French – Israel Shamir http://www.israelshamir.com Ideas that will Derail the descent to Barbarity Thu, 16 Mar 2017 00:20:21 +0000 en hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.7.3 Cadeaux de Pourim http://www.israelshamir.com/french/cadeaux-de-pourim/ http://www.israelshamir.com/french/cadeaux-de-pourim/#respond Tue, 14 Mar 2017 20:32:12 +0000 http://www.israelshamir.com/?post_type=french&p=3207 Le premier ministre israélien est comme ce veau du proverbe russe : « Veau qui flatte tète deux mères ». Après sa rencontre fructueuse avec le président Trump, il a filé chez l’ennemi numéro des US, se jeter au cou de son bon ami le président Poutine, à Moscou la ville glacée, où il est toujours chaudement accueilli. Cette fois-ci, il est arrivé juste avant Pourim, la joyeuse fête juive où les juifs célèbrent leur ascension légendaire en Perse, il y a environ 2500 ans. Cette fête, qui tombe le dimanche 12 mars cette année, comptait beaucoup pour les  deux hommes. Pour respecter la tradition, Netanyahou était censé apporter à son hôte des gâteaux de Pourim, les homentashen en yiddisch, ou « oreilles d’Haman[1] », des gâteaux triangulaires fourrés à la confiture.

Le lendemain de Pourim, vous pouvez assister à la plus intéressante scène de rue dans le quartier juif orthodoxe de Jérusalem, Mea Shamrim,  et voir des jeunes filles parfaitement costumées en habits du XVIII° siècle porter des corbeilles en osier garnies de douceurs, des shalahmones pour leur amis et proches, comme autant de Petits Chaperons rouges. Pourim, c’est le carnaval juif, leur Mardi gras, et cela tombe à peu près au début du Carême chrétien. Le carnaval, c’est quand on fait les choses à l’envers : les juifs se saoulent et vocifèrent ; autrefois il leur arrivait de malmener des chrétiens, de préférence un prêtre, et ils satisfaisaient généralement leurs envies d’ébats divers.

Poutine, toujours aussi amical, a souhaité un joyeux Pourim à son hôte, et Bibi, comme en repérage, a aussitôt révélé l’objet de sa visite. Les Perses avaient voulu exterminer les juifs ce jour-là, mais Dieu les en avait empêchés, a-t-il expliqué. De nos jours, les Iraniens, qui sont toujours persans, veulent éliminer les Juifs, mais l’Etat juif est désormais puissant,  etc. Et Bibi venait pour demander à Poutine de lâcher l’Iran., de chasser les combattants iraniens de Syrie, de bloquer le transit iranien vers le Liban, ou encore de se joindre à une coalition anti-Iran ; la référence à Pourim était un argument de plus pour conforter son audacieuse requête.

Poutine était donc censé jouer le rôle d’Artaxerxès, le stupide roi des Perses, qui avait été convaincu par la séductrice Esther de se prêter à un massacre des ennemis des Juifs et de donner aux Juifs un traitement préférentiel, celui dont ils jouissent jusqu’à aujourd’hui. Bibi jouait le rôle d’Esther dans cette performance style Pourim-Spiel, la saynète comique que les Juifs aiment bien monter à l’occasion de Pourim. Il tentait d’appâter Poutine avec la perspective de se retrouver au coude à coude avec le président Trump, le roi d’Arabie saoudite et lui-même, tous ensemble contre les méchants Persans.

Netanyahou craignait que la guerre en Syrie soit bientôt finie (il aimerait qu’elle dure éternellement, jusqu’au dernier Syrien) et les Iraniens qui ont tellement contribué à la victoire de Damas vont probablement rester et continuer à approvisionner leurs amis du Hezbollah syrien. Et cela signifie qu’Israël ne pourra plus bombarder Libanais et Syriens aussi librement que d’habitude. Les Russes n’ont jamais utilisé leurs missiles S-400 contre les jets israéliens quand ils faisaient intrusion en Syrie, mais les Iraniens pourraient ne pas être aussi rétifs pour riposter. Il y a quelques jours à peine, les Iraniens ont fait la preuve que leur système doté de S-300 russes est parfaitement opérationnel.

Netanyahou aurait pu essayer de tenter Poutine en soulignant sa capacité pour mobiliser le lobby israélien à ses côtés, et pour clouer le bec aux hystériques anti-Russes à Washington. Les juifs ont un grand pouvoir aux US, et le premier ministre de l’Etat juif peut certainement les manipuler à sa guise, si Poutine acceptait sa requête. Et Trump a déjà fait quelques déclarations très anti-iraniennes, ce qui rend la suggestion plausible.

 

Beaucoup de gens attendaient avec anxiété de voir comment Poutine allait répondre à son séducteur juif. Poutine lui a ri au nez. Même si vous ne regardez jamais de vidéos, je vous recommande vraiment de ne pas rater ces quelques secondes de franche rigolade, où le président russe parfaitement détendu, après avoir écouté le premier ministre israélien comme un père indulgent face à son fils qui vient pour la énième fois d’inventer un prétexte pour lui faire acheter un jouet dangereux. Rien à faire, fiston, s’est dit Poutine, et il a répondu : «  c’était il y a deux mille cinq cents ans. On vit dans un monde différent, à présent. »

Personnellement, je n’étais pas vraiment anxieux, parce que ce dialogue avait été répété quelques jours plus tôt par le député et ministre des Affaires étrangères Michal Bogdanov et les journalistes de Al Hayat, ce journal arabe important, dont le propriétaire est saoudien, qui paraît à Londres. Bogdanov est un excellent diplomate, courtois, portant beau, spirituel, intellectuel et gagnant à être connu. Il a été ambassadeur russe à Tel Aviv et au Caire, et il connaît tous ceux qui comptent au Moyen Orient par leur prénom. Il est aussi le représentant spécial, désormais, du Président, pour le Moyen Orient. C’est un homme qui en sait plus que tous les autres en matière de politique étrangère russe au Moyen Orient. Ses réponses ne pouvaient pas être très éloignées des idées de Poutine.

Il était cuisiné par Raed Jabr, le correspondant à Moscou de Al Hayat, un sombre et svelte Palestinien qui représente le point de vue arabe dominant de Ryad à Beyrouth. Vous souvenez-vous de la ligne préférée des présidents US et législateurs, selon laquelle “le jour ne passe pas entre les US et Israël » ? Si l’on en juge par les questions insistantes de Jabr, aucun rai de lumière ne saurait filtrer entre les US et l’Arabie saoudite.

A tout bout de champ, l’homme d’Al Hayat demandait quand les Iraniens se retireraient de la Syrie. M. Bogdanov lui a répondu : « en Syrie, il y a des dizaines de milliers de volontaires étrangers : des milliers de Tunisiens, de Marocains et d’Afghans, tandis que les Iraniens, comme les Russes, sont en Syrie à la demande du gouvernement légitime, et seul le gouvernement légitime peut leur intimer des ordres de mouvement. La direction officielle pourra demander à toutes les forces étrangères de se retirer une fois la solution acquise. »

Ses paroles ont été transmises de façon imprécise mais claire par le Washington Post :  « Les autorités légales qui auront été choisies légalement en Syrie seraient les seules à avoir le droit de demander le retrait de toutes les puissances étrangères du pays », aurait dit Bogdanov. En fait, Bogdanov ne parlait que du gouvernement légitime après un accord, pas nécessairement d’un gouvernement choisi de telle ou telle façon.

Bogdanov rejetait le discours sur l’exportation de la révolution iranienne, et le supposé désir de l’Iran d’étendre son influence au Moyen Orient, tout particulièrement en Irak, en Syrie, au Liban et au Bahrein. Il appelait au rapprochement entre US et Iran, avec une participation saoudienne. En Syrie, il a appelé un système laïc de ses vœux, nullement un système chiite , ni musulman sunnite, ni chrétien, accédant au pouvoir par des élections libres, loyales et transparentes dans le pays et à l’étranger, incluant la participation des réfugiés dans les pays limitrophes comme dans les pays plus éloignés, sous les auspices des Nations Unies.

Bogdanova regretté le fait que les US veulent garder l’Iran en dehors des négociations sur la Syrie. « Les Américains agissent sans respecter les lois internationales. Nous devons respecter la souveraineté de la Syrie, qui est un Etat membre des Nations Unies. » Il est visiblement pessimiste quant aux relations avec les rebelles. « Ils disent que la révolution ne s’arrêtera pas  avant le renversement du régime, quand Bachar al Asssad et sa clique auront été traînés devant un tribunal international. Avec un tel objectif, la guerre peut durer éternellement. »

Il a rejeté l’idée que les Iraniens veuillent exporter la révolution islamique. « Les Iraniens disent que la révolution islamique relevait de la politique intérieure, pour correspondre  aux intérêts du peuple iranien. » Il a rappelé la présence militaire iranienne à Oman dans les années 1970 à la demande du gouvernement légitime. Quand les troubles avaient pris fin, les Iraniens avaient quitté Oman sans objection. »

Il a appelé à des pourparlers entre l’Iran et les Saoudiens, à Moscou ou ailleurs, par l’entremise des Russes. Bogdanov a également rejeté le point de vue saoudien sur la guerre du Yémen (les Saoudiens considèrent qu’ils sont habilités à traiter du Yémen, mais que les Iraniens devraient en être exclus). Il a rejeté l’attitude turque envers les Kurdes en Syrie (« Pourquoi la Turquie est-elle d’accord pour un Kurdistan irakien, mais n’accepte pas un tel Kurdistan en Syrie ? Je pense que cela ne les regarde pas. C’est l’affaire des Irakiens et des Syriens. C’est au peuple syrien et non à l’Etat russe ou turc de décider ».)

Il a résumé la politique russe en ces termes: « La Russie veut s’en tenir à la légitimité internationale. Nous sommes liés par le principe de non-ingérence dans les affaires internes des autres pays, ce qui comporte aussi la non-ingérence dans nos affaires internes. Nous respectons le processus démocratique et non pas les révolutions de couleur. Pour arriver à une entente entre les parties, le principe du ni vainqueur ni vaincu est le plus souhaitable. »

Cette interview de Mikhaïl Bogdanov répond entièrement à la question sur un engagement éventuel de la Russie contre l’Iran : c’est niet. En politique, bien des choses sont possibles. La politique n’est pas un  jeu scout, je m’y connais en realpolitik. Mais il n’y a absolument aucune raison pour que la Russie lâche l’Iran en échange de quelque promesse obscure et pourimesque de Netanyahou.

Israël et les US sont désormais réputés pour leurs initiatives perfides. Des Philippines à l’Egypte et à l’Azerbaïdjan, les pays qui ont été jadis pro-américains se sont vus trahis, et depuis tournent le dos à Washington. Les US ne sont plus un partenaire fiable. Si M. Trump arrive à contrer la révolution rose dans son pays et à s’affermir comme un vrai chef, alors peut-être pourra-t-il restaurer la crédibilité américaine. Mais en attendant, les US ne sont pas fiables. Et pour ce qui est de la duplicité israélienne, il suffit de voir comment les Israéliens ont tenu leurs promesses faites aux Palestiniens à Oslo. Les Iraniens sont loin d’être des gens rectilignes, mais ce sont des alliés, et ils se battent au coude à coude avec les Russes en Syrie, où la partie est terminée mais où la guerre n’est pas encore finie. La realpolitik élémentaire dit aux Russes de rester soudés avec l’Iran et de rejeter les offres de Bibi.

Mais les Israéliens sont tenaces. Il y a quelques jours, le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman a appelé, dans un entretien pour le Die Welt, à la création d’une alliance militaire « sur le modèle de l’Otan », entre Israël, Arabie saoudite, et Etats du Golfe contre l’Iran et les chiites. L’Etat juif a donc été pleinement assimilé dans son environnement comme partie prenante du bloc sunnite réactionnaire pro-occidental. Et voilà, ce n’est plus un mouton noir.

Il y a une issue, c’est de promouvoir un arrangement entre les Saoud et l’Iran. Le contentieux entre les deux Etats est ancien, beaucoup plus ancien que la révolution islamique, mais il y a eu des compromis antérieurement, en particulier au milieu des années 1970, et maintenant les choses sont mûres pour une nouvelle transaction. Les Saoudiens ont dépensé bien trop d’argent pour déstabiliser la Syrie et pour une guerre sans espoir au Yémen. Les Russes peuvent les inciter à trouver une solution. Et cela calmerait aussi les ambitions israéliennes en faveur d’une nouvelle série de guerres.

Mais pour cela, il faut d’abord vaincre la révolution rose à Washington, et le président Trump devrait procéder à la démilitarisation de la politique étrangère US. L’alternative, une guerre avec l’Iran, est trop horrible à envisager.

Et Bibi, alors ? Il a reçu un lot de consolation : un cadeau de Pourim très significatif, de la part de Poutine. Ce n’est pas la tête d’un combattant iranien sur un plateau d’argent, ni des gâteaux ou les oreilles d’Haman dans une corbeille, mais un livre vieux de cinq siècles, La Guerre des Juifs, de Flavius Josèphe[2]. C’est un livre bien choisi, qui devrait rappeler à Bibi le fou qu’il vaut mieux faire des compromis que de tenter de gratter le ciel. Les Juifs de Flavius Josèphe auraient pris du bon temps sous la protection d’une Rome bienveillante, s’ils n’avaient pas visé trop haut, et attiré sur eux la catastrophe.

Peut-être aussi que Poutine avait à l’esprit une autre sentence de Flavius Josèphe qui disait : les Juifs avaient une représentation de la capitale perse sur la porte de leur temple, pour leur rappeler que les Perses avaient rendu le temple aux  Juifs, et qu’ils devaient être respectés et redoutés par les Juifs à jamais.

Joindre Israel Shamir: adam@israelshamir.net

Traduction: Maria Poumier

Première publication: The Unz Review.

 

[1] Sur l’éclairante histoire d’Haman, voir le texte de Shamir, publié en 2006, Le Syndrome d’Haman

[2] Flavius Josèphe vécut entre 37 ap.J-C et 100, mais l’exemplaire offert par Poutine à son hôte a été publié en 1526 en toscan, juste après l’invention de l’imprimerie.

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La grande peur de la Russie http://www.israelshamir.com/french/la-grande-peur-de-la-russie/ http://www.israelshamir.com/french/la-grande-peur-de-la-russie/#respond Thu, 09 Mar 2017 19:11:00 +0000 http://www.israelshamir.com/?post_type=french&p=3196 Révélation : j’ai rencontré des Russes. J’en ai trouvé une ce matin même sur mon chemin. Elle m’a apporté le café. Il se passe des choses tellement dingues, tellement dangereuses, à Moscou. J’ai bien peur que la CIA et la NSA en aient eu vent, et qu’ils puissent se servir de cette rencontre, même contre vous, cher lecteur. Vous avez pris connaissance d’un article d’Israël Shamir. Saviez-vous qu’il a des contacts russes ?

Je ne suis plus tout jeune, mais c’est la première fois que j’assiste à une telle chasse aux sorcières. En Russie, il y a beaucoup d’étrangers, Européens, Américains, et les Russes se mêlent à eux librement, sans peur. Ils n’ont pas peur, les Russes, de rencontrer l’ambassadeur US, ils en seraient plutôt fiers, quand ils en ont l’occasion. Quand il organise une fête ou  une réception, tout le gratin de Moscou accourt à Spaso-House, la résidence de l’ambassadeur.

Même au temps de Staline, les Russes allaient à ces réceptions, et Mikhaïl Boulgakov en a décrit une comme  le bal de Satan, dans Le Maître et Marguerite. Ces dernières années, toutes les personnalités de l’opposition russe ont rendu visite à l’ambassadeur US, et ont eu des conversations chaleureuses avec lui.

Et pas seulement en Russie. Les câbles du Département d’Etat publiés par Wikileaks font état de centaines de rencontres entre ambassadeurs US et ténors de l’opposition dans le monde entier. Et nulle part on n’a considéré ces rencontres comme une atteinte à la sécurité nationale et une charge rédhibitoire contre un dirigeant de l’opposition.

Peut-être qu’à la lumière de la grande peur des Russes, les nations devraient promulguer des lois pour interdire à toute personne ayant rencontré un ambassadeur US de briguer la moindre responsabilité publique ou candidature électorale. Elles pourraient appeler la chose Loi de Flynn, par esprit de réciprocité.

C’est la classe politique US qui s’est attirée cette menace. Si toute personne ayant rencontré un ambassadeur russe ou un ministre du gouvernement russe, ou encore le président russe (ce qu’à Dieu ne plaise) est impropre à la gouvernance, c’est toute la strate supérieure des politiciens US qui devrait être disqualifiée. L’année dernière, même Jill Stein, la super-woman kacher de la politique US, candidate du Parti Vert à la présidence, avait visité Moscou et avait partagé la table de Poutine, avant de reprendre son vol pour aller réclamer le recomptage des votes dans le Wisconsin.

Les Russes  observent la nouvelle chasse aux sorcières transatlantique avec une certaine surprise. Ils ne savaient pas qu’ils étaient si redoutables, si effrayants. Moi non plus, d’ailleurs. Je peux faire la liste des fautes graves de la Russie à partir d’aujourd’hui jusqu’à Noël prochain : bureaucratie atroce, législation impossible, police fastidieuse, grands écarts dans le niveau de vie, climat infect et mauvaises routes ; mais je ne vois aucune raison pour considérer la Russie comme une menace pour qui que ce soit. Les Russes sont d’accord pour respecter les lois internationales, ils croient à la souveraineté nationale, ils préfèrent ne pas dire aux autres pays comment ils devraient gérer leur vie civique ou faire des affaires. Et ils ne se mêlent pas des affaires des autres Etats, ce qui serait pourtant bienvenu.

Quand en février 2014 Mrs Nuland, qui faisait partie du Département d’Etat à ce moment, (l’auteure du « Fuck l’UE » a heureusement perdu sa place avec l’ascension de Donald Trump) avec l’ambassadeur US Geoffrey Pyatt avait attisé les braises sur la place Maïdan, puis largué quelques milliards sur Kiev, l’ambassadeur russe à Kiev préférait se faire rare. Il était peut-être au golf. Pas une figure de la politique russe n’avait pris la peine de se rendre à Kiev et d’aller parler au peuple. La non-interférence russe dans les affaires ukrainiennes avait été scrupuleuse, comme si l’Ukraine était un Etat lointain d’Amérique latine sans intérêt pour les Russes.

Ce fatal mois de février il y a trois ans, la seule chose qui intéressait les Russes, c’était Sotchi, où se tenaient les Jeux Olympiques. Kiev était en flammes, mais ils discutaient du biathlon. Le biathlon, voyons ! Les gouverneurs des provinces ukrainiennes avaient voulu demander à Moscou si les Russes viendraient pour tirer d’affaire le gouvernement légitime, mais personne n’avait décroché le téléphone.

Le 22 février 2014, lorsque le président Yanoukovitch s’était enfui de Kiev et s’était rendu à Kharkov pour rencontrer les dirigeants de l’Ukraine orientale, les Russes auraient pu établir le gouvernement légitime à Kharkov et pour le moins partager l’Ukraine en deux moitiés, sans difficulté. Mais ils ne s’étaient pas montrés, et n’avaient pas dit qu’ils soutiendraient un tel gouvernement, et le peuple ukrainien s’est résigné au putsch de Kiev.

Si Poutine avait la moindre ressemblance avec l’image incendiaire qu’en donnent les médias occidentaux, l’Ukraine serait une province occidentale de la Russie, comme pendant les quatre siècles précédents, et cela se serait fait en toute légalité, sans un coup de feu.

Mais Poutine n’est pas ce Vlady le Terrible de vos bandes dessinées. Il adore remettre les choses au lendemain, c’est un homme qui ne bougera pas, tant qu’il a le choix. Il ne rentre en action que s’il n’y a pas moyen de retarder l’échéance. Il avait pris la Crimée, ou plutôt accepté la demande des habitants qui voulaient s’unir à la Russie, parce qu’il pensait (à juste titre) que son peuple ne lui pardonnerait pas s’il livrait la presqu’île avec la base principale de la flotte à l’OTAN et s’il mettait la population russe à la merci des gangs de l’Ukraine occidentale férocement anti-russes.

Mon vieil ami israélien et observateur de la Russie, Yakov Kedmi, jadis chef d’un service secret israélien, avait prédit en avril 2014 que l’armée russe s’emparerait de l’Est et du Sud de l’Ukraine avant les élections présidentielles en Ukraine. Je l’avais détrompé, le traitant de rêveur chimérique. Poutine n’en fera rien s’il a la moindre possibilité de se tenir coi, lui disais-je. Et j’avais raison.

 

Poutine avait agi en Géorgie en 2008 seulement après que ses troupes pour le maintien de la paix avaient été attaquées par les troupes – entraînées par l’OTAN –  du président Saakachvili, qui s’est rendu célèbre pour avoir dit que son armée prendrait Moscou  en une nuit. Et même à ce moment, il n’avait pas pris Tbilissi la capitale, mais ramené ses troupes en arrière. Les provocations telles que la destruction des tombes et monuments russes du temps de la guerre, et la privation de leurs droits de citoyens pour les Russes dans les pays baltes, ne sont pas parvenues à lui forcer la main.

La dernière chose qu’il souhaitait était de se quereller avec les US. Il avait approuvé l’invasion US  de l’Afghanistan  et ouvert son territoire pour le transit des troupes et des armes US. Il avait approuvé les résolutions sur l’Irak avant l’invasion US ; il n’a pris position contre l’invasion qu’assuré du soutien de la France et de l’Allemagne. Il avait été d’accord (plus exactement, il s’était abstenu) pour la résolution voulue par les occidentaux sur la Libye, qui a débouché    sur l’assassinat du colonel Kadhafi. Il avait bradé les bases russes au Viet Nam et à Cuba. Il a retiré ses troupes de Tartous, sa seule base navale en Syrie, et n’est revenu sur le terrain syrien que face à une attaque américaine imminente sur cet Etat souverain, à la demande de son dirigeant légitime.

Les médias occidentaux présentent la Russie comme un féroce Rottweiler, et les Russes ne se reconnaissent pas dans le miroir des médias occidentaux. La Russie est plutôt un Terre-Neuve : une masse solide, pacifique, nullement agressive. Je le sais parce que j’en ai eu, des Terre- Neuve. Même un chat insupportable n’arrive pas à réveiller leur esprit de combat.

Idéologiquement, la Russie de Poutine n’est pas si différente de l’Occident. Le 8 mars, la Journée des femmes, est officiellement férié en Russie, et les femmes russes ont tous les droits de leurs sœurs occidentales, ou ceux dont celles-ci  rêvent. Les millionnaires russes sont libres d’armer les plus grands yachts au monde. Ils paient aussi peu d’impôt que d’autres, juste un impôt sur le revenu de 13%. Même Trump n’arriverait pas à faire mieux. Le communisme est bien mort, et la machine de propagande officielle répète tous les jours que l’époque soviétique était horrible, malgré les souvenirs pleins de tendresse qu’en ont les générations qui l’ont connue. Les communistes n’ont pas accès aux médias, alors qu’ils constituent bel et bien le second plus grand parti en Russie.

Le petit parti d’opposition pro occidental, tout à fait clintonesque et impopulaire, reçoit beaucoup de soutien de la part du gouvernement. Ils sont autorisés à manifester, ils ont une chaîne  de télé et des journaux, tandis que l’opposition anti-occidentale, trumpiste ou communiste, est maintenue à l’écart, avec des médias marginaux, et ne manifeste pas dans les rues.

Les nationalistes blancs, une petite bande, sont envoyés en taule au moindre soupçon de blague antisémite. Un militant d’extrême droite comme Jeremy Bedford Turner (relaxé aux US) aurait été enfermé depuis longtemps, en Russie. Moscou a 92 synagogues pour moins d’un millier de juifs pratiquants, cornaqués par des rabbins Loubavitch américains d’importation. Les meilleures portions de terrain municipal et les plus convoitées sont données aux synagogues et aux centres culturels juifs gratuitement.

 

L’article 282 du Code Pénal russe est aussi strict que les militants de l’ADL ou du SPLC pourraient en rêver. Une grande partie des articles publiés sur le site http://Unz.com , s’ils paraissaient en Russie, enverrait leurs auteurs à la case prison. La Russie a des millions d’immigrants ; c’est de fait le troisième pays pour le nombre d’immigrants agréés. La majorité est musulmane. Moscou a l’une des plus grandes mosquées au monde. Et la Russie a des accords de dispense de visa avec de nombreux pays musulmans.

Les liens de la Russie avec l’extrême droite relèvent de l’imagination. Elle a son correspondant russe, en la personne  d’Alexandre Douguine, philosophe et disciple d’Heidegger bien connu, et de ses amis. Ils sont bien pires que l’extrême droite occidentale. Douguine est souvent présenté comme le « conseiller de Poutine » mais il n’est jamais parvenu à rencontrer Poutine en tête à tête. Douguine soutient Poutine, mais Poutine ne soutient pas Douguine. Le  philosophe a été chassé de l’Université d’Etat de Moscou, il  atterri dans une chaîne de télévision sur internet, et selon certaines rumeurs, il en aurait été chassé. Ses points de vue sont moins acceptables en Russie que ceux de Steve Bannon aux US.

RT, la chaîne, l’agence de presse et le site russe, est toujours prudente comme la BBC. Récemment une extrémiste d’origine russe, Nina Kouprianova, dont les touits pleins d’esprit sont très suivis, loin d’être la « Voix de Moscou » comme le prétend le Daily Beast, a vu ses articles retirés du site de RT. Son soutien total à Poutine ne lui a été d’aucun secours. Douguine n’est pas un invité fréquent sur RT, ni sur aucune chaîne russe d’importance d’ailleurs.

 

D’un autre côté, il y a, c’est le côté positif, une liberté d’expression “comme en Occident”, et les attaques contre Poutine et son Premier Ministre Medvedev constituent un sujet routinier dans les médias russes et sur les réseaux sociaux. Un documentaire court de M. Navalny, accusant Medvedev de corruption, vient d’atteindre six millions de vues. Des millions de Russes utilisent Facebook, où Mark Zuckerberg leur apprend ce qui peut se dire dans une société bien élevée et ce qui ne peut pas passer.

Bref, désolé de vous décevoir, la Russie est  formidable, mais n’est pas une ennemie de l’Occident, même pas dans sa version Obama-clintonienne. Elle veut juste faire les choses à son rythme. Elle n’a pas interféré, et ne le souhaite pas, dans vos idées.

Les histoires invraisemblables de hackers russes qui influenceraient le vote des Américains peuvent partir à la corbeille, depuis la publication de Vault 7, une vaste collection des artefacts de la CIA pour le piratage informatique, en particulier la révélation de son système UMBRAGE. La CIA a créé une « empreinte digitale » qui peut être utilisée par les enquêteurs judiciares pour attribuer des attaques multiples et différentes à une seule et même entité.

Wikileaks expliquait : « C’est comme si vous trouviez la même blessure au couteau, sur de multiples victimes de meurtre. Le style unique des blessures crée le soupçon qu’un seul assassin en est le responsable. Aussitôt qu’un meurtre est élucidé, alors, tous les autres sont attribués à la même personne. Le groupe UMBRAGE, avec sa branche « Prise de contrôle à distance », collectionne et entretient une bibliothèque substantielle de techniques d’attaque « volées » à des maliciels produits dans d’autres Etats, y compris la Fédération de Russie. Avec UMBRAGE et les projets liés, la CIA non seulement augmente son nombre total de types d’attaque, mais désoriente aussi les efforts d’attribution en laissant derrière elle les ‘empreintes digitales’ des groupes auxquels ont été volées les techniques d’attaque. »

Et vlan, pour les « empreintes digitales russes » prétendument trouvées dans le courriel du DNC qui aurait fuité avec d’autres révélations liées à Trump ! Certes il ne peut y avoir la moindre preuve sur qui a hacké qui, mais on peut présumer que lorsque certaines preuves finissent par être présentées, elles ont été fabriquées par la CIA.

Voilà qui nous amène au vrai coupable, la communauté du renseignement US. Elle est devenue si puissante qu’elle a décidé de diriger le pays, les US et le monde, tout en conservant les institutions démocratiques comme camouflage.

Ce sont eux, et non pas la timide Russie de Poutine, qui poussent le monde vers l’Armageddon final. Eux qui ont organisé la grande peur de la Russie. Maintenant nous savons que le président Trump est le dernier défenseur de l’ordre démocratique moribond, tandis que ses ennemis dans les médias sont des larbins de la CIA.

Comme personne n’aime être manipulé, je vais vous dire, vous qui votez aux US : vous n’avez pas été manipulés par les Russes. C’est tout le contraire, vous êtes les gens les plus libres au monde, vous avez su profiter de l’occasion unique de sauver votre pays et le monde entier, en danger d’être confisqué par les espions. Le travail est loin d’être fini, et personne ne le fera à votre place, en tout cas sûrement pas le président russe.

Maintenant, armés de cette certitude, vous pouvez soutenir votre président et vous asseoir sur la propagande que produit la CIA. Désormais nous n’avons aucun doute que le président Obama a bien écouté et lu chaque mot prononcé ou écrit par Donal Trump et dans son entourage. Maintenant nous n’avons aucun doute que les médias ne sont rien qu’un outil de piratage dans l’arsenal de la CIA, créé pour prendre le contrôle des ordinateurs les plus précieux au monde : vos esprits et vos cœurs.

Traduction : Maria Poumier

Joindre Israel Shamir : adam@israelshamir.net

Original publié sur The Unz Review.

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Envers et contre tout http://www.israelshamir.com/french/envers-et-contre-tout/ http://www.israelshamir.com/french/envers-et-contre-tout/#respond Tue, 21 Feb 2017 19:46:12 +0000 http://www.israelshamir.com/?post_type=french&p=3198 On a toujours une impression d’étalage indécent, devant la bedaine flasque de Michael Moore, comme devant les parties génitales d’une dame d’âge mûr. Le gros  tas de viande aurait pu diriger la marche des vieilles peaux sans bonnet de chatte rose, son visage seul aurait suffi. En fait il ressemble à George Soros : même sale tronche obscène. Pour moi, son apparence devrait suffire à le plomber : comme Oscar Wilde, je pense que les créatures laides sont immorales. Il suffit de regarder Madeleine Albright, autre face de croupion. Mais s’il vous en faut plus, son livre Stupid White Men [paru en 2003, non traduit à ce jour] est le livre le plus exécrable qui ait été publié aux US en ce siècle : là il proclamait que si les passagers du 11 septembre avaient été noirs, jamais il n’y aurait eu d’attentat. Et voilà que Mike tête de bite a mis à poil les plans secrets de Poutine et a appelé à introniser la Clinton parce que Trump est un espion russe. Des années auparavant, il avait protesté contre la guerre en Irak, et maintenant il appelle à l’Armageddon nucléaire. Avec des ennemis pareils, pas question de lâcher Trump.

Trump est foutu, s’écrient partisans et honnisseurs de concert. Il a été battu, brisé, il ne s’en relèvera pas. C’est un canard boiteux qu’il faut traîner devant les tribunaux. Il va ramper, il va retourner dans sa tanière dorée, et laissera la Maison blanche à qui de droit, ou mieux encore, il filera retrouver son compère Vlad Poutine.

Eh bien non, chers amis et lecteurs, Trump se bat de pied ferme, même si ces choses-là prennent du temps. Ce n’est pas si facile, de changer de paradigme, les dés avaient été lourdement chargés pour l’éliminer dès le départ. Et pourtant, il a gagné la première manche, et il va continuer. C’est un garçon têtu, et il persévère. Les juges corrompus le menottent, la CIA et la NSA balancent ses initiatives au New York Times, à CNN et à la BBC, mais il reste droit dans ses bottes, prêt à livrer bataille contre son ennemi, l’ennemi de l’Amérique, l’hydre qui a tant de têtes à trois lettres.

Il y a des coureurs qui veulent voir la victoire tout de suite, et ils se découragent au premier obstacle. Un juge intoxiqué de pouvoir ouvre les portes de l’Amérique aux troupes de choc de Daech, en annulant un décret extrêmement modéré et prudent, et les voilà qui se tordent les mains. C’est terrible, mais que pouvait faire Trump ? Ne rien faire parce que son ordre serait invalidé ? Il fallait qu’il tente le coup, pour que les gens voient les choses en face, et puissent juger les juges. Aligner les juges dos au mur sur la frontière mexicaine au petit jour ? Il ne peut pas encore se le permettre, mais cela aurait du sens.

Flynn a dû partir et ils s’écrient « tout est perdu ». Ce serait très grave, en fait, si Trump s’était couché, dans ce cas, mais il n’en est rien. Lors d’une conférence de presse absolument publique et très relayée, avec le premier ministre Netanyahuo, Trump a déclaré : « Michael Flynn, le général Flynn, est un homme remarquable. Je pense qu’il a été traité très injustement par les médias, et je les appelle médias menteurs. C’est extrêmement malhonnête, ce qui est arrivé au général Flynn, la façon dont ils l’ont traité, et les documents et papiers qui ont fuité, j’insiste, en toute illégalité. Terriblement malhonnête. » Ce sont les paroles d’un combattant, d’un homme qui a perdu une bataille, ou une escarmouche, mais qui continue à mener la guerre.

Peut-être aurait-il mieux valu qu’il garde Flynn, mais la politique, c’est l’art du possible. Les mots de Trump pour soutenir le général démis sortaient complètement des clous.

Trump avait rencontré Netanyahou, et  les âmes sensibles ont annoncé que le président US s’aplatissait devant le funeste lobby. Mais c’est tout le contraire ; l’ADL, les troupes d’assaut juives, l’ont attaqué parce qu’il refusait d’entonner leur mot favori : antisémitisme. Haaretz a déclaré : oui, Trump est un antisémite, tandis qu’un  édito du New York Times s’interrogeait gravement sur son refus de cracher le gros mot en question comme on le lui demandait ; les rabbins parlèrent de remarques terrifiantes et antisionistes parce qu’il refusait d’entonner la rengaine éculée  dite « solution à deux Etats ». Au fait, soulignons que les Palestiniens soutiennent bel et bien la solution à un seul Etat mentionnée par Trump et ils ne croient pas une seconde à la mythique solution à deux Etats, équivalent moyen-oriental de la quadrature du cercle. Trump n’a rien voulu entendre, il a sorti son engin préféré, l’argument du soutien à Bibi Netanyahou ; avec ce bouclier flamboyant il a su désarçonner les meutes de chasseurs d’antisémites, sans pour autant faire ce qu’ils voulaient.

Il vaudrait mieux de toute façon qu’il oublie complètement les juifs, mais ce n’est pas faisable tant qu’ils ont la main mise sur tous les médias menteurs et sur le cœur des Américains ordinaires. Refuser de condamner l’antisémitisme, c’est l’extrême limite de l’audace pour un politicien américain, sauf à se jeter la tête la première dans le précipice.

Après cet éclaircissement, il faut bien admettre que le premier mois de la première présidence de Trump a été assez raide. Nous espérions que les forces vaincues seraient raisonnables et permettraient au nouveau président de mettre en œuvre son programme, mais ils ont poursuivi leur bataille d’arrière-garde. Sa  tâche est colossale : Trump ose vouloir enterrer le capitalisme globalisant avant qu’il engloutisse les travailleurs européens et américains. Sans Trump, l’Amérique et l’Europe seraient envahis par des millions de gens à qui l’on a arraché leur toit dans les guerres dites préventives. Sans Trump, les travailleurs américains et européens seraient broyés, à force de bosser dans des hambourgueries, tandis que les financiers leur pomperaient sang, sueurs et pleurs. Un virage aussi radical ne pouvait pas ne pas susciter d’opposition.

Pensez aux gens qui ont réussi des changements radicaux d’une telle magnitude. Je ne mentionnerai pas de noms, pour ne pas vous faire peur. Aucun d’entre eux n’avait une personnalité particulièrement attachante, mais ils avaient pour eux leur charisme, une volonté de fer, une bonne mémoire, la persévérance, et ils voyaient loin ; c’étaient des maîtres de la tactique, parce qu’ils sentaient quand c’était le moment de faire un pas en arrière ou de foncer. Et il se pourrait que Trump ait ces qualités. Mais surtout, ils avaient généralement un parti loyal pour les soutenir, ou du moins une armée ou des services secrets à leur disposition. Or Trump n’a rien de tout ça.

Ces outils supplémentaires sont indispensables pour mater les éléments non démocratiques et non élus au gouvernement : aux US, le pouvoir judiciaire et les médias, deux des quatre pouvoirs décisifs, sont profondément  anti-démocratiques. Les médias sont habituellement la propriété de riches juifs, et ils font leur jeu. Les juges sont instinctivement antidémocratiques ; ils méprisent la démocratie et l’opinion populaire.

La machine judiciaire est aussi lourdement judaïsée : trois ou quatre des neuf juges à la Cour suprême sont juifs. Le président Obama avait tenté d’installer un juge juif supplémentaire, et des éléments pro juifs vont se battre pour empêcher un non juif de leur « voler »  la place. Il y a tellement de magistrats, d’avocats et de professeurs de droit juifs qu’ils imposent leur imprimatur à toute la profession. Aucun changement radical ne peut être mis en route tant que ces pouvoirs n’ont pas été bridés.

Trump ne dispose pas d’un parti loyal, ni de services secrets de confiance. Les services d’intelligence US sont contre lui, l’espionnent et livrent leur butin à ses ennemis politiques. Le parti républicain se méfie de Trump. Il y a trop de Républicains en train d’aiguiser leurs couteaux dans son dos, à commencer par le vieux traître Mc Cain. Les sénateurs républicains et les représentants ont une énorme dette envers leurs donateurs (largement juifs) ; ils ont besoin du soutien des médias pour se faire réélire.

Trump devrait établir un  contrôle sur son parti, en plaçant  ses fidèles et en chassant ses adversaires qui sont dans les appareils du parti, au Sénat et au Congrès, même si quelques siègse doivent échoir à un démocrate. Ce n’est pas une mission impossible. Cela instillera quelques saines frayeurs dans les cœurs portés à la soumission.

Reprendre le contrôle des services secrets, c’est relativement facile : pour commencer, déclencher une chasse aux sorcières contre les traîtres qui ont balancé aux médias le contenu de conversations  téléphoniques classifiées. Cela relève de la haute trahison ; des tas de gens à la loyauté douteuse peuvent être démis de leurs fonctions sur de simples soupçons. Un aller simple pour Guantanamo aidera les traîtres potentiels à y voir plus clair. Ils devraient être traités aussi durement que le pauvre Bradley Manning l’a été. Et de toutes façons, les services secrets sont totalement gonflés ; les US ne peuvent pas entretenir un million d’espions. 80% de leurs effectifs devraient s’en aller, rejoindre le marché du travail et se rendre utiles. Et ceux qui resteront seront loyaux.

On peut juguler les médias de bien des façons. En général, ce genre d’entreprise ne rapporte guère, et ils sont fragiles  face à des OPA hostile ; d’autres peuvent être brisés en vertu de la législation anti-trust. Il suffit d’un contrôle fiscal pour faire plier le genou à un baron hostile, dans le monde des médias. Dans le cas du New York Times, leur système d’actions à plusieurs étages peut être attaqué par les actionnaires car parfaitement injuste. La mesure la plus recommandable et radicale serait de séparer le contenu publicitaire du reste, en interdisant à ceux qui font appel à la publicité de publier du contenu politique, comme je l’ai déjà suggéré, mais il lui faudrait pour cela l’approbation du Congrès. [“Dix leçons pour sauver le monde”,

http://www.israelshamir.net/French/Save-the-world-Fr.htm]

Les juges sont humains ; les juges hostiles qui se croient au-dessus du Président et du Congrès peuvent soumis à des contrôles approfondis, avec amendes à la clé. Les postes à vie devraient être abolis dans les tribunaux et les universités.

La tâche qui attend le président Trump est donc redoutable, mais pas insurmontable. Tailler dans les services de sécurité jusqu’à les ramener au niveau des services britanniques ou français, qui sont d’ailleurs disproportionnés aussi. Rappelez-vous, après la Première Guerre mondiale, les US n’avaient pas de services secrets du tout, et ils étaient prospères. Terrorisez un baron de la presse et un sénateur républicain. Etalez au grand jour la corruption des juges de district. Ouvrez la boîte de Pandore dans la Fondation Clinton. Traduisez en justice quelques néocons pour avoir menti au Congrès. Rétablissez les passerelles avec Bernie Sanders. Appelez ceux qui vous soutiennent à prendre leur carte au Parti républicain et à consolider votre avance dans des primaires. Tout cela, certes, prendra du temps.

Maintenant vous comprenez pourquoi les affirmations de nos collègues Paul Craig Roberts et The Saker sont à tout le moins prématurés. Face à l’hostilité de l’ancien régime, Trump aura besoin de six mois au moins pour s’installer vraiment à la Maison blanche. A titre de comparaison, Poutine avait mis cinq ans à consolider son pouvoir, et cinq ans de plus pour le solidifier, alors qu’il avait le soutien total des services de sécurité russes et une constitution très autoritaire, écrite par les Américains pour leur homme de paille Boris Eltsine.

Le président Poutine se souvient que cela prend du temps. C’est pour cette raison qu’il n’est pas indûment outré du temps qu’il faut à Trump pour normaliser les relations US-Russie. Les fausses nouvelles sur un désenchantement des Russes envers Trump sont précisément juste cela : des fausses  nouvelles. Les Russes croient à une évolution positive dans les relations Russie-US, et ils ne retiennent pas leur respiration pour autant.

Mais pourquoi est-ce que je crois tellement que Trump va gagner, au bout du compte ? Les US ne sont pas une île ; ils font partie de l’Occident, et c’est tout l’Occident qui traverse un changement de paradigme.  Les têtes de bite ont perdu, les sans-dents ont gagné, et pas qu’un peu. Rappelez-vous, Trump n’a pas été le premier à gagner, il y a d’abord eu le Brexit. Entre le vote du Brexit et l’élection de Trump, le gouvernement britannique a hésité et temporisé. Les Britanniques n’étaient pas sûrs que le vote soit vraiment un signe de basculement, ou si c’était un coup de chance. Depuis la victoire de Trump, ils foncent.

Les juges britanniques –aussi félons que les Américains– ont essayé d’enrayer le Brexit en insistant  pour que la chose soit soumise à l’appréciation du Parlement. Ils croyaient fermement que le Parlement refuserait de prendre la chose au sérieux, et maintiendrait l’Angleterre dans l’UE, comme leurs médias l’exigeaient. Mais ils se trompaient. Le public britannique avait voté pour le Brexit à 52 contre 48%, mais les parlementaires britanniques ont approuvé le Brexit à 83 contre 17%. Les « déplorables », comme ils disent, ont gagné haut la main.

Traversons maintenant la Manche. La caste dirigeante françaies préférait que ce soit François Fillon (du centre droit, un républicain modéré, selon la terminologie américaine) qui hérite du siège du minable président Hollande. Sa victoire paraissait assurée. Mais alors qu’il s’apprêtait à marcher sur l’Elysée, un fait déplaisant a fait surface. Ce modeste membre du parlement a prélevé (volé, en bon anglais) un bon petit million de dollars sur les contribuables français sous prétexte que sa femme travaillait comme assistante parlementaire. [1]

Maintenant plus personne ne veut plus entendre parler de lui, et la reine des sans-dents, Marine Le Pen, a de bonnes chances de gagner le premier tour des élections en mai. Elle affrontera un socialiste modéré, Emmanuel Macron, et il n’est pas très affriolant [pro gay, pro Israël, loi travail, démago, pinocchio etc]. Sa rhétorique consistant à la traiter d’aigrie, d’ennemie de la-liberté-égalité-fraternité, parce qu’elle n’est pas emballée par l’immigration arabe, ne sera probablement pas écoutée [malgré les efforts désespérés des médias]. Les gens en ont marre, et ils ne sont pas convaincus que plus d’Arabes signifie plus d’égalité. Si bien que Marine peut gagner, et la France deviendra une alliée de l’Amérique de Trump.

Fillon a accusé des « forces de l’ombre » de chercher à le démolir, et il a probablement vu juste. Cette révélation a coupé les ailes à ses équipiers, et c’est arrivé au moment juste, exactement comme dans le cas des courriels sur la Convention démocrate. Dans les deux cas, le crime, ou du moins la malversation, était bien réel, et l’un comme l’autre méritaient d’être battus. Dans les deux cas, seule une force vraiment puissante et « obscure » pouvait faire que cela prenne. Ce n’est pas la Russie ; la Russie ne joue pas encore dans cette équipe, pour le moment. On est en présence d’une force occidentale mystérieuse revendiquant un capitalisme nationaliste, contre une force globaliste libérale adepte de la séquence « je t’envahis et après je t’invite ». Cette force a aidé Trump à atteindre la Maison blanche, elle est à l’origine du Brexit, elle a écarté Fillon du chemin de Marine. Il est probable que la Merkel perdra les élections qui viennent, mettant un terme au projet d’Obama d’installer l’Allemagne dans le rôle de pilier d’angle du monde libéral globalisé.

Les Maîtres du Discours sont en passe d’être battus dans tout l’Occident. Les reculades provisoires de Donald Trump ne modifieront pas cette tendance. Le capitalisme productif national est prêt à prendre le relais des financiers, des barons des médias, des promoteurs de minorités, des toilettes transgenre et des études féministes. La bataille est loin d’être finie, mais en attendant, il semble bien que les sans-dents soient en passe de gagner, et que les faces de teuche sont en train de perdre.

Nous ne savons pas qui les porte, dans le fond, les « déplorables ». Quand le Brexit a gagné, les Maîtres du discours ont dit que c’était la faute des retraités, des racailles, des beaufs. Mais ensuite, le parlement a donné son soutien au Brexit. Mme Clinton méprisait les sans dents, mais aujourd’hui c’est Trump qui siège à la Maison blanche. Avec la France et l’Allemagne qui attendent leur tour, une nouvelle force entre en scène, et elle est soutenue par les majorités autochtones. Qui la dirige, cette force, par derrière ? Les industriels, les gens qui croient en l’esprit, ou simplement l’esprit du temps, le Zeitgeist ? Quoi qu’il en soit, cette force va aider Trump, s’il persiste.

 

Pour joindre l’auteur : adam@israelshamir.net

Traduction, ajouts et note : Maria Poumier

Original publié dans The Unz Review.

 

[1] Shamir tient déjà compte des nuances que lui ont apportées ses premiers lecteurs français, sur la manœuvre médiatique foudroyante pour pulvériser la candidature Fillon, et il les  publie dans les commentaires à son article en anglais.

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Quand Trump se fatigue pour rien http://www.israelshamir.com/french/quand-trump-se-fatigue-pour-rien/ http://www.israelshamir.com/french/quand-trump-se-fatigue-pour-rien/#respond Tue, 07 Feb 2017 19:54:31 +0000 http://www.israelshamir.com/?post_type=french&p=3200 Le président Trump avait grassement payé son obole aux juifs. Il avait fait (presque) tout ce qu’ils voulaient pour leur Etat juif : promis de déménager l’ambassade US à Jérusalem occupée, ce qui légaliserait leur annexion de la ville sainte  et entériné leurs colonies illégales ; il leur avait donné des positions au sommet de son administration ; il a dit aux Palestiniens de renoncer à leurs requêtes à la Cour Internationale ou à tout autre grief, il a même menacé l’Iran d’une guerre. Et tout cela en vain. Les organisations juives et les médias juifs attaquent Trump sans l’ombre d’une hésitation ni la moindre considération. Sa première initiative pour brider en douceur la vague d’invasion s’est heurtée à une véhémence juive uniforme.

Il s’est vu traité de nouvel Hitler et accusé de haïr les musulmans : quelle autre raison aurait pu l’inspirer pour arrêter ne serait-ce que pour quelques mois, la vaillante nouvelle vague d’émigration depuis sept Etats du Moyen Orient ? Aujourd’hui il distingue les musulmans, demain il chassera les juifs, ont dit les journaux juifs. L’immigration, c’est le sang vital de l’Amérique, et les réfugiés musulmans sont bienvenus pour apporter plus de diversité aux US.

Des manifestations massives, généreusement financées par ce philanthrope juif Soros si renommé, ont secoué les US, tandis que des juges s’empressaient de bannir l’ordre de bannissement. Ils ont souligné que les ordres étaient anti-musulmans, et par conséquent anti-constitutionnels. La constitution promet en quelque sorte, d’après eux, l’égalité complète pour les immigrants, et ne permet pas de faire de discrimination entre chrétiens et musulmans.

Que voilà une interprétation curieuse de la constitution US. C’est un pays qui comme tout autre Etat, discrimine en toute normalité, ou, pour nous servir d’un mot moins chargé, choisit ses citoyens potentiels. Le choix des sept Etats n’était pas le fait de Donald Trump mais de son prédécesseur sanctifié : le président Barack Obama, ce grand ami des musulmans, avait lui-même fait ce choix quelques années auparavant. Trump n’avait fait qu’un pas extrêmement modéré et modeste vers un blocage de l’immigration, en retenant une liste d’Etats déjà choisis par le président Démocrate.

On pourrait d’ailleurs invoquer le fait que les habitants des sept Etats en question ont les meilleures raisons de haïr l’Amérique, car ce sont les présidents précédents qui les leur ont fournies.

La Libye, l’Etat le plus prospère de l’Afrique du Nord jusqu’à une date récente, a été ravagé par le président Obama : l’invasion de l’Otan a détruit la Libye ; au lieu d’arrêter la vague migratoire, la Libye est devenue le tremplin des Africains pour déferler sur le Nord.

La Syrie, autre victime d’Obama ; avec sa rengaine « Assad doit partir », avec le transfert d’armes, d’argent et d’équipement massif (vous vous souvenez des caravanes de pickup Toyota blancs traversant le désert ?) entre les mains des extrémistes islamiques, il a ruiné leur pays.

Pour l’Irak, c’est l’œuvre du président Bush jr : il a envahi l’Etat sunnite le plus avancé, l’a mis en pièces et a fait cadeau du centre du pays à Daech.

Pour la Somalie, c’est le président Bush Sr. qui l’a dévastée, en envahissant ce malheureux pays au début des années quatre-vingt-dix, lorsque l’effondrement de l’URSS lui a permis de le faire sous la bannière de l’Onu. Depuis lors, la Somalie et devenue le fournisseur de choix en matière de migrants et de réfugiés pour la Suède (où ils ont formé la plus grande communauté, à Malmö et ailleurs) : les US souhaitent ardemment en avoir aussi.

Le Yémen a eu sa part sous Obama, Mme Clinton jouant un rôle important dans l’affaire : c’est elle qui a facilité la livraison d’armes à l’Arabie saoudite en temps réel, pour lui permettre de bombarder les Yéménites.

Et le Soudan, c’était le président Clinton, après quoi, le pays a été démembré et le Sud Soudan séparatiste a vu le jour : les deux moitiés se sont retrouvées également inopérantes.

C’est l’Iran qui fait bizarre, dans la liste des Sept Mercenaires. Il n’a pas été envahi, ni bombardé, juste menacé d’invasion et de bombardement pendant longtemps, depuis le président Carter. C’est un pays qui n’a pas de terroristes, qui n’est pas en faillite, ses citoyens ne se précipitent pas pour réclamer l’asile politique. En fait, le président Obama l’avait mis sur la liste parce qu’il projetait de le bombarder, mais il n’y est jamais parvenu.

 

Tandis que Bush, Clinton et Obama bombardaient et envahissaient ces pays, les humanitariens Démocrates, y compris leurs dirigeants juifs, se contentaient d’applaudir et de réclamer plus de bombes. Et ils ont été stupéfaits quand Trump a promis :on arrête les changements de régime chez les autres, fin de la routine planétaire « on les envahit et après on les invite ». Wikileaks a bien montré la logique sous-jacente : bombardez les musulmans, et vous êtes quelqu’un de bien ; bannissez les musulmans, et c’est vous qui devenez l’ennemi.

Au premier abord, les gens qui ont fomenté les guerres au Moyen-Orient voulaient susciter  une vague de réfugiés vers l’Europe et l’Amérique du Nord afin d’injecter plus de couleur et de diversité dans ces pauvres contrées monochromes. La protection sociale, la cohésion nationale, le marché du travail local et les traditions disparaîtront, et ces pays connaîtront un processus d’homogénéisation. Jamais plus les autochtones ne seront capables de pointer du doigt les juifs, parce qu’il n’y aura plus d’autochtones, juste des tas de gens du monde entier, qui fêteront Kumbaya.

Les juifs pourront alors goûter et garder leurs positions privilégiées en Europe comme c’est le cas aux US. Ils ne seront pas seuls : par leur réussite, ils instaureront un patron à recopier par tous ceux qui ont envie de réussir dans le monde nouveau, et des masses de juifs par imitation serviront de socle aux menées politiques des vrais juifs.

L’insistance juive pour faire accepter les réfugiés syriens et l’immigration musulmane en général est quand même un phénomène gênant et déconcertant. Hypocrite est un mot trop doux pour en rendre compte. Excluons d’emblée que la moindre compassion soit à l’oeuvre. Il y a des milliers d’autochtones de Haïfa qui souffrent en Syrie et rêvent de revenir dans leurs villes et villages, mais Israël n’autorise nullement ces réfugiés syriens-là à rentrer chez eux : leur seul crime est de n’être pas juifs.

Israël n’accepte que les juifs, et les juifs américains n’y voient pas d’objection ; ils ne comparent pas les dirigeants israéliens à Hitler ou à Trump. Israël avait construit un mur sur sa frontière avec le Sinaï, et ce mur a stoppé net la vague des migrants africains. Les juifs américains n’ont pas hurlé « ni mur ni tri » devant l’ambassade israélienne. Quel est donc ce mystère ?

Kevin MacDonald a écrit un article profond pour tenter de démêler ce mystère, intitulé « Pourquoi les organisations juives veulent elles des réfugiés anti-israéliens ? «  et il l’a publié le 17 janvier quelques jours à peine avant l’installation de Donald Trump et trois bonnes semaines avant que le sujet devienne brûlant. Il a judicieusement prévu que Trump n’appellerait pas à l’unité nationale, dans son discours inaugural, alors que les médias misaient là-dessus. Mais surtout, il a prédit que Trump annoncerait une pause immédiate dans l’accueil des « réfugiés », en augmentation pour le moment, et que l’année fiscale suivante, le quota serait réduit à zéro. Cela déclencherait l’hystérie, et les grandes organisations juives s’y associeraient, c’était une quasi-certitude. La question de KMD était : mais pourquoi faire? Et s’il offre quelques réponses possibles, personne ne répond à son propre questionnement. Le monde est plein de convulsions diverses; et les US peuvent ramener autant de réfugiés qu’ils le souhaitent d’Ukraine ou du Brésil, de Chine et d’Afrique centrale, si l’on ne se place pas sous l’angle israélien.

Pour ma part, je suggère une explication toute simple : les juifs veulent importer des musulmans pour combattre le Christ et l’Eglise.

Les musulmans du Moyen Orient ne sont pas, ou n’étaient pas anti-chrétiens ; ils ont coexisté pendant des milliiers d’années avec leurs voisins chrétiens. En Palestine, chrétiens et musulmans vivaient ensemble et ont souffert ensemble sous le joug de Sion.

Mais depuis une date récente, un vent nouveau souffle dans la foi musulmane, le vent d’un rejet très énergique de tout ce qui n’est pas l’islam sunnite strict à la sauce Daech. Leur premier ennemi, c’est l’islam chiite, mais les chrétiens suivent les chiites comme seconde cible privilégiée de leur persécution. Les Frères musulmans, beaucoup plus modérés, se sont aussi durcis contre les chrétiens. A Gaza, le Hamas (qui est une branche des Frères musulmans) fait des sermons amicaux, mais les chrétiens quittent la bande de Gaza à toute vitesse. Le gouvernement par les mêmes Frères musulmans au Caire était considéré anti-chrétien par leurs voisins coptes. De sorte que les nouveaux réfugiés des contrées infectées par Daech (six parmi les sept de Trump : la Syrie, l’Irak, la Libye, le Yémen, la Somalie, le Soudan) ont probablement été contaminés par cette tendance anti-chrétienne.

C’est une  qualité superflue qu’on leur prête, en fait. Les musulmans sont instrumentalisés comme des partenaires silencieux dans la guerre juive contre l’Eglise. Au lieu de dire : « Nous, juifs, ne voulons pas entendre sonner de cloches chrétiennes, voir des Crèches de Noël, ni entendre de bénédictions chrétiennes », ces gens épris de modestie et d’effacement se cachent généralement derrière les musulmans. Ce sont les musulmans qui n’ont pas envie d’entendre sonner les cloches et de voir des sapins de Noël, disent-ils. Nous, juifs, nous sommes simplement un peu plus à l’écoute de nos frères musulmans que vous, espèces de brutes, et nous percevons ces choses. La sensibilité musulmane est d’ores et déjà brandie en Allemagne pour exclure les délices de la charcuterie locale et pour faire disparaître les célébrations chrétiennes. Aucune importance, si les musulmans, normalement, n’élèvent aucune objection contre les rites chrétiens, comme nous en avons l’expérience en Palestine. Les juifs et autres ennemis de l’Eglise continuent à marteler leur rengaine.

Avec les nouveaux musulmans contaminés par Daech, la guerre contre l’Eglise va accélérer d’un cran. On peut être sûrs que les juges US du genre de ceux de Seattle vont faire bannir les célébrations de Noël d’ici quelques années, en invoquant les mêmes réfugiés, qu’ils veulent absolument faire débarquer sur les rivages américains.

La guerre contre le Christ et contre l’Eglise est l’élément le plus important du judaïsme. Partout où les juifs triomphent, l’Eglise en souffre, et réciproquement. Israël, l’Etat juif, a été installé dans le berceau de la chrétienté, et ce, nullement par la volonté des sionistes ; de fait, Theodore Herzl, le promoteur du sionisme, appelait à l’implantation d’un Etat juif ailleurs, dans un espace allant de l’Ouganda (dans le Kenya actuel) à l’Argentine. Mais la guerre contre le Christ avait besoin de la Palestine, avec ses profondes racines chrétiennes.

Le texte juif médiéval primitif le plus populaire glorifiait Judas de sa victoire sur le Christ. La bataille contre l’Eglise et le Christ a modelé les armes juives que sont les médias et l’argent. L’Eglise était contre les usuriers ; le prêt à intérêt a été interdit par l’Eglise, mais les juifs s’en sont servis pour accumuler un vaste capital à mettre en œuvre contre l’Eglise.

Pour ce qui est des médias, la concentration actuelle de presque tous les médias importants entre des mains juives a commencé en France au 19° siècle, où les juifs avaient ourdi un complot pour prendre la propriété et le contrôle des médias, et les infléchir avec grands succès contre l’Eglise au long de la Troisième République, en particulier à partir de l’Affaire Dreyfus [Voir « La double Affaire Dreyfus », par Israël Adam Shamir ici :

http://www.israelshamir.net/French/L’Affaire_Dreyfus-FR.htm ]

Les juifs se sont habituellement alliés aux protestants, en tant qu’ennemis comme eux de l’Eglise. Les protestants croyaient certainement qu’ils se servaient des juifs pour leurs propres intérêts, mais finalement, séparées et hostiles les unes aux autres, les églises protestantes se sont retrouvées soumises à la seule volonté des juifs. C’est la raison pour laquelle les positions juives sont tellement solides aux US, en l’absence d’une église nationale unique. A en juger par l’Affaire migratoire, les juifs croient qu’ils peuvent franchir une nouvelle étape dans leur bataille contre le Christ : en utilisant les fanatiques islamiques comme couverture, ils projettent de renvoyer l’Eglise aux catacombes, et hors de l’espace public du même coup.

Ce qui va suivre dépendra beaucoup de la volonté du président Trump. Il se bat contre des obstacles incroyables. Son idée d’utiliser les sionistes contre les positions juives prévalentes, ça ne marche pas pour le moment. « Ses »juifs sont visés en tant que traîtres à la cause juive. « Kushner fait du tort aux juifs », dit Haaretz. Certes les juifs ont des choses plus importantes à défendre que l’Etat juif, mais ils sont unis pour la diversité, en d’autres termes, pour plus d’émigration depuis le Moyen-Orient.

Il devrait arrêter de cogner à la porte qui lui est fermée. Oublier le déménagement de l’ambassade, arrêter de tergiverser sur les autres rêves sionistes, et avant tout, oublier d’attaquer l’Iran. Si les sionistes offraient à Trump un soutien de tout cœur pour leurs frères américains, cela pourrait à la rigueur avoir du sens ; mais dans les circonstances actuelles, on n’en est pas là. Si Israël était menacé, alors, peut-être, les sionistes pourraient prévaloir sur leurs cousins libéraux, et les convaincre de penser plus à Israël et moins à la diversité. Mais le mot clé, néanmoins, reste le « peut-être »…

Eviter les guerres, voilà un autre secret de la réussite. Les US dépensent bien trop d’argent dans leurs guerres. Rester à l’écart du guêpier ukrainien ou syrien est parfaitement possible ; si l’Amérique dépense son argent chez elle, cela fera monter la popularité de Trump, et sabotera les efforts de ses adversaires. La classe ouvrière US pourrait être son meilleur rempart, parce que ce sont eux qui ont à perdre avec les guerres et l’immigration.

En attendant, Trump se débrouille bien. Il fait ce qu’il a promis : il a défendu la Russie alors qu’on le poussait dans l’autre sens ; et il tente de stopper l’immigration. Il a même essayé de ravir l’arme holocaustique aux juifs en refusant de les mentionner quand il a évoqué la chose. Aussitôt, les juifs l’ont traité de négationniste, ce qui est bon signe. Espérons qu’il va gagner.

Joindre Israel Shamir : adam@israelshamir.net

Publication originale par The Unz Review.

Traduction: Maria Poumier

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L’ère Trump : du Yin au Yang http://www.israelshamir.com/french/lere-trump-du-yin-au-yang/ http://www.israelshamir.com/french/lere-trump-du-yin-au-yang/#respond Wed, 25 Jan 2017 18:31:27 +0000 http://www.israelshamir.com/?post_type=french&p=3186 L’ascension de Donald Trump est bien plus qu’un changement de locataire de la Maison  blanche, au 1600, avenue Pennsylvania. C’est un basculement prodigieux du Yin au Yang, du paradigme féminin sombre au masculin éclatant, de Cybèle au Christ. L’impressionnante résistance au changement de régime suffit à prouver son importance exceptionnelle.

C’est pour cette raison que la révolution de couleur pour bloquer le règne du nouveau président a pris la forme d’une marche de femmes. D’un certain type de femmes, portant leurs génitailles en couvre-chef rose bonbon. Ni sainte Marie ni sainte Catherine, des femmes qui ne sont ni nos épouses ni nos mères, mais des hordes de ménades sauvages, comme les démentes qui hantaient les forêts, qui dans leur frénésie dépeçaient les hommes et dévoraient leur chair. Elles détestent le Christ et admirent les sorcières, pour elles le meurtre d’un bébé dans le sein de sa mère ne relève d’aucune  nécessité, mais seulement du désir, dans leur cœur. C’est pourquoi elles n’ont pas permis aux femmes des mouvements pro-vie à se joindre à leurs rites.

Si vous voulez une comparaison plus moderne, ce sont les nouvelles Pussy Riot.  Vous vous souvenez peut-être qu’il y avait un groupe russe qui portait ce nom [voir http://www.egaliteetreconciliation.fr/Megeres-non-apprivoisees-les-Pussy-Riots-13470.html  et l’article suivant http://www.israelshamir.net/French/PussyRiotFr2.htm ]. Elles étaient anti-Poutine comme la bande américaine est anti-Trump ; elles blasphémaient comme leurs homologues US, elles étaient guidées et soutenues par Louise « Madonna » Ciccone, qui s’est fait remarquer à Washington en menaçant de faire sauter la Maison blanche. Le groupe russe s’était essayé dans des mises en scène porno, sans grand succès ; puis elles se sont essayées à la politique, même flop, jusqu’au jour où elles sont allées profaner la cathédrale de Moscou. Là, elles ont rapidement été condamnées à deux ans de cachot, et depuis lors la paix est revenue entre les hommes et les femmes en Russie. Parfois, une petite correction immédiate est le meilleur moyen pour refroidir les méninges et les vulves enfiévrées.

Les Pussy Riot-2 ont pris le nom de Femen. Elles n’existent plus, c’est leur cheffe qui l’a fait savoir récemment. Et voilà donc les Pussy Riot-3, à Washington, une nouvelle tentative obscène pour instrumentaliser les femmes et leurs corps pour des desseins politiques et religieux contre le christianisme. Cela vous étonnerait d’apprendre que les trois mouvements ont été également financés par des dirigeants juifs de fonds spéculatifs ? Pourquoi est-ce que ces types tiennent tellement à manipuler des femmes pour leur profit ?

Les hommes aiment les femmes, on est faits comme ça. Nous aimons leurs corps splendides et leurs âmes pleines de compassion, leur esprit élevé et leur mentalité subtile. Ce sont nos amantes, nos amies, nos camarades. Dans toute l’histoire de l’art, il y a peut-être eu un poète, Palladas d’Alexandrie, qui abhorrait les femmes, à ce qu’il disait, mais même dans son cas, il est probable que c’était surtout une histoire de raisins trop verts. Quel dommage que dans notre société post-chrétienne, ou même anti-chrétienne, un très ancien type de  femmes ait été remis en selle, celui des femmes qui avaient rompu avec le Logos pour s’unir avec l’esprit païen des ténèbres. Dégondées et déstabilisantes, elles veulent absolument servir leur maître obscur de Wall Street.

Encore plus révoltants, ces hommes qui ont envoyé ces pauvres âmes égarées pour ravager les villes d’Amérique, en espérant provoquer la police ou des violences publiques. Ils savaient qu’il est difficile pour des vrais hommes de se défendre contre une attaque de femmes, et ils se servent de ce fait au maximum.

L’écrivain russe juif Dmitri Bykov considérait la chose comme un stratagème juif classique : ils envoient une femme provoquer un homme à coup d’insultes et de paroles blessantes ; s’il répond, elles l’attaquent au nom de la gent féminine offénsée au grand complet, comme il l’a écrit dans son divertissant Living Souls. Les maîtres à penser juifs de la révolte des viragos, George Soros et son milliardaire d’ami Tom Steyer, qui a annoncé 100 millions pour faire tomber Trump, ont utilisé le même subterfuge.

Les viragos ont été rejointes par les LGBT, l’horrible tétragramme, les dévots modernes de Cybèle. Les prêtres de Cybèle et leurs fidèles se castraient face à leur déesse. Il est là, l’objectif ultime du projet gender : la castration des mâles. Et maintenant les voilà battus, comme ils avaient été battus, des siècles plus tôt, et ils ne se laissent pas faire.

Il ne s’agit donc pas d’un virement de bord entre Démocrates et  Républicains, mais d’une bifurcation entre Cybèle et le Christ. Cet aspect ésotérique du changement de régime était clair dès le départ pour les protagonistes, et c’est pour cela que Trump était allé avec son épouse à l’église, main dans la main, juste avant lentrée triomphale, restaurant par là le cérémonial, dans l’ordre normal des choses. Et c’est pour cela que Trump a chassé, par son tout premier geste béni, la page LGBT du site de la Maison blanche, lui redonnant sa splendeur.

La machine médiatique « un faux témoin qui ment comme il respire et qui sème la discorde entre les frères (selon le Livre des Proverbes, toujours la meilleure source pour les citations !) a fait état « d’un million de participants, à Washington et ailleurs ». Grande modestie de leur part, certes. Je m’attendais à ce qu’ « ailleurs » on évoque un milliard de protestataires, ou au moins six millions, un bon chiffre bien familier. Pas moyen de vérifier les chiffres de « l’ailleurs ». Les nombres, comme la beauté, relèvent des yeux qui se posent sur eux ; ils n’avaient vu que peu de badauds à la cérémonie, mais à les en croire, ils ont vu des multitudes de ménades marchant depuis Seattle et Rhode Island vers Washington  pour dévorer Trump tout cru, comme jadis Orphée.

C’en est fini de l’ère du Yin et de la confusion dans les rôles sexuels. L’ère des gentilles vieilles dames assurant la direction des opérations pour le compte des marionnettistes invisibles. L’ère des toilettes unisexe pour faire oublier l’égalité. L’ère du politiquement correct au lieu d’une politique correctrice. L’ère des hommes honteux de leur virilité et des femmes manipulées par les pdg des fonds pourris.

Même les meilleurs gestes du régime qui prend fin ont été marqués par des désordres dans l’ordre du genre. Ainsi, pour le pardon d’Obama  à Bradley Manning, je suis vraiment heureux que ce garçon puisse, espérons-le, retrouver sa liberté, après des années dans les caves de la Gestapo, oui, de la Gestapo, car Trump a justement comparé les services secrets des US à ceux du Troisième Reich. Manning avait été maintenu nu, enchaîné, humilié et torturé. Peu de prisonniers de la Gestapo allemande ont souffert autant. A bout de forces, il a choisi de renoncer à sa virilité, un geste tragique. Je me demande lequel de ses tortionnaires lui a donné pareil conseil.

Il n’est pas devenu une femme pour autant, parce qu’un homme ne peut pas devenir une femme. Je suis tout à fait d’accord avec Germaine Greer, la vieille féministe. Seul Dieu peut faire une femme, un homme peut tout juste se faire travesti castré. C’est le sort qui était réservé à nos fils par la domination du Yin, un triste sort pour un homme qui  nous a donné, qui a donné à l’humanité les données brutes et précieuses sur l’ingérence  à laquelle sont confrontés des douzaines de pays dans leurs élections. Non pas l’ingérence des « pirates russes », mais celle que le Département d’Etat et les Services secrets abritaient en fait dans l’intérêt des promoteurs du Nouvel ordre mondial. Et maintenant, ils ont été battus chez eux, par le peuple américain, et Bradley Manning a immensément contribué à cette victoire.

Mais les médias ont ronronné avec délectation sur « Chelsea Manning » et son avenir en tant que « femme » libre. Quel stupide choix dans les termes. Mais souhaitons-lui une liberté entière, et qu’il puisse mener lui-même sa barque comme il l’entend.

L’ère déclinante du Yin a poussé le féminisme jusqu’à l’absurde. Beaucoup de films récents se sont pliés à ce contorsionnisme. Ils nous ont martelé « quatre pattes c’est bien, deux c’est mal », comme disait George Orwell [dans La Ferme des animaux], comme un mot d’ordre pour pulvériser toute opposition. A l’époque Yin, c’était « le vagin c’est bien, le pénis c’est mal » mais le matraquage était tout aussi persistant. Toutes les grandes découvertes avaient été faites par des femmes, les hommes n’avaient fait que se les approprier, telle était la logique derrière la nouvelle version de SOS Fantômes et Les figures de l’ombre. Ce dernier film avait perfectionné l’idée en créditant du génie non seulement n’importe quelle femme, mais surtout les noires. Dieu sait qu’il y a de merveilleuses femmes noires, comme Cynthia McKinney, qui s’est rebellée contre le lobby juif au cœur du Capitole occupé, mais ce n’est pas elle qu’ils citaient en exemple.

L’histoire des arts a été réécrite. Dans la vraie vie, les femmes ont inspiré presque tous les artistes, mais il y a eu très peu d’artistes femmes. Selon l’histoire ré-écrite, Artemisia Gentileschi, femme peintre accomplie, quoi que de second rang, du XVII° siècle, éclipserait tous ses contemporains, eu égard à la quantité d’études qu’elle a inspirées [parce que son sujet de prédilection était Judith égorgeant Holopherne]. Le vagin c’est bien, le pénis c’est mal.

L’homosexualité était le désordre sexuel le plus glorifié sous le règne du Yin. Certains homosexuels  ont été de grands artistes, écrivains et guerriers ; mais ils avaient une personnalité perturbée et ils étaient portés sur la perfidie. Le meilleur écrivain homosexuel du XX° siècle, Jean Genet, a glorifié la cruauté, la trahison et le meurtre dans son magnifique roman Notre-Dame des Fleurs. Se réaliser par l’art ne prouve en rien qu’on soit une personnalité fiable et bonne, bien souvent c’est juste le contraire.

 

Nous n’avons plus le droit de le dire, mais il y a quelques années encore, c’était une marque de clairvoyance admise de signaler que les homosexuels sont traitres et peu fiables, impropres pour l’exercice public de la vérité. Ces tendances les ont acoquinés avec les Maîtres qui ont besoin de gens à double fond, de gens qui trahissent facilement la confiance du public, pour occuper des positions politiques importantes.

Le grand écrivain et reporter de guerre Curzio Malaparte, dans son livre choquant sur l’occupation/ libération de Naples par les Américains, La Peau (« ce qu’un homme fera, les sommets de l’héroïsme et de l’infamie qu’il peut atteindre, pour sauver sa peau ») avait remarqué que les homos avaient une aptitude à accepter gaiement l’occupation et à faire plaisir à l’armée de l’envahisseur. Pour cette observation pénétrante, il avait été ostracisé par une grande partie des médias modernes, mais de fait, les homosexuels autochtones sont très accueillants pour une armée d’occupation. Israël prend grand soin des Palestiniens gays et leur donne même une sorte d’asile. L’internationale gay (selon les termes de Joseph Massad) ont été les instruments d’une nouvelle espèce de colonisation du monde arabe. Cela pourrait  nous fournir une explication supplémentaire au fait que les Maîtres aient soutenu et encouragé cette conduite non naturelle y compris chez eux, parce qu’ils traitent leur propre pays comme des territoires occupés.

 

Ceci n’est pas un appel à la moindre action contre ces gens, il s’agit juste de les renvoyer  dans leurs tanières. L’humanité est habituée à vivre avec ce genre de turbulences et sait même tirer parti  parfois de leurs saccages ; mais jamais auparavant on n’avait vanté un tel désordre comme la nouvelle norme. Il n’y a rien à glorifier là-dedans. Rentrez dans vos placards, pauvres âmes tourmentées, avec les sado-masos, les pédophiles et autres amateurs de « pizzas », et restez-y.

S’il y a bien un sujet qui a dégoûté des US à l’étranger, c’est cette insistance pour faire appliquer dans le monde leur programme « mariage pour tous ». Les US sont ou étaient la seule superpuissance, si bien que peu de pays [en dehors de l’Afrique] ont refusé de les suivre dans leurs campagnes violentes pour les « droits » des déviants, mais personne n’aimait ça, et les Américains non plus, si l’on en juge par les résultats des élections. L’un des secrets de la popularité de Poutine en Russie, c’est sa résistance obstinée face aux exigences de l’ancien régime US pour populariser la déviance sexuelle. La vie privée en Russie est libre et intouchable, mais les déviants qui  veulent glorifier leur déviance dans un espace public en présence de mineurs en sont immédiatement empêchés.

Dans la très tolérante France, l’insistance du président Hollande pour forcer le passage du « mariage  pour tous »  face à une immense opposition populaire lui a permis de battre tous les records d’impopularité jamais atteints par un dirigeant français en  exercice. Gageons que le président Trump ne va pas nous nous forcer à mettre le nez dans des actes antinaturels en public.

Ça vaudrait le coup aussi de rembarrer les viragos. Elles infectent leurs sœurs impressionnables avec leur inconduite sauvage, et font la vie impossible aux hommes. Parmi les actions remarquables de Poutine, je soulignerais l’élimination des Pussy Riot, l’incarnation antérieure des vagins roses marchant sur la Maison blanche.

Chaque fois que l’on assiste à une bataille contre le Logos, contre le Christ et contre la nature, on peut s’attendre à rencontrer certains juifs. Car tandis que les managers juifs de fonds spéculatifs payaient pour les Pussy Riots, les médias de propriété juive leur fournissaient une abondante publicité gratuite. Alors où en sont les juifs par rapport à Trump ?

Regardons les choses en face, les juifs n’aiment pas Trump (comme toujours, à l’exception de certains individus parce que le libre arbitre peut toujours être plus fort que l’affiliation ethnique). Mais il y a des juifs sionistes, Netanyahou compris, qui pensent que Trump peut être une bonne affaire pour les juifs. Et il y avait aussi des juifs sionistes qui pensaient qu’Hitler pourrait être une affaire en or pour les juifs. Ils ont essayé, avec succès, de négocier des accords profitables avec l’Allemagne nazie entre 1933 et 1941. Bravant le déplaisir de l’establishment judéo-américain, ils avaient brassé des millions de dollars dans le négoce avec l’ennemi nazi, et fait des bénéfices substantiels, tandis que l’Allemagne avait bien des obstacles à surmonter dans son commerce extérieur à cause du boycott juif. Hitler espérait que son commerce avec les sionistes améliorerait ses relations avec la communauté juive américaine, importante, mais en vain.

Il s’agit donc d’un vieux stratagème juif : le corps des juifs combat un ennemi, tandis qu’une seconde mouvance spéculatrice noue des relations fructueuses avec l’ennemi. En ce moment, les forces principales des juifs combattent Trump et tout ce qu’il entreprendra. Les juifs au Congrès et au Sénat, les juifs dans les médias, depuis Hollywood jusqu’au New York Times sont contre Trump. Mais la branche spéculatrice, la branche secondaire sioniste, soutient Trump parce qu’ils espèrent qu’il va leur faire plein de cadeaux.

Maintenant les Israéliens projettent d’annexer certaines parties de la Cisjordanie et espèrent déménager l’ambassade US à Jérusalem. Les juifs sionistes sont très pressés, parce qu’ils ont peur que Trump découvre tôt ou  tard qu’il n’obtiendra pas grand-chose des sionistes en retour. Les sionistes ne peuvent guère influencer la corporation principale des juifs US.

 

Si on tape sur google « Trump antisémite », on trouve un demi-million de références, toutes récentes pour la plupart. Qu’il suffise de mentionner cet article d’opinion de Bernard-Henri Lévy dans le New York Times, où il explique que Trump est un gardien de cochons qui veut la destruction des juifs, derrière ses gestes ostensiblement aimables [http://laregledujeu.org/2017/01/23/30564/bhl-trump-diocletien-et-le-gardien-de-cochons ]. Donc à moins qu’il veuille simplement les satisfaire, juste pour le plaisir d’être gentil avec certains juifs, cette relation ne devrait pas tenir longtemps, et peut finir en lamentations.

 

Car les juifs soutiennent les institutions financières depuis la Réserve fédérale jusqu’aux banques et aux obligations pourries ; ils tirent profit des frontières ouvertes, ils sont pour l’immigration et sont généralement contre les dirigeants et politiciens populaires. Pour toutes les raisons logiques, ils seront contre  Trump, tandis que les Israéliens vont tenter d’embobiner Trump aussi vite et aussi complètement que possible.

Et pourtant, rien là-dedans,  ni les juifs, ni les viragos, ni les déviants, ne représente une menace sérieuse. A eux tous, c’est une opposition et une nuisance avec lesquelles on peut vivre. La victoire du Yang ne peut et ne sera pas totale. Le Yin et le Yang coexisteront toujours, c’est juste une question de proportion. Le président Trump ne devrait même pas souhaiter une victoire totale et l’élimination des éléments Yin. Il suffira de les repousser dans leur propre rôle servile, à l’écart du centre de la vie culturelle et économique. La soumission chez le Yang est anormale, mais le Yin devrait avoir sa place modeste. Et nous avons bon espoir que cet équilibre s’impose.

Traduction [et ajouts] : Maria Poumier

Joindre l’auteur adam@israelshamir.net

Original publié par The Unz Review.

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La libération des esclaves http://www.israelshamir.com/french/la-liberation-des-esclaves/ http://www.israelshamir.com/french/la-liberation-des-esclaves/#respond Wed, 23 Nov 2016 22:54:20 +0000 http://www.israelshamir.com/?post_type=french&p=3167 La victoire électorale de Trump a mis en branle des énergies et des bouleversements à une échelle sans précédent. Le monde en a été changé, au-delà de tout ce qu’on pouvait attendre de l’élection d’un président US. C’est tout récent, mais le Nouvel Ordre mondial a reçu une claque de première grandeur. On respire un air de liberté, comme si le vote avait brisé les chaînes de toute une génération, et que nous nous retrouvions tous libres, soudainement.

Premier signe de cette liberté toute neuve, des infos nous parviennent, les redoutables TTIP et TTP, les deux accords jumeaux que l’administration Obama a failli imposer au monde tout entier, sont quasiment morts. C’est Trump qui a tué les accords, ont dit les Allemands, et c’est une très bonne nouvelle. Même s’il n’y en avait pas d’autre, cela justifierait d’avoir voté Trump.

Certains militants bêtas prétendent que c’est eux qui sont parvenus à arrêter le TTIP et le TTP. Sans blague ! Sans Trump, ne leur en déplaise, les accords auraient été bel et bien signés et ratifiés, avec ou sans protestations. Il faut reconnaître à Trump ce qui lui est dû, point.

Je félicite Trump d’avoir choisi Stephen Bannon. Il est si lourdement diabolisé par les forces du Nouvel Ordre mondial, traité d’antisémite avec une telle ferveur, que c’est forcément quelqu’un de bien ! Si Trump persévère et le garde, ce sera une preuve de plus qu’il ne connaît pas la peur, que la magie du politiquement correct n’opère plus et que le mot « antisémite » ne peut plus ruiner une carrière.

J’ai de la peine pour les pauvres garçons et filles qui arpentent les villes américaines en proclamant leur amour et leur loyauté envers Obama et la Clinton. Ils ont été zombifiés à mort, au point de croire que le régime du Nouvel Ordre mondial était éternel, que les noirs dociles, que les latinos susceptibles, que les gays délicats et que les juifs malins voteraient toujours comme le leur ordonnaient des femmes intelligentes qui portent la culotte, tandis que les travailleurs de Detroit allaient courber l’échine sous le fouet des privilégiés mâles et blancs. Ils ont vu trop de films, et ils ont perdu le contact avec la réalité, ces petits jeunes, comme les royalistes qui restent entièrement dévoués à un roi destitué, mort et enterré.

Nous étions tous esclaves, mais des esclaves de deux sortes ; les esclaves consentants et les autres, les « kounichettes » et les travailleurs de force des champs. Ceux qui s’égosillent en chœur sur l’air de « Trump n’est pas mon président » sont des esclaves domestiques : ils ont appris à aimer et à obéir à leurs maîtres. Trump les a libérés comme les autres, mais ils ne savent pas encore quoi faire de la liberté, et ils supplient qu’on leur rende leurs chaînes.

.L’Europe est remplie d’esclaves de maison. Pour toute une génération, la seule façon d’avancer dans la vie, c’était de devenir des esclaves heureux, et c’est ce qu’ils ont fait. Il y a des dizaines de milliers d’esclaves heureux en Suède, qui ont appris par cœur les slogans du NOM, même si c’est cela qui a mené la Suède à la catastrophe. Ils ont accepté la férule féministe et la conquête migratoire, et voilà que brusquement, on n’en a plus besoin. Ils voient la liberté en face, et ils font la grimace.

Mais pour nous, les esclaves des plantations, la victoire de Trump est une pure bénédiction. Nous détestions l’esclavage, et nous aimerons la liberté, et nous y voyons clair, derrière les manigances élémentaires de nos anciens maîtres, qui essaient de nous faire peur et de nous remettre en cage.

Le NOM est mort! 

Nous appellions ça le Nouvel Ordre mondial, et nous redoutions d’en avoir pour très longtemps. Il avait pris corps à la fin des années 1960, s’est répandu dans les années 1980, s’est mis à porter des fruits au début du troisième millénaire, et puis s’est effondré à peine quelques minutes avant de faire sauter la planète. Et dans ce court intervalle, l’Occident a connu une forme inédite de gouvernance hautement idéologique, et de mise en esclavage futuriste de l’humanité, comme l’avait prédit Orwell.

La plus grande partie de la population a été diabolisée: les gens simples qui travaillent, qui ont des femmes aimantes et des enfants, qui vont à l’église, se sont vus traiter de fascistes ou de “mâles blancs privilégiés » ; leur foi chrétienne traditionnelle était mise hors la loi et chassée de l’espace public ; les relations normales entre les sexes semblaient louches, la propagande pour l’homosexualité était devenue aussi envahissante que la propagande communiste au temps de Brejnev, les parents et les enfants n’arrivaient plus à s’entendre, et les mots les plus ordinaires étaient bannis.

“Discours de haine”, voilà en quoi consistait le principal crime selon le NOM. « Fanatiquement ringard », un terme qui s’appliquait sans méchanceté jadis aux vieux colonels à la retraite, est devenu le pire épithète qu’on puisse coller à quelqu’un, tandis qu’on se mettait à tolérer voire à encourager certains péchés mortels. L’antisémitisme était devenu un crime impardonnable, et cela englobait la critique envers la Réserve fédérale, le rejet de Janet Yellen, ou de Goldman Sachs, et le dégoût du New York Times. Quand Donald Trump a critiqué les financiers internationaux, l’Anti Defamation League a hurlé à l’antisémitisme, malgré le fait qu’il n’avait pas mentionné les juifs le moins du monde : parce que tout le monde sait qui sont ces financiers. La cupidité, voilà un terme qui avait disparu de la langue, alors que c’est le plus grave des péchés, ou le père de tous les péchés. « Avare » était sans doute devenu aussi un gros mot « haineux ».

La fin du siècle juif 

C’est Yuri Slezkine qui a qualifié notre époque de siècle juif (voir http://www.egaliteetreconciliation.fr/Le-Siecle-juif-de-Yuri-Slezkine-18560.html ). Eh bien c’en est fini, depuis l’élection de Trump. Les Américains ont trouvé le courage de voter selon leurs intérêts au lieu de faire ce qu’on leur disait de faire. Grosse surprise pour les juifs, qui s’apprêtaient à savourer le millénaire juif. Le NOM avait été bâti pour durer, mais beaucoup d’entreprises humaines l’avaient été avant cela, y compris le Troisième Reich.

Vous n’avez peut-être pas apprécié ces dernières années de règne du NOM, sauf si vous appartenez au 1% des très riches et très puissants, et peut-être non plus même si c’est votre cas. Vous aviez probablement moins de sécurité dans votre emploi et dans vos revenus, vous deviez surveiller vos paroles plus soigneusement, et vous ne vous sentiez sans doute pas à votre place, si vous êtes resté chrétien. Peut-être que vous n’avez pas aimé que votre pays vous ait été soustrait et repeuplé par des étrangers. Peut-être que vous n’avez pas apprécié quand Lena Dunham a appelé à l’extinction de la race des mâles blancs. Mais vous ne trouviez pas le moyen de protester sans vous retrouver aussitôt traité de nazi, ce qui était fort lourd à porter.

Pendant ce temps-là, les juifs savouraient l’époque la plus merveilleuse de leur histoire. Tous ceux qu’ils accusaient d’antisémitisme disparaissaient de la vie publique. Chemi Shalev, un rédacteur de Ha’aretz, un américano-judéo-israélien, pleure déjà ce temps révolu : « ce n’est probablement pas une coïncidence si pendant le mandat d’Obama, les juifs américains ont atteint le pinacle en matière d’acceptation sociale et culturelle. C’était génial, d’être un juif américain. C’était cool, c’est ce qu’il fallait être. Les sondages de Pew Research confirmaient tout le temps que les juifs étaient le groupe le plus aimé et admiré parmi les différentes communautés religieuses, dans toute l’Amérique. »

Que pouvaient-ils souhaiter, ces gens tant aimés et tant admirés, et par ailleurs, les plus riches parmi les Américains ? « Ils soutiennent l’immigration, le pluralisme, le multiculturalisme, la réforme sociale, l’intervention gouvernementale, la séparation de l’Eglise et de l’Etat, le mariage gay, les droits à l’avortement et tutti quanti. Il est facile de voir, en fait, pourquoi tant de supporteurs radicaux de Trump voyaient dans les juifs leurs ennemis mortels », conclut Shaley.

La réalité est plus complexe que ce qu’il prétend. Shaley disait que « les juifs » avaient voulu le NOM. Peut-être que c’est vrai en ce qui concerne le groupe dirigeant quoique jamais élu comme tel, des juifs américains. Mais une minorité puissante et mesurable de juifs n’était  nullement d’accord avec « les juifs ». Certains préfèrent le sionisme. Le sionisme, c’est la négation complète de tout ce que « les juifs » veulent : pas de séparation entre Etat et église juifs, pas d’immigration goy. « Les juifs » défendent les musulmans afin qu’ils ne soient pas listés par Trump, tandis que les sionistes fichent absolument tous les musulmans qui sont sous leurs ordres. Jusqu’à maintenant, sionistes et juifs (progressistes) ne se disputaient pas, parce que les sionistes s’occupaient de gérer l’Etat juif, tandis que « les juifs » disaient aux goys comment ils devaient se conduire.

Maintenant, la différence a provoqué une fracture : les ennemis du NOM clamaient que leur soutien à Israël et au sionisme aurait dû les protéger de l’accusation (qui reste dangereuse) d’antisémitisme. Même si le sionisme est suffisamment hideux, c’est d’une laideur localisée, en comparaison avec la laideur universelle qui est répandue à l’échelle de la planète par « les juifs ». Il vaudrait mieux rejeter les deux variétés de la chose, et beaucoup de gens le font, y compris des gens d’origine juive. Espérons que bientôt, le moment viendra où l’accusation d’antisémitisme se heurtera à un « ah bon ? » distrait, ce qui évitera à chacun d’avoir à choisir entre les deux tristes variantes du mal, mais  nous n’en sommes pas encore là. Un politicien prudent choisit l’une des deux options, celle qu’il tient pour secondaire.

En Angleterre, Jeremy Corbyn préférait l’antisionisme, mais il a dû payer pour cette indulgence en « combattant l’antisémitisme ». Il a éreinté certains de ses partisans, offert une protection supplémentaire aux juifs, mais les juifs l’ont quand même attaqué immédiatement. Aux US, Trump et ses soutiens préfèrent flirter avec les sionistes, et les sionistes l’ont défendu contre les juifs « progressistes ». En France aussi, Marine Le Pen a fait ami-ami avec les sionistes afin de sécuriser son mouvement contre un vaste front juif à l’attaque.

Les sionistes sont d’accord pour accepter Trump tout comme Marine. Le sionisme a fleuri dans les années 1930 comme un mouvement juif national socialiste : il avait été bâti de façon à faire une place à la juiverie organisée dans l’Europe dominée par le fascisme et au Moyen-Orient. Les sionistes adoraient Mussolini, et ils admiraient Hitler. Ça ne leur pose pas de problème, d’être amical avec n’importe quel mouvement d’extrême-droite (une comparaison serait hors-sujet). S’ils avaient bâti leur Etat juif sur une île lointaine et  dépeuplée, ce serait leur affaire intérieure, mais leur projet d’implantation en Palestine a créé trop de problèmes pour d’autres.

Les sionistes sont des alliés problématiques pour Trump, et les néo-cons sont leur émanation, extrêmement dangereuse. Il faudrait les maintenir aussi loin que possible du pouvoir, parce qu’ils feront payer leur soutien au prix fort et forceront l’Amérique à livrer de nouvelles guerres. Donald Trump peut se trouver de meilleurs alliés juifs, en dehors des sionistes ou des juifs “progressistes” tenants du NOM. N’oubliez pas ceci : bien des juifs (comme les non juifs, d’ailleurs) avaient voté pour Sanders ou pour Jill Stein. Et maintenant Bernie Sanders cherche à revenir en scène, tandis que Jill Stein est disponible. Tous les deux sont connus pour leurs positions anti NOM et modérément antisionistes ; ils pourraient parfaitement être adoptés   dans l’administration Trump. Sanders a d’ores et déjà exprimé son accord pour travailler avec Trump.

C’est une démarche semblable qu’avait entreprise Menachem Begin, le dirigeant d’extrême droite israélien, quand il était arrivé au pouvoir en Israël en 1977. Il avait nommé Moshe Dayan, figure dominante des travaillistes, qu’il avait battus aux élections, au poste de ministre des Affaires étrangères. Cette initiative sage et osée avait renforcé puissamment ses positions, et avait miné les travaillistes pour longtemps.

L’administration Trump avec Bernie Sanders ou Jill Stein à un poste important (Secrétaire d’Etat? Secrétaire au commerce ? Secrétaire au travail ?) serait immunisée contre bien des attaques et des accusations, et cela apaiserait la société. Cela réglera aussi le problème juif de Trump, et fera des juifs pro NOM et des sionistes extrémistes des gens qui ne comptent plus.

Sauver l’Europe

Les excès du NOM ont beau avoir été funestes pour les US, la chose a été bien pire en Europe ; et pour les Européens de l’Ouest la victoire de Trump est tout aussi importante,  autant que la nomination de Mikhaïl Gorbatchev l’avait été pour les Européens de l’Est. Les troupes US sont toujours stationnées en Europe, mais ils n’ont plus la foi, désormais. L’Europe est sur le point de recouvrer l’indépendance, alors qu’elle a bien failli franchir un point de non-retour.

Le problème, c’est que tant d’année de diktats US ont oblitéré toute direction européenne autochtone. Les politiciens européens étaient entraînés à gouverner au nom du NOM, et parce que les US les y autorisaient.  L’extrême droite nationaliste a des ambitions, mais pas de dirigeants sérieux, de calibre national, en dehors de la France.

Un professeur russo-américain a comparé la libération occidentale qui vient avec la libération de l’Est il y a vingt-sept ans. « Le système du parti unique qu’avait l’Ouest depuis l’effondrement de l’Union soviétique, c’est fini. Et il en est de même pour la domination idéologique et la presse simpliste et donneuse de leçons ». Certes, comme à l’époque soviétique, le système multiparti avait été pratiquement démantelé en Europe.

Il n’y avait plus de différence entre gauche et droite, dans la mesure où les deux partis étaient devenus identiques, se bornant à rivaliser de ferveur envers les migrations, le combat contre l’antisémitisme, la dénonciation des privilèges masculins, l’austérité à imposer, les coupes à faire dans la protection sociale, les enfants à retirer à leurs parents, l’élimination des emplois dans la production, les restrictions à imposer à l’Eglise, les sommes supplémentaires à allouer aux riches banquiers, les services de sécurité ainsi que les militaires de l’Otan à renflouer, et es travailleurs à flouer.

Ce processus avait commencé après la Deuxième Guerre mondiale, parce que l’Europe avait été morcelée et jugulée. L’Europe de l’Ouest a été aussi sûrement colonisée par les US que l’Europe de l’Est par l’URSS. Les colonisateurs de l’Europe de l’Ouest, les bâtisseurs du NOM depuis l’Amérique –j’hésite à les appeler les Américains, parce que beaucoup d’entre eux étaient des immigrants venus d’Europe qui se sont servis des US comme d’un outil pour créer le gouvernement mondial unique. Pour eux, la victoire de 1945 avait été une grande occasion d’écraser les forces nationales, pour promouvoir des politiciens complaisants en synchronie avec leurs plans.

Après le retrait soviétique en 1990, les agents du NOM ont pris le contrôle de toute l’Europe. Le contrôle par le politiquement correct est devenu total, le féminisme radical et les tribunaux juvéniles ont détruit la famille européenne, les concepts mêmes de parents, de paternité et de maternité ont été vidés de leur légitimité ; des millions de migrants ont été transférés en Europe pour remplacer la population, et chaque opposant s’est vu traité de nazi.

Les Allemands sont un cas à part : après les terribles bombardements aériens de 1945, après l’éducation holocaustique intensive, ils avaient été infectés par un sentiment de culpabilité outrancier. Ce peuple jadis fier et industrieux avait été maté, ils étaient devenus des esclaves obéissants. Maintenant ils ne veulent pas se séparer de leurs maîtres américains. Merkel a promis à Obama de veiller sur les braises, en attendant qu’il puisse revenir, après le mandat de Trump.

Cela me rappelle l’Empire romain se retirant de la Bretagne. Les légions étaient rentrées chez elles, mais les gouvernants bretons post-romains criaient à tout vent qu’ils commandaient au nom de Rome. Peut-être que cette ruse sera mise en œuvre à nouveau en Europe, et que de nouveaux dirigeants européens prétendront qu’ils ont toujours l’imprimatur US, jusqu’au jour où les Européens trouveront par eux-mêmes de nouveaux dirigeants indépendants.

Les Russes sont prudents, mais ils jubilent

Les Russes sont heureux de la victoire de Trump, mais ils ne sont pas encore rassurés. C’est sérieux? Ne sont-ils pas victimes d’un effet d’optique? Quoiqu’il en soit, la Trumpmania n’est pas loin. Si Trump parvient à prendre effectivement possession de son poste, s’il garde les néocons et les guerriers de Washington à l’écart des postes importants, l’ours russe lui mangera dans la main. Et cela pourrait bien régler un grand nombre de problèmes mondiaux, depuis le Moyen Orient jusqu’à l’Europe de l’Est.

Si Trump constitue une réponse tardive à l’initiative de paix de Mikhaïl Gorbatchev, il pourra ramener les troupes US au pays, et l’Age d’Or pourra se répandra sur l’humanité souffrante.

En attendant nous devrions être heureux du retrait imminent du programme  transhumaniste, de la fin de la tyrannie « progressiste », de la fin des migrations de masse, et du grand élan pour restaurer l’édifice en ruines de notre société.

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Joindre Israel Shamir: adam@israelshamir.net

Original publié par The Unz Review.

Traduction: Maria Poumier

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Félicitations, les gars! http://www.israelshamir.com/french/felicitations-les-gars/ http://www.israelshamir.com/french/felicitations-les-gars/#respond Thu, 10 Nov 2016 22:50:49 +0000 http://www.israelshamir.com/?post_type=french&p=3165 Quel bonheur, de s’être levés assez tôt pour suivre les dernières minutes de la course historique entre le champion des « déplorables » et la meilleure amie des banquiers, et de voir Trump en sortir vainqueur ! Merci Seigneur de m’avoir permis de voir toutes ces scènes, et qui plus est, depuis Jérusalem, où je me trouve en ce moment, au soleil. Et merci à nos amis américains, d’avoir remporté cette victoire. Vous n’avez pas eu peur quand on vous a traités de racistes ringards, vous n’avez pas flanché quand la CNN a dit, encore hier, que la Clinton avait 96% de chances de gagner. Vous ne vous êtes pas rassis avec une bouteille de bière,  vous êtes quand même allés voter, que Dieu vous bénisse.

Et merci aussi à ceux qui ont voté contre Trump. L’ex-président Bush a dit qu’il n’avait pas voté pour Trump, et là, je me suis senti gâté. Je suis tellement heureux à l’idée que nous ne devions rien, pas le moindre petit bulletin de vote, aux belliqueux bushistes. Ce serait très gênant de se retrouver dans le même camp que le boucher de l’Irak. John McCain a même essayé de poignarder Trump, et ne l’a pas soutenu, excellente nouvelle. Le patron du FBI a succombé aux pressions et a soutenu la Clinton au lieu de s’en tenir à la loi, bon débarras !

 

Dieu vous bénisse, mes collègues et éditorialistes de ces vrais grands médias américains que sont Ron Unz de Unz.com, Jeffrey St Clair de Counterpunch.org, Justin Raimondo d’Antiwar.com. En attaquant les médias officiels corrompus, vous avez sauvé la dignité et le sens de votre profession, vous avez fourni des analyses et des opinions aux travailleurs qui réfléchissent en Amérique.

 

Dieu te bénisse, Julian Assange de Wikileaks, depuis ta chambre sans fenêtre à l’ambassade équatorienne de Londres ! Tu as tellement fait en publiant les documents auxquels personne n’osait toucher. Sans toi, le peuple américain ne saurait rien des sales manigances de la Convention démocrate, et des complots de Podesta. Tu as étalé leurs plans secrets. Ces découvertes donneront beaucoup de grain à moudre aux médias de demain. Que le président Trump pardonne à Julian, parce que tout ce qu’il a fait, il l’a fait pour nous, dans la grande bataille contre les sinistres globalistes. Et, dans la foulée, qu’il pardonne aussi à Edward Snowden et à Bradley Manning, qu’ils puissent rentrer chez eux avec les honneurs mérités.

Aujourd’hui, le monde a évité un grand danger. Nous avons scruté les abîmes de l’Armageddon, et nous en sommes écartés en vitesse. Maintenant, le monde va pouvoir régler ses nombreux problèmes. Les guerres du Moyen Orient vont bientôt prendre fin. Avec la déroute de la reine de Daech Killary, les rebelles fanatiques vont quitter Alep et regagner leurs bases dans le désert d’Arabie, ce qui permettra aux Syriens de reconstruire leur magnifique pays. Que les Saoudiens hébergent et se chargent de nourrir les gangs d’Isis, ils deviendront peut-être de bons conducteurs de chameaux. Il y a assez de place en Arabie saoudite pour tous les djihadistes, laissons-les s’y rendre et y rester.

L’amitié avec la Russie va désarmer l’autre source de danger, l’Europe de l’Est. Les va-t-en guerre de l’Otan partiront à la retraite cultiver leurs concombres. L’Estonie sera bien plus en sécurité, de fait, sans les chars US. Le monde n’a pas besoin de toutes ces armes de destruction massive ; les financements peuvent servir à autre chose, comme des soins médicaux abordables pour la moyenne des Américains. ; ou pour mettre à jour les infrastructures, comme l’a dit Trump.

La stratégie visant les minorités n’a pas marché. Les femmes, les femmes blanches d’Amérique, ont voté pour Trump, alors même qu’on leur ordonnait de marcher derrière la petite sœur de madeleine Albright. Les citoyens US d’origine mexicaine savaient qu’ils étaient utilisés par des gens qui ne se soucient nullement d’eux, et ils n’ont pas éprouvé le moindre besoin d’aller voter pour Clinton.

Et les juifs ? Je vais vous étonner : malgré beaucoup de sombres pronostics dans l’autre sens, les Israéliens ont été satisfaits de la victoire de Trump. Les citoyens US vivant en Israël ont voté pour Trump. Les juifs religieux (en Israël et aux US) ont voté pour Trump. Il y a  eu une grande hystérie dans le camp progressiste juif, chez les juifs gays et ostentatoires, ou parmi les juifs financiers, mais ce n’est qu’une petite partie de la population juive, quoique teigneuse.

Naturellement, les propagandistes à gage d’Hillary prétendaient que tous les juifs soutenaient Billary, et redoutaient Trump. Masi toutes les femmes juives ne s’appellent pas Janet Yellen ; tous les hommes juifs ne s’appellent pas George Soros (qui est très impopulaire en Israël) ou Lloyd Blankfein, le directeur général de Goldman Sachs. Les juifs conservateurs et pratiquants n’aimaient pas qu’on les embringue dans les attaques contre la normalité en matière de genre, ce qui semble être le sujet favori dans le camp Clinton.

L’idée de Trump d’un mur frontalier est déjà une réussite en Israël, parce qu’il en existe déjà un, entre Israël et le Sinaï égyptien. Avant que le mur soit construit, des dizaines de milliers d’Africains inondaient Israël, à la recherche d’un emploi ; depuis que le mur a été achevé, ils ne sont plus guère qu’une centaine à avoir réussi à passer. La gauche israélienne demandait qu’on reconnaisse tous les droits aux réfugiés d’Erythrée et du Soudan, qui logeaient dans le voisinage des quartiers juifs pauvres. Cela aggravait encore les choses, et le mur a tout réglé d’un coup.

Bref, le « soutien de tous les juifs » était aussi mensonger que le  « soutien de toutes les femmes ». On peut s’attendre à ce que les juifs se dotent de nouveaux dirigeants communautaires, pour remplacer l’ancienne direction, fortement entachée de haine envers la classe ouvrière blanche et l’église chrétienne. C’est possible, car les juifs sont très flexibles, et en général ils perçoivent très bien la différence entre ce qu’ils souhaitent et ce qu’ils peuvent obtenir dans les faits.

Les Palestiniens que j’ai rencontrés ces jours-ci à Jérusalem, à Bethléem et à Ramallah ne regrettent pas du tout la chute de la maison Clinton. Ils n’ont rien obtenu des présidents démocrates. Ils obéissaient à l’Aipac, et s’empressaient d’opposer leur veto à chaque résolution pro-palestinienne. Y a-t-il une  solution au conflit israélo-palestinien ? Oui, et elle s’appelle la solution à un seul Etat. Qu’Israël finisse d’absorber tous les territoires palestiniens avec leurs populations et leur donne l’égalité des droits, comme les Américains l’ont fait avec leurs minorités. La campagne pour l’égalité des droits aux US a été très populaire chez les juifs américains, ils vont certainement adorer remettre ça en Israël…

Les Russes sont abasourdis par la victoire de Trump. Certes, bien des gens la souhaitaient et priaient pour Trump, mais pratiquement tous les Russes que je connais étaient archisûrs que la Clinton gagnerait malgré les vœux du peuple. Après avoir été manipulés pendant des années, les Russes avaient perdu leur foi dans les processus démocratiques. Ils étaient certains que les banques, le Pentagone, la Cour suprême et les médias feraient passer la Clinton en force. Mes amis des médias russes pro-Kremlin ne croyaient pas qu’aux US, les gens pourraient passer outre les Maîtres du Discours. Gens de peu de foi, leur disais-je, tout peut arriver si nous le voulons. Maintenant ils ont appris que tout n’est pas « sxyacheno » (plié, concerté et décidé d’avance).

La victoire de Trump est le grand triomphe de la démocratie, le second après le Brexit. Deux fois en un an, Anglais et Américains ont fait la preuve qu’ils peuvent réaliser ce qu’ils veulent, même si les élites globalisantes des banquiers et des médias se dressent face à eux. Espérons que les élections en Europe vont suivre ce nouveau schéma de la vraie démocratie, à la place des singeries de ces dernières années. La France pourrait être la première à décrocher son Trump, sa Marine.

Si la Clinton avait gagné, il y aurait plus de  wc transgenre, plus d’immigrants et plus de guerres. Rien de très réjouissant. Nous entrons maintenant dans tout un monde de nouvelles idées et de nouvelles actions d’éclat. Il y a des centaines de suggestions mûres à mettre en œuvre. Donald Trump peut s’inspirer de Kennedy, et mettre en route immédiatement un débat à l’échelle du pays sur ce qui peut être fait. Trump peut capter l’énergie des masses comme cela n’a pas été fait depuis un siècle. Et les partisans de Sanders qui ont été trahis la veille peuvent prendre une place éminente dans cette transformation.

C’est la partie la plus intéressante et la plus dangereuse qui commence maintenant, après l’élection. Le  New York Times a déjà fait une proposition: “Trump peut être un bon président. Il faut juste qu’il oublie la plus grande partie de ce qu’il disait pendant la campagne”. Ce qui est bon pour le New York Times est mauvais pour ceux qui ont voté Trump et ceux qui le soutiennent. Espérons qu’il saura éviter le danger de se faire coopter par les gens qui l’ont conspué hier. Laissons-le donner forme à ses idées. Et aidons-le à nous conduire vers un monde meilleur et plus neuf.

 

Joindre l’auteur : adam@israelshamir.net

Original publié par  The Unz Review.

Traduction : Maria Poumier

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Je vous envie http://www.israelshamir.com/french/je-vous-envie/ http://www.israelshamir.com/french/je-vous-envie/#respond Fri, 04 Nov 2016 20:49:58 +0000 http://www.israelshamir.com/?post_type=french&p=3162 Oui, je vous envie, citoyens américains. Pas pour votre puissance militaire, ou votre monnaie si éminente, non. Je suis jaloux de la chance que vous avez de pouvoir faire exploser la tutelle des Maîtres du Discours, le 8 novembre qui vient. Les Maîtres ont beau contrôler l’intégralité des médias dans le monde entier, décider ce que les gens ont le droit de penser et de dire depuis le Canada jusqu’à Hong Kong, à vous seuls, citoyens américains,  vous pouvez les terrasser. C’est une occasion unique, qu’il ne faut pas laisser passer.

Les Maîtres du Discours, on peut en venir à bout. Ils ne sont pas plus solides qu’aucun autre despote du passé. Trump a une grande qualité qui fait de lui l’homme de la situation : il est imperméable aux quolibets et aux diffamations. Il s’est fait traiter de tout : antisémite, raciste, haïsseur de femmes, tout ce que vous voudrez. Et il surnage. Les gens de cette trempe sont très rares.

Nous savons qu’il est contre les Maîtres, par le fait que chaque journal est contre lui. Je n’ai jamais vu un tel hallali, sauf une fois, en Russie, en 1996. C’était quand le président Eltsine, un vieil ivrogne qui avait précipité l’effondrement de la Russie, devait se présenter pour un second mandat. Sa popularité était voisine de zéro. Deux pour cent des Russes avaient l’intention de voter pour lui. Alors les oligarques ont donné libre cours à leur machine de propagande. Le concurrent d’Eltsine, Guennadi Ziouganov, un post-communiste modéré qui allait à la messe, avait été présenté comme le nouvel Hitler du moment. Tous les médias russes de l’époque appartenaient aux oligarques, et tous participèrent à la curée. Ziouganov capitula.

Peut-être bien qu’il avait gagné les élections, mais il a congratulé Eltsine pour sa victoire. On peut dire qu’il était sous la menace d’un assassinat. D’autres disent qu’il avait été acheté. Je n’exclus aucune des deux explications, mais ce qui est sûr, c’est que la puissance des médias unanimes peut réduire en purée un homme timide.

Au temps du Temple juif, il existait le magrepha, un instrument à vent capable de produire des sons variés et effrayants. Les spécialistes ne sont pas d’accord sur ce que c’était exactement. Dès qu’on l’entendait, on était terrifié.

Les médias de nos jours sont le nouveau magrepha. Quand il donne, avec toute sa soufflerie à l’unisson, c’est un rugissement assourdissant.

Oui, le déchaînement des médias contre Trump a été excessivement déloyal, et pourtant il a survécu. Et le plus important : vous aussi avez survécu. Peu importe ce que disent les sondages ; ils disent ce que les journaux leur disent de dire. Les gens répondent même aux enquêtes selon les pronostics des médias : ils n’osent pas dire qu’ils vont voter pour un homme capable de… Mais au moment de voter dans l’urne, ils font ce dont ils savent qu’ils en ont besoin. Ils ne votent pas pour les transgenres, pas pour les courtiers musulmans, ni pour les mères célibataires : juste pour eux.

Vous avez de très bonnes chances de gagner, et d’en finir avec la sorcière et sa claque. Nous avons vu le peuple britannique voter pour le Brexit, alors que tous les médias disaient que ce projet n’avait aucune chance de gagner. Mais le Brexit nous a aussi appris que rien n’est gagné tant que l’on n’a pas tout gagné. Les Maîtres du Discours vont essayer toutes les manigances pour rafler la mise, et seule leur trouille d’un soulèvement armé les forcera à la fin à reconnaître leur défaite inévitable.

Nous savons qu’en 2015, lorsque Benjamin Netanyahou, le premier ministre israélien, craignait de perdre les élections, il a révélé ( « La Maison Blanche essaie de me déboulonner », 17 mars 2015  http://www.haaretz.com/israel-news/1.750608 ) que les services secrets US ont certains outils informatiques sophistiqués qui leur permettent de falsifier les élections. Or malgré ce software magique, malgré le courroux d’Obama, il avait gagné ces élections.

Car même en Israël, l’enfant chéri des Maîtres, les Maîtres sont détestés. Le New York Times passe son temps à dire du bien d’Israël, mais les Israéliens ne l’aiment pas, rien à faire. Personne ne les aime, personne n’aime les vieilles tantes qui prétendent nous dire ce que nous avons le droit de dire ou pas. Par conséquent, si Netanyahou a pu gagner, Trump peut gagner doublement !

Après le premier débat entre Trump et Clinton, les gens ont dit : elle a gagné, mais nous allons voter pour lui. C’est là un signe très encourageant. Bien sûr, chaque femme digne de ce nom a les arguments pour l’emporter, dans un débat avec son mari ou son gendre, sans parler d’un prétendant. C’est ainsi que nous sommes faits. Mais l’histoire des sirènes de l’Odyssée renforce la croyance que si vous écoutez une femme, elle vous ensorcèlera. Les sirènes avaient dévoré tous crus les marins envoûtés; nos dames de céans ne vont pas jusque-là, mais elles peuvent nous en faire voir de toutes les couleurs.

Trump a bien l’air d’être quasiment pur de cœur et d’actes, dans la mesure où les médias n’ont rien trouvé pour l’incriminer, si ce n’est qu’il se flatte de s’y connaître avec les  femmes. Je ne vais pas rappeler toutes les accusations parfaitement fondées qui pèsent sur Hillary. Vous pouvez retrouver tout cela à la source, dans les courriels révélés par Julian Assange et sa magnifique équipe autour de Wikileaks (voir Wikileaks Actu francophone https://wikileaksactu.wordpress.com/ ). Les médias se sont bien gardés d’en parler, mais le secret ne pourra pas être maintenu éternellement.

Il y a beaucoup de questions pratiques que Donald Trump sera capable de régler. Il peut ramener les industries dans le pays, il peut ramener les GI américains dans leurs foyers, depuis les quatre coins du monde, il peut améliorer le sort des travailleurs. Et en tout cas, il nous libèrera du joug insupportable des Maîtres. Même si ce n’était que pour cela, allez-y, allez voter, pour vous-même et pour les millions d’entre nous qui ne pouvons pas le faire.

Joindre l’auteur: adam@israelshamir.net

Première publication : The Unz Review.

Traduction : Maria Poumier

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Erdogan consolide son emprise http://www.israelshamir.com/french/erdogan-consolide-son-emprise/ http://www.israelshamir.com/french/erdogan-consolide-son-emprise/#respond Mon, 31 Oct 2016 20:55:12 +0000 http://www.israelshamir.com/?post_type=french&p=3140 La Turquie est infatigable. Le président Erdogan consolide son pouvoir, en essayant de se débarrasser des interférences irritantes du Parlement. Il tente de réformer la Turquie dans le sens d’une république présidentielle, en assumant les pouvoirs d’un président américain. Il se voit calife, plaisante le peuple à Istanbu, et on l’appelle le sultan Erdogan. Et le putsch éventé de juillet a été mis à profit comme mettre en route une grande purge dans la structure du pouvoir. Cependant, le résultat pourrait s’avérer encore plus positif que ce qu’en attendent de nombreux observateurs.

Voilà ce que j’ai appris pendant ma visite en Turquie, où j’ai eu l’occasion de rencontrer des membres turcs du Parlement, des ministres et des chefs de rédaction des plus grands médias. Je m’attendais à ce que le putsch raté appartienne  déjà à l’histoire, mais je me trompais.

L’ombre du putsch pèse lourdement sur les évènements quotidiens, dans le pays. On m’en a montré des traces au siège du Parlement, où une bombe lancée par les putchistes était tombée. Il y a aussi une exposition de photos montrant d’autres  coups d’Etat militaires victorieux, avec un horrible portrait président Adnan Menderes pendu en 1960. Les putschs turcs, ce n’est pas de la petite bière. L’armée voulait prendre le pouvoir et le garder, pour elle, et pour ses alliés de l’Otan.

Le putsch de juillet a causé la mort de 240 personnes, pour moitié tués sur le pont du Bosphore dans une confrontation avec l’armée. Ce n’est pas grand-chose par rapport au putsch égyptien, où les victimes se sont comptées par milliers, et où l’armée a éjecté le président Morsi, modérément islamiste, et élu en toute légitimité.

Après le putsch, Erdogan a entrepris la purge des Gulenistes ou Fethullistes comme on appelle les partisans de Fethullah Gülen, le père de l’islam politique turc modéré et le créateur d’un vaste réseau d’écoles qui s’étend sur 160 pays. Ils étaient censés être les initiateurs du coup d’Etat. Ce n’est en fait pas très clair, si Gülen et ses partisans étaient bien derrière l’opération, mais il ne fait pas de doute que ce sont des ennemis d’Erdogan.

La purge n’est pas sanglante, mais douloureuse : les proscrits ne sont pas abattus, mais perdent leur travail et atterrissent souvent en prison. Quelque soixante-dix ou quatre-vingt mille personnages sont passées à la trappe, 35 000 sont à l’ombre. Ils sont juges, officiers de l’armée, fonctionnaires, et souvent enseignants. 500 personnes ont été chassées du ministère des Affaires étrangères, certains avaient refusé de rentrer chez eux quand l’ordre de se replier avait été donné. L’état d’urgence a été déclaré juste après le putsch, et vient d’être prolongé pour trois mois de plus.

Une telle justice d’exception est notoirement aveugle : un juge est mort trois mois avant les évènements, mais était toujours sur les listes des proscrits pour sa participation au putsch. Certaines sociétés appartenant à des gülenistes ont vu leurs biens confisqués, tandis que leurs obligations et dettes restaient bien à la charge des propriétaires dépossédés. Il est difficile de se défendre contre des accusations quelque peu rhétoriques de gulenisme..

Les Turcs répondent par une saine plaisanterie, aux tâtonnements de cette “justice aveugle” : « un aveugle, ça s’agrippe à tout ce qu’il peut attraper”.

Le gouvernement argue que lesgulenistes constituaient une organisation de comploteurs, appelée FETO, et la décrivent comme « organisation terroriste ». Ils la comparent à Daesch, au Cartel de Medellín, et, plus surprenant, aux jésuites.

Mais il reste difficile de comprendre en quel sens les gulenistes étaient des terroristes. La pire chose dont ils sont accusés, c’est d’avoir fraudé pour obtenir des certificats permettant à leurs  membres d’accomplir un service civil, et ce faisant, de leur avoir assuré des positions confortables. Ce n’est pas conforme aux principes des joueurs de cricket, mais peut difficilement être qualifié d’opération terroriste.

Comment fait-on pour démasquer un guleniste ? La tâche n’est pas simple, mais il y a certains marqueurs qui révèlent le crypto-guleniste.

Les gens qui utilisent la messagerie ByLock sont suspects. Cette messagerie d’amateurs avait été populaire parmi les gens de Gülen et certaines personnes impliquées dans le putsch. 150 000 utilisateurs de ByLock ont fait l’objet d’une enquête. Le système avait été piraté par les services de sécurité de l’Etat il y a quelque temps, parce que c’était très léger du point de vue sécurité. Après quoi, les conspirateurs s’étaient reportés sur le système de messagerie professionnelle WhatsApp. Il offrait une bonne sécurité, mais il suffisait de mettre la main sur le smartphone d’un seul comploteur pour avoir accès à tous les autres.

Autre moyen pour débusquer un crypto-guleniste : localiser le billet d’un dollar que les gulenistes reçoivent de leur gourou. Un membre du Parlement m’a dit qu’un vrai guleniste coud souvent ce billet sur l’envers d’un sous-vêtement, au contact de sa peau.

Cette idée avait été mise en service par le rabbin fondateur des Loubavitch : en effet, feu Menachem Mendel Schneersohn répandait aussi des billets d’un dollar et bénissait même de la vodka pour la consommation des juifs hassidiques. Il conversait avec Dieu, et Gülen de même, selon ses troupes, et selon ses adversaires également. Les juifs ultra-orthodoxes essayaient eux aussi d’accroître leur influence, avec un succès considérable.., mais ils n’avaient jamais été qualifiés de terroristes.

Gülen avait été – et il le reste – un personnage très puissant dans le monde turcophone, particulièrement en ex-URSS et en Chine, depuis le Tatarstan et la Yakoutie jusqu’au Xinjiang. Les jeunes du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan sont passés par ses écoles. Le mouvement Gülen était considéré comme la branche dominante dans l’islam politique modéré pro-occidental. Pratiquement tous les islamistes modernes de la Turquie sont passés par ses écoles. Il était l’allié le plus important d’Erdogan dans son combat ascendant contre les kémalistes violemment laïques qui gouvernaient la Turquie jusqu’en 2002.

On dit que les kémalistes étaient tout à fait pro-US, mais ils avaient refusé de privatiser les biens publics. Erdogan et Gülen étaient tout autant pro-US, et acceptaient l’idée de la privatisation massive et de la vente d’actifs à des firmes  américaines ou occidentales en général. Une grande partie de la richesse turque se trouve maintenant entre les mains d’étrangers, et c’est cela qui bloque un virage plus radical d’Erdogan en direction de la Russie.

Tant qu’Erdogan et Gülen étaient amis et partenaires, Gülen avait aidé Erdogan à réduire le pouvoir des généraux laïques dans des limites raisonnables. Ses partisans, bien établis dans la branche légale du gouvernement, avaient organisé l’affaire Ergenekon. Ils avaient prétendu avoir découvert une vaste conspiration terroriste ultra-nationaliste, appelée Ergenekon, et ils avaient envoyé 43 généraux et de nombreux hommes politiques en taule. Erdogan était sidéré de cet exploit de Gülen, et quelque peu effaré, parce que ce vieux monsieur contrôlait apparemment depuis la Pennsylvanie le système judiciaire de toute la République turque, depuis la police jusqu’aux procureurs et aux palais de justice.

Et Erdogan avait de bonnes raisons d’être effrayé. En 2013, Gülen demanda à ce qu’Erdogan le laisse gérer une centaine de sièges au Parlement, et quand cela lui avait été refusé, il avait lâché toute la machinerie judiciaire contre son vieux camarade. En décembre 2013, les sympathisants de Gülen dans la police et autour du procureur général accusèrent les ministres du gouvernement Erdogan de corruption. Parmi les prévenus, il y avait Bilal, le fils d’Erdogan, ainsi que des amis personnels d’Erdogan.

Au lieu de tenter de réfuter les accusations et de se défendre devant les tribunaux, Erdogan avait décrit les accusations en termes de « tentative de coup d’Etat ». Il était allé au-devant de la population, parcourant le pays, en appelant au peuple, et les masses l’avaient soutenu. Il avait forcé la police et les tribunaux à enterrer des dossiers, et commencé à mettre en œuvre la dé-gulenisation de la Turquie.

Pour les gens qui ont été élevés dans l’idée de la suprématie de la loi, cela ressemble à un travestissement de l’ordre normal des choses. Mais le pouvoir judiciaire n’est pas meilleur que le pouvoir législatif et l’exécutif, il est moins démocratique, moins proche du citoyen ordinaire, bien plus lié au pouvoir réel de l’argent. Aux US, il n’y a ni Gülen ni confrérie Gulen, mais les juges, à commencer par la Cour suprême, peuvent passer outre la volonté du peuple comme on a pu le constater lorsqu’ils ont imposé les mariages monosexe ou le droit des firmes à acheter les candidats. L’Etat profond c’est eux, et ce n’est donc pas une mauvaise idée de les renverser.

Certes, nous voulons la justice, mais nous voulons aussi la démocratie.

Jadis, les juges US étaient tous élus, tous proches de la population, mais ce n’est plus le cas. En Turquie, Gülen avait trop bien réussi à placer ses pions au cœur du pouvoir judiciaire ; il avait perdu le soutien populaire. Et les Turcs étaient prêts à pardonner à Erdogan, y compris pour des faits avérés de corruption : ils avaient le sentiment qu’il se souciait du peuple, alors que Gülen et ses partisans n’en avaient cure. Pour le système judiciaire, la corruption est un crime, et un politicien corrompu doit aller en prison. Mais s’il n’est pas corrompu, on peutaussi  le condamner pour une proposition indécente à une femme. C’est ainsi que le système judiciaire a le pouvoir de bloquer touthomme politique, de dévoyer la démarche politique démocratique. Erdogan avait réussi à passer outre le système judiciaire.

Après sa victoire de décembre 2013, Erdogan avait accusé Gülen et ses partisans d’avoir créé l’affaire Ergenekon de toutes pièces, et d’avoir fait arrêter beaucoup de gens innocents.  Les généraux et les politiciens avaient retrouvé leur liberté.

A Ankara, j’ai rencontré un dirigeant du camp kémaliste républicain au Parlement, Mustapha Ali Balbaï. Ce bel homme énergique, musclé, aux traits européens (comme beaucoup de Turcs) venait de passer cinq ans derrière les barreaux pour avoir trempé dans le complot d’Ergenekon, selon l’accusation. Il avait été élu député alors qu’il était encore prisonnier, et venait d’être libéré. « Maintenant ce sont les juges qui m’avaient envoyé au trou qui se retrouvent derrière les barreaux » disait-il tout joyeux.

Y a-t-il eu un vrai complot Ergenekon? C’est la question que j’ai posée au rédacteur en chef de la CNN turque, un réseau puissant qui a joué un rôle clé dans la neutralisation du putsch de juillet. « Il y a eu un noyau, un petit noyau, et on en a fait un énorme monstre qui n’a jamais existé », m’a-t-il répondu. En d’autres termes, il y avait bien une conspiration, mais c’était une cabale de juges et de services de sécurité, le genre de complot le plus fréquent.

En ce qui concerne les purges de  gulenistes supposés, il y a un chiffre qui en dit long. La police d’Ankara avait reçu quarante mille dénonciations concernant certains gulenistes, m’avait on dit à mon arrivée dans la capitale. Les épouses dénoncent des maris infidèles, des propriétaires dénoncent leurs métayers qui ont des arriérés. C’était devenu une accusation universelle ; et naturellement, la police n’arrête pas tout le monde, mais beaucoup de gens ont été convoqués pour enquête. Cette campagne me rappelle le maccarthysme aux US, ou les campagnes contre les trostkystes dans l’URSS des années 1930.

Pour certains, la purge n’est pas assez consistante. Le rédacteur en chef d’un petit journal, que nous appellerons Mehemet, m’a dit : « s’ils devaient pourchasser tous les agents de Gülen, ils n’auraient plus ni parti ni faction au Parlement. » Tous les patrons du parti et tous les ministres sont passés par les réseaux de Gülen. Mais on ne s’attaque qu’au menu fretin, les gros poissons passent à travers les mailles du filet. »

N’empêche qu’Erdogan prend ce nettoyage très au sérieux, comme il l’avait fait lors du  complot Ergenekon cinq ans plus tôt. Il ne veut pas d’un Gülen prêt à le poignarder dans le dos, et il préfère se débarrasser complètement de ce réseau, aussi étendu soit-il. Erdogan dit que le putsch de juillet était le deuxième, le premier consistant en une tentative pour utiliser la police et les tribunaux en décembre 2013 contre lui et sa famille.

Les relations de la Turquie avec la Russie et avec les US sont étroitement liées à ce discours sur les deux putschs.  Je me suis rendu en Turquie juste après la visite de Poutine, en octobre 2016, quand les deux dirigeants se sont mis d’accord pour le chantier du très important oléoduc, et ont mis en place la dernière inflexion, ou du moins la plus récente, dans leurs relations en zigzag.

L’amitié entre Erdogan et Poutine avait souffert d’un brutal retour en arrière en novembre 2015, lorsqu’un jet SU-24 avait été abattu par un missile air-air lâché depuis un avion turc au-dessus de la Syrie. Les relations avaient été réduites au minimum, les touristes russes ne débarquaient plus, les légumes turcs avaient perdu leur marché russe, les projets gaziers et pétroliers avaient été enterrés.

En juin 2016, nouveau zigzag. Erdogan a présenté des excuses, et les relations se sont améliorées après le putsch de juillet. Il est probable que ce pas en avant d’Erdogan a bien aidé à déjouer le putsch. Après celui-ci,ce n’était que tapis de roses. En août, Erdogan s’est rendu en Russie et a rencontré Poutine. C’était son premier voyage à l’étranger après le putsch. Et maintenant, en octobre, c’est Poutine qui est venu à Istanbul et qui a fait savoir que leurs relations étaient plus cordiales que jamais ; même le projet d’oléoduc a été signé, invalidant le seul levier dont Kiev disposait contre Moscou.

Là, les gulenistes se sont avérés tout à fait utiles: on leur a imputé l’attaque contre le SU-24, nonobstant le fait que le premier ministre Ahmet Davutoglu s’était vanté auparavant d’en avoir donné l’ordre personnellement. D’un autre côté, Davutoglu était proche de Gülen et lui avait même rendu visite en 2013, mais c’était à l’époque où Gülen était encore persona grata en Turquie. Et on a prétendu que Davutoglu avait été pressenti pour assumer le pouvoir au cas où le putsch aurait réussi.

Pourquoi, dans ce contexte, la Turquie s’est-elle tournée vers la Russie en tournant le dos aux US, le vieux partenaire d’antan? Mehemet l’éditorialiste impute ce virage à l’instinct de conservation très aiguisé d’Erdogan.

On découvre que l’administration américaine avait décidé de faire son affaire à l’indocile Erdogan, il y a déjà quelque temps, et d’installer l’homme de Gülen, Ahmet Davutoglu, à sa place. Michael Rubin, le néoconservateur très écouté et spécialiste de la Turquie, demandait la tête d’Erdogan depuis longtemps. En mars 2016, il avait lancé un appel au putsch, en août 2016 il disait qu’Erdogan ne devait s’en prendre qu’à lui-même pour la tentative dont il venait de réchapper, et maintenant en octobre, il s’est mis à prédire, ou plutôt à encourager un nouveau soulèvement.

Le nouveau putsch est attendu vers le 10 novembre, et il commencera par l’assassinat d’Erdogan, dit-on. Erdogan considère que son partenariat avec la Russie et avec Poutine constituent sa seule chance de survivre politiquement.

Les Américains sont choqués par l’attitude d’Erdogan envers les Kurdes syriens. Le président turc veut garder intacte la Turquie, l’Etat qui vertébrait le vaste empire ottoman, tandis que les Américains préfèrent démanteler la Turquie dans la foulée, et créer un grand Kurdistan à partir des zones majoritairement kurdes de Turquie, d’Irak et de Syrie.

Les Américains aimeraient que les Kurdes syriens fassent l’unité de leurs enclaves, mais Erdogan ne veut pas en entendre parler et, de fait, il a arrêté leur offensive.

Maintenant la bataille de Mossoul est devenu un nouveau point de discorde. La Turquie, dit Erdogan, a certains droits sur Mossoul. La ville et  sa région avaient été illégalement confisquées par les Britanniques, disent les Turcs. Mustapha Kémal Ataturk avait envisagé  d’accepter que Mossoul soit donnée à l’Irak seulement en 1926, bien après le traité de Lausanne (1923). Et maintenant Erdogan s’oppose à ce que Mossoul soit reprise à Daesch pour être transférée aux Kurdes. Les habitants de Mossoul sont loin de se réjouir à l’idée de passer sous domination kurde  ou sous les ordres du gouvernement chiite de Bagdad.

Dans la bataille pour Mossoul et pour Alep, dans les batailles entre les enclaves kurdes en Syrie, Erdogan contrarie la volonté US. Le problème, c’est qu’il n’y a pas beaucoup de dirigeants turcs importants qui soient à la botte de Washington.L’opposition kémaliste et les forces gulenistes préfèrent s’en tenir peu ou prou à la ligne US.

Si Erdogan perd dans une lutte pour le pouvoir, la Turquie peut s’enfoncer dans la guerre civile: entre Turcs et Kurdes, entre les divers mouvements musulmans et les kémalistes. Il était là, le projet porté par le putsch de juillet, m’a dit le député du parti républicain Ali Mustapha Balbaï.

Les temps ne sont pas faciles, c’est le moins qu’on puisse dire. Les livres turques sont parties vers le Sud. Les priorités ont changé : au départ, la place Taksim manifestait contre Erdogan, maintenant ils manifestent contre le trop-plein de réfugiés syriens et irakiens. La droite européenne n’est pas la seule, la Turquie aussi trouve qu’il y a trop de réfugiés. Ils ont peur que la bataille de Mossouldébouche sur l’entrée en force des deux millions d’habitants de Mossoul en Turquie.

Et les manifestants ne sont plus les mêmes. Ce sont les gens ordinaires qui protestent contre l’afflux de Syriens, tandis que les Turcs occidentalisés et éduqués manifestaient contre Erdogan. Ces derniers sont fort marris, et se demandent s’ils ont un avenir en Turquie. La classe politique est également chagrine. Ils n’aiment pas la férule autoritaire du sultan Erdogan. Les gulenistes sont extrêmement contrariés. Les généraux en sont encore à consolider leurs positions après  la succession de purges. Et la vieille rivalité entre populations laïcistes et religieuses est plus vivace que jamais.

Alors que les US ont une idée très nette de la voie que devrait suivre la Turquie, la Russie, sa rivale, ne se mêle pas de la politique intérieure turque ; elle ne se soucie au demeurant des querelles domestiques d’aucun pays. Les Américains sous Obama et probablement encore plus sous la Clinton, sont des gens très enclins à interférer et à imposer leurs lois, qu’il s’agisse de tenues de plage ou de mariages monosexe. Ce n’est pas le cas des Russes.

C’est chez eux une tradition immémoriale. Ils ne se sont pas mêlés de la vie privée des Ouzbeks ni des Tadjiks, ni des Tchétchènes, ni des Finnois ni des Polonais. C’est la raison pour laquelle on peut trouver en Russie des zones gérées selon la loi musulmane, selon la tradition bouddhiste et même selon la plus pure coutume polythéiste.

Pour les Russes, Erdogan est un partenaire important, et ils le laissent, lui et les autres Turcs, décider s’ils devraient avoir un système parlementaire ou une république présidentielle, si les filles doivent porter le voile ou pas. On peut être sûrs que les Russes ne viendront pas leur donner de leçon dans leur vie privée. C’est un grand avantage quand on est allié des Russes.

Nous allons bien voir s’il suffit d’avoir d’aussi bons alliés pour s’en sortir. L’enjeu des élections US est considérable : Erdogan était furieux quand Mrs Clinton a fait référence aux ambitions kurdes. Mais pour l’instant le monde entier attend de connaître la décision du peuple américain.

Traduction : Maria Poumier

Pour joindre l’auteur: adam@israelshamir.net

Original publié sur The Unz Review.

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Poker nucléaire http://www.israelshamir.com/french/poker-nucleaire/ http://www.israelshamir.com/french/poker-nucleaire/#respond Tue, 11 Oct 2016 01:42:17 +0000 http://www.israelshamir.com/?post_type=french&p=3128 Si la plus grande partie de poker de tous les temps devait se terminer par une grandiose claque nucléaire, et si les survivants passaient en revue les causes de la Troisième Guerre mondiale, ils en mourraient de rire. La Troisième Guerre mondiale, ils l’auront  déclenchée pour sauver al Qaida. Oui, mon cher lecteur, l’oncle Sam a envahi l’Afghanistan pour punir al Qaida, et maintenant nous avons déclaré la guerre mondiale pour sauver al Qaida. Ce n’était qu’une histoire d’amour/haine entre le gentleman américain et la jeune fille arabe, avec des ambivalences et de la passion, depuis le 11 septembre jusqu’à Alep : la belle affaire !

Pour les historiens à venir, la Troisième Guerre mondiale aura commencé avec la décision US de mettre fin aux discussions bilatérales avec la Russie à propos de la Syrie. Laissons parler les armes, pour trancher le débat, disaient-ils. Voici une révélation en exclusivité :

Les US ont décidé de suspendre les pourparlers après que la Russie a appelé au  retrait des combattants d’al Qaida (Front al Nosra etc) hors d’Alep. Il était là, le casus belli.

J’ai en ma possession deux documents qui en font foi.

1)     document intitulé Accords du 2 octobre. C’est le projet d’accord présenté par le secrétaire d’Etat John Kerry au ministre des Affaires étrangères Serguei Lavrov. On lit à la première ligne : « la Fédération russe garantira une pause immédiate le 3 octobre pour toute opération militaire offensive etc ». C’est basé sur le précédent accord Lavrov-Kerry qui a fait long feu, mais avec un ajout important : « sans la condition antérieure d’un repositionnement des forces ».

2)     document appelé Réduire la violence à Alep, assistance humanitaire à grande échelle pour la population civile, bases d’une « cessation effective des hostilités », et séparation des forces d’opposition modérées d’avec Jabhat Al Nosra. Ce document a pour sous-titre « projet positionnement ». Il s’agit de la contre-proposition russe, reprenant l’accord de Genève du 9 septembre 2016.

La partie la plus importante est l’appel à séparer les combattants d’Al Qaida (dits terroristes) en faisant sortir les terroristes hors d’Alep par le corridor humanitaire que constitue la route de Castello.

La réponse US a consisté à mettre fin aux pourparlers.

Donc, les Russes voulaient faire sortir al Qaida d’Alep, de façon à ce que la ville puisse être réapprovisionnée en vivres et rendue à la vie. Les Américains au contraire étaient prêts à démarrer des hostilités armées contre la Russie, pour défendre le droit d’al Qaida à rester dans la ville.

En d’autres termes, les Américains ne croyaient pas à leur propre mythe d’une opposition modérée. Ils savaient tout comme les Russes, que sans les dits « terroristes », l’insurrection en Syrie est condamnée. Ils ne voulaient pas que la Syrie se range derrière Assad et avec les Russes.

Comme d’habitude, ils ont fait un grand tapage sur le mode humanitaire autour des enfants qui souffrent à Alep. Pourquoi ceux d’Alep, et pas ceux de Mossoul, qui font de plus en plus de victimes ? Simplement parce que les tueurs de Mossoul sont soutenus par les US ? Et pourquoi rien sur le Yémen, où les troupes saoudiennes se servent d’armes américaines (obtenues avec des dessous-de-table colossaux versés au gang de la Clinton) pour tuer plus d’enfants qu’il n’y en a à Alep ? Et où est-elle passée, la sentence de la très solidaire fan de Mrs Clinton, Madeleine Albright, célèbre pour avoir dit « que cela valait le coup », de tuer cinq cent mille enfants en Irak ?

Aucun doute que les enfants et les adultes souffrent à Alep, et il y a un moyen très simple d’abréger leurs souffrances : chasser les « terroristes » et permettre à des forces plus modérées de rejoindre le processus politique. Mais si on emprunte cette voie, Assad et les Russes garderont le contrôle de la plus grande de la Syrie.

L’insurrection en Syrie se serait éteinte il y a déjà longtemps, si les Etats du Golfe et les US n’avaient pas injecté des milliards de dollars, des montagnes d’armes et des chargements entiers de chômeurs pour aller se battre depuis les pays voisins. Cette solution serait très triste pour bien des gens, mais ce ne serait pas une catastrophe pour la Syrie. Il arrive que les révoltes finissent dans la défaite, et ce n’est pas la fin du monde.

Le soulèvement irlandais de 1916 s’est soldé par un échec, mais l’Irlande est toujours là. Les Tigres tamouls n’ont pas réussi à prendre le contrôle du Sri Lanka. La suppression de la Confédération sudiste dans la Guerre de sécession américaine a été un épisode sanglant et cruel. Atlanta a été incendiée et ses citoyens ont été expulsés de force. Un million de morts, soit nettement plus qu’en Syrie, d’autant plus que l’humanité était bien plus réduite à l’époque. On peut imaginer la force européenne débarquant sur les plages américaines et soulageant Atlanta au nom des droits de l’homme, ce qui aurait préservé la Confédération. Mais cela n’a pas eu lieu. Les guerres civiles ont leur propre logique. Une défaite pour des rebelles, ce n’est pas la fin de la nation.

Quand j’étais un jeune soldat israélien idéaliste, j’avais projeté de me rendre au Nigéria et de rejoindre l’armée rebelle du Biafra. Je me disais que la tribu Ibo était celle des « juifs d’Afrique », qu’il fallait protéger d’un génocide en préparation. A la fin, je me suis retrouvé coincé dans la guerre d’usure sur le canal de Suez, et la guerre du Biafra s’est terminée sans que j’interfère. Malgré des prédictions apocalyptiques, le Nigéria s’est réunifié, et les Ibo ont été réintégrés.

La guerre de Syrie peut aussi se terminer par la défaite des rebelles. Le gouvernement les reprendra en main, les Syriens participeront à des élections, et pourront se mettre d’accord pour une coexistence minimale. Si par hasard vous vous faites du souci pour l’honnêteté d’un vote organisé sous l’autorité de Bachar al-Assad, les US peuvent leur prêter Mrs Debbie Wasserman-Schultz pour surveiller les urnes. Je suis sûr que les chances d’Assad ne seront ni meilleures ni pires que celles de Mrs Clinton dans les élections US.

Les forces d’al Qaida (je continue à  garder ce nom, parce qu’ils changent tout le temps de titre official : al Nosra, Ahrar al-Sham, et sûrement l’Union des écureuils pour les noix syriennes, c’est eux aussi, mais ce sont quand même, à la base, toujours les bons vieux membres d’al Qaida, ceux qui ont pas mal secoué New York le 11 septembre, et qu’on a bombardés en retour en Afghanistan, en Libye et en Syrie) sont en route pour la défaite. Si les Américains se font tant de souci pour eux, qu’ils les rembarquent pour les US dans des vols directs Alep-Washington, puisque cette ville a l’air d’être l’endroit où al Qaida est le plus à l’aise après les grottes de Bora Bora. Le parti démocrate leur tendra les bras et le président Obama leur garantira l’obtention de la nationalité US.

Bref, la seule façon de sauver al-Qaida, c’est d’entrer en guerre avec la Russie.

Et c’est de fait le choix que l’administration US s’apprête à faire. Mais dans la mesure où les US ne peuvent pas sérieusement se préparer à détruire l’humanité tout en sauvant al Qaida, nous sommes bien obligés de chercher une meilleure explication. Je ne veux pas trop puiser dans des raisonnements conspirationnistes en termes de « c’est pour les intérêts  d’Israël » ou bien c’est pour un oléoduc. Ce sont des explications valables. Nous savons que les US ont soutenu le plan qatari de construire un oléoduc depuis les champs pétroliers du Qatar jusqu’en Europe pour saper l’économie russe et la dépendance de l’Europe du pétrole russe. Nous savons qu’Hillary Clinton a promis d’anéantir la Syrie « dans l’intérêt d’Israël », comme elle l’a écrit dans un courriel transmis par Wikileaks.

Mais en tout état de cause, ce ne sont que des rationalisations sur ce qui se passe en réalité. Je vais vous la dire, la vraie raison.

Pourquoi la guerre? Parce que c’est super, la guerre. Les dirigeants US apprécient les défis mortels, m’a dit un personnage tout à fait éminent et bien placé dans ce milieu. C’est une qualité humaine. Les jeunes enfants adorent se promener au bord du précipice. C’est leur façon de prouver qu’ils sont plus forts que leurs pairs. Les adultes le font aussi, pour la même raison.

Le défi mortel, ça consiste à faire qu’une situation devienne extrêmement dangereuse afin d’obtenir les résultats souhaités, dit un dictionnaire trop rationnel, mais dans vie réelle des élites, la raison ultime (« obtenir les résultats souhaités »), elles l’oublient. C’est de l’art pur, le défi mortel pour le plaisir du mortel défi.

Pendant assez longtemps, les dirigeants US ont été en compétition pour voir qui arriverait à pousser l’ours russe plus loin, qui amènerait le monde plus près du bord du précipice. Pourquoi ? Simplement parce qu’il est là, comme disait Mallory en grimpant au sommet de l’Everest. Peut-être à cause de sa taille, de sa fragilité notoire (« le géant aux pieds d’argile »), ou par sa proximité, la Russie réveille des désirs suicidaires dans le cœur des dirigeants puissants, de Napoléon à Hitler.

Les raisons pratiques, quasi-rationnelles, ont toujours été très faibles, et elles ont généralement inclus le salut du peuple russe, qu’il fallait arracher à ses dirigeants cruels, qu’il s’agisse des judéo-bolchéviques ou du knout (car l’intervention humanitaire n’est nullement une invention récente). Maintenant il s’agirait de sauver les enfants d’Alep.

C’est vrai, les enfants d’Alep, on peut les sauver, simplement en faisant sortir les combattants de la ville, ce qui, évidemment, ne vous donne pas de points au petit jeu du défi mortel.

Les Russes comprennent ce jeu. Ils sont en train d’essayer de sauver la Syrie, et leurs positions en Syrie ; avant, ils essayaient de protéger leurs positions dans leur voisinage immédiat en s’emparant de la Crimée au début du coup d’Etat de Kiev, bricolé par l’Occident. Chaque fois, ils ont essayé d’être raisonnables. Ils n’aimaient pas ce qu’on leur faisait, mais ils vivaient avec.

Maintenant, ils sont arrivés à la conclusion que les US n’arrêteront pas de faire monter les enchères : ce sera soit la guerre, soit la reddition. Même s’ils devaient quitter la Syrie (ce qui n’est nullement dans leurs intentions), les US trouveront une nouvelle raison pour continuer.

C’est la raison pour laquelle Poutine a publié ses décrets sur le plutonium et l’uranium. Ces décrets ont symbolisé la fin de l’ère Gorbatchev-Eltsine et ils ont mis fin à la « victoire dans la guerre froide » des US sur l’URSS. Dans les années 1980, les deux superpuissances de l’époque avaient mis à jour leur potentiel militaire respectif, la MAD (Destruction Mutuelle Assurée), mais à partir de 1986, Gorbatchev puis Eltsine ont capitulé. De nombreux missiles ont été démantelés, les têtes nucléaires ont été fracturées et expédiées aux US pour servir de source d’énergie dans les réacteurs américains.

Les scientifiques et experts russes s’étaient plaints que le plutonium excessivement cher et l’uranium enrichi étaient bradés pour des cacahuètes, que des missiles efficaces et mortels étaient sabotés et que la capacité russe pour combattre l’ennemi avait été amoindrie. Mais le gouvernement russe disait que la Russie n’avait pas d’ennemi, que les US étaient des amis, qu’on n’avait plus besoin de missiles et de têtes nucléaires.

Il y a quelques années, Poutine a lentement commence à restaurer et à moderniser l’arsenal nucléaire. C’était presque déjà trop tard, parce que les Docteur Folamour américains appelaient à une première frappe nucléaire sur la faible Russie. Ils disaient qu’il n’y aurait pas de riposte, parce que l’armement nucléaire russe était trop vieux et pourrait être intercepté par les systèmes anti-missiles dernier cri. Pendant ce temps, la Russie respectait les accords signés par Gorbatchev et Eltsine et expédiait en bonne et due forme son plutonium et son uranium enrichi vers l’Ouest. Ces accords ont servi à garder les US à couvert, et à garder la Russie vulnérable.

Si les US avaient joué sans danger et loyalement, cette situation aurait pu durer encore longtemps. Jusqu’à maintenant, les Russes ont répondu humblement aux menaces in crescendo de l’Otan, et aux accusations. Mais maintenant, en l’espace d’une semaine, les médias mainstream occidentaux ont accusé les Russes de multiples crimes de guerre, depuis l’avion de la Malaysian Airlines tombé en Ukraine jusqu’au bombardement d’un convoi humanitaire en Syrie.

Les Russes affirment que ces accusations sont sans fondement. Moins de 8% des Russes interrogés croient que ce soient les Russes qui avaient attaqué l’avion de ligne. Ils pensent qu’il a été abattu par les Ukrainiens qui croyaient qu’ils étaient en train de cibler l’avion de Poutine. Et pour le convoi humanitaire, la vidéo de la BBC montre clairement des traces de munitions thermobariques Hellfire, qu’utilise le drone Predator US. Un drone de ce genre a été observé à l’emplacement du drame, disent-ils.

Poutine a été diabolisé comme Milosevic et comme Saddam, comparé à Hitler et même (horreur), à Trump. L’édito du New York Times a décrit la Russie comme un Etat hors-la-loi. Cet élan concerté a eu un impact. On ne sait jamais jusqu’où on peut pousser le bouchon jusqu’au moment où on est allé trop loin. Et les Russes ont été poussés trop loin.

Ils ont commencé à démanteler le système des accords conclus après l’effondrement soviétique. C’est comme dans une querelle familiale, le mari poussé à bout par sa femme hystérique finit par soulever une pile de vaisselle chinoise et la lâche sur le carrelage de la cuisine. La guerre nucléaire c’est pareil, à moins que les dirigeants US reviennent à eux.

Les Russes ne sont pas inquiets à l’idée d’une prochaine guerre. Il n’y a ni panique ni peur, juste une acceptation tranquille et stoïque de ce qui pourra arriver. Cette semaine, quelque quarante millions de personnes ont participé à un énorme exercice de défense. Les abris de Moscou et d’autres villes ont été aérés et réparés. Ils ne veulent pas la guerre, mais si elle se produit, ils feront face. Les Russes ont mené plusieurs guerres contre l’Occident ; ils n’ont jamais commencé les premiers, mais se sont invariablement battus jusqu’à la fin.

Une attaque américaine sur la Syrie ou sur les bases russes en Syrie pourrait être le point de départ d’une avalanche. Je suis vraiment stupéfait par l’état d’esprit des Russes : ils ont un moral bien plus haut qu’à l’époque de la guerre de Corée, de la guerre du Viet-Nam ou lors de la crise cubaine. A cette époque, ils étaient épouvantés par la guerre, et prêts à tous les sacrifices pour éviter la MAD. Mais ce n’est plus le cas.

Ils sont prêts pour l’Armageddon, et c’est l’attitude la plus inattendue et effrayante que j’aie observée. C’est d’autant plus inattendu que la vie quotidienne du Russe moyen s’est beaucoup améliorée. La Russie n’a probablement jamais aussi bien vécu que maintenant. Ils ont beaucoup à perdre ; c’est seulement le sentiment d’être injustement poussés dans les cordes qui les fait réagir de la sorte.

Les requêtes audacieuses de Poutine – mettez fin à toutes les sanctions, payez pour les dommages causés par les sanctions et les contre-sanctions, sortez vos troupes et vos chars des Etats baltes, de Pologne et d’autres Etats ralliés à l’Otan dernièrement – voilà qui prouve que la barre est placée très haut. Il n’y a pas que les dirigeants US qui peuvent marcher au bord du gouffre : les Russes peuvent leur en remontrer, dans l’art du défi mortel. Après l’humiliation absolue des années 1990, les Russes ne font pas mine de s’écarter de la route où les deux mastodontes nucléaires foncent l’un sur l’autre.

Il y a quelques signes qui suggèrent que les Américains reprennent leurs  esprits. « Le président a discuté certains détails pour savoir pourquoi l’action militaire contre le régime d’Assad dans le but  de peser sur la situation à Alep ne  semble pas pouvoir atteindre les buts que bien des gens envisagent maintenant en termes de réduction du niveau de violence sur place », voilà ce qu’a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest aux reporteurs jeudi dernier.

Et même le New York Times, le meilleur ami des va-t-en guerre, a publié un appel argumenté: « N’intervenez pas en Syrie », par Steven Simon et Jonathan Stevenson  http://www.nytimes.com/2016/10/06/opinion/dont-intervene-in-syria.html?_r=1

Au final, peut-être que nous allons vivre un peu plus longtemps.

 

Pour joindre l’auteur: adam@israelshamir.net

Original publié sur The Unz Review.

Traduction: Maria Poumier

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