie ne furent pas rendues à leurs propriétaires. Elles sont toujours là, comme un mémorial de l’époque où les Européens vivaient en Afrique du nord.

Le général De Gaulle garantit à l’Algérie son indépendance, pour arrêter une migration de masse de Maures en France, disait-il. Cela ne marcha pas; l’Algérie devint indépendante, mais la migration ne s’est pas tarie. J’évoquais avec mon ami marocain Hamid un éventuel déménagement en Europe. Il ne veut rien savoir, même si nombre de ses amis, connaissances et parents ont sauté le pas. Il dit qu’il a ses aises, dans son Maghreb natal. S’il voulait vivre en France avec le même statut, il faudrait qu’il travaille bien plus dur. Se loger en France, ça coûte très cher. Chez lui, au Maroc, il vit bien, dans la classe moyenne qui es son élément, et il continue à travailler normalement, sans excès. Il est sage, mais cela n’empêche pas bien d’autres Maures de choisir l’Europe.

Dans la vieille ville de Marrakech, j’ai trouvé une synagogue. C’est un complexe tentaculaire, avec une cour intérieure, et elle se trouve à quelques centaines de mètres du Palais royal, comme c’est généralement le cas pour tous les centres communautaires juifs. Malgré des histoires de “persécutions”, mes ancêtres étaient largement privilégiés, même au Maroc et en Espagne. Ils ont été bien utiles dans les mouvements de population entre Europe et Maghreb, pendant des siècles.

Les Juifs ont été au premier rang pour aider les Maures à conquérir l’Espagne, prolongeant la tradition consistant à changer de camp au bon moment (en Palestine, les juifs soutinrent l’invasion perse, puis l’invasion arabe). Les juifs jouèrent un rôle important dans l’Espagne mauresque, et durent plier bagage avec eux.

Au Maghreb ils prêtèrent main forte à nouveau aux Européens. C’est le ministre de la justice juif Adolphe Crémieux qui donna, au XIX° siècle, la citoyenneté française aux juifs algériens (mais non aux autres Algériens) C’était un acte astucieux: les juifs locaux influents soutinrent la France contre les autochtones.

En Tunisie, les juifs étaient extrêmement puissants depuis des siècles. En 1819, le consul des Etats-Unis à Tunis, Mordecai Manuel Noah, écrivait à leur sujet: “Les juifs sont ceux qui commandent; en Barbarie ce sont les principaux mécaniciens, ils dirigent la douane, ils prélèvent les impôts; ils contrôlent la menthe, ce sont les trésoriers du bey, ses secrétaires et ses interprètes. Ces gens donc, quoiqu’on puisse dire de leur oppression, possèdent une capacité de contrôle, et il faut se méfier de leur éventuelle opposition, qui serait redoutable”.

Quand les Français arrivèrent, ce “peloton de tête” changea de bord et ils apportèrent leur soutien à l’administration coloniale française. Pourtant, même alors ils n’avaient pas de sympathie envers les colons français, et leur expulsion a été expliquée comme une mesure parfaitement justifiable par Albert Memmi, l’éminent écrivain tunisien juif. Pour Memmi, c’étaient des rapaces obsédés par la convoitise. “Vous allez  aux colonies parce que les emplois y sont garantis, les salaires sont élevés, les carrières plus rapides, et les affaires plus profitables. Le jeune diplômé se voit offrir une situation, le fonctionnaire un rang plus élevé, l’homme d’affaires est soumis à des taxes bien plus basses, les industriels trouvent des matières premières et de la main d’œuvre bien meilleur marché. On vous entend souvent rêver tout haut: dans quelques années vous quitterez votre purgatoire rentable et repartirez vous acheter une maison dans votre pays”. Il n’avait pas remarqué que  l’on pouvait attribuer la même attitude aux  Tunisiens juifs et  musulmans qui venaient s’installer en France.

Les juifs s’en iraient en Israël ou au Québec le moment venu; les musulmans rentreraient chez eux. Mais cela ne marchera probablement pas comme ça.

Les juifs d’Europe adorent l’émigration du Maghreb. En tout cas ils font tout pour l’encourager. Mais pourquoi donc est-ce que les Européens ont accueilli lls immigrants maghrébins? Après avoir été expulsés de ces  contrées, on pouvait s’attendre à ce que les Européens disent : “vous avez voulu vous débarrasser de nous, eh bien maintenant restez où vous êtes et savourez votre libération des Européens”. Mais les pays d’Europe voulaient des immigrants, et ce n’était pas au premier chef parce qu’ils avaient besoin de main d’œuvre, puisque certains pays européens s’en sont très bien tirés sans y avoir recours.

Après la longue guerre mondiale, l’Europe s’était retrouvée occupée; à l’Ouest par les US, à l’est par l’URSS. Les dirigeants menèrent des politiques très différentes; les dirigeants européens n’avaient guère confiance dans leurs nations, et c’est la raison pour laquelle ils commencèrent à attirer des immigrants d’Afrique du nord et de Turquie, tout en prêchant la diversité.

Les dirigeants prosoviétiques ne voulaient pas d’immigrants du tout, et ils menèrent des politiques nationalistes modérées. L’expérience de l’Allemagne de l’est, de la République tchèque et de la Hongrie ont prouvé que les pays européens n’ont pas besoin d’immigrants pour faire tourner l’économie.

Ces pays connurent l’homéostasie, c’est à dire un  équilibre relativement stable avec un développement faible, une quasi stagnation qui allait de pair avec l’amélioration constante du niveau de vie des travailleurs du commun. C’est ce qui se produisit dans les Etats socialistes, y compris les Etats scandinaves, au socialisme modéré.

Les Européens auraient pu connaître une vie calme et paisible, en voyant s’élever doucement et graduellement leur niveau de vie, tout en chutant du point de vue démographique. Le monde n’est pas un gisement sans fond, les ressources sont limitées, la construction de logements prend du temps. Cela pourrait être bon pour l’Europe de voir décroître sa population jusqu’aux niveaux des années 1880. Ce serait un nouvel âge d’or, avec des pelouses vertes partout, des forêts, des conditions de vie modestes mais agréables pour tous.

Pourrait-il y avoir une immigration sans les juifs? Oui, parce qu’il y a assez de non-juifs pour imiter les juifs. Même si tous ne réussissent pas, il y en a beaucoup, et ils veulent aller beaucoup plus loin. Pour mettre un terme à l’immigration, il faut arrêter la croissance et l’expansion, mettre à bas le capitalisme tel que nous le connaissons.

La production et le marché sont tout à fait compatibles en homéostasie; les taux d’intérêt, l’actionnariat et le change monétaire ne le sont pas.

Les Gilets jaunes français ont proposé de faire des produits durables. C’est un pas en avant radical et salutaire, au lieu de faire du monde une poubelle, avec des modèles qui sont apparus il y a deux ans et qui sont déjà périmés ou inutilisables. Nous avions tout cela autrefois, je me souviens d’un frigidaire en parfait état de marche au bout de vingt ans, d’une coccinelle Volkswagen en parfait état de marche au bout de trente ans de bons et loyaux services. Si nous le voulions, nous pourrions fabriquer des objets qui durent pratiquement toujours, des choses réparables et serviables.

Le Japon est un bon exemple dans son évolution; notre collègue Linh Dinh s’est rendu sur la terre de Yamato, et il a été choqué par ce qu’il voyait, une population vieillissante et une jeunesse sans amour. Moi aussi, je me rends souvent au Japon; oui, le Japon était peut-être plus drôle il y a des années, mais ça se passe bien, là-bas. Il n’y a pas une forte croissance, les commerçants américains et européens ne s’enrichissent pas du jour au lendemain en spéculant sur les biens des Japonais. Les parts des actionnaires ne grimpent pas, c’est vrai. Mais pour les Japonais ordinaires c’est très bien comme ça. Ils pourraient connaître encore moins de progressions, et s’en trouver satisfaits quand même.

Mes amis japonais m’ont souvent dit, quand je faisais des réserves sur la lenteur de la croissance de l’économie japonaise: nous n’en voulons pas plus. Les années de croissance rapide ont été nos années de misère. Les années de stagnation nous conviennent très bien. Si les US voulaient bien nous oublier complètement, au lieu de nous harceler pour nous faire adopter leurs idées de croissance et de diversité, nous serions encore plus heureux. Notre monde a besoin de moins en moins de main d’œuvre. Qu’est-ce qui nous empêche de nous réjouir de cet état de fait? La population européenne ne grossit pas, elle décroît doucement. Les immigrants d’Afrique du nord et d’ailleurs connaissent quant à eux une croissance certaine, mais qu’ils aillent donc poursuivre leur croissance sur leurs terres ancestrales. Quand ils chassaient les Européens de leurs pays, ce n’était pas la durée de leur séjour qui les arrêtait. Des familles qui vivaient en Algérie depuis un siècle ont été forcées de partir. Par conséquent, ce sont les peuples d’Afrique du nord eux-mêmes qui se sont prêtés à des expulsions. Ce sont de braves gens, mais pas meilleurs que les colons européens en Afrique du nord.

Il n’y a pas de raison de s’alarmer de la croissance de la population africaine. C’est une affaire africaine, après tout. Le Sahara est trop grand à traverser; on peut arrêter les compagnies aériennes qui font du trafic d’hommes. Certes, bien des Africains préfèreraient résider en France ou en Hollande, et il y a sûrement des Africains qui vont y parvenir. Mais pas de vagues massives de peuplement, par pitié, sauf s’il y avait des Théodoric ou des Gengis Khan pour mener la danse.

Quand j’étais petit, il y avait un jeu très populaire, les chaises musicales. Tant que la musique jouait, on pouvait choisir sa chaise, et s’asseoir aussitôt que la musique s’arrêtait. Maintenant ça suffit, ce jeu. Laissez les gens là où ils ont toujours été. Cette tentation de la croissance sans fin, il faut s’en débarrasser, et c’est faisable. Il suffit de porter nos coups contre la rapacité, l’esprit d’avarice, cette envie de posséder toujours plus; et nous allons atterrir tout doucement sur nos vertes prairies.

[1] On lira avec profit Chrétiens, juifs et musulmans dans al-Andalus, Mythes et réalités de l’Espagne islamique, par Dario Fernandez Moreira, préface de Rémi Brague, éd. Jean-Cyrille Godefroy, novembre 2018

Joindre Israel Shamir : adam@israelshamir.net

Source:  The Unz Review

Traduction et note: Maria Poumier

]]>
http://www.israelshamir.com/french/la-marche-des-maures-sur-la-france/feed/ 0
Banni de Facebook pour avoir dit la vérité http://www.israelshamir.com/french/banni-de-facebook-pour-avoir-dit-la-verite/ http://www.israelshamir.com/french/banni-de-facebook-pour-avoir-dit-la-verite/#respond Wed, 23 Jan 2019 04:36:26 +0000 http://www.israelshamir.com/?post_type=french&p=3532 Les savants de Harvard insistaient:  l’année dernière nous avons reçu la visite d’émissaires d’une galaxie lointaine; très lointaine? Enfin, presque. L’engin spatial soupçonné Oumuamua  s’est d’abord  rapproché de la terre, puis s’est mis à accélérer, fonçant sur notre planète, avant de disparaître quelque part dans l’espace profond. Qu’est-ce qui a donc foiré? Pourquoi les petits hommes verts de Vega, l’étoile la plus brillante de la constellation de la Lyre, avait-elle renoncé à ce qui avait l’air d’être son plan d’origine, nous rendre visite, à nous terriens? Se pourrait-il qu’ils aient lu nos échanges sur le web, regardé nos shows télévisuels, vérifié nos journaux et choisi de remettre à plus tard la rencontre, en attendant des jours meilleurs?

On peut les comprendre. Nous avons créé un de ces bazars avec nos communications. Nous les humains avons besoin de débattre, pour prendre les décisions appropriées, et le champ des débats est en train de rétrécir à grande vitesse. Nous avons perdu les médias, pour commencer.

Jadis, les journaux se faisaient concurrence, les dirigeants avaient des points de vue différents, les autorités argumentaient, les partis appelaient à des actions variées. Ils se battaient pour capter nos sous et nos voix, ils faisaient des efforts pour nous convaincre. Plus maintenant. Maintenant ils savent mieux que nous ce qui est bon pour nous. Ils s’en fichent, de la circulation des idées, ils n’ont plus besoin de faire vendre les journaux, de toute façon, les publicités sont là pour ça, et sont payées par les riches. Autrefois, les minorités étaient exclues des débats, maintenant, ce sont les majorités.

Il n’y a plus un seul journal aux US qui soutienne le point de vue du président. Personne ne l’a défendu quand il a été accusé froidement, dans le Washington Post, d’être un agent russe. Personne ne l’a soutenu quand il a appelé au retour des troupes de Syrie. Personne n’est venu à son aide quand il a songé à prendre ses distances avec l’OTAN. Il y a des dizaines de millions d’hommes et de femmes qui ont voté pour lui, mais il n’a que son compte Twitter à sa disposition.

Les médias ont accusé Trump de prêter trop peu d’attention aux besoins d’Israël. C’est Israël qui a besoin de troupes US en Syrie et en Allemagne, de jets US en Espagne et au Qatar, de navires US en Italie et dans le Golfe. Israël a besoin que les US soient à la tête de l’OTAN pour contenir la Russie. Si Israël en a besoin, les US devraient subvenir, dit  Daniel Shapiro, ex-ambassadeur. Pas un seul journal américain, pas un seul homme d’Etat US n’a pris la peine de répondre que le président Trump a été élu par le peuple américain pour faire ce dont il a besoin, lui, et non Israël.

Et les US ne sont pas une exception. Des millions de Français soutiennent les GJ, mais il n’y a pas un journal, pas une chaîne de TV qui leur offre une plateforme. On les traite d’antisémites parce qu’ils sont révoltés par Danny Cohn-Bendit et par BHL, qui sont juifs. On les traite aussi d’homophobes parce qu’ils ne veulent pas du soi-disant mariage gay. lls sont maintenant l’objet d’attaques par les troupes d’assaut des banquiers, les antifas, et il n’y a pas de média pour les défendre. Le brillant Alain Soral vient d’être condamné à une peine de prison pour un post irrévérencieux, et nulle foule de “Jesuischarlie”  n’a bondi pour le défendre.

Des millions de Britanniques soutiennent Jeremy Corbyn, mais tous les médias mainstream sont contre lui, y compris la BBC, chaîne d’Etat, et le Guardian, travailliste. Corbyn est accusé d’être antisémite, parce qu’il parle pour les travailleurs et contre les banquiers. Personne pour le défendre, pas de média pour abonder dans son sens.

Il n’y a que la chaîne russe RT, mineure, pour offrir quelques points de vue alternatifs, jusqu’à un certain point, pour défendre la souveraineté des peuples américain, britannique ou français, mais elle ne peut pas grand-chose. Paradoxalement, RT n’est pas diffusée en russe, et ce qu’elle envoie, en anglais, les Russes ne peuvent pas y avoir accès. Le reste des médias russes ne diffère pas beaucoup de la variante occidentale.

De Tokyo à Paris en passant par Los Angeles, les médias parlent d’une seule voix. Toutes les autres opinions ont été boutées hors du débat mainstream. Heureusement que nous avons internet et des sites comme Unz Review qui nous permettent d’exprimer nos points de vue. Mais le problème, c’est la diffusion. Comment atteindre le public? Les médias dominants ont tellement plus d’audience! Pour eux des centaines de milliers ou des millions de vues ne sont rien d’exceptionnel.

Nous avons besoin de nos réseaux sociaux pour lancer nos idées et pour échanger des opinions, pour informer les lecteurs de nos publications, pour convaincre et rallier. Dans le monde surpeuplé et nucléarisé, avec des liens familiaux et de voisinage en miettes, il n’y a rien pour remplacer ces réseaux. Or Facebook et Twitter pourraient nous aider, et Google aussi.

Mais ils nous ont trahi, eux aussi. Les réseaux sociaux, avec leurs bannissements et retraits, nous ont ôté la dernière possibilité de communiquer. Un vieux produit du baby boom comme moi, qui ai vécu dans bien des pays et sous des régimes variés, je me vois relégué par le nouveau totalitarisme qui s’est infiltré sous les atours des nouvelles technologies. Même au triste temps de Staline et de Mc Carthy, les autorités avaient moins de contrôle sur nos esprits que Mr Zuckerberg et ses pairs.

Et cela ne vaut pas seulement pour la politique. Ils veulent imposer leur agenda par-dessus tous les sujets, en écartant nos points de vue.

Facebook déteste les hommes qui ont des rapports sexuels pleins, avec des femmes. C’est tabou pour eux. Les hommes sont censés abuser des femmes. Les femmes sont censées porter plainte sur le mode Metoo. Solution alternative, les hommes peuvent courir après les hommes, et les femmes derrière les femmes. En fait, ils bannissent les rapports normaux entre les sexes.

J’ai été chassé par les modérateurs de Facebook, qui ont supprimé mes posts pour avoir écrit que les Françaises sont parmi les femmes d’excellence. C’est du sexisme et cela va contre les “standards de la communauté”, qu’ils disent. Vous ne pourriez pas, Mr Zuckerberg, arrêter de vous mêler des communications des autres? Et laissez-moi avoir ma propre opinion (hautement favorable) sur les Françaises! Eh bien non, il n’en est pas question.

Je suis victime d’une purge, et mes posts ont été effacés, parce que j’ai mentionné un éditorialiste de l’Université de Durham qui a perdu son poste pour avoir dit “les femmes n’ont pas de pénis” . C’est une offense pour les transgenres et cela va contre les normes de Facebook.

La censure de Facebook et de Twitter est insistante, elle distorsionne le discours partout, mais le Facebook en langue russe a subi un coup de censure particulièrement sévère. Les modérateurs FB pour les Russes sont principalement des Ukrainiens qui ont une dent contre les Russes. Apparemment il faut montrer patte blanche en ce sens, pour être choisi pour le rôle. Ils suppriment pratiquement toute référence russe sur l’Ukraine et ses affaires, mais ne touchent jamais aux insultes des Ukrainiens. Les poètes russes, classiques et modernes, se voient pourchassés; et ce que ces têtes de lard considèrent comme les règles du politiquement correct, ne fait qu’enfler et embellir.

Ils bannissent des gens pour des posts soi-disant incorrects, et les commentaires attenants, des choses publiées il y a des années. Il y a deux ans, un homme avait cité sur sa page un poème de Joseph Brodsky, prix Nobel de littérature, et deux ans plus tard, ils ont retrouvé sa citation, et il a été exclu pour un mois.

Encore un exemple: en 2006, un spécialiste russe en philologie a fait une conférence sur les origines de la langue russe dans un café bilingue de Moscou. En 2015, sa conférence a été reprise par un usager sur Facebook. Cette semaine, en 2019, il a été éjecté, et la conférence avec.

Les Russes n’ont aucune tradition en matière de politiquement correct. Ils n’hésitent pas à parler de nègres et de mulâtres, de gitans ou de juifs. Ils ne sont pas au courant que ces termes sont considérés comme insultants par ceux qui font la loi désormais. Ils appellent les Ukrainiens khokhol, ou  “forelock”, les “touffes”, à cause de la coupe de cheveux traditionnelle en Ukraine. Khokhol , cela se dit en russe depuis des années, généralement avec une connotation affective, en bien ou en mal. Un surnom moderne pour les Ukrainiens, c’est ukr ou ukrop. Jusqu’à aujourd’hui, personne ne le prenait mal, c’était comme chicookie et tex, rien d’insultant. Mais pour Zuckerberg, tous ces mots-là réclament une purge.

Je ne connais pas un usager du FB russe qui n’ait pas été puni au moins pour un mois. Ce n’est plus de la censure, c’est un vrai programme de ré-éducation, du genre habituellement associé au président Mao en son temps.

Zuckerberg et ses sombres brutes ont décidé de faire rentrer le discours public de la civilisation russe dans le moule, un moule à leur image. Les pauvres Russes qui ont survécu à une rééducation par les Bolcheviks dans les années 1920, et par les antisoviétiques en 1990, voilà qu’ils sont dans le broyeur des justiciers du SJW. Quand les soviétiques ont lâché l’affaire, on avait promis au Russes la liberté d’expression. Elle est où, cette liberté d’expression?

FB interdit de poster des liens vers les sites qu’ils n’aiment pas. J’ai été censuré pour avoir posté un lien vers unz.com; même tarif pour les liens vers RT et Sputnik. La semaine dernière, FB a fermé 500 comptes totalisant 850 000 followers parce qu’ils renvoyaient sur RT et Sputnik. Oleg Tsarev, qui est un de mes amis, ancien membre du parlement ukrainien,  candidat à la présidence de l’Ukraine, et président du parlement du Donbass, s’est vu fermer son compte avec 200 000 followers, et Mr Zuckerberg y a mis le cadenas sans explication.

J’ai demandé à mes amis sur FB de signaler chaque fois qu’ils se faisaient évincer, et de me faire savoir la raison invoquée. Voici une courte liste de leurs réponses: pour avoir dit du mal de Stepan Bandera, le collabo ukrainien; pour avoir eu un débat sur Shevchenko, le poète ukrainien du XIX° siècle; pour avoir mentionné les touffes sur la tête des Ukrainiens; pour avoir posté un portrait de Poutine; pour avoir parlé des victimes des bombardements ukrainiens sur le Donbass; pour utiliser des mots tels que “pédéraste” ou “lesbienne”; pour avoir dit que les femmes sont plus émotives que les hommes; pour avoir posté une vidéo tirée d’un film d’Almodovar; pour s’être moqué de l’historien ukrainien qui a proclamé que Jésus et Bouddha étaient ukrainiens; pour avoir défendu l’Eglise russe; pour avoir critiqué Mr Gozman, le libéral chef de la tendance pro-occidentale; pour avoir critiqué les manouvres de l’OTAN dans les Etats baltes; pour avoir rouspété contre la discrimination des Russes ethniques dans les Etats baltes.

Et maintenant c’est Israël et les juifs, la cause majeure de bannissement de FB. Il est presque impossible de mentionner Israël sur FB et d’y survivre. J’ai été éjecté, et mon post avec, pour avoir mis en lien mes propres articles publiés sur unz.com. Un lien vers un article de ForeignPolicy.com qui racontait comment les terres d’une église palestinienne avaient été vendues à des colons juifs a été effacé aussi. Les liens vers  le journal Haaretz sont presque toujours retirés et interdits.

Par exemple, Haaretz avait informé ses lecteurs que la mère palestinienne d’un gamin tué par les soldats israéliens avait été emprisonnée pendant onze mois, parce qu’elle avait envoyé un post rageur sur FB. Et moi, j’ai été barré pour avoir raconté cela aux lecteurs de FB, parce que c’était “haineux”. Tuer le fils de cette femme, envoyer au trou la mère, c’est sûrement “aimant”, mais le raconter, c’est de la haine, purement et simplement.

Les médias mainstream russes se gardent d’approcher Israël. Les chefs de rédaction ruses ne sont pas nécessairement juifs, mais il y a assez de juifs dans chaque journal pour empêcher de paraître quoi que ce soit d’un tant soit peu critique. S’il n’y a pas de juif à l’horizon, chaque rédacteur sent bien qu’il serait plus prudent pour lui d’éviter le sujet. FB est le seul conduit possible pour une information libre concernant Israël. Hélas, c’est tout aussi partial sur Facebook. Mes amis qui sont des juifs antisionistes ont souvent été réprimandés pour leur antisémitisme.  Ma page sur FB avec ses quelques milliers de followers et de visiteurs occasionnels permet aux lecteurs russes de se tenir au courant de ce qui se passe en Israël. J’ai une audience bien plus réduite que la hasbara mainstream. Ne pouvez-vous donc pas tolérer une petite fenêtre de parole libre et de nouvelles vraies, Mr Zuckerberg? Non, apparemment, il ne peut pas.

Lors d’un épisode franchement honteux, FB s’est soumis aux ordres des censeurs militaires israéliens. En novembre 2018, une bande d’espions israéliens déguisés en Arabes a été arrêtée dans la Bande de Gaza. Les Israéliens sont parvenus à s’enfuir, tandis que leur officier aux commandes, un Druze de haut rang, était abattu. Ce qui a transpiré, c’est que l’équipe israélienne était restée quelques jours de plus à Gaza, en prétendant être des membres d’une organisation humanitaire internationale de secours, alors qu’en fait ils faisaient bel et bien du repérage, et préparaient le terrain pour bombarder Gaza.

C’étaient des criminels dans la mesure où les lois de la guerre interdisent expressément aux combattants d’utiliser le Croissant Rouge (ou d’autres organisations de secours) comme couverture. Les Israéliens ne respectent pas cette règle et se servent des ambulances du Croissant Rouge pour convoyer leurs troupes. Marwan Barghouti, le Mandela palestinien potentiel, a été kidnappé par une de ces fausses ambulances. Les agents de sécurité de Gaza se sont débrouillés pour rassembler toutes les photos des criminels, et les ont mises en ligne en offrant un million de dollars pour toute information pouvant conduire à leur identification complète et à leur capture. Les censeurs militaires israéliens ont interdit aux médias israéliens et aux journalistes étrangers basés en Israël de publier les photos. Malgré cela, Richard Silverstein, dissident juif américain, a brisé l’interdit et il les a publiées. [[Libération a évoqué cette intrusion israélienne sans l’expliquer, RFI a mentionné l’interdiction de faire circuler les photos]].

J’ai tenté de relayer la chose à mon tour, mais, honte à FB, ils l’ont retirée et interdite, jusque sur Messenger. Je n’en croyais pas mes yeux: j’avais placé la photo sur Messenger, et elle avait immédiatement disparu! C’est quoi, alors, Facebook? C’est une entité internationale, ou une filiale de la hasbara israélienne?

Heureusement que Western Union n’appartient pas (encore) à Mr Zuckerberg, elle serait capable de censurer les lettres de nos familles, avec ses sbires.

Il est indispensable de sauver les réseaux sociaux des diktats de Zuckerberg. Cela devrait être un outil public, protégé par la loi, il devrait être possible de faire appel de tout blocage devant les tribunaux; aucune décision arbitraire ne devrait se concrétiser. La censure en temps de paix est inacceptable; c’est également contraire à la constitution US. Si nous voulons sauver le genre humain de la destruction, nous devons ouvrir des canaux de communication et les maintenir ouverts. Et alors, peut-être, la prochaine délégation de Vega aura envie de nous rendre visite.

P.S. En temps réel: tandis que je rédigeais cet article, j’ai vu un autre de mes posts bloqué. “Ce post est contraire à notre charte (Community Standards), par conséquent personne d’autre ne peut le voir”. Il s’agissait de la reprise d’un lien vers une interview de Benny Morris sur Haaretz: il appartient à l’école dite des nouveaux historiens, et prédit que bientôt “les juifs [israéliens] ne seront plus qu’une petite minorité au milieu d’une vaste mer arabe de Palestiniens, une minorité persécutée ou massacrée, comme cela se passait quand ils vivaient dans les pays arabes. Et parmi eux, ceux qui le pourront vont filer en Amérique et à l’Ouest.”

Apparemment, c’est la vie qui est contraire à leur charte. Les gens ne devraient-ils pas pouvoir lire ce que l’un des historiens les plus importants d’Israël tient à dire? C’est un texte assez sinistre. Benny Morris exprime le regret que les juifs n’aient pas fait le nettoyage ethnique complet de la Palestine en 1948, et n’aient pas viré tous les non-juifs; et il dit qu’il n’y a pas la moindre chance de paix. Il dit aussi que Trump ne va pas tenir un an, et qu’avec son départ, Netanyahou aussi va être balayé.

P.P.S. Richard Silverstein  a été chassé de Facebook pour son article, et il contre attaque  vigoureusement. [[Il a fait appel à des Canadiens qui travaillent avec Citizen Lab, qui identifie les malware utilisés pour attaquer les militants pour les droits humains, et Access Now’s helpline; ce dernier site a exigé des explications de la part de Facebook; il s’avère que Facebook bafoue sa propre charte allègrement, pour protéger des espions israéliens plaçant sur écoute les dirigeants du Hamas, en vue du déclenchement d’une guerre totale, avec attaque contre le Hamas et contre les civils à Gaza. Dans le cas de l’assassinat de Mahmoud al Mabouh, à Dubai en 2010, par un escadron de 27 agents du Mossad, c’est la police de Dubai et le service de renseignement interne CCTV  qui avaient diffusé les photos des criminels israéliens; dans ce cas, Facebook n’a rien censuré, c’était trop tard, et aurait été trop voyant. Comme dit Silverstein, “pourquoi refermer la barrière une fois que des millions de chevaux se sont échappés?” ]]

Original: www.unz.com/ishamir/banned-by-facebook-for-telling-the-truth/

Joindre l’auteur: israelshamir@gmail.com

Traduction et [[ajouts]] : Maria Poumier

]]>
http://www.israelshamir.com/french/banni-de-facebook-pour-avoir-dit-la-verite/feed/ 0
En défense des bolcheviks: le ZOG rouge http://www.israelshamir.com/french/en-defense-des-bolcheviks-le-zog-rouge/ http://www.israelshamir.com/french/en-defense-des-bolcheviks-le-zog-rouge/#respond Sat, 29 Dec 2018 21:03:34 +0000 http://www.israelshamir.com/?post_type=french&p=3514 Voici un argumentaire sur quelques points soulevés dans un précédent article par Ron Unzà propos du rôle des juifs dans la révolution soviétique:

A l’époque de la guerre froide, l’estimation de la mortalité de civils innocents comme conséquence de la révolution bolchevique et des vingt premières années du régime soviétique était généralement de l’ordre de plusieurs dizaines de millions. J’ai entendu dire que ces chiffres avaient été sérieusement revus à la baisse, à hauteur de vingt millions. Qu’importe : même si des thuriféraires soviétiques déterminés peuvent chipoter dans cet ordre de grandeur, ils ne sont pas sortis du cadre standard de l’histoire telle qu’enseignée à l’Ouest.

Ceci étant, tous les historiens savent pertinemment que les chefs bolcheviks étaient très majoritairement juifs, n’est-ce pas… ? Il y a quelques années, Vladimir Poutine affirmait que les juifs constituaient peut-être 80 ou 85% du premier gouvernement soviétique, estimation parfaitement cohérente avec celle  de Winston Churchill, à son époque, et avec le correspondant du Times de Londres Robert Wilton, et avec les officiers de…(etc). Ces deux données élémentaires ont été largement acceptées en Amérique durant toute mon existence. Et pourtant…

 

Le Goulag

« J’ai pu avoir un accès complet à toutes les archives, j’ai appris tout ce qui existe sur les victimes de Staline, et j’ai préparé un rapport complet. Cependant, j’ai décidé de garder tout cela pour plus tard. Si je devais le publier [je perdrais probablement mon emploi, et il n’y aurait plus personne pour me cautionner,] mes amis me laisseraient tomber comme une patate chaude, je me retrouverais seul et de toute façon personne ne me croirait. »

Cet aveu plein de franchise date de 2012, et c’est la haute autorité sur la répression à l’ère communiste, le fondateur et président du Memorial (une ONG russe anticommuniste), le professeur Arseny Roginsky,qui le dit; il est mort en 2017, et et il a été vivement regretté par ses supporteurs américains. Le Mémorial en question est très exactement un agent de l’étranger, puisqu’il reçoit l’aide généreuse du Département d’Etat et de la Fondation George Soros, et le Dr Roginsky avait été toute sa vie un ennemi des soviétiques, quelqu’un de peu suspect de tricher en faveur des rouges. Quelle était donc la terrible vérité que le Dr Roginsky avait décidé de cacher ? « D’après mes calculs, –  écrivait-il, – pendant toute la période soviétique de 1918 à 1987, selon les documents qui ont survécu, il faut conclure que 7.100.000 personnes ont été arrêtées par les agences de sécurité de l’Etat (l’équivalent russe du FBI) à travers le pays. Et cela inclut ceux qui étaient arrêtés pour banditisme, marché noir, contrefaçon, et encore bien d’autres délits ».

Vous allez me dire que sept millions, ça fait déjà beaucoup de monde, mais n’oubliez pas que l’année dernière, en 2017, en temps de paix aux USA, plus de dix millions de personnes ont été arrêtées, et pas seulement par le FBI, dont je n’ai pas pu trouver les statistiques. Les chiffres russes s’appliquent à soixante-dix ans de rébellions, de guerres civiles, sans oublier la Guerre mondiale, la Guerre froide, et le tout sur un vaste territoire comprenant l’Ukraine, l’Asie centrale, la Transcaucasie et les Etats Baltes, outre la Russie proprement dite. Parmi ceux qui avaient été arrêtés par la Sécurité d’Etat, il y avait des dizaines de milliers de combattants avec Stepan Bandera, les nationalistes ukrainiens d’extrême droite, qui s’étaient battus aux côtés de l’Allemagne nazie pendant la Guerre mondiale, et qui avaient continué à se battre jusque dans les années 1950. Plus de 100 000 d’entre eux furent arrêtés, et plus de 150 000 périrent en action, vous pouvez trouver le détail en russe, ici. La sécurité d’Etat combattit et arrêta ne nombreux insurgés islamiques en Asie centrale et dans les montagnes du Caucase, les prédécesseurs d’Al Qaida et de l’ISIS. Les services secrets US armaient et approvisionnaient les rebelles baltes et ukrainiens, tandis que les Anglais fournissaient l’entretien des islamistes.

Malgré ces difficultés énormes, le FBI russe avait donc arrêté seulement sept millions de personnes en soixante-dix ans ; la majorité des détenus étaient des délinquants de droit commun ou des rebelles, disait le Dr Roginsky, et il poursuivait :

« Il est là, le calcul final de sept millions pour toute la période soviétique. Qu’est-ce que j’aurais dû faire avec cette découverte ? L’opinion publique dit qu’il y avait eu douze millions d’arrestations entre 1937 et 1939 seulement ; J’appartiens à cette société, je vis au milieu de ces gens, j’en fais partie. Je savais pertinemment qu’ils ne me croiraient pas. Et deuxièmement, cela aurait signifié que tout ce qu’on nous avait dit jusqu’à maintenant sur les chiffres était faux. Et j’ai mis tous mes calculs de côté, pendant longtemps ; et le moment de dire ces choses n’est pas encore venu ».

Le public russe, tout comme les Occidentaux, a été habitué à des chiffres tout autres. 40 millions de gens tués par Staline, disait Roy Medvedev, un dissident célèbre ; 80 millions, disait Antonov-Ovseenko ; 100 millions, disait le cardinal gris de la Perestroïka, associé très proche de Gorbatchev, A. Yakolev, dont l’opinion était particulièrement importante ; en effet, elle avait été présentée comme « toute la vérité, et rien que la vérité », pendant les années critiques 1987-1991. Ce nombre incluait « les enfants qui n’étaient pas nés, mais qui auraient pu naître », ajoutait-t-il sotto voce, en s’inspirant probablement des calculs pro-vie sur les millions de bébés assassinés dans les cliniques d’avortement. Quoiqu’il en soit, il s’est trouvé dépassé par le dirigeant assassiné de l’opposition Boris Nemstov, qui avait compté pour sa part, en 2003, 150 millions de victimes de Staline, ce qui fait beaucoup pour un pays qui ne comptait que 200 millions d’habitants.

Après cela, 7 millions est un chiffre bien  trivial. Et les chiffres réels sont encore plus bas. Il y a deux documents, les meilleurs et les plus dignes de foi, pour les emprisonnés et tués au temps de Staline, et ce sont : le rapport du Procureur général (collectif) à Nikita Khroutchev en 1954 disant que 2,5 millions de gens avaient été emprisonnés pour toute la période soviétique, dont 600 000 condamnés à mort, et celui du Dr Victor Zemskov, une investigation méticuleuse reconnue pour sa rigueur. Zemskov avait étudié les activités des différents organes de la sécurité d’Etat entre 1921 et 1954, et il avait découvert que dans cette période 650 000 personnes avaient été condamnées à mort (mais certaines ne furent pas exécutées) tandis que 2.300 000 se voyaient condamnées à des peines de prison. Cela concernait les 33 années difficiles de gouvernement par Staline. Et c’est tout, les amis…

Zemskov fournissait aussi les chiffres annuels. Pendant la terrible année 1937, il y avait 1,2 millions de prisonniers dans les goulags. Comparons avec les US : en 2013, 2,2 millions d’adultes étaient incarcérés dans les prisons  fédérales et des Etats, outre les geôles des comtés. Soit presque 1% des adultes, de la population résidant aux US, et 0,8% pour l’URSS. En outre, aux US, il y avait 4,75 millions de gens en période probatoire sur parole ou en liberté conditionnelle, dit Wikipedia. Il y avait moins de prisonniers au goulag que dans le système pénitentiaire américain. Pour une comparaison plus fouillée, voir ici.

Voilà tout ce qui reste des flots de sang versés au cours de l’histoire russe, et du régime sanguinaire des bolcheviks… A l’époque soviétique, la population russe avait augmenté à un rythme régulier de 0,60% par an, soit le double de la croissance au Royaume uni et en France, et bien plus que dans la Russie post-soviétique. L’empire russe était entré dans la Première Guerre mondiale avec une population de 160 millions d’âmes ; l’URSS avait 210 millions d’habitants en 1959, des chiffres impossibles si l’on commence par accorder foi à une répression stalinienne multimillionnaire. S’il en est ainsi, pourquoi donc « le récit historique standard tel qu’enseigné en Occident » fait-il usage de ces chiffres colossaux ?

 

La raison principale, c’est la peur du communisme, une crainte tout à fait raisonnable et justifiée (pour les gens riches) de perdre leurs millions et leurs milliards. C’est parfaitement logique pour eux de dépenser un peu de leur capital pour vous persuader que le communisme est quelque chose de mauvais pour vous, alors que c’est en fait détestable pour eux. Ils ont tellement menti, et si efficacement, qu’ils ont fini par convaincre tout le monde.

Même un Américain ou un Anglais pauvre a peur du communisme, parce que les cocos vont lui prendre tout ce qu’il a, y compris sa femme et ses enfants, et vont l’envoyer lui, directement au goulag.

Il y a quelques jours, le président Trump a dit à l’ONU : « Virtuellement, partout, on a essayé le socialisme ou le communisme. Cela a produit de la souffrance, de la corruption, et du recul. La soif de pouvoir socialiste amène à l’expansion, aux incursions, et à l’oppression. Toutes les nations devraient résister au socialisme et à la misère qu’il amène pour tous. » Les nations du monde lui ont ri au nez. Le dégoût de Trump pour le socialisme constitue une excellente recommandation ! Dans le même discours, il a fait l’éloge de deux pays exemplaires, Israël et l’Arabie saoudite. Bons pour lui, et mauvais pour nous.  « Le socialisme ou le communisme » c’est affreux, pour les milliardaires comme Trump. Et merveilleux pour les gens du commun.

Le problème, c’est que Trump et d’autres richissimes ne vont pas vous donner l’occasion de goûter au socialisme…

Voilà pourquoi, après cette tirade, Trump a poursuivi : « Aujourd’hui, nous annonçons des sanctions supplémentaires contre le régime répressif [du Venezuela], et nous visons le cercle rapproché de Maduro, ainsi que ses conseillers ». Si vous voulez avoir du socialisme, vous y gagnerez des sanctions US, des interventions, le blocus, et la guerre. Ils feront tout pour vous plonger dans la misère, jusqu’à ce que vous regrettiez le moment où vous avez choisi le socialisme.

Les habitants de la Corée et du Vietnam avaient choisi le socialisme, et les US les ont attaqués, ont détruit leurs pays et tué des millions de gens, de sorte que même s’ils ont gagné, ils ont hérité d’une terre dévastée et d’une économie en ruines. La Russie a été la première sur la route du socialisme ; par miracle, elle y est arrivée, et s’est sacrifiée pour permettre à d’autres nations d’avoir le socialisme elles aussi.

Même des Etats non socialistes comme les US se sont vus obligés de laisser leurs travailleurs jouir de quelques avantages auxquels les travailleurs des Etats socialistes avaient accédé. Les ouvriers américains avaient des vies misérables avant que la Russie n’ouvre la voie au socialisme en 1917 ; cela s’est amélioré quand la Russie est devenue socialiste, et ils sont revenus à la misère en 1991, dès que le socialisme a été démantelé en Russie.

Toutes les conquêtes du socialisme russe, la journée de huit heures, les retraites, la sécurité sociale, les allocations, les loyers protégés, les jours fériés, les congés payés, la sécurité de l’emploi, autant d’acquis adoptés en Europe, et voici qu’elles sont remises en question, parce que ce sont les riches qui ont gagné. Naturellement, ils mentent sur le socialisme parce qu’ils ne veulent pas que vous y ayez accès, ni même que vous en rêviez. C’est quelque chose qu’il faut retenir, quand on entend encore d’autres histoires épouvantables sur les bolcheviks.

 

Les juifs et les bolcheviks

 

L’histoire de la révolution bolchevique qui aurait été faite par les juifs (que mon ami très estimé Ron Unz vient de reprendre dans deux articles récents), est un autre film d’horreur tiré de cet arsenal pour vous terroriser. En tant que chercheur sincère et diligent, Ron Unz a déterré cette rengaine du passé en creusant à la recherche de vérités oubliées. Surprise, ce n’est pas seulement la vérité qui est cachée et oubliée, des fake news aussi se voient  ensevelies dans les sables du temps. Ce gros mensonge en particulier avait été inventé dans les années 1920 ; il était populaire dans les années 1930, puis fut oublié au point que de nos jours les communistes sont censés être des antisémites, dans le discours contemporain.

 

Voyez ici un texte écrit par un juif en colère contre un autre juif parce qu’il minore l’antisémitisme des bolcheviks. En 1994, Arkady Vaksberg, un auteur juif, a écrit un livre qui a pour titre Staline contre les juifs. Sa thèse fondamentale est que Staline était un antisémite fanatique. Le livre de Louis Rapoport La guerre de Staline contre les juifs reflète le même thème. Mais cette fiction juive des rouges contre les juifs a son pendant symétrique, dans celle des Juifs qui contrôleraient les Rouges, et toutes les deux sont fausses.

Est-ce que les Juifs avaient rallié le parti bolchevik ? Beaucoup le firent, quoique plus nombreux furent ceux qui soutenaient le gouvernement provisoire d’Alexandre Kerensky, l’ennemi des bolcheviks. Le premier ministre Kerensky battait le record, en matière de soutien aux causes juives ; son gouvernement leur garantissait la pleine égalité. Le gouvernement provisoire avait des représentants juifs salariés à des postes élevés depuis celui de gouverneur à celui de maires des deux capitales russes, et à la tête du Bureau du gouvernement.

Le principal mot d’ordre des bolcheviks en direction des masses russes : la fin immédiate de la guerre, la nationalisation des usines et la réforme agraire, n’avait que peu d’attraits ou d’importance pour les juifs. La victoire des bolcheviks était au mieux en pointillé, ou plutôt  improbable, de sorte que les juifs à la recherche d’une carrière ne se précipitèrent pas sous les bannières rouges. Et malgré tout, il y en eut un certain  nombre, parce les juifs sont des gens dynamiques, et ils furent nombreux à soutenir la révolution pour de bonnes raisons. Le communisme, c’est le christianisme moins Dieu ; un christianisme laïcisé, en termes savants. Les meilleurs des juifs sont intensément attirés par le christianisme, attirés et terrifiés à la fois, parce qu’ils sont conditionnés pour rejeter le Christ. Le communisme fut une voie qui s’offrait à eux, un chemin permettant de rejoindre le peuple en évitant le nom effrayant (pour eux) du Christ. Et le capitalisme néolibéral est un judaïsme sans Dieu, un judaïsme laïcisé, si bien que la pire espèce de juifs est attirée par le néolibéralisme. Karl Marx disait que le capitalisme (néolibéral) était la religion des jours ouvrables, pour les juifs, tandis que le judaïsme était la religion du shabbat. Le capitalisme judaïse les chrétiens, tandis que le communisme christianisait les juifs.

Sur le long terme, ça n’a pas très bien marché, parce qu’on ne peut pas contourner Dieu éternellement. Il sait comment reprendre le dessus. Mais ce n’était pas clair à l’époque, et bien des juifs russes ont rejoint la révolution pour une excellente raison. D’autres avaient pour ce faire des raisons moins nobles. Ils cherchaient l’aventure, le pouvoir, ou simplement du changement. Il est plus utile de mesurer pourquoi la Révolution les avait pris à son bord. Les juifs n’avaient pas de sentiments particuliers sur l’ancien régime, et n’avaient guère de compassion pour les Russes ordinaires. Comme les Lettons, ils constituaient les piliers de la sûreté de l’Etat : c’étaient des gens cultivés, honnêtes, peu tentés par la pitié. Pour qu’une révolution triomphe (ou n’importe quelle entreprise de longue haleine) on a besoin de gens dévoués, loyaux et impitoyables. Les juifs étaient également de bons organisateurs. Ils ne sont jamais devenus la force directrice de la Révolution. Est-il vrai (comme l’a dit Poutine et comme l’a cité Ron Unz) que les juifs aient constitué de 80 à 85% du premier gouvernement soviétique ? Non, ce n’est pas vrai. Voyez la photo du premier gouvernement soviétique. Il y a quinze ministres, leur origine ethnique est clairement indiquée. Il n’y a qu’un juif, et c’est Léon Trotzky.

En 1918, se forma un gouvernement de coalition avec les bolcheviks et la gauche socialiste-révolutionnaire. On en trouve la liste complète en russe ici , et il y figure deux juifs, tous les deux membres du parti SR. Si vous voulez devenir expert, vous pouvez apprendre les noms de tous les ministres soviétiques depuis octobre 1917 jusqu’à la fin des années 1920, chaque nom comporte les dates  de son activité dans le bureau, et son origine ethnique. Il y a les  62 noms des bolcheviks les plus puissants, et parmi eux on trouvait sept juifs.

Pourquoi donc est-ce que Poutine a dit ce qu’il a dit ? C’était pour se débarrasser de certains juifs lorsqu’ils ont demandé à ce qu’une bibliothèque juive qui se trouve actuellement à Moscou soit transférée à Brooklyn. Poutine voulait dire que les juifs dans le premier gouvernement soviétique avaient eu leurs raisons pour nationaliser la bibliothèque, et qu’il ne cherchait pas à revenir sur leur décision et à la brader au profit des juifs américains. Une réponse élégante, erronée dans les faits, mais tout à fait convaincante et flatteuse pour les juifs, digne du Poutine avocat (par ses origines). Et voilà pour ce qui concerne les « rapports sur la surreprésentation des juifs à la tête des bolcheviks russes », selon les termes de Ron Unz. Peut-être que ces rapports ne relevaient pas de “la bigoterie et de la paranoïa », mais ils avaient été grossièrement exagérés dans le but de porter atteinte à la légitimité des bolcheviks. Certains voient les juifs avec suspicion ; les manipulateurs politiques en ont bien conscience, et ils vont prétendre que s’ils combattent quelqu’un, c’est qu’il est juif. Un rapide survol d’internet suffira à vous « prouver » que Staline et Hitler, Eltsine et Poutine, Clinton et Trump, sont autant de juifs. C’est vrai en ce qui concerne les forces politiques. Clamer qu’un parti est sous contrôle juif et le plus sûr coupe-feu pour limiter l’attirance qu’il exerce, jusqu’à un certain point. Les anticommunistes ont inventé le ZOG[1] bien avant que le terme soit appliqué (de façon bien plus justifiée) aux US. Ce sont les Mencheviks, l’opposition aux Bolcheviks, qui attiraient de nombreux juifs ; et le rude Staline avait suggéré en blaguant qu’un bon pogrome chasserait les mencheviks du Parti une fois pour toutes. Lors des mois décisifs, entre avril et novembre 1917, il y avait très peu de juifs à la tête du Parti, et aucun d’entre eux n’avait le moindre accès aux questions financières.

« Le lourd soutien financier des bolcheviks par les banquiers juifs internationaux » est également un mythe. Ron Unz a découvert un vieux chiffon rouge, à propos de Schiff, un banquier juif, comme pourvoyeur de fonds pour la cause bolchevique.

 

Unz a lu et cité le livre de Kenneth D. Ackerman, Trotsky à New York, de 2016. Effectivement, Ackerman y mentionne un rapport des services du renseignement militaire US, sur la période en question, qui avait fuité ; cela s’appelait Judaïsme et bolchevisme, et l’auteur « assénait cette affirmation stupéfiante », mais lui-même démantèle la dite affirmation.

Le rapport en question avait pour auteur Boris Brasol, l’ex officier russe qui avait exercé les poursuites autour de l’affaire de meurtre rituel à Kiev en 1913. Aux US, il était devenu le promoteur en chef des Protocoles des Sages de Sion, pas exactement un observateur impartial. Pour être plus précis, son rapport ne se basait sur aucune espèce de recherche relevant de services secrets. Cet émigré russe n’avait pas d’accès aux bolcheviks ni à Schiff, et lorsqu’il prétend que Schiff avait payé dix mille dollars (et non pas vingt millions) à Trotsky, il n’en fournissait pas la moindre preuve. Ackerman poursuit : « quand Lénine et Trotski s’emparèrent du pouvoir à leur seul profit en novembre 1917, Schiff les avait rejetés immédiatement, leur avait coupé l’accès à tout futur emprunt, et commença à financer des groupes anti-bolcheviques ; il réclama même aux bolcheviks le remboursement d’une partie de l’argent qu’il avait prêté à Kerensky. »

Ainsi donc Schiff n’avait pas financé Trotski, et le futur commissaire à la guerre (autrement dit ministre de la Défense) comptait sur certains soutiens occidentaux. Non pas du côté des juifs, mais des Britanniques, qui se servirent de Trotski pour saboter les plans bolcheviques en vue d’une paix séparée avec l’Allemagne. On considérait que Lénine et son entourage avaient été autorisés par le haut commandement allemand à rentrer en Russie en avril 1917 parce qu’ils constituaient une faction pro-allemande, au sein des Socio-Démocrates russes. Trotsky et les siens, de l’autre côté, furent autorisés par les Canadiens, les Anglais et les Américains, à réintégrer la Russie, parce qu’ils constituaient une faction pro britannique et pro américaine. De fait, Lénine appela à un cessez-le-feu immédiat et à un traité de paix séparée avec l’Allemagne, tandis que Trotski proposait une formule « ni paix ni guerre » en tentant de casser toute négociation avec l’Allemagne, et cela avec un certain succès.

La pesante histoire du financement allemand circulait, et donna lieu à des débats et à des argumentations pour et contre pendant longtemps. La version du soutien financier juif aux bolcheviks était restée marginale durant les années qui suivirent la révolution russe, à l’époque où les contemporains avaient quelques informations de première main sur les faits. Aujourd’hui, une fois disparue cette génération, le temps est venu pour les vieux bobards de retrouver une nouvelle vie.

 

Ron Unz n’est pas seul sur ce terrain. En 2017, les médias russes anti-communistes ont également joué avec l’idée d’un soutien financier juif pour les rouges, comme la force capitale qui s’était tenue derrière la Révolution. Ils ne pouvaient trouver la moindre preuve genre Schiff, et ont préféré personnifier cette influence juive corrompue dans le personnage d’Alexandre Parvus, alias Israël Gelfand. Parvus est le protagoniste principal du livre de Soljenitsyne Lénine à Zurich, où il apparaît comme le Méphistophélès de Faust-Lénine.

Parvus, un aventurier et un révolutionnaire qui ne perdait jamais de vue son profit éventuel, avait bien cherché à rester en contact avec Lénine qu’il considérait à juste titre comme le stratège le plus solide du mouvement révolutionnaire. Lénine n’avait pas envie de s’acoquiner avec lui,  et refusa de le rencontrer lorsque Parvus arriva dans la Russie révolutionnaire.

L’argent juif dirige le monde: voilà une idée très populaire parmi les juifs. Theodor Herzl, et avant lui, Benjamin Disraeli, écrivit sur le « terrible pouvoir de l’argent juif ». De nos jours, des juifs riches comme George Soros et Sheldon Adelson sont fiers de leur influence sur la politique US. Ils ont certainement de l’influence, mais je doute que quiconque considère que cette influence soit quelque chose de décisif et de définitoire. Tous deux ont raté ce qu’ils avaient entrepris, Soros s’est fait chasser de chaque Etat d’Europe de l’Est comme un malpropre, y compris de Russie, Adelson préférait Marco Rubio, mais c’est Trump qui a gagné. Bref, l’argent juif peut influer sur les évènements, peut faire monter nombre d’hommes politiques, scribes, et patrons des médias, mais ne saurait définir notre avenir. Autrement, nous vivrions déjà dans une sorte de Bande de Gaza élargie aux dimensions du monde. Les juifs sont puissants, mais nullement omnipotents. La Révolution russe, c’est le peuple russe qui l’avait faite, ce qui incluait les Juifs russes, les Lettons russes, les Polonais russes, les Ukrainiens russes, les Géorgiens russes et d’autres groupes ethniques. Ce fut un évènement tellement énorme que cela terrifie encore les gens riches, et ils essaient encore et toujours de vous expliquer et de vous convaincre, et de s’en persuader eux-mêmes, que Lénine ne reviendra pas.

Ron Unz est en train d’accomplir un travail important et bénéfique pour le public américain, car il révèle la fraude au cœur du récit dominant. Certaines escroqueries gisent à un niveau trop profond pour qu’on arrive à les faire émerger comme telles d’un coup. Les duperies entourant le socialisme sont plus profondes que les histoires d’Holocauste ou sur l’assassinat de JFK. Ce qui ne m’empêche pas d’espérer que cet homme sincère continuera à creuser jusqu’à ce que la vérité éclate au grand jour.

Traduction: Maria Poumier

Source: https://www.unz.com/ishamir/red-zog/

Pour joindre l’auteur: israelshamir@gmail.com

[1] « Zionist Occupation Government », Gouvernement d’Occupation Sioniste.

http://plumenclume.org/blog/

]]>
http://www.israelshamir.com/french/en-defense-des-bolcheviks-le-zog-rouge/feed/ 0
Gilets Jaunes, la fin de la dystopie http://www.israelshamir.com/french/gilets-jaunes-la-fin-de-la-dystopie/ http://www.israelshamir.com/french/gilets-jaunes-la-fin-de-la-dystopie/#respond Thu, 20 Dec 2018 04:45:46 +0000 http://www.israelshamir.com/?post_type=french&p=3538 Les Français, on ne fait pas mieux. Les hommes ne grossissent pas (selon cette vidéo ) et les femmes n’y dorment pas seules, tandis que les gosses sont bien élevés. Ils ont la meilleure architecture, le meilleur style de vie, le meilleur pain, le meilleur vin, la meilleure huile d’olive, la meilleure cuisine, souvent les meilleurs écrivains, les meilleurs films, peintres, poètes, parfums, et les plus belles dames. Mais ils excellent aussi dans les révolutions. Chacune de leurs révolutions est comme une pêche : parfaite, ronde et juteuse. Elles ouvrent une nouvelle ère pour l’humanité.

Chaque fois que je pense à une révolution française, je me sens rajeunir, parce que je me rappelle la dernière, en mai 1968 ; c’était de toute beauté, cet « Interdit d’interdire ». Je me suis jeté dans le vert et bref paradis de la permissivité. Croyez-moi si vous voulez, on pouvait flirter tant et plus avec le sexe opposé, fumer dans les pubs et les cafés, picoler et prendre le volant. On louait une chambre pour pas cher, et on faisait le tour d’Europe pour cinq dollars par jour. Les ouvriers ne se retrouvaient pas au chômage, il y avait du boulot pour tous, pas de CDD, les parkings étaient gratuits, et l’essence bon marché. Oui, c’était “Summertime“, la vie était belle….

Jusqu’alors, le monde était dur, froid et rigide, à peu près comme aujourd’hui, avec plus de prohibitions que de permissions. Mais c’était il y a un demi-siècle, et le monde est mûr pour une nouvelle révolution à la française, celle qui est là, avec les GJ qui montent. C’est bientôt Noël, c’est un vrai cadeau pour nous tous.

Les Français viennent de dire non à la prospérité pour les riches et à l’austérité pour le reste, au démantèlement de l’Etat providence, aux privatisations, aux guerres à l’étranger, à l’immigration de masse, bref, à toutes ces plaies qui vous tombent dessus, en Occident, depuis une trentaine d’années.

La révolte n’est pas finie. Ne vous laissez pas décourager par quelques retours de flamme. Les soulèvements populaires sont comme des feux de joie, qui vont repartir sans prévenir. Dans le cas des GJ, impossible de prévoir le prochain acte. Même s’il y a de la répression, des arrestations massives, de la propagande et des blindés pour aider le gouvernement Macron à tenir encore un moment, le glas a sonné : c’est la fin, les banquiers ne pourront plus nous serrer la vis comme ils le projetaient, tout en se reposant sur leurs doubles mentons. De fait, l’élimination du vieil ordre féodal se concrétisa  bien des années après l’exemple resplendissant de la Révolution de 1789.

C’est Paris qui dicte la mode ; leurs rébellions, peu fréquentes, définissent le futur de l’humanité. En 1789, les Parisiens insurgés avaient enterré l’Ancien Régime, proclamé l’avènement de la démocratie, de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. En 1848 les mêmes déclenchaient le printemps des nations, la grande révolution pan-européenne. En 1871, la Commune de Paris est devenue l’avant-garde de toutes les révolutions socialistes. Les guerres mondiales, le bain de sang de Verdun et l’occupation nazie avaient maintenu les peuple français en mode survie, et la révolution suivante a traîné jusqu’en 68. Et voilà qu’en 2018, les Parisiens ont mis un point final au projet néolibéral radical de mise en esclavage de l’humanité.

Les suspects habituels ont aussitôt accusé la Russie de Poutine d’avoir fomenté le soulèvement. La BBC a été prise la main dans le sac, à demander à son correspondant à Paris de trouver une connexion russe, un homme d’affaires russe, ou n’importe quel autre truc russe pour faire porter le chapeau aux Russes et discréditer les uns et les autres. La correspondance a fuité, le MFA russe a porté plainte . Personnellement, je serais très heureux et très fier si ces accusations avaient le moindre fondement. Hélas, ce n’est pas le cas. Les Russes n’ont jamais soutenu la moindre révolution française, de 1789 à 1968. Et cette fois encore, le Moscou officiel n’intervient pas dans les affaires internes d’autres Etats, question de principe. La Russie n’a pas encore condamné la brutale mise à genoux et l’arrestation des lycéens de Mantes-la-Jolie, alors que Beijing et Téhéran l’ont fait !

Les réseaux sociaux russes et les organisations officielles ont des doutes, sur le soulèvement français. Après le traumatisme du Maidan de Kiev en 2014, les Russes sont dans la paranoïa conspirationniste, et voient des manipulations du Département d’Etat partout. Dans les médias russes, les évènements de Paris sont souvent évoqués en termes de pogrom ; leur première chaîne, d’Etat, a mis son point d’honneur à manifester son soutien à un agent immobilier juif français dont le bureau a été saccagé. Certes, la magnifique chaîne Russia Today couvre fort bien les évènements, mais RT ne transmet pas en Russie, ni en langue russe.

Alexander Douguine, le penseur russe décalé, a suggéré astucieusement que l’ennemi ne croit pas du tout à une ingérence russe, ni dans le cas des élections US, ni dans l’insurrection des GJ, mais qu’il utilise la Russie comme marqueur de toute force hostile. Il identifie, quant à lui, l’ennemi comme le gouvernement mondial dans l’ombre, la force qui prétend régir le monde par-dessus et par derrière les gouvernements nationaux. L’existence même d’une telle force fait l’objet d’un déni vigoureux, mais elle vient de se manifester dans la campagne vicieuse contre Jeremy Corbyn, le dirigeant du parti travailliste britannique. La campagne a été orchestrée par une entité secrète, l’ Integrity Initiative; son existence nous a été révélée par des Anonymous hacqueurs. Cette entité, visiblement pilotée par les Services secrets britanniques, a recruté certains des rédacteurs du Guardian (Luke Harding etc) déjà soupçonnés de travailler pour le MI6. Ce sont eux qui ont attaqué Julian Assange, et moi aussi, personnellement, mais selon les révélations des hacqueurs, ils étaient supposés combattre la Russie. Parce que si une attaque contre la Russie peut sembler légitime – les services secrets sont là pour bricoler ça – s’en prendre  en le dénigrant au dirigeant de l’opposition, au royaume de Sa Majesté, ça ne l’est pas. Douguine dit qu’ils ont fabriqué le mythe de la Russie de Poutine comme l’ennemi absolu et inconditionnel, incarnant le mal à l’échelle mondiale, alors qu’ils savent parfaitement que la Russie n’a pratiquement aucune prise au-delà de ses frontières.

« Le gouvernement mondial sait parfaitement qu’avec tout son pouvoir, il faut bien qu’un opposant sérieux surgisse un jour, non pas à l’extérieur principalement (depuis la Russie ou la Chine) mais de l’intérieur. La Russie est présente seulement en tant que marqueur, et elle constitue le meilleur outil pour discréditer et diaboliser les poussées alternatives. Ceci vaut pour le populisme français (de droite comme de gauche), le gouvernement anti-mondialiste de l’Italie, les GJ de France, les combattants contre le capitalisme et l’immigration de masse », écrit Douguine.

Cette technique consistant à mettre en œuvre une culpabilité par association, elle est utilisée depuis des années. Les vieux marqueurs « nazi » et « antisémite » sont défraîchis, voilà le nouvel étendard brandi contre les GJ : la très vilaine Russie.

Mais, pas de souci, les vieux marqueurs, ça marche toujours (BHL, la Voix infaillible de nos Maîtres du Discours, et patron de la télé) qui a soutenu les rebelles en Libye, en Syrie et à Kiev, a d’ores et déjà condamné l’éclosion parisienne et a traité les révoltés de nazis. En effet, il a détecté la présence de soutiens de Le Pen et de Mélenchon, entre autres Gilets, et ça ne va du tout !

En tout cas, ça n’a point fait peur au bon peuple. De 75 à 80% des gens considèrent que les GJ sont raison (on va probablement voir arriver bientôt un groupe de « Juifs pour les GJ », nous prédit Gilad Atzmon, car ces zèbres adorent mettre leur nez partout, mais en restant séparés).

La révolution de 1968 avait été détournée parce que ses dirigeants avaient lâché le morceau. Danny le rouge était l’un des traîtres, comme je l’avais écrit il y a quelques années après l’avoir rencontré. Le mouvement des GJ n’a pas de chefs de file, de parti ni de quartier général, et c’est la raison pour laquelle le régime n’a pas réussi à acheter ou à intimider ses dirigeants, ou à pactiser avec leur parti, à l’instar des néolibéraux qui ont peaufiné cette technique pendant les 50 dernières années. Il s’agit d’un mouvement autochtone, principalement de classe moyenne, des gens qui habitent de petites villes et des villages. C’est le pays réel, la  vraie France, et non pas des immigrants de fraîche date, qui a été poussée vers la précarité et déstabilisée, qui n’arrive pas à se faire entendre. Les très riches vivent trop bien : pas d’impôts, ou guère, et le gouvernement est aux petits soins pour eux, aux dépens de la jadis classe moyenne solide.

Une telle mobilisation des classes moyennes est quelque chose d’authentique, de vrai ; leurs porte-paroles ne vont pas se laisser manipuler, ils vont défendre leurs revendications. Après le premier succès du mouvement, les partis politiques ont commencé à manifester de l’intérêt. Marine Le Pen pourrait être un soutien naturel, pour ce mouvement de natifs, mais elle a récemment perdu les élections contre Macron, et sa mouvance se sent échaudée et vulnérable. Plus grave, elle s’est concentrée sur l’immigration, enjeu qui n’est pas le principal souci des GJ. Ceux-ci n’ont pas envie de s’attaquer aux Arabes et aux Africains : leur problème, c’est le gouvernement néolibéral, pour qui les migrations ne sont qu’un outil parmi d’autres. C’est la raison pour laquelle, malgré les hauts cris de BHL, le parti de Le Pen n’est pas en position de force parmi les manifestants.

Les Américains peuvent en prendre de la graine. L’immigration, c’est un bon sujet de propagande, mais ce n’est pas cela qui amènera de grands changements sociaux. Bien sûr, les GJ s’opposent à la migration de masse et veulent y mettre un terme, mais ils équilibrent cette revendication avec une autre : stop au pillage de l’Afrique. Effectivement, l’Afrique va de mal en pis parce qu’elle est toujours exploitée par les pays développés. La balance des paiements entre l’Afrique et la France penche du côté de la France, et la principale raison de la migration africaine vers la France est là. Les Africains suivent leur pognon, c’est tout.

Si les populistes US devaient adopter une revendication semblable, ils devraient équilibrer leurs envies de murs en appelant les firmes US à cesser de pomper leurs plus-values dans les veines de l’Amérique latine. Noam Chomsky l’a parfaitement expliqué : les Centre-américains ne se précipiteraient pas aux US si les US ne cherchaient pas à déstabilisaient  leurs pays, juste pour le profit. Honduras, Gatemala, El Salvador : autant de pays mis en coupe réglée par les US, et autant de gisements de réfugiés pour cogner à leur porte.

Ceci vaut pour l’Europe comme pour les MENA, les Etats du Moyen Orient et du Maghreb. Si les Européens n’avaient pas bombardé la Libye et miné la Syrie, si les US n’avaient pas envahi l’Irak, il n’y aurait pas de réfugiés, pas d’immigration, légale ou illégale. Les GJ viennent de nous donner une leçon sur la façon de traiter le problème de l’immigration. Le bénéfice des invasions va aux riches, tandis que ce sont les classes moyennes qui en font les frais.

Ron Unz a suggéré une autre retouche au programme de Trump. Trump fait de gros efforts pour arrêter le flux de migrants et de réfugiés illégaux de toute l’Amérique latine. Il devrait lire Ron Unz qui a démontré, chiffres à l’appui, que “le problème n’est pas celui des clandestins, mais celui de l’immigration légale, trop forte. (là-bas, il s’agit d’environ un million de personnes, ou plus, par an, et il faudrait tarir cette source). L’obsession de Trump pour les clandestins n’a pas de sens”. Il n’y a guère de différence entre sans papiers et avec, ils sont juste trop nombreux. Et il est très facile d’arrêter l’immigration légale, aucun besoin d’un mur.

La participation des immigrés aux samedis des GJ est minime. Leurs petites frappes ont profité de la révolte pour casser des vitrines et se servir, certes, mais ce ne sont pas eux qui ont attaqué la police. Et la police, de son côté, ne les a pas pourchassés, les pillards. Apparemment, le gouvernement avait commencé par encourager les voyous, et recommandé aux policiers de les laisser faire, ce qui permettrait aux médias officiels de condamner les GJ en tant que vandales. Cette presse est fermement hostile aux GJ, et j’ai eu du mal à trouver une vidéo qui soit neutre ou sympathisante avec les manifestants. Voyez la chose, avec des sous-titres en anglais, ici et vous constaterez que les contestataires sont des gens comme vous.

Je ne suis pas horrifié par quelques vitres brisées. « On ne saurait faire d’omelette sans casser des œufs », disait un royaliste français célèbre en 1796. C’était le général Charette, qui brisait des nuques, et pas seulement des œufs ou des vitrines, et quand il fut capturé, il fut exécuté, mais il avait raison. Sans quelque violence qui fasse impression, les choses ne peuvent pas avancer. Si vous vous contentez d’envahir un jardin public pour chanter de belles choses, ou si vous défilez en criant ceci ou cela, vous n’arriverez à rien. Le gouvernement adore les gens qui chantent et qui marchent pour le climat ou pour l’égalité des gays. On devrait reconnaître quand les gens font quelque chose de juste au fait que la police les attaque, et qu’ils se défendent avec courage.

Les bolcheviks s’étaient servis de l’Aurora pour poser leurs revendications. La salve en vue du palais royal prouvait leur capacité et leur disposition à faire usage de la violence ; ils avaient des soldats et des marins armés pour s’emparer des centres du pouvoir, y compris les banques, la poste et les bureaux du télégraphe, ainsi que les gares. A cette occasion, il y eut des éclats de verre et des gens détroussés ; c’est malheureux, mais autrement, point d’omelette en vue.

Pendant le Printemps français, en 2013, les Français avaient défilé par centaines de milliers dans les manifs les plus gigantesques et les plus pacifiques que paris ait jamais connues. Le gouvernement s’en battit l’œil. Une revendication doit se faire entendre avec violence et dans la durée, pour aboutir. C’est seulement au bout de quatre samedis assez virulents, que Macron a daigné répondre, et s’aplatir devant quelques exigences des GJ, une centaine d’euros pour les smicards, pas d’impôts sur les primes de fin d’année et les heures sup, pas de hausse des carburants. C’était un pas dans la bonne direction. 16 millions de Français de classe moyenne vont savourer les fruits de la bienveillance forcée de Macron ; cela va coûter 12 millions d’euros, un bon cadeau de Noël pour les gens qui triment dur, et cela suffit à prouver que la violence paie.

La droite nationaliste américaine est trop rivée à l’observance des lois pour réussir quoi que ce soit. Ils ont fait preuve d’une certaine violence non institutionnelle envers les noirs, mais même cela, c’est loin. Ils collectionnent des tas d’armes, mais ne s’en servent jamais contre des cibles de poids. Ils ont perdu leur volonté de bataille. Il est probable qu’ils ne défendraient même pas leur président Trump s’il devait se voir chassé du pouvoir. Ils faut qu’ils joignent à leurs forces quelques noirs dynamiques qui n’ont pas peur de désobéir à l’autorité, mais pour cela, il faut qu’ils comprennent que leur ennemi c’est l’establishment libéral, et non pas les noirs ou les immigrants. L’extrême droite française s’est concentrée sur les immigrants depuis trop longtemps, et elle a été incapable de s’imposer et de prendre la tête des mouvements protestataires.

Voilà pour l’extrême-droite. Que dire de la gauche? Mélenchon a beaucoup de militants parmi les GJ mais il est perçu plutôt comme en lien avec le parti qui s’est discrédité lorsqu’Hollande était au pouvoir. Tous les grands partis, qu’ils soient nommément de droite ou de gauche, que ce soit à Paris, à Berlin ou à Londres, ont agi de même et suivi le même agenda néolibéral. C’est pour cette raison que les gens ont voté Macron, qui promettait d’être différent ; puis il s’est avéré qu’il ne différait en rien. Il n’y a qu’un agenda, qu’un sens unique, celui de l’Etat néolibéral qui ruine les classes moyennes. Une nouvelle force est requise, à cor et à cri.

Alain Soral serait excellent dans le rôle, pour prendre la tête de la nouvelle force. Les lecteurs anglophones le connaissent, en France il est très populaire, quoique moins connu que les principaux rivaux.

Il a soutenu les GJ depuis le début. Son site a publié un mandala politique intéressant, qui explique sa position et celle des autres.

Il situe sa mouvance entre le socialisme et le nationalisme, entre la classe ouvrière et le traditionalisme, à l’opposé de Macron, qui est pour le capitalisme et le mondialisme, entre le profit et les LGBT, tandis que Le Pen préfère le nationalisme (comme Soral) et le capitalisme (comme Macron) et que Mélenchon roule, ce qui nous est plus familier, pour le socialisme et le mondialisme. Sur le mandala, Soral représente le vrai nord, position hautement symbolique.

Sur le cadre entourant le mandala, on peut distinguer des noms : les banquiers George Soros et Jacques Attali se tiennent derrière Macron ; Cohn-Bendit (voir supra), se tient derrière Mélenchon ; Finkielkraut et Zemmour sont placés derrière Marine Le Pen, et, je suis très fier de le faire remarquer, figurent les noms de trois contributeurs du site Unz.com, aux côtés d’Alain Soral : Norman Finkelstein, Gilad Atzmon et moi, Israël Shamir. Soral publie également mes livres, et je suis tout à fait positif à son endroit. Un homme qui n’a pas peur de se servir du sobriquet « national-socialiste », c’est un homme qui en a, eh oui, d’autant plus qu’il y a pas mal de jeunes maghrébins et d’hommes noirs dans son mouvement très masculin, d’abord ancré chez les souchiens blancs.

Les revendications des GJ sont déjà préférables à tout ce qu’avaient proposé les partis politiques de gauche comme de droite. Ils veulent que les riches paient aussi, pas seulement les classes moyennes. Ils veulent revenir en arrière sur les privatisations, particulièrement celle des chemins de fer, que les ouvriers et employés mis au rencart retrouvent leurs emplois, que des médecins soient recrutés pour les hôpitaux, et des instituteurs pour les écoles, pour mettre fin au démantèlement de l’Etat providence.  Quitter l’Union européenne, quitter l’OTAN, en finir avec les guerres à l’étranger. Arrêter l’immigration de masse et en même temps arrêter le pillage de l’ex Afrique française, parce que ce pillage-là, c’est ce qui pousse les Africains à se précipiter en masse vers la France. Laisser tomber la compétition qui entraînera plus de concessions aux grandes multinationales et à leurs propriétaires, et par conséquent, les taxer.

Bref, les insurgés demandent à revenir sur les réformes de ces dernières années, le retour aux administrations antérieures, alors que Sarkozy le droitier, Hollande le gauchiste ou Macron l’outsider cherchaient à qui mieux mieux à en faire toujours plus pour les multinationales et moins pour le peuple, ce qu’ils appellent « améliorer la compétitivité ». Ils veulent revenir à la France d’avant 1991. A l’époque, les riches avaient encore des vestiges de crainte du communisme, et gardaient prudemment quelque considération pour les travailleurs, les laissant vivre et s’épanouir. Les rebelles exigent aussi que les médias soient découplés des élites, qu’ils donnent la parole au peuple, qu’ils écoutent leurs doléances, et c’est là une revendication très importante.

A en juger par ces exigences, la France est à nouveau en train de guider le monde. Sur les barricades de Paris, la dystopie néolibérale visant à créer un Etat pour les super riches s’est effondrée. Même si le soulèvement devait être écrasé au final, ses demandes basiques serviront de modèle pour de nouveaux soulèvements et de nouvelles révolutions, jusqu’à la victoire. Et le peuple va gagner, c’est sûr et certain.

 

PS Si vous avez l’impression que je suis partisan et que d’autres nations ne sont pas moins épatantes, vous pouvez aller voir par-ci par-là[1] tout le bien que je dis des Anglais, des Allemands, des Grecs, des Polonais, des Japonais, des Palestiniens, des Ukrainiens comme des Russes, de Norvégiens et des Suédois, des Indiens et des Vietnamiens.

 

Alors Joyeux Noël et Bonne Année !

 

Joindre l’auteur : israelshamir@gmail.com

Traduction : Maria Poumier

source: http://www.unz.com/ishamir/gilets-jaunes-end-of-dystopia/

[1] Les articles de Shamir, qui écrit en anglais depuis 2001, sont regroupés, avec leurs traductions en une vingtaine de langues,  sur les sites http://israelshamir.net puis, depuis 2016, http://unz.com ; ils sont regroupés dans les volumes L’autre visage d’IsraëlNotre-Dame des DouleursPardesLa Bataille du discours (http://plumenclume.orgLa Bataille de Russie(Kontrekulture)

]]>
http://www.israelshamir.com/french/gilets-jaunes-la-fin-de-la-dystopie/feed/ 0
Ron Unz va au fond des choses http://www.israelshamir.com/french/ron-unz-va-au-fond-des-choses/ http://www.israelshamir.com/french/ron-unz-va-au-fond-des-choses/#respond Sat, 08 Dec 2018 21:22:19 +0000 http://www.israelshamir.com/?post_type=french&p=3523 Il y a des découvertes indigestes, trop choquantes. J’ai déjà écrit dans ce sens à propos de Ron Unz, ce dissident californien, génie de l’informatique et animateur d’un site qui a osé partager avec ses lecteurs le fruit de ses recherches sur les idées et les motivations des révisionnistes, ou négateurs d’Holocauste, ou encore négationnistes, comme les appellent leurs ennemis. Mais c’est un sujet totalement verboten qui s’efface à la lumière d’une autre découverte capitale qui fait moins de bruit, paradoxalement, peut-être en raison de sa magnitude assourdissante. C’est trop gros. Les pages sombres de l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale, ou les relations interraciales dans les années 1930, ou les vrais commanditaires du 11 septembre, tout cela est passionnant, mais pas de quoi couper le sifflet à la presse.

La découverte d’Unz, elle, a de quoi réduire la presse en cendres, tout simplement. Il prouve avec des données irréfutables que les juifs vous discriminent à un point inimaginable. Tandis que vous faites la queue pour entrer par la grande porte dans le domaine réservé des élites, eux s’introduisent librement par la porte de derrière. Un petit blanc américain non juif a dix fois moins de chances d’y arriver qu’un juif. Il y en a dix fois plus, des petits jeunes doués parmi les blancs américains non juifs que parmi les gosses juifs, mais il y a plus d’étudiants juifs dans l’Ivy League que de blancs non juifs. Le système est faussé, et ce n’est pas en votre faveur. Jadis vous pouviez vous frayer votre propre chemin vers la réussite, à la manière d’Henry Ford, c’était ça, le rêve américain. C’est bien fini. Maintenant, le seul chemin pour accéder aux meilleurs postes parmi les élites américaines, passe par une poignée de collèges d’excellence, l’Ivy League. Impossible de contourner l’entonnoir. « Une proportion chaque fois plus élevée de nos cadres financiers, médiatiques, politiques et en affaires viennent d’une poignée d’universités » (toutes mes citations sont tirées de l’essai de Ron Unz). Si vous n’avez pas l’imprimatur de Harvard ou de Yale, votre futur est bien sombre. Les bonnes situations pour les classes moyennes, dans l’industrie, pour ceux qui n’ont pas de diplômes universitaire, sont rares, et les ouvriers sont payés moins qu’il y a quarante ans. Quand le 1% des plus riches en Amérique possède autant que les 95% de la base, c’est que le gagnant rafle tout, et ce gagnant est probablement un juif.

Les élites ont leurs obligations aussi, bien sûr. Les universités d’élite sont censées faire le tri des garçons et filles les plus aptes à mener l’Amérique à la gloire et à la grandeur. Mais vous savez d’expérience que cela ne va pas arriver ; ils vont se mener eux à la prospérité, et vous à la pauvreté et à la perdition. Les nouvelles élites vous ont lâchés, ont mené votre pays à la déconfiture, condamnent le monde (à l’exception de l’Etat juif) à l’échec. Ce désastre est une bonne raison de se demander maintenant comment les élites produisent leurs nouvelles générations.

La grande découverte, c’est que les WASP, la légendaire descendance des Pères fondateurs, ont perdu leurs privilèges, et même leurs chances de réussite. Unz prouve qu’un garçon américain chrétien d’origine anglaise ou allemande a dix fois moins de chances d’entrer dans les universités « crème de la crème » qu’un garçon juif quelconque. Et cela par le simple tissage tout bonnement népotique d’un réseau au niveau du traitement des dossiers de candidature. Il y a un fonctionnement clanique, et il y a des raisons justifiées d’en accuser les juifs. « Un taux de 1000% par rapport aux blancs non juifs avec les mêmes performances aux examens. » Oh My God ! Comme l’accès aux universités de l’Ivy League est le seul moyen sûr d’accéder à l’élite, aux meilleures situations, à des postes importants, cet enrôlement biaisé garantit aux juifs une confortable sérénité pour plus d’une génération.

Dans les années 1920, les juifs accusaient les WASP de les discriminer à l’entrée des universités. Ils ne dépassaient pas 15% des admissions. Maintenant qu’ils sont tout en haut de la pyramide, on a un aperçu de ce qu’est une vraie discrimination. Mais il y a une grosse différence : jadis les juifs protestaient avec véhémence, et aujourd’hui les chrétiens n’osent même pas rouspéter.

Tandis que les chrétiens blancs se tenaient cois, ce sont les asiatiques qui ont donné de la voix, et qui ont fait des procès aux collèges. Ceux-ci ont été forcés d’expliquer leurs méthodes de recrutement. Les magistrats et autres élites juives ont finalement permis le traitement de ces plaintes, après les avoir rejetées pendant des années, pour une bonne raison ; ils voulaient masquer cette discrimination flagrante des blancs non juifs par les juifs grâce à un tiers, fonctionnant comme SEP. C’est dans le roman de Douglas Adam La vie, l’univers et le reste, de 1982 (suite de son Guide intergalactique) que le protagoniste explique : un SEP c’est quelque chose qu’on ne voit pas, ou qu’on ne peut pas voir, ou que notre cerveau ne nous permet pas de voir, parce que nous pensons que c’est le problème de quelqu’un d’autre. SEP, ça veut dire : le Problème de Quelqu’un d’Autre (Someone Else’s Problem).  Notre cerveau évacue la chose, c’est un point aveugle. Le SEP, c’est le meilleur moyen pour cacher un éléphant rose au milieu du salon : vous passez devant, derrière, autour, ou par-dessus, sans jamais le remarquer.

Le problème de la discrimination contre les Asiatiques-américains constitue un excellent SEP. Certes, comme le dit Unz, ceux-ci sont discriminés aux universités de l’Ivy League (quoique moins que les Américains ordinaires). Mais même s’ils le sont, qui s’en soucie ? Ils ne sont pas nombreux, et se débrouillent fort bien de toutes façons. Donc, pour Unz, le vrai sujet, c’est qu’on vous discrimine vous, et c’est ce qu’on arrive à vous empêcher de voir. L’essai de Unz est long, pas moins de 26 000 mots, trop long pour un lecteur moyen, aussi je liste les points les plus saillants comme suit:

– les juifs ont organisé un réseau clanique qui leur permet d’intégrer les meilleures universités bien au-delà de leur proportion dans la population, mais aussi de leur part de talents individuels.

– ils se sont battus contre la discrimination envers les noirs au détriment des blancs chrétiens américains. Si des minorités jadis discriminées, qu’elles soient afro américaines ou n’importe quoi d’autre, peuvent profiter des mesures de discrimination positive, tant mieux, parce ça n’affecte en rien la position des juifs, mais seulement celle des ex-privilégiés WASP, à qui on peut serrer la vis à partir de là.

– si autrefois les juifs ont été pris dans les meilleurs collèges pour leurs capacités supérieures à celles des gentils, maintenant c’est le contraire, ils sont moins bons, c’est un fait criant, mais ils y arrivent quand même simplement parce qu’ils sont juifs.

 

Les chiffres distillés par Ron Unz à partir d’une grosse paperasse poussiéreuse sont terrifiants. Voyez le diagramme qu’il a pu établir, ou plongez-vous dans l’océan des données qu’il fournit, pour vous en persuader : il s’agit bel et bien de discrimination.

Unz cite un écrivain juif mort de rire car “le groupe démographique WASP, qui avait jadis dominé si parfaitement l’élite des universités américaines et virtuellement toutes les plus grandes institutions est devenu depuis les années 2000 une petite minorité, un reliquat, à Harvard, plus insignifiante que  celle des juifs qu’ils avaient au départ cherché à réduire. » Pour un nationaliste juif, il y a de quoi s’en réjouir. Pour un WASP, c’est une bonne raison de regretter la décision étourdie de ses parents qui avaient essayé d’être justes avec les juifs, et se sont retrouvés roulés par ceux-ci.[1]

Mais pour un Américain ordinaire, la réponse est à chercher au niveau macroscopique. Est-ce que les nouvelles élites juivifiées dirigent l’Amérique mieux que les WASP en leur temps ? Sont-elles de meilleurs bergers pour le troupeau ? Est-ce que l’Amérique de 2018 (avec les juifs s’emparant de plus de 25% des sièges dans l’express vers un avenir meilleur, et en laissant 20% ou moins aux WASP) est préférable pour les Américains que l’Amérique de 1962 où il y avait 15% de juifs et 80% de WASP à Yale et à Harvard ? Si vous faites partie du 1% des Américains, vous répondez oui ; mais si vous êtes dans le lot des 99%, c’est non.

Unz est très méticuleux, très prudent dans son approche. Il pose une question presque insultante : et si les juifs étaient tellement doués (après tout, c’est la famille d’Einstein et de Freud) que leur proportion dans l’Ivy League était le résultat d’une sélection au mérite ? Et il nous sert une réponse quasi insultante : eh bien c’est non. Il y a des universités qui ne retiennent que le mérite, mais les juifs n’y brillent nullement. C’est le cas par exemple, du Caltech, l’Institut de Technologie Californien. La présence juive y est  très réduite ; Hillel, l’organe des étudiants juifs, dit que c’est zéro. En fait, cela tourne autour de 6%, comme dans d’autres compétitions au mérite.

Zéro, ça ne serait pas possible. En 2003, deux militants de la solidarité avec la Palestine, Adam Sapiro et Huwaida Arraf, avaient été conspués par des juifs pro-israéliens qui avaient fait de leur mieux pour chasser les orateurs. Mais ils ne sont pas nombreux. Il y a quelques juifs gagnants aux Jeux olympiques ; autrefois c’était par douzaines, maintenant on en trouve à peine. Tous ensemble, les gosses juifs arrivent à constituer 6% de la liste des étudiants les plus performants, la NMS. C’est un bon résultat, correspondant au taux d’admission de juifs dans les collèges méritocratiques, mais c’est quatre fois moins que ce qu’on pourrait attendre de leur taux d’admission à Yale. Le QI juif, comme l’a découvert Unz, est du même niveau que celui de leurs pairs gentils, et loin des 110-115 que proclament les journaux juifs. Les juifs ne sont plus aussi talentueux, à en juger par leurs scores.

Unz explique ce « soudain effondrement de la réussite universitaire juive » par l’inertie. Les jeunes ne font plus d’efforts, à la différence de la génération de leurs parents. Ils pensent qu’ils vont triompher grâce à leurs contacts entre anciens élèves ou à ceux de leurs parents. C’est vrai que si vous regardez le visage du gendre de Trump, Mr Hared Kushner, vous comprenez que Dame Nature s’est offert une petite sieste, dans sa tranche d’âge. La génération de ses parents, c’étaient des prédateurs, et les plus grands bandits (son père avait passé deux ans en taule pour évasion fiscale, pour avoir réussi à détourner deux milliards de dollars) mais la génération de Jared n’aurait pas pu entrer en fac ou obtenir des diplômes sans assistance, et son intervention en politique a semé une pagaille noire dans la politique américaine au Moyen Orient, déjà passablement sujette aux perturbations.

C’est comme ça que la nature règle les problèmes. Thomas Mann avait sous-titré son roman de 1901 Les Buddenbrooks « Le Déclin d’une famille » ; il dépeint trois générations d’une famille du nord de l’Allemagne ; la première amasse une fortune, la deuxième parvient à la garder, la troisième la gaspille en “Bohemian” délices. Les enfants des gens brillants ne sont pas souvent aussi brillants, et ont bien moins d’ambition. C’est la raison pour laquelle je ne m’en fais pas trop pour les succès des juifs qui nous ont précédés ; la jeune génération saura parfaitement les dilapider !

Le problème c’est qu’il y a différents moyens de se distinguer. L’un c’est d’être brillant, l’autre c’est de plonger les autres dans l’ombre pour éblouir par contraste. En  Israël, les juifs ont promu des quantités de lois et de régulations visant à circonscrire étroitement les possibilités pour les Palestiniens d’entrer en compétition avec eux. Aux US, le soutien juif aux migrations depuis des pays sous-développés, et la discrimination contre les étudiants blancs américains, produisent un effet similaire ; il fait baisser le niveau moyen de la population non juive, ce qui permet aux juifs d’exceller, par comparaison.

L’exploration d’Unz pourrait être très bénéfique pour la société américaine. Son diagnostic de la maladie va permettre d’y remédier. Dans son article suivant sur le sujet, il a découvert qu’après la publication de son article, le nombre d’admissions de juifs dans les meilleurs collèges avait été nettement revu à la baisse. On est passé de 25% ( de juifs à Harvard) à 12% ! Mais ne vous réjouissez pas trop tôt. Les juifs ont riposté par un subterfuge au lieu d’entreprendre de corriger leurs actions. Dans leurs statistiques, maintenant, ils ne tiennent compte que des juifs qui se déclarent croyants dans la foi juive. Et cela va en diminuant. Si l’on fait le compte des étudiants qui se classent dans la catégorie « descendants de survivants de l’Holocauste » et qui parlent de l’Israël comme de « ma vraie patrie », on retrouve les 25%.

Voilà donc comment les juifs US ont appris à perpétuer leur domination, en verrouillant jalousement la porte des meilleures universités. Peut-on corriger cette situation ?

Les juifs avaient brisé le plafond de verre des admissions à Harvard à coup de protestations massives et de pression médiatique. Les gentils ne semblent pas devoir recourir à la même stratégie parce qu’ils sont devenus encore plus obéissants et placides, comme s’ils avaient été élevés pour ce rôle. Les Américains ne sont pas sujets aux révoltes par nature ; c’est ce qui a permis aux US de devenir si prospères et c’est la raison pour laquelle le lot réservé à l’ouvrier  américain c’est d’aller de mal en pis. Oui, Charybde et Scylla sont là pour réserver le passage aux nantis : les gens trop portés à la révolte s’appauvrissent parce que le trésor fond, en cas de révolution ; de l’autre côté, les gens trop dociles deviennent pauvres parce que leurs dirigeants les oppriment de bon cœur, sûrs de ne pas avoir à craindre de riposte rude. Les élites avisées naviguent dans ces détroits avec précaution, comme les Suédois l’ont fait jusqu’en 1990.

Les élites obstinées, il faut les soigner par la révolution, un remède de cheval, comme en Angleterre ou en France, ou par la terreur étatique, comme en Russie ou en Chine. Maintenant vous voilà sous la férule d’élites juives. Historiquement, ce genre de situation n’est pas encourageant. Les juifs ne sont pas bons, dans la position du chien dominant dans la meute. Ils sont trop têtus, doctrinaires, et méprisants pour les classes inférieures pour lesquelles ils n’éprouvent aucune affinité.

Une personne seule, d’origine juive, peut faire un excellent dirigeant (Bruno Kreisky, le chancelier autrichien, en est un bon exemple). Certains politiciens juifs sont tout-à-fait loyaux ; ainsi Kaganovitch, si dénigré, était resté loyal à Staline alors que tous les autres le lâchaient pour Kroutchev. Mais quand les juifs constituent une part proéminente des élites, comme c’est arrivé dans différents Etats à différentes époques, le résultat n’est pas fameux. Nous avons l’exemple d’Israël, où les autochtones n’ont ni droits élémentaires ni citoyenneté, sont privés d’accès à la propriété, et en outre bouclés dans le ghetto de Gaza.

La révélation de Ron Unz nous fait voir la manie principale des juifs : en règle générale, ils sont immoraux (ou, si vous préférez, ils ont une morale juive différente, comme beaucoup de rabbins le revendiquent). Ce qui leur donne un avantage dans certaines négociations, mais parfois mène au désastre. A l’époque du tsar, les juifs vociféraient et se plaignaient de deux choses : d’abord le Numerus Clausus (un quota d’étudiants juifs) et deux, la Zone de résidence, la partie du pays où les juifs pouvaient résider librement. C’était la génération de mes grands-parents, et cela avait l’air tellement sincère, quand ils dénonçaient ces tristes réalités. Aujourd’hui les juifs victorieux ont instauré la Zone de résidence pour les gentils en Palestine, tandis qu’aux US, ils ont fixé le quota au plus bas pour les anciens propriétaires de la terre, et rares sont les juifs qui s’en plaignent, comme je l’avais développé en 2001.

Quand c’est bon pour les juifs, c’est mauvais pour les gentils, dit le Talmud. « Si vous entendez dire que Césarée (symbole des gouvernements gentils) et Jérusalem (symbole du commandement juif) sont toutes deux en ruine, ou que tous deux sont florissantes et en paix, n’en croyez rien. Prenez au sérieux seulement les rapports selon lesquels Césarée est en ruines et que Jérusalem prospère, ou encore que Jérusalem est en ruines et que Césarée est florissante” (Talmud, Traité Megillah 6a). L’histoire le confirme, jusqu’à un certain point. Les juifs peuvent être à leur aise sous une autorité non juive, même si ce n’est jamais assez, à leur avis, mais sous l’empire de la loi juive, non seulement les gentils, mais même les juifs de classe moyenne ou inférieure se retrouvent étranglés, comme vous pouvez le constater dans l’Etat d’Israël, et d’ailleurs aussi aux US si lourdement juivifiés. Comme le feu, comme les femmes, les juifs sont une bonne chose quand ils sont sous contrôle, et dangereux autant que destructeurs quand ce sont eux qui tiennent les rênes.

N’empêche que le libre arbitre existe ; chacun peut choisir sa propre voie. Personne, né dans une famille juive, n’est obligé de rester collé aux juifs. Les meilleurs des juifs, depuis les apôtres du Christ jusqu’à Joseph Brodsky le grand poète et Ron Unz, ont toujours su en réchapper pour rejoindre le peuple.

 

 

Pour joinder l’auteur: adam@israelshamir.net

Original :  The Unz Review.

Traduction: Maria Poumier

 

 

[1] En anglais contemporain: « Jew’d ».

]]>
http://www.israelshamir.com/french/ron-unz-va-au-fond-des-choses/feed/ 0
Le spectre du Phanar http://www.israelshamir.com/french/le-spectre-du-phanar/ http://www.israelshamir.com/french/le-spectre-du-phanar/#respond Mon, 26 Nov 2018 21:18:36 +0000 http://www.israelshamir.com/?post_type=french&p=3521 Le monde russe se retrouve pris dans un drame. Son Eglise orthodoxe dirigeante affronte un schisme dans le cadre d’une recherche d’indépendance religieuse. Si le régime de Kiev atteint son but, le fossé entre la Russie proprement dite et sa partie occidentale rétive, l’Ukraine, va s’élargir. L’Eglise russe va souffrir une lourde perte, comparable à l’émergence de l’église anglicane pour les catholiques. Il y a pourtant là une occasion pour les Russes d’y gagner énormément, d’y gagner plus qu’ils n’y perdront. De fait l’Ukraine a sa propre église, et il s’agit de l’Eglise autonome orthodoxe ukrainienne qui a sa propre administration, au sein de l’orthodoxie russe. C’est une autonomie fort large ; elle peut être considérée comme une indépendance, dans la pratique, sauf en ce qui concerne la reconnaissance nominale de la suprématie moscovite. L’Eglise ukrainienne ne paie pas de tribut à Moscou, elle élit ses propres évêques, et n’a aucune raison pour exiger plus de marge de manouvre encore. Du moins, pas de raison tangible. Certes, en Ukraine, on a affaire à une tendance séparatiste forte, qui a des ressorts romantiques et nationalistes, comparables à celle des Ecossais ou au séparatisme languedocien. On peut en suivre la trace depuis le XVIII° siècle, lorsque le gouverneur nommé par la Russie Hetman Mazeppa  se dressa contre Pierre le Grand et conclut une alliance avec le roi guerrier suédois Charles XII. Cent ans après la révolte, Alexandre Pouchkine, le plus important des poètes russes, composa son poème romantique « Poltava » (à partir du « Mazeppa » de Byron), et il attribue, dans ce texte magnifique, ces paroles à Mazeppa : « Nous avons trop longtemps baissé la tête, sans respect pour la liberté, sous le joug patronal de la Pologne, sous le joug despotique de Moscou. Mais maintenant l’heure est venue pour l’Ukraine de grandir pour devenir une puissance indépendante. »

Ce drame romantique d’une Ukraine indépendante est devenu réel après la révolution de 1917, sous l’occupation allemande à l’issue de la Première Guerre mondiale. En un an ou deux, alors que l’Allemagne vaincue battait en retraite, l’Ukraine indépendante se retrouva soviétique et rejoignit l’Union soviétique dans l’Union des Républiques soviétiques égales. Et même incluse dans l’Union, l’Ukraine restait indépendante, elle avait son siège comme telle à l’ONU. Lorsque le président Eltsine déclara l’Union dissoute, elle le redevint pleinement. En 1991, et le divorce d’avec la Russie délabrée (après des siècles d’intégration), l’Ukraine prit avec elle une importante portion des ressources physiques et humaines de l’ex-Union. Ce pays spacieux, avec ses travailleurs durs à la tâche, sa lourde terre noire, et la fleur de l’industrie soviétique, produisant des avions, des missiles, des tracteurs et des trains, avec la plus grosse et la meilleure armée à l’intérieur du Pacte de Varsovie, avec ses universités, son bon réseau routier, sa proximité avec l’Europe, ses infrastructures chères reliant l’Est à l’Ouest, l’Ukraine, donc, avait bien plus de chances de s’en sortir que la Russie putrescente. Mais les choses tournèrent autrement, pour des raisons sur lesquelles nous reviendrons à une autre occasion. Etat failli parmi tous, l’Ukraine se retrouva rapidement désertée par ses habitants les plus précieux, qui filèrent vers la Pologne ou la Russie ; ses industries furent démantelées, et vendues au prix de la ferraille. La seule compensation que l’Etat offre à partir de là, c’est un nationalisme fervent, et encore plus de déclarations d’indépendance. Mais la quête d’une pleine indépendance a connu encore moins de succès que les mesures économiques ou militaires. Le régime de Kiev a eu beau jeu de couper les ponts avec Moscou, c’était pour se mettre à la botte de l’Occident.  Ses finances sont supervisées par le FMI, son armée par l’OTAN, sa politique étrangère par le Département ‘Etat US. Une véritable indépendance relevait du mirage, hors d’atteinte pour l’Ukraine. Une rupture complète de l’Eglise ukrainienne avec l’autorité moscovite est alors apparue au président Petro Poroshenko comme un substitut tout indiqué de l’indépendance effective, surtout à l’horizon des élections proches. Il s’est tourné vers le patriarche de Constantinople, sa Sainteté œcuménique Bartholomé, en lui demandant de promettre à son église une pleine indépendance, ce qu’on appelle en langage ecclésiastique l’autocéphalie.

Fort bien, mais que pouvait-il appeler « son église » ?  La vaste majorité des chrétiens orthodoxes d’Ukraine et leurs évêques se satisfait de leur statut au sein de l’église russe. Ils ont leur propre chef, Sa Béatitude métropolitaine Onophrius, qui ne se plaint pas non plus de sa position. Ils n’éprouvent aucun besoin d’autocéphalie. Seulement voilà, l’Ukraine a aussi deux phénomènes épineux à gérer, deux petites églises dissidentes, l’une gérée par l’ambitieux évêque Filaret, et l’autre par Macarius ; toutes deux sont hautement nationalistes et anti-russes, toutes deux soutiennent le régime et réclament leur autonomie, toutes deux sont considérées comme illégitimes par le reste du monde orthodoxe.  Ces deux petites églises sont les embryons potentiels de la future église ukrainienne du président Poroshenko.

Revenons maintenant à Bartholomé. De par son titre, il est patriarche de Constantinople, mais on chercherait en vain cette ville sur la carte. Constantinople, la capitale chrétienne de l’Empire romain d’Orient, la plus grosse cité de son temps, le siège des empereurs romains, fut prise par les Turcs ottomans en 1452, et devint l’islamique Istanbul, capitale de l’empire ottoman et du dernier califat musulman ; depuis 1920, c’est une métropole appartenant à la Turquie. Le patriarcat de Constantinople est le spectre fossile d’un passé grandiose ; il garde quelques églises, un monastère et une poignée de moines ambitieux basés au Phanar, le vieux quartier grec d’Istanbul.

Le gouvernement turc considère Bartholomé comme un évêque des Grecs du lieu, et lui dénie son titre datant du VI° siècle de  patriarche œcuménique. Il n’y a guère que trois mille Grecs dans la ville, ce qui allège d’autant l’empreinte de Bartholomé localement. Son patriarcat est un spectre parmi des spectres, comme les Chevaliers de Malte ou l’Ordre de Malte, les rois de Grèce, de Bulgarie et de Serbie, les empereurs du Brésil et du  saint empire romain… Spectre n’est pas un gros mot, d’ailleurs. C’est un terme qu’adorent les romantiques, amoureux des vieux rituels et des uniformes avec des aiguillettes dorées. Ces gentilshommes fort honorables ne représentent personne, n’ont aucune autorité, mais ils peuvent vous fournir des certificats très impressionnants de magnificence, et le font effectivement.

L’Eglise orthodoxe diffère de sa sœur catholique romaine en ce qu’elle n’a pas de personnage central comparable au pape de Rome. Les orthodoxes ont une assemblée de représentants des églises nationales, appelés patriarches ou popes. Le patriarche de Constantinople est l’un de ces quatorze dirigeants, même si c’est le plus semblable à un pape de Rome pour l’Eglise occidentale. De fait, le patriarche “œcuménique” jouit d’un respect particulier indu, en vertu de la tradition. Maintenant, le spectre du Phanar cherche à rendre sa position beaucoup plus puissante, et prétend que le patriarche œcuménique a droit à un rang supérieur dans l’orthodoxie, en tant que « seule église qui puisse établir des églises autocéphales et autonomes ». Tout cela, l’église russe le rejette, et c’est de loin l’église la plus importante au monde. Comme l’église ukrainienne fait partie intégrante de l’église russe, elle pourrait réclamer sa pleine indépendance (autocéphalie) à Moscou, mais elle ne le souhaite nullement. Mais les deux petites églises dérangeantes se sont tournées vers le Phanar, et le dirigeant du Phanar était plus qu’heureux de rentrer dans le jeu. Il a envoyé deux de ses évêques à Kiev, et il a entrepris d’instaurer une église ukrainienne unifiée. Cette église ne serait pas indépendante ou autocéphale ; ce serait une église sous contrôle direct du Phanar, une église stavropegial,  juste autonome. Pour les nationalistes ukrainiens, ce serait un triste rappel du passé: ils n’ont le choix qu’entre rejoindre Moscou ou Istanbul, aujourd’hui comme au temps de leurs aïeux, il y a quatre cents ans. L’indépendance complète n’est pas à l’ordre du jour.

Pour le Phanar, ce n’est pas la première incursion en territoire russe : Bartholomé s’est aussi servi des sentiments anti-russes de Tallin et a pris une partie des églises estoniennes, et de leurs paroissiens, sous sa férule. Cependant, à l’époque les Russes avaient bien pris la chose, et ce pour deux raisons. L’Estonie, c’est petit, il n’y a pas trop d’églises ni de congrégations ; et d’ailleurs, le Phanar avait conquis certaines positions en Estonie entre les deux guerres, à l’époque où la Russie soviétique ne se souciait guère de l’Eglise. L’Ukraine, c’est autre chose : c’est immense, c’est le cœur de l’Eglise russe, et Constantinople n’y revendique rien de solide.

Les Russes disent que le président Poroshenko a acheté Bartholomé. C’est une absurdité primaire, même si le patriarche ne rechigne pas à accepter les cadeaux. Bartholomé avait une raison tout-à-fait valable pour accepter l’offre de Poroshenko. S’il réalisait son plan et fondait une église d’Ukraine sous son commandement, qu’on l’appelle autonome ou stavropegial, ou même autocéphale, il cesserait d’appartenir au monde spectral, et deviendrait le chef bien réel d’une église avec des millions de fidèles. L’Ukraine est seconde seulement par rapport à la Russie dans le monde orthodoxe, et son arrivée dans le giron de Constantinople permettrait à Bartholomé de devenir le plus puissant dirigeant de l’orthodoxie.

Les Russes ne doivent s’en prendre qu’à eux-mêmes pour une bonne part de ces tracas. Ils ont été trop pressés d’accepter le spectre du Phanar comme une réalité dans leur obsession de la reconnaissance et de l’approbation de l’étranger. Ils auraient pu l’oublier trois cents ans plus tôt au lieu de rechercher une confirmation de sa part, aujourd’hui comme hier. Il est dangereux de se soumettre aux faibles ; c’est peut-être plus risqué que de se soumettre aux forts.

Cela me rappelle un roman bien oublié de H. G. Wells, La Nourriture des dieuxou Place aux géants. C’est l’histoire d’un aliment qui permet aux enfants de grandir jusqu’à quarante pieds. La société maltraite les jeunes titans. Dans un épisode particulièrement puissant, une horrible vieille sorcière gronde les immenses enfants, qui sont trois fois plus grands qu’elle, et ils acceptent timidement ses ordres niais. Mais à la fin, les géants réussissent à s’imposer, envoient promener le joug et déploient leur stature.  Wells évoque « ces jeunes géants colossaux et magnifiques, scintillant de tous leurs feux, au milieu des préparatifs pour le lendemain. Cette vision le réconfortait. Ils étaient devenus si facilement des puissants ! Ils étaient si élancés et gracieux ! Si rapides dans leurs mouvements ! » La Russie est un jeune géant qui tente d’observer des règles établies par des pygmées. L’organisation internationale PACE (Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe) où la Russie se fait rudement maltraiter et n’est même pas autorisée à se défendre elle-même en est une bonne illustration. Les tribunaux internationaux où la Russie a très peu de chances de se faire entendre en est une autre. Le président Trump a retiré les US d’un certain nombre d’organisations internationales, alors que les US jouissent d’un poids énorme dans les affaires internationales, et que tous les Etats s’aplatissent devant les positions US.  La voix de la Russie ne parvient même pas à se faire entendre  et c’est seulement maintenant que les Russes commencent à soupeser les avantages d’un Ruxit.

Les règles ecclésiastiques sont tout aussi biaisées, du fait qu’elles placent le plus grand des Etats orthodoxes avec des millions de fidèles chrétiens sur un pied d’égalité avec les spectres orientaux. A l’époque de l’empire ottoman, le patriarche de Constantinople avait un poids bien réel : le sultan défendait sa position, ses décisions avaient des implications juridiques pour les sujets orthodoxes de l’empire. Il causa bien des ennuis à l’Eglise russe, mais les Russes étaient obligés de respecter ses décrets, par ce que c’était un agent de l’empire. Après la révolution d’Ataturk, le patriarche perdit son statut, mais l’église russe, le jeune géant, continua à le révérer et à le soutenir. Après 1991, quand la Russie revint à son église négligée auparavant, l’église russe redoubla de générosité envers le Phanar et se tourna vers lui comme guide, parce que l’Eglise moscovite se retrouvait en pleine confusion et sans préparation pour faire face à sa nouvelle position. Dans le doute, elle revint à la tradition. On peut comparer cela avec les « cités déliquescentes » des romans de Dickens, des villes qui envoyaient traditionnellement leurs représentants au Parlement malgré le fait qu’elles n’avaient plus guère d’habitants.

Dans cette recherche de la tradition, l’église russe s’était unie avec l’église russe à l’étranger, la structure des émigrés avec son histoire en dents de scie qui incluait le soutien à Hitler. Sa principale contribution fut un anticommunisme féroce, et le rejet de la période soviétique du passé russe. Malgré tout, cela pouvait se justifier par le désir des Russes de célébrer les blancs face aux rouges, et de faire revenir les émigrés au sein du peuple russe. Mais honorer le spectre du Phanar comme la direction honoraire du monde orthodoxe n’avait pas la moindre justification.

Le Phanar devait tenir compte de l’appui du Département d’Etat. La diplomatie US a eu la main heureuse dans sa gestion des spectres : depuis des années Washington soutenait des gouvernements fantoches en exil dans les Etats baltes, et ce soutien leur avait été rendu au centuple en 1991. Maintenant, le soutien des US au Phanar leur rapporte aussi, dans cette nouvelle attaque contre la Russie.

Le patriarche du Phanar avait peut-être sous-estimé l’éventuelle riposte russe face à son ingérence en Ukraine. Il était habitué à être bien traité par les Russes ; il se souvenait que les Russes avaient mollement accepté sa mainmise sur l’église estonienne. Se voyant encouragé par les US, et porté par ses propres ambitions, il prit la décision historique d’annuler l’accord de Constantinople datant du XVII° siècle concernant le transfert du siège métropolitain de Kiev à Moscou, il envoya ses propres évêques, et s’empara de l’Ukraine à titre personnel.

L’Eglise de Moscou décréta brusquement le bannissement de Bartholomé, et interdit à ses prêtres de participer aux services liturgiques avec des prêtres du Phanar, et aussi avec les prêtres qui accepteraient les prêtres du Phanar. Mettre fin à la communion avec les prêtres du Phanar n’est pas douloureux du tout, mais l’étape suivante, consistant à interdire  toute communion avec les églises qui refuseraient d’excommunier les prêtres du Phanar, voilà qui est tout-à-fait radical. Il y a d’autres  églises orthodoxes qui n’apprécient pas les menées du Phanar. Ils ont bien compris que les nouvelles lois dictées par le Phanar peuvent également les menacer. Ils n’ont aucune envie d’introniser un pape au-dessus d’eux. Mais je doute qu’ils soient prêts à excommunier les prêtres du Phanar pour autant. L’église russe pourrait adopter une approche moins radicale et plus profitable.

L’unité du monde orthodoxe se base sur deux principes séparés. L’un est l’Eucharistie. Toutes les églises orthodoxes sont unies dans la communion. Leurs prêtres peuvent célébrer ensemble et recevoir la communion dans toute église reconnue. Deuxièmement, le principe du territoire canonique. Aucune église ne devrait nommer d’évêques sur le territoire d’une autre église. Le Phanar a transgressé le principe territorial. En réponse, il est interdit aux Russes, par leur propre église, de recevoir la communion si des prêtres excommuniés participent à la célébration. Mais les prêtres de l’Eglise de Jérusalem ne chassent personne, ni Russes ni Phanariotes. Dans les faits, les contre-sanctions russes font surtout du tort et de la peine aux Russes eux-mêmes. Il y a peu de pèlerins orthodoxes pour visiter la Russie, tandis qu’il y a beaucoup de pèlerins russes qui visitent la Terre sainte, le Mont Athos et d’autres sites importants en Grèce, en Turquie et en Palestine, Jérusalem et Bethléem par-dessus tout. Désormais ces pèlerins ne pourront plus recevoir la sainte communion au Saint Sépulcre ni dans la cathédrale de la Nativité, tandis que les prêtres russes ne vont plus pouvoir célébrer la messe dans ces églises.

Les prêtres russes vont probablement souffrir et se soumettre, mais les pèlerins laïcs vont probablement s’asseoir sur l’interdit et aller recevoir l’Eucharistie dans l’église de Jérusalem. Il serait préférable que l’église russe puisse gérer la tricherie de Phanar sur une base de réciprocité. Phanar n’excommunie pas les Russes, et les Russes peuvent revenir à une entière communion avec les Phanariotes.

Le Phanar a rompu avec le principe territorial, et les Russes pourraient décider d’ignorer le principe territorial à son tour. Depuis le XX° siècle, le territoire canonique est devenu un principe de la loi canonique de plus en plus souvent bafoué, dit OrthodoxWiki.

A une telle transgression majeure, les Russes pourraient riposter en renonçant complètement au  principe territorial et envoyer leurs évêques à Jérusalem et à Constantinople, à Rome et à Washington, et en même temps maintenir tous les orthodoxes en totale communion.

L’église russe sera capable de répandre la foi orthodoxe dans le monde entier, parmi les Français en France, parmi les Italiens en Italie, parmi les Juifs israéliens et les Arabes palestiniens. L’église russe n’admet pas les femmes à la prêtrise, ne permet pas les unions gay, ne considère pas les juifs comme des frères aînés, ne tolèrent pas l’homosexualité chez les prêtres, mais permet à ses prêtres de se marier. Elle a toutes ses chances pour entrer en compétition avec d’autres églises, pour le troupeau des fidèles comme pour le clergé.

Si elle le veut, l’église de Moscou sera libérée de ses attaches volontairement acceptées. En ce qui concerne la communion, l’église russe peut valider la communion avec le Phanar et avec Jérusalem, ainsi qu’avec d’autres églises orthodoxes, et même avec des églises dissidentes, sur la base de la réciprocité. Et surtout, l’Eglise russe pourrait autoriser la communion avec les catholiques. Pour l’instant, les catholiques autorisent les Russes à recevoir la communion, mais l’Eglise russe ne permet pas à ses troupes de recevoir la communion catholique, et ne permet pas aux catholiques de recevoir la communion dans les églises russes. Malgré toutes les différences entre églises diverses, nous les chrétiens pouvons partager la communion par le  sang et la chair de notre Sauveur, et c’est tout ce dont nous avons besoin.

Tout cela est extrêmement pertinent pour la Terre sainte. Le patriarche de Jérusalem, Sa Béatitude Theophilos, ne veut pas se quereller avec Constantinople ni avec Moscou. Il ne va pas excommunier les prêtres du Phanar, malgré les demandes réitérées des Russes, et je pense qu’il a raison. L’interdiction de communier au Saint Sépulcre de Jérusalem ou à l’église de la Nativité à Bethléem deviendrait une punition lourde et inopérante infligée aux pèlerins russes. C’est pourquoi il est sensé de maintenir la communion unitaire et de liquider le principe territorial.

L’Eglise russe peut nommer ses évêques à Jérusalem, à Bethléem ou à Nazareth afin d’attirer les fidèles actuellement négligés par le patriarcat traditionnel de Jérusalem, je veux dire les chrétiens palestiniens et les chrétiens israéliens, qui sont des centaines de milliers.

L’Eglise de Jérusalem est gouvernée par les Grecs ethniques depuis que la ville avait été conquise par les Ottomans au XVI° siècle. Les Turcs avaient chassé le clergé arabe local orthodoxe, et confirmé leurs Grecs loyaux. Les siècles passant, les Turcs sont repartis, les Grecs ne sont loyaux qu’entre eux et ne s’intéressent pas beaucoup aux locaux. Ils ne permettent pas aux moines chrétiens palestiniens de rejoindre les monastères, ils les empêchent d’avoir accès à la chaire épiscopale, et ne leur font pas de place dans le Synode, le conseil ecclésiastique. Cette discrimination flagrante irrite les chrétiens palestiniens, beaucoup d’entre eux se sont tournés vers les églises catholiques, voire protestantes. Le peuple des fidèles est en colère et prêt à se soulever contre les Grecs, comme l’avaient fait les orthodoxes syriens en 1898, lorsqu’ils avaient chassé les évêques et élu un patriarche arabe d’Antioche, avec le soutien russe…… Jusqu’alors, le patriarche d’Antioche avait été élu à Istanbul par les moines du Phanar seulement parmi les « Grecs de race », comme ils disaient à l’époque, et comme c’est l’usage du siège de Jérusalem maintenant. A Noël, l’année dernière, le patriarche de Jérusalem avait  été empêché de pénétrer dans l’église de la Nativité à Bethléem par des chrétiens locaux furieux, et seule l’armée israélienne avait pu leur frayer un passage.

Si l’église russe devait établir ses évêques en Terre sainte, ou même choisir son propre Patriarche de Roum (le nom traditionnel de l’église) bien des églises de Terre sainte leur ouvriraient leurs portes, et bien des fidèles trouveraient le chemin de l’église à laquelle ils se sentent reliés. Car la direction grecque de l’église de Jérusalem ne s’intéresse qu’aux églises de pèlerinage ; ils ne s’occupent que des pèlerins qui viennent de Grèce et des Grecs en Terre sainte.

Il y a beaucoup de Russes orthodoxes en Israël ; les Grecs de l’église ne pourvoient pas à leurs besoins. Depuis 1948, pas une seule église neuve n’a été édifiée par les orthodoxes en Israël. De grandes villes peuplées de nombreux chrétiens, telles Beersheba, Afula, Eilat la touristique, n’ont pas d’églises du tout. Certes c’est en partie la faute des autorités israéliennes et de leur haine du christianisme. Il n’en reste pas moins que l’Eglise de Jérusalem ne met pas beaucoup d’énergie à ériger de nouvelles églises.

Il y a un million d’immigrants en provenance de Russie, en Israël. Certains sont chrétiens à l’origine, certains veulent entrer dans l’église, parce que brutalement rejetés par le judaïsme hostile. Ils arrivent avec une image quelque peu romantique de la foi juive, parce qu’ils ont grandi dans l’URSS athée, mais la réalité ne ressemble en rien à leurs rêves. Il ne s’agit pas seulement d’eux; les Israéliens de toute origine se désolent du judaïsme qui règne maintenant en Israël. Ils sont prêts pour rencontrer le Christ. Une nouvelle église de Terre sainte instaurée par les Russes peut amener au Christ les Israéliens, juifs et non-juifs, palestiniens natifs tout comme immigrants.

Aussi le rejet du territorialisme par le Phanar peut être utilisé pour la plus grande gloire de l’Eglise. Oui, l’église russe changerait de caractère et assumerait une dimension locale œcuménique. C’est un gros défi ; je ne sais pas si les Russes sont prêts pour cela, si le patriarche Kirill de Moscou a l’audace requise. Son église est plutôt timide ; les évêques n’expriment pas leurs points de vue en public. Cependant, un prêtre de Moscou, frère Vsevolod Chaplin, qui était très proche du patriarche jusqu’à une date récente, a appelé publiquement à un reformatage complet de la chrétienté orthodoxe, à se débarrasser des parties pourries et des spectres, à instaurer des liens solides entre laïcs et patriarcat. Sans la grande poussée du patriarche étourdi Bartholomé, ces idées seraient restées en gestation pendant des années ; et voilà qu’elles peuvent faire un pas de géant, et changer la face de la foi.

Joindre l’auteur: adam@israelshamir.net

Traduction: Maria Poumier

Source: The Unz Review.

]]>
http://www.israelshamir.com/french/le-spectre-du-phanar/feed/ 0
Avertissement aux juifs http://www.israelshamir.com/french/avertissement-aux-juifs/ http://www.israelshamir.com/french/avertissement-aux-juifs/#respond Sat, 03 Nov 2018 20:16:45 +0000 http://www.israelshamir.com/?post_type=french&p=3518 J’hésitais à écrire sur la question, tant que les morts de Pittsburgh n’étaient pas encore enterrés. Je sais, c’est une considération inappropriée, pour les mandarins du militantisme. Les juifs US ont accusé le président Trump, et les juifs israéliens ont accusé les Palestiniens mécaniquement, avant même que les victimes soient déclarées bien mortes. Cependant, on ne peut rien dire de sensé tant que les morts ne reposent pas sous terre. C’est maintenant que l’on peut débattre des responsabilités des uns et des autres.

L’homme qui a tué onze juifs à Pittsburgh l’a fait pour faire entendre son opposition à l’immigration. S’il avait été autorisé à dire cela sur sa page Facebook, au lieu de se retrouver avec un compte bloqué, ces personnes âgées seraient encore en vie. Si le New York Times permettait que s’expriment et soient discutés les sentiments anti-immigration  sur le papier au lieu de les priver de toute légitimité, ces vieux messieurs seraient encore en vie. C’est l’obstacle à toute expression d’opinions qui ne soient pas ultra libérales qui avait créé la pression refoulée qui a jeté un homme déjà dérangé dans la folie furieuse.

Quand il n’y a pas un journal, pas une chaîne de  télé, pas une page Facebook qui disent ce que vous avez besoin d’entendre dire, tôt ou tard ce sont les flingues qui vont parler. Et ce qui est sûr, c’est que les gens qui ont organisé ce mutisme massif et cette campagne de censure sont des gens assez fins pour s’attendre précisément à ce genre de sortie. De leur part, la surprise n’est certes pas de mise.

Les US n’avaient jamais connu de tirs contre des groupes de juifs jusqu’à maintenant, mais les US n’avaient jamais connu non plus de campagne pour museler effectivement au moins la moitié de la population y compris le Président, et pour les empêcher de partager leur point de vue marginalisé. Selon la physique élémentaire, sans soupape de sécurité, une pression contenue déclenche une explosion. Si les problèmes ne donnent pas lieu à discussions, et si les sentiments ne peuvent se ventiler, il y a des gens qui vont mourir.

 

 

 

Le président Trump, une âme simple, a dit que les juifs devaient assurer leur propre protection et installer des gardes armés. Mais les juifs ont largement assez de gardes armés. Il y a une institution créée par Israël qui entraîne et qui arme les juifs pour l’organisation juive en Pennsylvanie. Les juifs US ont toute chose à profusion, et énormément de pouvoir, mais ils manquent de sens de leur responsabilité. Le pouvoir irresponsable amène l’hybris, puis l’hybris attire la Némésis, qui s’incarne en un flingue au bout d’un bras.

 

Au lieu de se reconnaître responsables de leurs actes, les juifs préfèrent nier toute responsabilité. Lors d’une manifestation pour s’opposer au président Trump à son arrivée à Pittsburgh, ils ont tout bonnement renié leurs agissements en faveur de l’immigration. Le titreur, disent-ils, « croyait à ces mensonges antisémites selon lesquels les juifs finançaient la caravane partie du Honduras ». En même temps, avant que les victimes soient enterrées, les organisations juives, telles HIAS, juraient qu’elles allaient continuer à fourguer des immigrants au pays qui n’en veut pas, même si c’était contraire à la loi. Ils ont défié les lois en abritant des clandestins et en protégeant les passeurs. Cette disposition à briser ou à faire plier la loi est dangereuse pour un groupe d’élite puissant mais relativement réduit. Ils feraient mieux de s’accrocher à la loi de toutes leurs forces, au lieu de fournir un exemple d’illégalité accrue.

Certes il y a des considérations éthiques qui devraient être au-dessus de la loi, mais pas de façon aussi désinvolte, pas si aisément. Antigone a brisé la loi et a enterré son frère, mais elle ne s’est pas étonnée de devoir mourir pour cette transgression. Mais ces gens-là  foulent la loi aux pieds, et s’attendent à ce qu’on les couvre de louanges pour cela.

 

Pourquoi les juifs américains soutiennent-ils l’immigration, tandis que les juifs israéliens n’autorisent pas les gentils à immigrer dans l’Etat juif? Deux poids deux mesures, direz-vous. Ils vous font à vous ce qu’ils ne veulent pas qu’on leur fasse à eux. Ce n’est pas tout-à-fait ça. Les juifs se considèrent comme la seule communauté extraterritoriale, alors que les autres nations sont territoriales. Dans leur prière bien aimée du Nouvel an (Rochachana), les juifs prient le Tout-Puissant qui « ne nous a pas faits semblables aux nations des territoires, aux familles de la Terre » (עלינולשבחשלאעשנו כגוייהארצות ולאשמנוכמשפחותהאדמה).

Du point de vue juif, la différence entre les nations territoriales [non juives] est de peu d’importance en comparaison avec la distinction existentielle entre les juifs et les nations qui s’identifient avec une terre. C’est pour cette raison que les juifs ne sont pas « racistes », dans la mesure où ils ne pensent pas qu’une race soit préférable à une autre. A l’exception des juifs, bien sûr, qui relèvent d’une histoire totalement différente. Comme tous les gentils se valent pour les juifs, préférer une variété de gentils (autrement dit être raciste) c’est niais et cela n’a pas de sens, selon le point de vue juif.

Que les Iroquois se considèrent comme complètement différents des Hurons ou des Pied-noir, pour les Européens, ce sont tous des Peaux-rouges. De la même façon, pour les juifs, les non-juifs sont tous les mêmes. Ce splendide non-racisme juif qui se situe au-dessus des races a un fondement théologique, mais cela a aussi des conséquences économiques bien spécifiques. L’économie juive, c’est un tour de magie miraculeux qui transforme le sang et la sueur de n’importe qui en or, et la magie opère à tous les coups, autant avec les blancs qu’avec les noirs ou les latinos. L’élément des juifs c’est l’argent, et l’argent des noirs est de la même couleur que l’argent des blancs. Noirs ou blancs paieront le même loyer pour l’appartement que leur loueront les juifs. Les Mexicains et les Allemands payent la même commission à la banque juive. Les juifs sont extraterritoriaux, en contre-distinction par rapport au reste de l’humanité, les nations à territoire. Israël, c’est une courageuse  expérience (britannique ?) pour « faire rentrer les juifs dans le rang » (selon les mots de Holford Mackinder), et effectivement les juifs s’identifiant à leur territoire en Israël se comportent exactement comme toute autre nation sédentarisée : ils comprennent les différences entre les tribus, et s’opposent à l’immigration. Les juifs US continuent à agir en juifs extraterritoriaux : ils approuvent l’immigration parce que cela élargit le vivier des clients potentiels. Pourquoi pas ; c’est un point de vue légitime, et les juifs s’y rallient toujours. Ce qui ne va pas, c’est qu’ils ont tendance à priver de légitimité le point de vue des nations à ancrage territorial.

S’il y a bien une leçon que les juifs devraient retenir de la tuerie de Pittsburgh c’est celle-ci : « Apprenez à être responsables de ce que vous faites. » Les juifs ont pris le contrôle d’une ressource publique inestimable, les médias de masse aux US, et ils s’en servent à leur avantage avec une étourderie infantile. C’est irresponsable. Ils devraient permettre à d’autres points de vue d’émerger et d’être débattus publiquement sans se voir marginalisés et privés de toute légitimité.

Chaque fois que les gens se plaignent du comportement juif, les juifs répondent avec l’accusation d’antisémitisme, cette haine mystérieuse et supposée éternelle des gentils à l’égard des juifs. C’est trop facile. La deuxième leçon, c’est « soyez plus critiques envers vous-mêmes ». Si votre gosse rentre à la maison et se plaint d’avoir été molesté, vous devriez lui demander dans quelle mesure sa façon de se comporter y a contribué. C’est mal de brutaliser quelqu’un, mais la part revenant à la victime devrait être prise en considération et discutée.

Malheureusement le paradigme moderne n’encourage pas cela. Il y a un véritable tabou là-dessus, qu’il s’agisse d’inconduite sexuelle ou de débat sur l’immigration. Nous devons venir en aide aux victimes en ce sens, tout en condamnant sans réserve toute action délictueuse.

Si vous voulez éliminer les sentiments négatifs envers les juifs, vous devriez écouter les reproches. Si les gens se plaignent des propriétaires terriens juifs ou des banquiers juifs, il est très facile aux juifs de répondre en disant « c’est une vieille calomnie antisémite », et il y a aussi une riposte plus difficile ; ne soyez pas propriétaire, ne soyez pas banquier, mangez le pain que vous aurez gagné à la sueur de votre front, conduisez-vous envers vos voisins non-juifs de la même façon dont vous souhaitez qu’ils se conduisent envers vous. Prenez position pour la régulation des banques et de la propriété terrienne. Ne vous permettez pas de saigner les gens, car ils vont en accuser les juifs.

Ne vous servez pas de votre judéité comme d’une épée pour creuser. Si vous voulez aider les réfugiés, encourager la liberté de commerce ou le mariage gay, ne dites pas ; « je fais cela selon mes principes juifs », car c’est stupide. Si vous voulez que le président Trump soit démis ou non réélu, ne le dites pas « en tant que juif » mais en tant qu’Américain. Gardez votre judéité pour le shabbat. Les victimes de Pittsburgh n’avaient rien à voir avec l’immigration. Il n’y aucune justification pour le meurtre. Mais la tête malade du meurtrier a admis comme une vérité positive les clameurs des militants pour l’immigration sui disent eux-mêmes agir en tant que juifs et pour la cause juive. Ils devraient être plus prudents et plus responsables à la fois avant de prétendre agir au nom de toute la communauté des juifs américains.

Soyez honnêtes et évitez les sournoiseries. Si vous soutenez la discrimination positive en faveur des noirs et des latinos, exigez que les juifs aussi soient comptabilisés comme groupe à part. Actuellement, la discrimination positive s’exerce exclusivement aux dépens des non-juifs blancs, tandis que les étudiants juifs ont leurs places préservées dans l’ivy League, comme l’a bien démontré Ron Unz.

Si vous soutenez l’immigration de travailleurs, demandez la reconnaissance de leurs diplômes. Si vous êtes médecin, demandez l’acceptation immédiate et l’entrée illimitée des médecins étrangers. Si vous êtes avocat, même chose. Ce n’est pas loyal, d’inviter les immigrants, de les bénir, et de les empêcher d’entrer en concurrence avec vous. Si vous ne le faites pas, montrez votre compréhension pour les gens qui ont souffert de l’immigration et de la discrimination positive, au lieu de les traiter de « racistes ». Cela, la loi juive l’encourage en disant ענייעירךקודמים, « les pauvres de votre ville doivent être protégés avant les pauvres des villes voisines ». Généralement, les juifs pensent que cela vaut seulement pour les juifs pauvres, mais vous pouvez l’interpréter en un sens plus général.

Certains juifs en deuil à Pittsburg se sont drapés dans le drapeau israélien, c’était déplacé. Les juifs de la Colline des écureuils n’ont pas été abattus à cause d’Israël, même si les ministres israéliens ont été ravis de saisir l’occasion pour faire leur numéro, et ont appelé à l’alyah et à la haine éternelle des Arabes et des musulmans (sauf s’ils s’appellent Mohammed ben Salman, habitent à Ryad et veulent en découdre avec les Iraniens). Les juifs israéliens ont leurs propres comptes à solder ; leur traitement de Gaza leur coûtera cher. Les juifs US agiront sagement en prenant leurs distances avec cette dette colossale et  toujours croissante.

Et qu’ils réfléchissent à leur propre dette, causée par une conduite irresponsable. Cette dette, ils peuvent s’en acquitter en écoutant les récriminations de leurs concitoyens.

 

Israel Shamir est joignable sur adam@israelshamir.net

Source: The Unz Review.

Traduction: Maria Poumier

]]>
http://www.israelshamir.com/french/avertissement-aux-juifs/feed/ 0
Espions russes et vrais pions http://www.israelshamir.com/french/espions-russes-et-vrais-pions/ http://www.israelshamir.com/french/espions-russes-et-vrais-pions/#respond Thu, 25 Oct 2018 20:09:45 +0000 http://www.israelshamir.com/?post_type=french&p=3516 Le renseignement russe a pris des coups, ces temps-ci. Difficile d’évaluer les impacts dans le monde trouble des espions et des pions adverses, mais en tout cas, les agents occidentaux viennent de remporter un  énorme succès dans la bataille souterraine.

Les signes externes, visibles, sont stupéfiants. Un groupe de diplomates russes a été arrêté et déporté, après une tentative pour découvrir ce qui se tramait à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). On nous a dit que c’était des membres d’une escadre du GRU prise la main dans le sac lors d’une connexion au wifi. Pas de quoi fouetter un chat, mais les Russes ont démenti. De toute façon, cette accusation ne leur fait pas grand tort.

Dans un autre contexte, deux porte-parole du renseignement occidental,  les sites Bellingcat et The Insider, séparément mais en intercation, déclaraient qu’ils avaient découvert la véritable identité des deux Russes accusés par les britanniques d’avoir trempé dans l’étrange affaire de l’empoisonnement supposé des Skripal père et fille.[1]

Rien d’important en soi, dans tout cela. C’est normal que les Russes fassent des efforts pour découvrir ce qui se trame contre eux à l’OIAC, dont ils sont membres. Les officiels russes se plaignent que les Occidentaux les écartent de leurs délibérations et ne partagent pas leurs données, ce qui invalide l’existence même de l’OIAC. Cela touche aux attaques chimiques éventuelles en Syrie, et à l’affaire Skripal ; dans les deux cas, les meilleures parades russes contre des accusations sans fondement sont venues de sources obtenues clandestinement.

Si l’OIAC fonctionnait comme le prévoit sa charte, les Russes auraient dû recevoir une notification officielle selon laquelle le labo suisse avait pu établir que les échantillons fournis par les Britanniques comme trouvés à Salisbury ne pouvaient avoir été produits en Russie. Mais les Suisses ont triché, et les Russes ont été obligés de dérober l’objet même qu’ils étaient en droit d’examiner. L’OIAC n’a pas révélé spontanément que les échantillons de Syrie n’avaient pas été obtenus par les agents de l’OIAC en Syrie, mais a fait passer l’info à travers l’invérifiable chaîne du réseau des Casques blancs[2] L’OIAC s’est bien gardée de révéler que les armes chimiques saisies à Douma avaient été élaborées en Angleterre, à Salisbury précisément. Si lesagents du renseignement russe n’avaient pas essayé de mettre leur nez dans les labos de l’OIAC ils auraient été accusés à juste titre par leurs supérieurs de jeter leur budget par la fenêtre et de ne pas mériter leurs salaires.

De même pour la découverte de l’identité des agents de Salisbury. Rien ne permettait de relier les deux hommes avec Mr. Skripal, ou à son empoisonnement. Pas la moindre séquence des interminables vidéos de CCTV qui les montre se rapprochant de la maison de Skripal. Même selon la version britannique, ils ne pouvaient en rien nuire à Mr Skripal, dans la mesure où celui-ci avait quitté son domicile avant qu’ils arrivent dans le voisinage, et où il n’est jamais revenu.

De toutes façons personne n’a pu approcher les Skripal depuis leur supposé empoisonnement ; c’est un coup de fil de Miss Skripal à sa tante en Russie qui a pratiquement fait s’effondrer l’histoire officielle britannique. Si elle n’avait pas eu le courage de lui téléphoner en échappant à la surveillance du renseignement britannique, elle serait probablement morte et enterrée aujourd’hui. Si nous voulons savoir qui aurait bien pu empoisonner les Skripal, il suffirait de poser aux Anglais une seule question, pour laquelle ils ont la réponse : qui a pris leur photo au restaurant juste quelques minutes avant qu’ils ne s’écroulent subitement ? Avec qui étaient-ils en train de dîner ? Pourquoi avaient-ils éteint leurs portables pour ce rendez-vous ? Cela pourrait-il avoir un rapport avec les ordres du gouvernement britannique (interdisant de publier certains éléments) au sujet d’un certain Pablo Miller, l’agent traitant du MI-6 gérant jadis Sergueï Skripal, et résidant à Salisbury ?

Le gouvernement britannique se refuse à évoquer le rôle de Skripal dans la production du dossier Douche dorée sur Trump, en provenance de l’ex-espion Christopher Steele, des bureaux de Orbis Intelligence, alors même que cela pourrait éclaircir certains points mystérieux de l’histoire. Cela justifierait l’intérêt des Renseignements russe et américain pour la ville de Salisbury.

Quoi qu’il en soit, la présence des espions russes à Salisbury peut s’expliquer par la proximité de Porton Down, laboratoire chimique secret et usine britannique pour fabriquer des armes chimiques utilisées par les Casques blancs en Syrie dans leur opération sous faux-drapeau à Douma et en d’autres lieux. Il se pourrait qu’un résident de Salisbury  (Skripal ?) ait fourni des échantillons produits à Porton Down aux agents de renseignement russe. Cela collerait beaucoup mieux que l’histoire douteuse des Russes s’efforçant d’empoisonner un vieil espion à la retraite ayant purgé sa peine dans une prison russe. De même, l’histoire hollandaise des hacqueurs russes en lien avec la commission hollandaise qui enquête sur le drame du vol MH17 de la Malaysian Airlines semble réaliste. La commission avait refusé aux Russes l’accès à leurs découvertes ; cette malhonnêteté obligerait n’importe quel service de renseignement au monde à essayer de savoir ce qu’ils avaient trouvé. Cela n’aurait pas servi à grand-chose. La commission hollandaise avait bien découvert le numéro du missile qui avait détruit le jet ; les Russes ont fouillé dans leurs documents et prouvé que ce missile bien spécifique avait été fourni à l’Ukraine  (du temps où c’était une République soviétique) et qu’il était resté là-bas. Une révélation qui nous permet enfin de savoir ce qui s’est passé : l’avion a été détruit par les Ukrainiens, probablement par erreur, de la même façon qu’ils avaient fait exploser un autre avion russe en octobre 2001. Cependant, les médias occidentaux ont ignoré cette révélation avec un bel ensemble. Ils avaient décidé d’en tenir la Russie pour responsable, et ils se sont accrochés à cette version jusqu’au bout. Même si le renseignement russe trouvait et livrait au tribunal de La Haye les soldats ukrainiens qui avaient actionné le lance-missile, les Hollandais, en tant que membres loyaux de l’OTAN, auraient continué à regarder ailleurs.

C’est ce qui s’était produit dans le cas des attaques chimiques en Syrie : les Russes et les Syriens avaient retrouvé les authentiques enfants qui avaient malgré eux participé à la mise en scène et au tournage de l’attaque par les Casques blancs, et les avaient envoyés à l’OIAC. Mais cela n’avait servi à rien. Ces gens-là ne courent pas après la vérité, ils se bornent à rabâcher la narration qu’on leur a transmise.  Malgré cela, un service de renseignement russe digne de ce nom aurait dû aller encore plus loin de façon à aider le gouvernement à se débarrasser de ces accusations injustes pour la Russie. Leurs révélations sur l’activité russe n’étaient pas particulièrement dangereuses ou vicieuses. Mais tandis que la question était en débat, était survenue la révélation de quelque chose de très douloureux et déconcertant.

Les services de renseignement occidentaux sont parvenus à avoir connaissance de tout ce qui se passe en Russie. Ils ont obtenu les bases de données sur la vie quotidienne russe depuis les infractions routières jusqu’aux scans des passeports, des adresses privées aux appels de taxi, des chats aux courriels, ce qui leur permet de suivre les faits et gestes de chacun en Russie, avec une incroyable précision. Bien des bases de données ont été volées et revendues par des escrocs au petit pied ; les services occidentaux ont fait un effort concentré pour acheter tout ce qui est disponible sur le marché noir ; certaines bases ont été volées et vendues en crypto-monnaie, dans l’internet profond.

Les données les plus intéressantes avaient été vendues par les escrocs et ou les traîtres, tandis que le Centre du FSB dirigé par le colonel Sergueï Mikhailov, actuellement poursuivi pour haute trahison, ne faisait rien pour boucher la source de la fuite.

Il s’avère qu’en vérifiant un passeport russe, les services occidentaux peuvent trouver les détenteurs d’un passeport qui a une histoire avec des trous ou des fausses pistes, les individus insuffisamment « légendés » selon le lexique de leurs échanges, ceux qui semblent relever de services secrets. Les gens ont une histoire, tandis que les agents ont des légendes ; si ces légendes sont bancales, on peut les tracer. Cela ne concerne que les agents au bas de l’échelle, les opérateurs qui ne sont pas le dessus du panier, qui peuvent avoir l’habitude de voyager en Occident avec ce genre de couverture. Les agents de haut rang ont une légende complète, c’est-à-dire une histoire personnelle complète (probablement fictive) et ils utilisent probablement des passeports étrangers.

En suivant les messagers, les services occidentaux ont pu découvrir les gens qui avaient envoyé ou reçu des messages les félicitant à l’occasion de la fête traditionnelle des agents du KGB. C’est tout à fait courant même sur Facebook, même si ce sont plutôt des agents à la retraite, ou des gens qui avaient eu un lien éphémère avec les services. On peut se renseigner sur cette débâcle grâce à Pavel Vrublevsky, éminent opérateur d’internet et homme d’affaires (qui a créé Chronopay, le système russe de paiements en ligne) qui a été décrit comme le « cyberdélinquant n°1 mondial » par un expert américain, Brian Krebs, auteur de Spam Nation. Vrublevsly a été accusé par le colonel Mikhailov d’attentat contre la sécurité sur internet, et condamné à deux ans de prison, mais il a été relâché lorsque son archi ennemi Mikhailov s’est vu mis en accusation pour haute trahison. Vrublesky a rejeté les accusations de Krebs. A son avis, celui-ci travaille pour un service secret occidental, et il a prêté main forte au traître Mikhailov. Je ne saurais dire si c’est vrai ou non ; en attendant, Vrublevski est libre, tandis que Mikhailov est en taule. Pavel Vrublevski m’a donné cette explication des récents évènements qui secouent les services russes, spécifiquement pour le site Unz.com.

La Russie est unique, pour le relâchement de sa sécurité sur internet, tout comme pour ses règles de confidentialité et pratiques diverses. Depuis des années, toutes les bases de données de la Russie ont été volées et revendues, tandis que le ISC du Error! Hyperlink reference not valid. ne faisait rien, ou pas grand-chose, pour combattre le pillage. Vrublevsky pense que le FSB a en fait été égaré par les services occidentaux, et qu’il a concentré ses efforts sur la guerre aux virus, vers et chevaux de Troie, alors que c’était un gaspillage d’énergie et de temps en pure perte. Les bases de données dérobées ont permis à l’Occident de dresser un tableau presque complet des espions russes du premier échelon. Vrublevsky pense que le renseignement britannique a su convaincre le GRU (nous devrions probablement dire que le G”R”U ne s’appelle plus que GU, du nom du bureau restreint qui est à sa tête, mais cela n’a guère d’importance) que Skripal voulait rentrer chez lui en Russie. On leur a fait entendre que Mr Skripal tentait d’offrir en échange de son retour certains tuyaux de valeur, comprenant les données de Porton Down et les secrets du dossier Douche dorée. Il est possible que Skripal ait été dupé à son tour ; peut-être qu’effectivement il voulait rentrer en Russie, son pays lui manquant cruellement.

Deux agents du GRU, censés experts en extractions (ils sont réputés avoir exfiltré le président ukrainien Yanoukovitch d’Ukraine après le coup d’Etat, et l’avoir fait échapper à un lynchage par la foule) furent donc envoyés à Salisbury pour tâter le terrain et préparer les conditions pour le retour de Skripal.

Comme nous l’avons appris par les vidéos et captures d’écran mises en ligne par les Britanniques, les deux hommes avaient été suivis pas à pas, du début jusqu’à la fin. Pendant ce temps, le renseignement britannique mettait en scène « l’empoisonnement » de Skripal et de sa fille, et les deux agents rentraient sans attendre au bercail.

Personne, dans les cercles proches du renseignement russe, ne pense que Skripal ait pu être empoisonné réellement par les Russes. D’abord, parce qu’il n’y avait aucune raison pour ce faire, puis parce que si les Russes l’avaient fait, il ne s’en serait pas remis ; c’est ce qui était arrivé au collabo ukrainien Stepan Bandera.

Or, en jouant cette carte, le service secret britannique a convaincu le Foreign Office d’expulser tous les diplomates qui avaient des contacts et des liens avec les agents exposés du GRU. Et l’expulsion massive de 150 diplomates a causé des dommages graves aux services secrets russes.

Reste que les Russes n’avaient pas idée de la façon dont l’Occident avait découvert l’identité de tant de diplomates liés au GRU. Ils soupçonnaient qu’une taupe, ayant retourné sa veste, avait livré le dossier à l’ennemi.

C’est la raison pour laquelle Poutine avait choisi de les mettre au défi. Comme il savait que les deux hommes identifiés par le service britannique n’avaent aucun lien avec l’empoisonnement supposé, il leur a demandé de se prêter à une interview sur RT, avec Mme Simonyan. En se montrant comme des idiots du village, ils auraient dû obliger l’ennemi à révéler ses sources. Mais le résultat fut inattendu : au lieu de révéler le nom d’un bavard, le site Belling Cat [“le grelot du chat”] utilisé par les services secrets occidentaux pour des fuites intentionnelles, expliqua comment ces hommes avaient été pistés grâce aux bases de données volées. Le plan de Poutine lui explosait à la figure.

Le service secret russe d’est pas mort. Les services de renseignement subissent bel et bien des attaques ennemies de temps à autre : les Cinq de Cambridgeavaient infiltré les plus hautes sphères du MI-5 et avaient fait passer des secrets d’Etat à Moscou pendant longtemps, mais cela n’a pas empêché le MI-5 d’y survivre. Les romans de John le Carré se basaient sur de semblables échecs du renseignement. Cependant, les Russes ont un moyen pour se refaire. L’identité de leurs agents au sommet reste secrète, ils restent inaccessibles au regard de l’ennemi.

Mais pour fonctionner correctement, les Russes vont devoir nettoyer leurs écuries, retirer leurs bases de données de la place publique, et veiller raisonnablement à la sécurité de leurs concitoyens. Des agents relâchés et qui ne sont pas à jour ne comprennent apparemment pas à quel degré l’internet est sous surveillance. Si l’on tient compte que ceci aurait dû être fait il y a vingt ans, et qu’une nouvelle génération de Russes est entrée en action, parfaitement préparée pour revendre tout ce qu’elle peut pour du liquide, c’est une tâche redoutable.

Il y a une autre raison de se faire du souci. Une opération aussi massive contre les agents russes et leurs contacts pourrait être le signal d’une guerre imminente. Dans des circonstances normales, les Etats ne révèlent pas l’étendue de leur repérage des agents  ennemis. Cela tracasse le président Poutine, et il a dit, cette semaine : « après l’holocauste nucléaire, nous les Russes irons au paradis en martyrs, les attaquants mourront comme des pécheurs ». Face à des menaces multiples et récentes, cette fin du monde est tout-à-fait possible.

Source: http://www.unz.com/ishamir/cloak-and-dagger/

Traduction : Maria Poumier

Ccontact: israelshamir@gmail.com

[1] Affaire Skripal : le deuxième suspect avait été décoré par Poutine

https://www.rtl.fr/…/affaire-skripal-le-deuxieme-suspect-avait-ete-decore-par-poutine-…

9 oct. 2018 – Le site d’investigation “Bellingcat” cite notamment une photographie montrant le président russe serrer la main du deuxième suspect, qui serait …

[2]

https://www.les-crises.fr/la-defense-russe-affirme-que-les-casques-blancs-ont-tourne-u…

]]>
http://www.israelshamir.com/french/espions-russes-et-vrais-pions/feed/ 0
La domestication d’Israël par les Russes http://www.israelshamir.com/french/la-domestication-disrael-par-les-russes/ http://www.israelshamir.com/french/la-domestication-disrael-par-les-russes/#respond Fri, 28 Sep 2018 19:31:46 +0000 http://www.israelshamir.com/?post_type=french&p=3495 La décision russe inattendue de fournir à la Syrie des systèmes de missiles sol-air S-300, et d’intégrer la défense aérienne syrienne au sein du commandement russe, tout cela nous appelle à mettre à jour, de toute urgence, nos points de vue. Apparemment, la Russie est capable d’apprendre et de répondre, d’une manière que nous n’avions pas anticipée. Car au lendemain de la frappe de l’Iliouchine-20, la réaction russe avait été faible. Les Russes avaient admis la version israélienne selon laquelle l’avion avait été touché par un missile S-200 syrien. Ils ont donné aux militaires israéliens une occasion d’offrir leur version des faits et de la défendre, tandis que Poutine parlait d’un « enchaînement tragique d’événements », et semblait disculper son partenaire israélien.

J’avoue que je m’attendais à ce que les Russes acceptent les explications israéliennes, et que l’affaire en reste là. C’était le point de vue des écrivains et blogueurs pro-Kremlin, et ils sont souvent bien au fait des sentiments des autorités russes. Ce ne sont pas des gens qui reçoivent leurs instructions directement du Kremlin, mais ils n’ont pas non plus une vision cohérente des intérêts russes, encore moins d’opinions personnelles ; habituellement, ils tentent de deviner ce que le Kremlin s’apprête à faire, et ils bâtissent une ligne argumentaire pour renchérir en ce sens. A les écouter, on peut se faire une idée de ce qui se prépare. Ils ont adopté une ligne plutôt pro-israélienne. Toute personne appelant à une riposte plus énergique, après la provocation israélienne, a été qualifiée « d’énergumène antisémite ». Ce n’est pas un marqueur aussi mortel qu’en Occident, mais ce n’en est pas pour autant un compliment. Certains écrivains pro-Kremlin ont condamné les Syriens, tout comme l’opposition libérale à Poutine. Julia Latynina, la chouchoute russe des libéraux occidentaux, la nemesis de Poutine, qui a reçu le prix de la défense de la liberté, et qui cumule des centaines de références dans le Guardian et le New York Times, a qualifié les Syriens de singes (les libéraux russes anti-Poutine sont racistes au-delà de toute limite imaginable, mais ils adorent les juifs).

Un écrivain en anglais, pro-Kremlin, a dit que c’était les Iraniens qu’il fallait condamner ; car ils pouvaient très bien être ceux qui avaient appuyé sur le bouton et détruit l’Il-20, avion de reconnaissance et de renseignement. Et que les Syriens étaient coupables à mort. Il ne s’est pas privé d’attaquer férocement les experts qui parlaient de la responsabilité israélienne et les a traités d’antisémites. Les  chefs de rédaction des médias russes semi officiels pensaient apparemment que  Poutine voulait passer aussi vite que possible sur cette regrettable affaire, et ils l’avaient rapidement retirée de leur ordre du jour. Au point que le lendemain, les media russes étaient pratiquement vierges de toute référence à la catastrophe : incroyable. Seuls les vieux durs à cuire de l’opposition grommelaient dans leurs journaux marginaux sur le net : « nous sommes perdus, Poutine obéit à ses oligarques. Le lobby juif à Moscou a gagné, Poutine se soucie plus de ses amis juifs que des soldats russes. » Mais c’était prématuré.

En Israël, les gens du ministère de la Défense se frottaient les mains et disaient: on a tout cassé, on casse tout, et on ne va pas se gêner pour continuer. Ils recommandaient à Poutine d’accuser la Syrie et d’entériner la version israélienne des faits. Les réseaux sociaux israéliens étaient en liesse. Mais c’était prématuré, là aussi.

Premier signe du ratage : les Russes refusèrent de recevoir une délégation israélienne de haut niveau à Moscou. Le Premier ministre Netanyahou et le ministre de la Défense Lieberman proposèrent de prendre en personne l’avion pour Moscou, mais ils furent rembarrés. Seule une délégation militaire conduite par le commandant de la force aérienne israélienne le Major Général Amikam Norkim fut autorisée à venir présenter sa version des faits. On la trouva peu convaincante. Le ministre russe de la Défense produisit des preuves solides : les Israéliens avaient bel et bien provoqué la chute de l’avion russe avec tout son équipage. Netanyahou demanda un entretien personnel avec Poutine par téléphone, mais il était injoignable.

Apparemment Poutine était furieux, personnellement, de l’attaque israélienne. Il est connu pour détester les trahisons. Il considérait Netanyahou presque comme un ami personnel, et la destruction de l’avion par son ancien ami lui faisait vraiment mal ; voilà ce que percevait son entourage au Kremlin. Il y a aussi des interprétations moins personnelles. Au même moment, le parti de Poutine Russie Unie, le parti au pouvoir, subissait des défaites humiliantes aux élections régionales. De 30% à 70% des candidats furent mis en minorité, et ce sont les coalitions de nationalistes et de communistes, vivement opposés à l’Occident, qui s’emparaient de ces trois districts. Dans les Forces armées, l’idée de passer l’attentat par pertes et profits était rejetée d’emblée. L’armée exigeait une réponse plus énergique.

Poutine est le plus pro-occidental de tous les présidents que la Russie puisse se donner ; son successeur sera probablement plus rigide face aux exigences occidentales, tandis que les éléments pro-occidentaux (dits « libéraux ») n’ont aucune chance d’arriver au pouvoir en Russie par les urnes. C’est la raison pour laquelle Poutine devait faire attention pour rester en phase avec sa base, comme tout chef d’Etat. Il ne voulait pas gâcher ses relations avec Israël, mais il fallait en finir avec la liberté d’action de l’aviation militaire israélienne. Il y eut une accalmie lorsque la catastrophe de l’avion abattu disparut complètement des media, tant russes qu’occidentaux. Le New York Times ne le mentionnait plus, ni les journaux russes. Et puis, sans prévenir, le ministre de la Défense russe M. Shoygu fit son annonce. La Russie répondait de façon adéquate, en interdisant le ciel au-dessus de la Syrie, ou du moins au-dessus de la Syrie occidentale, et en activant son puissant système de brouillage de GPS, au large des côtes syriennes. Israël a donc perdu son droit de  bombarder la Syrie à volonté.

Les Russes disent qu’il leur faudra deux semaines pour livrer, installer et rendre opérationnel le système. J’ai entendu dire que jusqu’à huit S-300 auraient déjà été livrés par des convois aériens massifs il y a quelques jours, avec des avions cargo atterrissant en Syrie à quelques minutes d’intervalle. Il faudra probablement bien encore deux semaines pour installer et activer le système.

En Israël, la réponse a été de deux types. Les têtes brûlées disaient que  les S-300 ne dérangent pas Israël ; ils savent comment les gérer, et si nécessaire, les commandos israéliens viendront et saboteront le système juste à temps pour déclencher une attaque aérienne massive par les bombardiers israéliens. Les gens sensés ont dit qu’Israël devrait veiller à raccommoder ses relations avec les militaires russes. Les Russes avaient largement acquiescé à tout ce que les Israéliens leur  demandaient, y compris quant au retrait des forces iraniennes loin des frontières israéliennes (qui sont plus exactement des lignes d’armistice). Une enquête sérieuse pourra dévoiler les erreurs qui se sont produites et convaincre les Russes que cela n’arrivera plus à l’avenir, disent-ils.

On avait l’impression que Netanyahou tentait de minimiser le refroidissement avec les Russes. Après sa rencontre avec le président Trump à New York, il disait qu’il était arrivé avec des requêtes spécifiques et qu’il avait « obtenu de lui [Trump] tout ce qu’il voulait ». « Notre but est de préserver le lien avec la Russie, et de l’autre côté de défendre la sécurité d’Israël contre ces menaces ». Ainsi donc, pour le meilleur ou pour le pire, Israël ne va pas rompre les relations avec la Russie, et la Russie n’ira pas plus loin, tout en barrant le ciel syrien aux raids israéliens. Si les dirigeants israéliens cessent d’intervenir en Syrie, les choses peuvent se tasser. Autrement, les résultats seront tout à fait imprévisibles.

En Israël, il n’y a pas grand monde au sommet, en dehors de Netanyahou et de Lieberman, qui tienne au maintien des relations avec la Russie. Pour les Israéliens, Poutine n’est que l’un des nombreux dirigeants insipides, d’Idi Samin jusqu’à Orban, avec lesquels il faut bien traiter. La Russie n’est pas populaire parmi les Israéliens ordinaires, qui préfèrent l’Amérique ou l’Allemagne. Bien des Israéliens seraient ravis de briser ce lien. Dès que la décision russe a été annoncée, Haaretz s’est  exprimé clairement : « ces dernières années, la Russie a été surprise à mentir ou à répandre de la désinformation sur son rôle dans nombre d’incidents, les plus récents étant son interférence dans les élections présidentielles aux Etats-Unis, l’empoisonnement de l’ex-agent russe Seguei Skripal et de sa fille en Grande Bretagne, et l’invasion de la Crimée en Ukraine orientale. On a du mal à croire qu’en dehors de la Syrie et de l’Iran quelqu’un puisse adopter la version russe sur les évènements de la semaine dernière ». Ce n’est pas en ces termes qu’on évoque un partenaire, en général.

Les Israéliens plus portés au complotisme ont opiné que derrière l’attentat contre l’II-20, il y avait un complot de l’Armée de l’air contre Netanyahou et Lieberman, qui sont impopulaires parmi les officiers de haut rang. D’autres disent que c’était un complot des Services secrets américains pour saboter la connexion russo-israélienne.

Car autrement, pourquoi est-ce que les Israéliens l’auraient fait ? Avaient-ils été juste brutaux et brouillons, selon leurs habitudes ? Il n’en ont rien à faire des Russes, et les considèrent comme une vulgaire race inférieure, dont la vie n’a guère d’importance. C’est une lecture possible, tout à fait cohérente avec leur attitude générale envers les étrangers considérés comme enfants d’un dieu subalterne.  D’un autre côté, il est possible que tout le raid israélien ait été pensé pour couler l’avion de reconnaissance, et priver les Russes de leurs données de renseignement en temps réel. En 1967, les Israéliens avaient bombardé et coulé l’USS Liberty, un navire d’espionnage électronique, l’équivalent de l’Iliouchine-20 à l’époque, parce qu’ils ne voulaient pas d’yeux ni d’oreilles étrangères dans la région. Mais alors, on était en pleine escalade guerrière entre Israël et l’Egypte, et l’USS Liberty avait été attaqué juste avant l’invasion des hauteurs du Golan syrien, programmée par Israël.

Se pourrait-il que les Israéliens se soient attendus à une attaque de la part de la France, de l’Angleterre et des US sur la Syrie cette nuit-là, une attaque qui ne s’est pas concrétisée grâce à  l’accord turco-russe sur Idlib ? Il y avait un avion britannique et une frégate française dans le voisinage, et un grand déballage de navires américains.

L’accord sur Idlib est un évènement très important, même si l’affaire de l’II-20 l’a aussitôt chassé de notre mémoire collective. Poutine et Erdogan sont parvenus à un compromis viable, ce qui évitera des hostilités, inévitables sur une grande échelle. Les Casques blancs avaient déjà préparé un film avec mise en scène d’une attaque chimique sur des enfants syriens, mais l’accord rendait l’attaque improbable, pour commencer. Il se pourrait que l’assaut de la coalition américaine ait été reporté au dernier moment, une fois que l’avion russe avait été abattu.

Quoi qu’il en soit, tout est bien qui finit bien. La décision russe de créer dans les faits une zone d’exclusion aérienne est une excellente décision, bonne pour tous. C’est bon pour les Russes, parce qu’ils ont découvert que leur commandant en chef était capable de prendre des décisions fortes. C’est bon pour la Syrie, parce qu’elle va avoir à subir moins de bombardements israéliens. Et c’est excellent pour Israël, car il fallait faire comprendre à ce sale gosse, à cet enfant gâté, le chouchou de l’Amérique, qu’il est interdit d’embêter les enfants d’à côté. Le système automatique de défense par les missiles va faire planer un danger de fessée. On a expliqué au gosse qu’il n’a pas le droit de flinguer les voisins. Avec son agressivité excessive multipliée par l’impunité, Israël a reçu une bonne claque, comme cela peut arriver à n’importe qui. Bloqué de la sorte, Israël peut encore devenir un mensch, un « homme bon » ; et pour lui avoir donné cette chance, merci la Russie. Est-ce que Tel Aviv saura saisir cette occasion ? Les US vont essayer de déjouer la domestication russe d’Israël. John Bolton et Mike Pompeo ont d’ores et déjà déclaré que personne ne peut interférer avec le droit divin d’Israël de bombarder librement la Syrie. Le lobby israélien en Amérique sera-t-il capable de neutraliser la décision russe et d’ébranler à nouveau l’âme israélienne ? Vont-ils convaincre Poutine de reporter sa décision comme en avril, et déjà quelques années plus tôt aussi ? Je ne le pense pas. Nous pouvons féliciter la direction russe pour sa décision cohérente, équilibrée et justifiée, qui pourra déjà calmer la furie juive.

Pour joindre l’auteur: adam@israelshamir.net

Traduction: Maria Poumier

Source: The Unz Review.

]]>
http://www.israelshamir.com/french/la-domestication-disrael-par-les-russes/feed/ 0
La guerre des toilettes http://www.israelshamir.com/french/la-guerre-des-toilettes/ http://www.israelshamir.com/french/la-guerre-des-toilettes/#respond Mon, 24 Sep 2018 19:29:32 +0000 http://www.israelshamir.com/?post_type=french&p=3493 Les garçons et les filles, c’est différent. Autrefois, on  s’en félicitait. « Vive la petite différence »[1], disaient les Français, et bien d’autres nations renchérissaient. Maintenant ça donne lieu à des tas de problèmes, sur mer, en ville et jusque dans l’espace, comme vous allez le découvrir.

Les hommes et les femmes ne pissent pas de la même manière, pour commencer. Ça n’a pas posé de problème pendant les six mille ans d’histoire dont l’humanité ait le souvenir, mais désormais, pour l’Occident éclairé, c’est dramatique. C’est une différence insupportable pour les féministes, qui veulent faire tout ce que font les hommes. Dans les années 1970, les premières affiches du MLF montraient fièrement une dure-à-cuire en action dans un urinoir, médusant quelques spectateurs variés, dont certains quelque peu jaloux. Eh oui, c’était comme ça, jadis. Mais depuis, les féministes ont décidé qu’il serait bien plus chouette de forcer les hommes à utiliser les commodités féminines et de saccager celles des mâles.

Le tout nouveau porte-avions américain USS Gerald R. Ford n’a point d’urinoirs. Tout y est neutre, de sorte que les quelques dames qui y font leur service pourront aller pisser où elles auront envie. Ces nouvelles toilettes dégenrées prennent bien plus de place, ne sont pas très propres parce que les hommes pissent bien souvent à côté du trou, et ça prend bien plus de temps. Mais pour obtenir la soumission de mâle et exorciser l’esprit patriarcal, ces menus inconvénients ne comptent pas. Pour pisser dans un édicule public en Suède, il va vous falloir un smartphone et une carte de crédit : et non seulement ça coûte un max, mais rien n’est prévu pour les êtres qui n’auraient que ferraille ou  billets sur eux.

En Allemagne, le pays le plus écrasé de culpabilité au monde, un homme qui utilise un urinoir, c’est un nazi. Un Allemand non-nazi devrait s’asseoir, comme une dame. Même chose en Suède. Rien d’étonnant, Allemands et Suédois sont les gens qui se réjouissent le plus au monde de l’avalanche des réfugiés depuis le Moyen Orient dévasté. Les femmes allemandes et suédoises sont toutes pour l’importation massive de Pashtounes et de Kurdes virils, car leurs propres bonshommes sont devenus trop efféminés, à force d’essayer de rentrer dans l’agenda féministe. Les autochtones mâles se contentent d’approuver ce que leurs bonnes femmes décident, ils ont bien trop peur de les contrarier ; même si celles-ci sont notoirement inconstantes et sujettes à rejeter ce qui était d’abord leur premier choix….

Eh bien il y a des hommes qui ont trouvé une solution. Les Berlinois pissentcontre les stèles de leur mémorial de l’Holocauste. Pas moins de trois mille blocs de ciment, plaques ou stèles, une ombre propice, et une odeur qui ne laisse aucun doute sur la solution imaginée par les hommes du cru face au manque d’urinoirs. Mais toutes les villes n’ont pas la chance d’avoir de si gracieux et utiles sites mémoriels…

Les écoles américaines sont devenues une arène dans la longue guerre pour les toilettes, avec quelques enfants mal dans leur genre jouant les chefs de bande. Si Jack se sent plutôt Jill, va-t-il pouvoir aller pisser chez les filles ? Il n’y a pas de réponse satisfaisante, à moins d’éliminer les toilettes, tout simplement.

A Paris, un véritable monument, les pissoirs ou pissotières, avait été inventé, au XIX° siècle, en matière de mobilier urbain, et rendait la vie en ville fort commode. Les hommes pouvaient y aller gratuitement et sans honte. Seulement les féministes émirent des objections, et l’esprit du capitalisme les soutenait ardemment. Des commodités gratuites, c’est toujours le début d’un socialisme détestable. Et bientôt, le nombre de pissotières passa de 1200 à une seule. Et des cabines adaptées à la fois aux hommes et aux femmes ont fait leur apparition. Ces structures ont un prix, prennent du temps, et c’est compliqué à utiliser. Les féministes étaient contentes, les descendants de l’empereur Vespasien -celui qui disait que l’argent n’avait pas d’odeur et qui avait créé un impôt sur les toilettes- se frottaient les mains, mais les gars n’étaient pas vraiment joyeux d’avoir à payer pour quelque chose qu’ils avaient toujours fait gratuitement. Alors ils ont préféré aller pisser dehors. Et Paris s’est mis à puer comme jamais.

Coincée entre ses rues malodorantes et la fureur féministe, la mairie de Paris a créé une nouvelle espèce d’uritrottoirs : à l’air libre, finie l’inimité, tu pisses et tu te casses. Ce n’est pas très luxueux, et il n’y a pas de quoi rendre les femmes jalouses. D’ailleurs elles ne l’étaient pas, elles ont juste été furieuses. Elles ont pris d’Error! Hyperlink reference not valid. ces symboles haïssables du patriarcat avec des sacs de ciment, pour les boucher, les sabotant irrémédiablement. Je suppose que les industriels du paye-et-pisse les soutiennent chaudement, et fournissent même éventuellement le ciment à prix cassé, mais bon, ce doit être un simple délire de ma part. En tout cas, ça y est, Paris empeste à nouveau, et les féministes vont pouvoir brandir cet état de fait pour détester un peu plus les hommes.

Or voilà que cette guerre des toilettes s’est étendue jusque dans l’espace. Il y a eu un étrange incident dans la Station spatiale internationale. La pression a chuté. En cherchant où pouvait se trouver la fuite, on découvrit un petit trou de deux millimètres dans le mur du module russe Soyouz arrimé à la station. Le trou fut localisé près des toilettes et il était recouvert de façon décorative.

Les astronautes US demandèrent l’annulation de leur mission et leur retour sur terre, tandis que les cosmonautes russes se contentaient de boucher le trou avec un peu de colle, et le vol a continué. On découvrit bientôt que ça ne venait pas d’un impact de météorite, mais que le trou avait été percé. Dimitri Rogozine, commandant du Roscosm, dit que c’était probablement le fait d’un astronaute qui avait le mal du pays. Cette version fut estimée trop bizarre. Tout le monde la rejeta, et on y vit une nouvelle preuve de la maladresse russe. La version préférée attribua le coup de perceuse à un ouvrier russe au sol, juste avant le décollage, ce qui était tout à fait prévisible de la part des Russes ineptes.

Et pourtant, Rogozine avait peut-être raison. J’ai entendu raconter, de la bouche de gens de Korolyev, le Houston russe, une histoire très singulière, en attente de vérification, qui prend tout son sens dans le cadre des désordres de genre dans les toilettes américaines. Voilà le décor : l’ISS comporte un compartiment américain, un autre russe, et  un compartiment collectif, séparés mais reliés, le segment russe constituant le satellite amarré. Il y a quatre astronautes dans le secteur occidental, et deux ans le secteur russe. Parmi les Occidentaux, une femme.

Les cosmonautes sont soigneusement inspectés au départ, mais dans l’espace il peut arriver des choses hors clauses terrestres. Ce qui se dit, à Korolyev, c’est que la dame n’était pas d’accord avec leur organisation côté toilettes, elle se sentait rabaissée, et elle avait voulu réajuster les équipements selon ses besoins. Les hommes avaient fait de même, en rouspétant contre la féministe. Et bientôt, les toilettes délicates du secteur occidental ont été cassées, et irréparables parce que dans l’espace rien n’est simple, même aller au petit coin.

Et ces grands gaillards, ex-capitaines et commandants de l’US Navy et de l’US Air Force, se sont trouvés obligés de porter des couches à longueur de journée. Non seulement ce n’est pas agréable, mais il n’y a pas de rangement prévu pour cette quantité de couches sales et odorantes. Le secteur occidental se mit à embaumer comme les rues parisiennes, ou pire.

Alors les astronautes ont commencé à s’énerver contre les extravagances de la dame, et se sont plaints : « Allô Houston, on a un problème, ramenez-la chez elle ! » Houston, ou la Nasa, émit deux objections : d’abord la diversité et l’égalité devaient être maintenues à tout prix. Et puis, autre objection : ça coûterait trop cher. Car seuls les Russes ont les moyens de ramener les astronautes à la station spatiale et chez eux. Même si les US ont marché sur la lune il y a des années, ils n’ont toujours pas de navette spatiale fonctionnelle pour envoyer des gens à la station internationale. Les Russes ineptes ont toujours leur engin spatial, même si leur meilleure navette, la Bourane, et leur meilleure station Mir ont été mises au rencart pendant l’étape pro-occidentale de la politique russe, sur insistance américaine. Les Américains doivent payer une somme astronomique aux Russes pour chaque vol, et l’évacuation de la virago aurait fait un gros trou dans le budget de la Nasa, bien plus regrettable que le petit trou dans la cabine de l’ISS. Aussi Houston répondit en rigolant : « ça, c’est votre problème, les gars, essayez de faire avec. »

Dans le secteur russe, toilettes et douches marchaient bien, et les Américains ont commencé par essayer d’y avoir accès. Mais après une dispute (car malheureusement les gens obligés de cohabiter dans des espaces contigus sont sujets aux querelles), les Russes ont dit niet et ont chassé les astronautes occidentaux de leur Soyouz. La santé mentale de la dame se détériorait, les excréments flottants et sentants la rendaient malheureuse et vicieuse ; si bien que ses compagnons décidèrent d’ourdir un plan subtil. Lorsque les deux Russes sortirent dans l’espace pour le travail prévu, les Américains se faufilèrent dans le module russe (il n’y a pas de loquets dans l’ICC), et percèrent un trou, en le bouchant avec un produit collant et en le recouvrant de façon décorative. C’était une bonne idée, très créative. Le bouchon tint quelque temps, et ne sauta pas tout de suite. La pression dans la station est très basse, une seule atmosphère, de sorte que le trou ne représentait pas un danger mortel pour l’équipe. Quand on découvrirait la fuite, il deviendrait possible  d’insister pour une évacuation immédiate de l’équipage, ce qui permettrait de se débarrasser de la virago et de s’extirper de l’enfer pestilentiel, tout en accusant les balourds russes pour le retentissant échec. Et cerise sur le gâteau : le trou se trouve dans la section de la capsule Soyouz qui est expulsée lors du retour vers la terre, ce qui permettra d’éliminer toute preuve de sabotage.

Mais le plan n’a pas fonctionné. Les Ruses ont rebouché le trou avec une petite goutte de glu, et ont refusé d’évacuer. – Continuez donc à chier dans vos couches, les mecs ! Le commandant occidental s’est précipité dans le module russe, en criant : « C’est moi, le commandant, qui décide, ici ! » Et il a arraché le bouchon. Les Russes ont répondu : – tu es peut-être le commandant de la station, mais à bord du Soyouz tu n’es qu’un invité ; ils l’ont bouté dans son secteur, et ont rebouché le trou. Les cosmonautes ont fait un rapport à Korolyev, le centre de contrôle des vols russes, et Korolyev a demandé à Houston de leur montrer les enregistrements vidéo du module américain, de façon à constater qui s’était rendu dans le module russe avec lune perceuse. Le bloc sanitaire russe (c’est là que le trou avait été foré) n’a pas de caméra, pour des raisons de respect de la vie privée. Houston a refusé aussitôt.

La situation reste tendue, dans l’ISS; les Russes ont apparemment usé de la force pour chasser les Américains qui  essayaient de forer plus de trous. Les Américains sont malheureux parce qu’il faut qu’ils subissent nuit et jour la compagnie de la dame, et leurs toilettes ne marchent toujours pas. Ils espèrent maintenant que les US vont bientôt pouvoir envoyer une navette commerciale privée entièrement américaine pour les sortir de là, parce que les US rechignent toujours à payer les Russes pour les évacuer, et les Russes refusent de faire le boulot à l’œil. Les derniers rapports évoquent un vrai polar dans l’espace, et des cosmonautes russes qui envisagent d’autres examens des murs extérieurs.

Donc, si vous choisissez de croire à cette histoire, le dérangement de genre à l’occidentale a failli causer une catastrophe. Mais il y  une autre zizanie en cours, c’est la tentative féministe pour empêcher la nomination du juge Kavanaugh à la Cour suprême. On peut l’aimer ou pas ce juge, être d’accord on non avec ses points de vue, on peut souhaiter le voir siéger ou pas à la Cour suprême, mais l’empêcher d’y parvenir pour avoir envisagé de coucher avec une lycéenne, c’est dément. Eh, les mecs, les MeToo, et les Kavanaugh, moi aussi j’en ai eu, des histoires avec des filles, il y a des années (bien des années, hélas…) ! Même si tous les griefs allégués étaient fondés (ce que conteste Kavanaugh), je ne le trouverais pas coupable, et je voterais pour lui. N’oubliez pas qu’on parle de choses qui ont eu lieu ou pas des années plus tôt ; à l’époque, les filles étaient censées se rendre seulement en cas de force majeure, en quelque sorte. « Quand c’est non, c’est non », c’était une analyse complètement farfelue. J’ai envie de comparer avec le saut en parachute. Bien souvent, l’instructeur pousse dehors un parachutiste qui hésite. Si le type est monté dans l’avion avec un parachute, et qu’il a continué à avancer jusqu’à la porte, il faut le pousser, si son courage faiblit. « On ne peut pas se raccrocher au « quand c’est non c’est non », dans ces cas. Même chose avec les filles jeunes. Ces créatures merveilleuses avaient tendance à se refroidir quand le moment critique approchait, alors même qu’elles étaient dans le lit d’un garçon, après s’être déshabillées, et il fallait bien, parfois, faire un gentil  forcing.  C’était le petit jeu classique à l’époque. Mais que ces temps sont loin…. Le viol était un délit reconnu comme tel, mais c’est la définition du viol qui s’est distendue. Nous parlons bien sûr d’un usage modéré, bien compris, symbolique de la force, comme dans le cas de la plaignante contre Kavanaugh. Si ce qu’il avait fait alors relevait du viol, la fille se serait précipitée au commissariat. Si elle ne l’avait pas fait, ce n’en était pas, c’est aussi simple que ça. Les hommes et les femmes n’ont pas besoin d’une telle ingérence de l’Etat dans leurs relations. Si la femme a gardé le secret pendant trente-cinq ans, qu’elle continue à le garder trente-cinq ans de plus. Aucun homme ne devrait se voir refuser un poste pour une raison aussi mince.

La saga Trump-et-les-salopes est un autre exemple du mélange nocif de moralité puritaine et de féminisme de pure détestation masculine. Si un homme de son âge (de fait, nous avons le même âge) a assez d’énergie pour sa femme et pour des maîtresses, je ne peux que l’en féliciter. Il n’y a pas de loi qui interdise à un homme d’affaires de New York ou à un politicien de Washington de courtiser des prostituées. Dans certains pays plus avancés (du point de vue féministe) c’est interdit. En Suède, chaque client d’une prostituée risque la prison, tandis qu’elle s’en tire. Mais les US n’en sont pas là, pas encore. Et espérons que cela ne va pas finir de la sorte, car les gens qui votent pour ces élections de mi-mandat vont  prêter une oreille attentive à la position de leurs candidats là-dessus. Kavanaugh et Trump, c’est la dernière chance pour les hommes américains de se faire respecter à nouveau et de sauver les hommes américains. Personnellement, les histoires de leurs aventures avec des filles me feraient foncer dans leur camp. Parce que cela veut dire qu’ils ont encore du sang rouge vif dans les veines. Et il est temps que les hommes reprennent le terrain qu’ils ont perdu.

PS L’article annoncé, sur les bolcheviks russes, arrive bientôt, promis.

Israel Shamir can be reached at adam@israelshamir.net

Traduction: Maria Poumier

Source: The Unz Review.

[1] Titre d’une anthologie contrastée  de textes masculins et féminins, réunis par Filip Graliński, Rafał Jaworski, Łukasz Borchmann et Piotr Wierzchoń, publiée en polonais à Varsovie en 2016.

]]>
http://www.israelshamir.com/french/la-guerre-des-toilettes/feed/ 0