Israel Shamir

Ideas that will Derail the descent to Barbarity

Bâillonnée, la pauv’ Clio

traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier

[texte original en anglais à ce lien :

http://www.israelshamir.net/English/Eng16.htm

 

[Texte d’une conférence prononcée à l’Université de Teramo – Italie – dans le cadre du Colloque sur le thème Holocauste et Moyen-Orient : l’Histoire Muselée – 18 avril 2007] 

 

En cette période de l’année, l’Italie resplendit ; une herbe luxuriante recouvre les piémonts, les premières figues pointent le bout de leur nez et les fleurs des cerisiers ont déjà été emportées par les pluies printanières.

 

Je m’y trouvais afin d’y participer à un colloque sur le thème Holocauste et Moyen-Orient : l’Histoire muselée, organisé par le génial professeur Claudio Moffa. Ce sosie italien de Paul Newman, très grand, mince, aux traits pleins de noblesse et aux yeux bleus excelle à emprunter les voies à sens unique à contre-courant.

 

Son exécration des interdits ne se limite d’ailleurs pas aux panneaux de circulation : il semble suffire de mettre un panneau ‘Entrée interdite’ quelque part, fusse dans le contexte de quelque disputation historique, et voilà que notre homme fonce, tête baissée ! Non content d’avoir fondé la partie la plus brûlante et taboue du discours européen, il a organisé ce colloque, auquel ont assisté de nombreux historiens – des universités de Sienne et de Calabre, de Turin,  de Naples, de Rome et d’Urbino –, ainsi que des journalistes venus de toute l’Italie, plus moi-même, le seul intervenant étranger. La conférence s’est déroulée à l’université de Teramo, où enseigne le Professeur Moffa.

 

Teramo est une ville médiévale charmante, pittoresque ; elle est située dans la chaîne montagneuse des Abruzzes, à l’ombre des sommets enneigés du massif du Gran Sasso. Parmi les nombreuses personnes de l’assistance et les nombreux orateurs, je mentionnerai le Professeur Mauro Manno, duquel vous trouverez certains des articles sur mon site ouèbe, ainsi que le Dr Tiberio Graziani, rédacteur en chef de la revue Eurasia. (Vous pouvez prendre connaissance des communications de ce colloque, ainsi que des conférences qui y ont été prononcées sur le site du Professeur Moffa, à l’adresse suivante :

http://www.mastermatteimediorente.it )

 

Mais d’ici là, permettez-moi de vous présenter mon intervention :

 

 

Nul ne devrait s’étonner au constat que la charmante muse de l’Histoire, Clio, se retrouve bâillonnée. L’Histoire, en effet, ce n’est pas un quelconque passe-temps innocent, consistant à collectionner des faits et des vétilles anecdotiques. L’Histoire, c’est un bras-de-force permanent, car sa réécriture peut changer la marche du monde. On ne saurait changer le passé, dit le vieil adage. C’est rigoureusement exact. Mais si nous sommes mécontents de notre présent, nous pouvons modifier notre compréhension du passé, et cela changera notre futur. L’homme sait cela depuis des temps immémoriaux ; c’est la raison pour laquelle l’Histoire a été confiée à la bonne garde de cerbères sacrés, afin de garantir la pérennité de la structure du pouvoir et un minimum de continuité. Quiconque a le contrôle du passé est en mesure de déterminer le futur. Le thème de cette conférence a trait exactement à cette question : nous ne sommes pas satisfaits de notre présent, nous nous tournons vers le passé et, en réévaluant celui-ci, nous envisageons d’avoir un minimum de prise sur notre futur. Si, d’aventure, certains chapitres de notre narration historique étaient, de fait, protégés à l’excès, voire carrément déformés, cela nous donnerait encore une raison supplémentaire de nous y attaquer.

 

L’Holocauste n’est certes pas le seul domaine vigoureusement interdit de l’Histoire, dans lequel tout intrus risque de se retrouver dans une sale situation. La question fort ancienne des sacrifices humains juifs vient, en effet, de ré-émerger, en Italie, avec la publication de l’ouvrage Pâques Sanglantes, du Professeur Ariel Toaff. Comme vous le savez sans doute, le Professeur Toaff a démontré que certains juifs accusés d’avoir enlevé et tué des enfants chrétiens, au Moyen Age, étaient effectivement coupables de ce dont on les avait accusés. Ils furent exécutés en raison de ces assassinats brutaux, et en aucun cas victimes d’on ne sait trop quels préjugés chrétiens allégués ou d’on ne sait trop quel antisémitisme primaire. On peut voir là une raison d’être satisfait : les criminels ne furent en rien diffamés, mais reçurent le châtiment approprié ; justice fut faite, et les juifs contemporains devraient se réjouir au constat que le préjugé anti-juif médiéval n’était qu’un mythe, aussi fantasmatique que celui d’Allemands transformant des juifs en savonnettes.

 

Seulement, voilà : les organisations juives n’ont pas été joices du tout… Elles ont attaqué ce professeur, tout juif ès études juives médiévales d’une université israélienne qu’il fût. Et c’est un professeur Toaf mentalement torturé, quasiment crucifié, qui a pris la décision de retirer son livre de la  vente et de le détruire (grâce au Ciel, de nos jours, cela n’est plus aussi facile que par le passé, et ce livre peut être lu sur Internet à l’adresse URL suivante :

http://www.vho.org/aaargh/fran/livres7/pasque.pdf ).

 

L’auteur a refilé les modestes émoluments perçus de son éditeur à l’Inquisition juive, l’AntiDefamation League, et il a été contraint à un nouveau geste de repentance.

[ http://www.haaretz.com/hasen/spages/830711.html ]

 

Le parlement israélien (la Knesset) envisage de mettre le Dr. Toaff en tôle

[ http://www.haaretz.com/hasen/spages/831189.html] ; d’autres entendent simplement lui faire un procès, histoire de marquer le coup et de s’assurer qu’il meure bien dans la pauvreté et la déréliction. Ici, en Italie, il est naturel de comparer le Dr. Toaff à Galilée, ce grand intellectuel italien, qui fut persécuté en raison de ses découvertes scientifiques et qui, à une mort horrible,  préféra se déjuger.

 

Mais il est encore plus indiqué de comparer l’avancée réelle du Dr. Toaff à celle de son collègue juif italien, le Dr. Carlo Ginzburg, l’auteur du Sabbat des Sorcières [Version française : Editions Gallimard, 1992]. Ginzburg a démontré que les Frioulans, les habitants de la région du Frioul, une région italienne limitrophe de la Vénétie, s’adonnaient à une forme de magie noire dérivant de leurs rites de fertilité ancestraux.

 

Toaff est parvenu à un résultat similaire en ce qui concerne les juifs, à savoir qu’eux aussi s’adonnaient à la magie noire, laquelle dérivait de leur culte ancestral de la vengeance et du salut-grâce-au-sang-versé. Mais les Frioulans sont restés sereins, tandis que les juifs ont presque lynché le professeur, démontrant ainsi que les Frioulans sont des gens à l’esprit ouvert, capables de contempler avec une curiosité bienveillante les tours pendables de leurs ancêtres, alors que les juifs sont incapables de digérer la nouvelle – ô combien – traumatisante de leur non-exclusivité, de leur non-élection et de leur non-sacralité.

 

Conjointement au Dr Ginzburg, le Dr Toaff a achevé un processus de réévaluation du Moyen Age déjà très bien décrit par Mircea Eliade, dans son ouvrage Occultisme, sorcellerie et modes culturelles. Eliade a ainsi écrit : « Voici déjà quatre-vingts ans, les chercheurs éminents Joseph Hansen et Henry Charles Lee considéraient que la magie noire était une invention de l’Inquisition, et non des sorciers. Ils estimaient ces histoires de sabbat des sorcières, de rites sataniques, d’orgies et de crimes soit purement imaginaires, soit résultant d’aveux arrachés par la torture. Aujourd’hui, nous savons – poursuivait Mircea Eliade – que la magie noire n’a pas été inventée par l’Inquisition ». Ni non plus, devrions-nous ajouter, les sacrifices humains juifs, dont la preuve a été apportée au-delà de tout doute raisonnable.

 

Toaff a étudié le cas de Simon de Trente, un enfant rituellement assassiné par des ‘négromances’ juifs. La culpabilité d’une poignée de juifs fut établie par le meilleur tribunal auquel on pût rêver à l’époque, et les juifs innocents n’en pâtirent pas plus que les musulmans innocents ont souffert des conséquences des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Un autre cas fut celui de Hugues de Lincoln, un enfant assassiné rituellement en 1225 : sur 90 juifs emprisonnés à la suite de ce crime, plus de 70 furent libérés, leur innocence ayant été établie, tandis que les coupables avérés furent pendus : on le voit : on est, là, extrêmement éloigné d’un lynchage !

 

Commettant un délit effronté de parti-pris ethnique, l’encyclopédie aux mains des juifs Wikipedia qualifie Hugues de Lincoln de « soi-disant assassiné »

[ http://en.wikipedia.org/wiki/Little_Saint_Hugh_of_Lincoln ], alors que l’ « accusation fallacieuse » [et, en réalité, fondée, ndt], clairement établie (à ses yeux) est, quant à elle, qualifiée de « diffamation sanglante » [eng. ‘blood libel’]. Le « Blood libel » est une définition standard de ces affaires, insinuant que des juifs par définition toujours innocents étaient accusés fallacieusement par des Chrétiens pleins de préjugés à leur encontre. Mais si une leçon morale peut être retirée de ces vieilles affaires criminelles, en voici la teneur : le sens européen de la justice et de l’équité a toujours, invariablement, prévalu ; tandis que les juifs coupables furent châtiés, les juifs innocents vécurent et prospérèrent, bien qu’ils représentassent l’unique communauté non-chrétienne en Europe.

 

La justice musulmane n’était pas mauvaise, elle non plus. Dans un cas survenu en 1840, à Damas, un moine catholique fut assassiné par quelques juifs qui avouèrent leur crime et furent châtiés. Mais cela n’interféra en rien dans la prospérité de leurs coreligionnaires, et Farkhi, un juif de Saint-Jean d’Acre, était considéré l’homme le plus riche de toute la Syrie, y compris après cette affaire des Disparus de Damas. Le crime fit l’objet d’une enquête du grand orientaliste Sir Richard Burton, consul d’Angleterre à Damas, lequel, bien que philosémite invétéré (« M’eût-on offert la possibilité d’opter pour une race, il n’en est aucune à laquelle j’aurais choisi d’appartenir aussi volontiers que la race juive »), il accepta le verdict de culpabilité, dans ce cas d’espèce, et il écrivit un compte-rendu détaillé de toute cette affaire.

 

Les juifs de Londres acquittèrent un prix considérable [ils se saignèrent quasiment aux quatre veines, pour changer… ndt]  

[ http://www.fpp.co.uk/BoD/origins/BurtonMS2.html ] pour acheter le manuscrit de Burton à ses héritiers, et ledit manuscrit n’a jamais été édité (ni a fortiori publié) jusqu’à ce jour : il est conservé, à l’abri des regards indiscrets, dans les coffres-forts du Board of Deputies of British Jews [une organisation équivalente, en Grande-Bretagne, au CRIF français, ndt]. Un journaliste britannique juif, Aaronovitch, a réprimandé la Syrie, dont un ministre avait osé écrire à ce sujet ; Aaronovitch n’a jamais fait mention de l’enquête menée par Burton. Il s’est contenté de crier : « carton rouge : diffamation sanglante ! », comme si c’était là le coup de sifflet indiquant la fin de la partie…

 

De fait, avant même l’Holocauste, la diffamation sanglante existait ; Quand on lit les textes juifs et judéophiles datant d’avant la Seconde guerre mondiale, on remarque que la place que prend de nos jours dans l’univers judéocentrique le dogme holocaustique n’était pas vacante : elle était occupée par des pogromes en Russie, par l’affaire Dreyfus en France, par l’Inquisition, par l’expulsion des juifs d’Espagne, par la destruction du Temple de Jérusalem et, dans une large mesure, par – bingo – les « diffamations sanglantes » ! Tous ces discours véhiculaient un seul et même message : ils proclamaient éternelle, unique, inexpliquée et sans fondement une souffrance des juifs exclusivement causée par la haine irrationnelle des Gentils ; ils unifiaient et mobilisaient les juifs contre les Goyim ; ils permettaient de relâcher pour partie une surpression d’envie, d’hostilité et de méfiance [envers les juifs], transformant au passage ces sentiments négatifs en pitié, voire même engendrant des sentiments de culpabilité chez les Goyim, y compris les moins crédules.

 

L’affaire du Dr Toaff peut aider nos amis surinvestis dans la narration holocaustique à découvrir le pot aux roses. Je respecte les dissidents / négationnistes, car ils vont à contre-courant ; mais je ne partage pas leur enthousiasme. Certes, ces histoires de souffrance imméritée et unique peuvent être démolies sur des bases factuelles. C’est ce qu’a fait le Dr. Serge Thion, concernant l’Holocauste, quand il a fait observer qu’Elie Wiesel, le grand conteur de l’Holocauste, a préféré coller aux basques de ses persécuteurs nazis plutôt que de rester avec ses libérateurs russes. C’est aussi ce qu’ont fait le Dr Toaff et Sir Richard Burton, en ce qui concerne les sacrifices rituels, démontrant que la réaction des autorités [des époques concernées] a été, dans tous les cas connus, mesurée et légitime.

 

L’historien russe Kozhinov a, quant à lui, étudié les pogromes en Russie ; il a prouvé que ces affrontements violents ont causé en bien plus grands nombres la mort de non-juifs que de juifs. Le plus important, et le plus sanglant de ces pogromes, celui de Kichinev, a été décrit par Bialik, le poète national juif, comme le pire des massacres, avec des rues inondées de sang et, dans un récent numéro de Ha’aretz, un journaliste israélien a écrit que « personne ne doute du droit à l’existence de la nation russe au motif que des chrétiens ont crevé avec leurs ongles les yeux à des enfants juifs de Kichinev, au début du vingtième siècle. » Toutefois, contrairement aux cas des bébés italien et anglais torturés à mort par des adeptes juifs de la magie noire, ces allégations d’ « yeux crevés avec les ongles, etc. » ne sont que les fruits d’une imagination débordante, que l’on peut démonter quasi instantanément, alors que le total des victimes, à Kichinev, s’élevait à 45 personnes, soit un quart des victimes du massacre sioniste de Deir Yassine ou l’équivalent du tribut mensuel en victimes de la répression de l’Intifada palestinienne. 

 

Ainsi, toutes ces histoires de soi-disant souffrances [juives] non sollicitées sont susceptibles d’être démolies. Mais pourquoi (allez-vous me demander) se donner cette peine, dès lors que les thaumaturges de ces récits mythiques ont pour seule ambition de faire passer l’idée que les juifs seraient uniques et spéciaux, qu’ils auraient plus souffert que quiconque et que ce serait là, en l’occurrence, la raison pour laquelle ils seraient fondés à n’en faire qu’à leur tête, étant les meilleurs, tandis que quiconque en douterait serait obsédé par un antisémitique mystique ? Ces narrations ne sont mises en avant qu’à la seule fin de déclencher l’ire des juifs contre leurs persécuteurs allégués. C’est tout. [en français dans le texte, ndt]

 

Ces histoires de victimisation me déplaisent fondamentalement, et pas seulement parce qu’elles sont faibles, du point de vue factuel. Elles le résultat, mais une cause de souffrances bien réelles. A chaque fois que ces histoires de « persécutions non provoquées » sont mises en avant, n’en doutez pas : ceux qui les promotionnent sont en train de préparer une de ces atrocités bestiales de derrière les fagots, dont ils ont le secret. Les juifs ont brandi l’histoire de l’Holocauste et ils ont éradiqué la paisible population palestinienne la même année : 1948. Les Arméniens ont raconté l’histoire de leur souffrance « unique et non provoquée », tout en massacrant les civils innocents du Karabağ, lors de la guerre de 1991-1994, contraignant au départ des centaines de milliers de réfugiés de cette région vers Bakou. Les Polonais et les Tchèques, enflammés par les histoires de leurs souffrances alléguées sous le Reich, ont expulsé des millions d’Allemands ethniques de leurs terres ancestrales, tandis que les Ukrainiens se racontant les histoires de leur souffrance à Rzecz Pospolita ont massacré, par milliers, les Polonais de Volyn.

 

Toute politique nationaliste (ou chauvine) équivaut à une politique raciste, comme l’a souligné Otto Weininger : ainsi, les féministes ont promotionné un récit de femmes souffrant du fait de leur « oppresseur mâle éternel », causant l’éclatement de nombreuses familles, l’appauvrissement des femmes et l’émasculation des mecs. Une narration de ce type peut être équilibrée par une contre-narration. S’il est vrai que les hommes décrochent le pompon en matière de violences physiques, les femmes sont les championnes en matière d’agression verbale. La langue acérée de Lady Macbeth est non moins coupable que la dague affilée de Macbeth. Les femmes savent très bien comment provoquer un homme ; et les hommes réagissent – parfois par un baiser, parfois par un gnon, parfois avec une balle. José a certes tué, mais il ne l’aurait pas fait, s’il n’avait été provoqué par Carmen. En dépit du mythe très bien mis en valeur du type de nana body buildée Barb Wire, les femmes sont moins douées dès lors qu’on en arrive aux horions. C’est la raison pour laquelle elles ont tendance à s’interdire la violence physique, tout en laissant libre cours à la violence verbale et en s’efforçant de faire disparaître la notion de provocation du code pénal.

 

Mais revenons à nos moutons. Si les Turcs ont massacré, c’est parce que les Arméniens ont provoqué ; et à chaque fois qu’il y eut des exactions contre des juifs, elles avaient été causées par des exactions des juifs. De fait, négationniste jusqu’au trognon, je nie l’existence même de l’antisémitisme, cette « haine irrationnelle [alléguée] envers les juifs ». Cela n’existe tout bonnement pas. La juiverie a été combattue, comme toute forme de pouvoir, depuis l’Eglise catholique romaine jusqu’à la Standard Oil Corporation. Les juifs ne sont pas des agneaux, mais bien un facteur tout à fait actif de la vie idéologique et économique. On peut être de leur côté, ou contre eux. Mais, de là à les « haïr » ? Certainement pas. Les non-juifs ont généralement été bien plus conciliants envers les juifs que l’inverse. Même la fameuse « diffamation sanglante », on l’a vu, s’avère non pas une diffamation, mais un crime tout ce qu’il y a de bien réel.

 

Y a-t-il eu des exactions antijuives, en Europe et au Moyen-Orient ? C’est indéniable. Mais furent-elles causées par une « haine irrationnelle » ? Et mon c.l, c’est du poulet ? En 1911, le gouvernement américain détruisit le puissant empire économique de John D. Rockefeller. N’étant pas juif, Rockefeller ne put prétendre que cette mesure aurait été dictée par l’antisémitisme. Il n’a pas dit non plus que la raison en était que les gouvernants américains n’aimaient pas son look, sa race, son éducation, ses manières, ou qu’il s’agissait d’un châtiment divin de ses péchés. Ils ont fait sauter la Standard Oil Company parce qu’elle était devenue trop puissante. Point barre. Pour la même excellente raison, le président russe Vladimir Poutine a dissous la compagnie pétrolière de ses oligarques hors-la-loi. Non parce qu’ils étaient juifs, ni parce qu’ils soutenaient la démocratie. Le pouvoir crée la demande d’un contrepouvoir, la force appelle une contre-force. Or les juifs étaient – et représentent encore aujourd’hui – un pouvoir.

 

La juiverie est plus puissante que l’Eglise catholique, comme nous l’enseigne le sort d’un savant italien auquel nous pouvons comparer le Dr Toaff. Hier, tout près de la place principale de cette ville, j’ai vu une plaque commémorant Giordano Bruno, ce martyr de la science. Cette plaque indiquait : « Il fut exécuté par l’Eglise catholique, cette ennemie de la science. » Parcourez des centaines d’ouvrages, immergez-vous dans Internet, vous verrez partout que l’Eglise est coupable de ce crime. Vous pouvez le dire en toute liberté ; personne ne vous gueulera après, hystériquement : « TOUTE l’Eglise ? Un milliard de catholiques, du Brésil à la Pologne – tous ces gens seraient donc coupables ? Honte à vous ! Vous êtes anticatholique ! » De fait, le précédent pape a même présenté des excuses pour l’exécution de Giordano Bruno [étayant ainsi la véridicité de l’accusation, ndt], suivant son habitude.

 

En vain chercherez-vous, en revanche, une plaque commémorant un philosophe, savant et sceptique juif, le rabbin Samuel Ibn Zarza, auteur du Miklal Yofi, qui exprima ses doutes au sujet de la Création du monde, et qui fut brûlé sur le bûcher à Valence (en Espagne) – sur ordre des juifs.

 

Bon, là, je m’arrête un instant… J’attends vos hauts-cris : « TOUS les juifs ? Antisémite ! »

 

Ah bon, ça ne vient pas ?… Personne ne le hurle ? Bon ; nous pouvons donc poursuivre…

 

Dans le Livre du Lignage, un ouvrage [d’Abraham Zacuto] du 15ème siècle, que j’ai eu le grand plaisir de traduire en anglais, on trouve une glose qui dit : « Au moment où les rabbins lisaient le passage « en telle ou telle année depuis la création du monde », ce Zarza prenait sa barbe dans sa main et faisait allusion à la préexistence du monde, en agitant sa barbiche de haut en bas. Le chef rabbin Isaac Campanton se levait et disait : « Pourquoi le bûcher n’est-il pas encore allumé ? Allumons le bûcher ! » (Zarza est un mot castillan désignant une plante buissonnante ; ainsi, ce jeu de mot fait-il allusion à Exode 3:3). Les rabbins le traînèrent devant leur tribunal, et ils le condamnèrent à être brûlé vif sur un bûcher jusqu’à ce que mort s’ensuive, au motif qu’il affirmait la préexistence de l’univers [avant l’apparition de l’homme, ndt] »

 

Ainsi, nous avons deux savants, tous deux morts sur le bûcher… Mais l’un fut envoyé au bûcher par l’Eglise, tandis que l’autre l’y fut par les juifs. Si vous entrez dans les détails, vous trouverez des similitudes supplémentaires : c’est évidemment à l’instigation des juifs que Samuel Ibn Zarza fut condamné à mort par le tribunal et exécuté. Mais il y a de fortes présomptions que les juifs aient également joué un rôle très actif dans la condamnation à mort de Giordano Bruno, car celui-ci était fortement antijuif. Il les qualifiait de « race si pestilentielle, lépreuse et manifestement dangereuse qu’ils méritaient d’être éradiqués et détruits, avant même leur naissance » [Giordano Bruno, in Lo Spaccio della Bestia Trionfante (1584)]. Cette opinion contribua à sa mise à mort, car même à l’époque, les juifs avaient les moyens de se faire entendre des gouvernants, et il y avait toujours suffisamment de responsables officiels empressés d’exécuter leurs ordres. Mais dans le cas de Bruno, on ne trouve pas de traces écrites de ceci, c’est pourquoi son procès et son exécution sont connus encore aujourd’hui, alors que ceux de Samuel Ibn Zarza sont tombés dans l’oubli, ou sont niés, le cas échéant.

 

Si vous vous connectez sur l’encyclopédie en ligne Wikipedia, éditée par les juifs, vous lirez : « … bien que Samuel Shalom (un sage juif du 16ème siècle) affirme que Zarza aurait été condamné au bûcher par le tribunal de Valence sur dénonciation du rabbin Isaac Campanton, qui l’aurait accuser de nier la création du monde, des historiens ont prouvé que cette assertion n’est que pure légende. » Ainsi, le Ministère juif de la Vérité, fabriquant d’histoire et contrôleur en chef, peut encore décider et imposer ce qui s’est réellement produit et ce qui était et demeure « pure légende » : même dans ses rêves les plus fous, l’Eglise catholique ne saurait aspirer à détenir un pouvoir aussi exorbitant.

 

Le pouvoir juif est-il susceptible d’être quantifié ? Voici de cela quelques mois, l’hebdomadaire britannique The Economist a publié une carte du monde inhabituelle : le territoire d’un pays donné y était représenté proportionnellement à son PIB. C’est là une carte qui en dit long : l’Inde était plus petite que la Hollande, l’ensemble de l’Amérique latine était à peine plus grand que l’Italie ; Israël était plus important que l’ensemble de ses voisins arabes. Cette carte n’était pas exactement celle des pouvoirs. En effet, pour tracer une carte réelle du monde, de ce point de vue, il faut aussi prendre en considération d’autres paramètres : la force militaire, les capacités nucléaires et conventionnelles, l’influence discursive, en fonction de la production de films, de livres, de journaux, des chaires universitaires, des positions internationales. Sur une carte des pouvoirs de cette nature, la juiverie apparaîtrait tout à fait impressionnante. Les juifs représentent un pouvoir important, dans le monde où nous vivons. Ils constituent une puissance de première grandeur, plus puissante que l’Eglise catholique, à coup sûr plus puissante que l’Italie ou que n’importe quel pays européen, plus puissante que Shell et Agip ou que tout autre multinationale.

 

En astronomie, il y a un phénomène qu’on appelle « trou noir » : une étoile extrêmement dense et pesante modifie la géométrie de l’espace environnant, si bien que ses rayons lumineux ne peuvent s’arracher au piège de gravité qu’elle génère. Une telle étoile – ou trou noir – est invisible, précisément en raison de son extrême énergie (puissance). De la même manière, la juiverie est un des tabous les plus puissants de notre époque. Le fameux débat sur le lobby juif aux Etats-Unis, autour de l’assertion : « c’est la queue qui remue le chien », est une tentative pour contourner ce tabou sans, de fait, le briser. A l’évidence, un petit pays moyen-oriental tel qu’Israël ne peut « remuer le chien états-unien ». Le lobby pro-israélien de l’Aipac et consorts ne peut pas faire grand-chose, en dépit de ses efforts. Mais le lobby israélien et l’Etat d’Israël sont perçus comme des manifestations du ce trou noir, de ce géant innommable : la juiverie.

 

Au cours d’un récent débat entre James Petras et Norman Finkelstein, le Dr Petras « brûle », quand il décrit le lobby pro-israélien comme « tout un enchaînement de boîtes à idées (think tanks) pro-sionistes, avec l’American Enterprise Institute au sommet, et en redescendant la pyramide… toute une configuration de pouvoir, qui, bien loin de comporter le seul Aipac, implique les Présidents des Principales Organisations Juives Américaines, qui sont non moins de cinquante deux… et des individus occupant des positions cruciales dans le gouvernement (Elliott Abrams, Paul Wolfowitz, Douglas Feith et consorts),… sans oublier l’armée des publicistes ayant accès aux principaux quotidiens… les mécènes ultra-friqués du parti démocrate, les magnats des médias faisant la pluie et le beau temps au Congrès comme dans l’exécutif ». Non, ça n’est pas un simple lobby, andouille : c’est la Juiverie !…

 

Pourquoi est-elle aussi puissante, de nos jours ? Dans mon ouvrage Pardès, j’ai livré mon interprétation. Historiquement, de par sa nature même d’église alternative, la juiverie trouvait en face d’elle un ennemi traditionnel à qui parler : l’église apostolique (et romaine, ndt). La domination de l’Eglise catholique ayant été mise à bas, cette église alternative qu’est la juiverie a surgi, comme champignon après la pluie. Mais, au cas où cette explication serait par trop complexe, ou inacceptable, pour des marxistes de stricte obédience, on peut la traduire en dollars et en euros… 

 

Récemment, le magnat juif Zev Chafets a pris fait et cause pour le sportif américain Richardson, lequel avait été suspendu pour avoir dit que les juifs sont puissants et démerdards. Ce Richardson avait dit : « Les juifs ont le meilleur système de sécurité au monde. Etes-vous jamais allé à l’aéroport de Tel Aviv ? Pour ça, on peut dire que ces mecs sont démerdards. Ecoutez : ils sont haïs dans le monde entier : donc, ils doivent être madrés. Ils ont énormément de pouvoir, dans le monde actuel, vous me suivez ? Et je pense que c’est très bien ainsi. Je ne pense pas qu’il y ait là quoi que ce soit de répréhensible. Si vous prenez la plupart des disciplines sportives professionnelles, vous constaterez qu’elles sont dirigées par des juifs. Si vous prenez bon nombre des branches professionnelles, de secteurs commerciaux, d’entreprises… les plus florissants, vous voyez qu’ils sont gérés juif [sic]. Ce n’est pas un scoop : pour ça, on peut dire que les juifs savent mener leur barque… »

 

Chafets a rétorqué : « Excusez-moi, mais je ne vois pas que Richardson ait dit quoi que ce soit d’offensant. De fait, les juifs, en tant que peuple, sont doués ; je parle d’expérience. Et ils sont fiers de l’être (spécialement ceux qui sont idiots). Qu’a donc dit d’autre ce Richardson, qui aurait été offensant ? Qu’Israël a le meilleur système de sécurité aéroportuaire au monde ? Mais c’est là, à la fois, la stricte vérité et quelque chose dont Israël peut tirer une légitime fierté. Le fait que les juifs sont [unanimement] haïs, et qu’ils ont [donc] besoin d’assurer leur autoprotection ? Mais c’est là le principe fondateur même de l’Anti-Defamation League ! Il est vrai que Richardson pousse le bouchon un petit peu trop loin, quand il affirme que ce sont des juifs qui détiennent la plupart des équipes sportives. A ce que j’en sais, les juifs (qui représentent, en gros, 1 % de la population) ne détiennent qu’environ la moitié des équipes de la NBA [National Basket Association, ndt ] (et une part non négligeable des fédés de foot et de baseball, également). Alors quoi ? Quant à la remarque que les juifs sont à la tête de beaucoup d’affaires juteuses… : ne me faites pas marrer ! Les juifs sont très vraisemblablement le groupe ethnique qui réussit le mieux, économiquement parlant, aux Etats-Unis. Cela pose-t-il un quelconque problème ? »

 

A cette question (« Cela pose-t-il un quelconque problème ? »), David C. Johnston a répondu, dans le New York Times. Il a écrit, en effet : « Les disparités de revenus ont crû de manière importante aux Etats-Unis en 2005, les 1 % d’Américains percevant les revenus les plus élevés – c’est-à-dire dont les revenus, cette année-là, dépassaient les 348 000 dollars – bénéficiant de la plus grosse part du gâteau PIB depuis 1928, indique l’analyse des données fiscales publiées dernièrement. Ces nouvelles données montrent par ailleurs que les 300 000 Américains les plus fortunés ont reçu, ensemble, pratiquement autant de revenus que les 150 millions d’Américains les plus modestes. Per capita, les heureux élus du premier groupe cité ont perçu environ 440 fois plus d’argent que le salarié moyen de la moitié inférieure des revenus, ce qui correspond à un quasi doublement du gap constaté continûment depuis 1980 ».

 

S’il est une question à laquelle Johnston n’apporte aucune réponse (il ne la pose d’ailleurs même pas), c’est bien celle-ci : sur les « 300 000 Américains les plus fortunés ayant reçu, ensemble, pratiquement autant de revenus que les 150 millions d’Américains les plus modestes », combien appartiennent « au groupe ethnique réussissant le mieux, économiquement parlant, aux Etats-Unis » ? Ne doit-on pas s’attendre à ce que – en l’absence d’une Eglise nationale ou de tout autre garde-fou non économique – leur influence sur la politique des Etats-Unis soit le reflet, en gros proportionnel, de leurs revenus cumulés ?

 

La « démocratie » est un système politique idéal, dans lequel chaque personne détient une voix et toutes les voix sont égales. Cet idéal peut difficilement être réalisé, même en l’absence d’inégalité économique, car les gens sont plus ou moins influents, en raison de leurs capacités personnelles mêmes. Dans les conditions décrites par Johnston, où un membre de l’élite dispose des revenus de cinq cents citoyens ordinaires, la démocratie est sévèrement menacée. Mais cet idéal est carrément trahi si ces membres de l’élite possèdent les mass médias et sont, de ce fait, en mesure de formater la vision qu’ont du monde ceux qui n’y appartiennent pas. Dès lors que ces magnats des médias forment des conglomérats, comme c’est actuellement le cas aux Etats-Unis, la démocratie perd tout son sens.

 

Je suis de tout cœur avec Frau Merkel, qui a dit : « Une presse libre est la pierre angulaire de notre société, et le fondement de toutes nos libertés. » Mais je n’imagine même pas ce qui l’amène à considérer que la presse soit libre, dès lors qu’elle est possédée par des magnats juifs et des magnats judéophiles tels Alfred Neven DuMont, le propriétaire de l’une des plus anciennes maisons d’éditions en Allemagne et copropriétaire du quotidien israélien Haaretz (elle a dit ça à l’occasion de la célébration de son anniversaire…) ou, chez vous, en Italie, par Berlusconi ? En quoi cette presse est-elle plus libre qu’une presse contrôlée par l’Etat, comme dans la Russie de Poutine ? Un Etat peut, lui, au moins, prétendre qu’il représente la totalité de ses citoyens…

 

Pourquoi insisté-je sur « des magnats juifs et des magnats judéophiles » ? « Des magnats des médias », cela devrait amplement suffire, non ?

 

Pas vraiment… Un Haaretz détenu par DuMont peut se permettre de publier un article intitulé ‘Confessions d’un raciste antiallemand’

[ http://www.haaretz.com/hasen/spages/851722.html ], mais un quotidien allemand détenu par DuMont ne publiera jamais un article écrit par quelqu’un qui n’aimerait pas les juifs. La judéophilie intègre les magnats des médias et leurs holdings dans une unique machine totalitaire, comme l’idéologie communiste intégrait tous les médias soviétiques dans un unique appareil totalitaire (et passablement emmerdant). Cette comparaison peut être développée : aux Etats-Unis, et en Occident, de manière générale, la juiverie occupe les sommets du contrôle naguère tenus par le Parti Communiste en URSS : pratiquement non mentionné dans la Constitution, formellement extérieur à l’appareil d’Etat, ce corps opaque, ce « trou noir », contrôle tous les processus, sans être en quoi que ce soit contrôlé par des instances externes. Joe Public [Monsieur Dupont, aux Etats-Unis, ndt] n’est pas représenté au bureau des Présidents des Principales Associations Juives Américaines, pas plus qu’Ivan Publicoff [Monsieur Dupond, en Russie, ndt] ne l’était au Politburo…

 

Jadis, cette position était tenue par l’Eglise. Les campagnes anticléricales consommaient le plus gros de l’énergie et de la pensée populaires, à la fin du dix-neuvième et au début du vingtième siècle. La plainte principale était que l’Eglise contrôlait la société, mais qu’elle n’était pas contrôlée par icelle. Le Parti communiste, en Russie (ou le parti fasciste, chez vous, en Italie, en tenant compte de toutes les différences perçues et reconnues), dut faire face aux mêmes récriminations.

 

Il est plus que temps de s’occuper du dernier usurpateur en date, car la majorité des populations n’a pas sifflé (ni a fortiori élu) la juiverie, à ce que je sache, pour qu’elle vienne ainsi diligenter et contrôler son processus de réflexion. L’influence excessive de la juiverie est un indicateur d’un manque de démocratie : dans un pays réellement démocratique, la juiverie aurait une influence proportionnelle à son poids démographique. Mais l’histoire n’est pas terminée [désolé, Francis ! ndt] et la liberté peut être sortie du placard, en envoyant balader la juiverie là où l’Eglise et le Parti ont été envoyés bouler – dans une modeste niche de notre dynamique société.

 

Les négationnistes de l’Holocauste pensent que le pouvoir juif s’effondrera dès que le narratif holocaustique aura été sapé. Ils croient, en effet, que « le pouvoir juif est fondé sur le mensonge ». Je ne suis pas d’accord. Le pouvoir de la juiverie est tout à fait réel ; il est fondé sur l’argent, sur l’idéologie et sur tout ce sur quoi est fondé n’importe quel pouvoir. Ce pouvoir bien réel pourrait (et devrait) être démoli ; ceci une fois fait, la narration holocaustique n’intéresserait plus personne, mis à part les membres du Club.

 

Placée sous l’égide de l’amour de la liberté et de la compassion, cette solution serait bonne, pour les juifs considérés individuellement. En effet, dans quelle position se retrouve un juif, face à la Juiverie ? Sa position est exactement la même que celle d’un quidam du parti, face à l’appareil du Parti. Dans les derniers jours de l’Union soviétique, on ne dénombrait pas moins de 16 millions de membres du Parti ; être membre du Parti, c’était intéressant. Mais quand l’appartenance au Parti cessa d’apporter un quelconque avantage, les adhésions se réduisirent à quelques centaines de milliers, seulement. N’y voyez aucunement une tragédie : les Communistes d’hier ont recouvré leur liberté. Certains d’entre eux (comme Ieltsine) sont devenus anticommunistes ; d’autres ont laissé tomber la politique et se sont reconvertis à la foi religieuse, au commerce ou au business. Ceux qui sont restés communistes ne regrettent pas non plus l’effondrement du Parti : ils sont débarrassés des hypocrites, et ils n’ont plus à se préoccuper de faire plaisir à des millions de petits bourgeois ; ils peuvent, enfin, proclamer ce en quoi ils croient vraiment.

 

De manière identique, démanteler la Juiverie en ramenant son influence à due proportion de son importance démographique provoquera un exode idéologique massif. Sur environ 16 millions de juifs, quelques centaines de milliers de croyants resteront probablement fidèles à la Loi mosaïque et à l’étude du Talmud et de la Cabbale (Que Dieu les bénisse !). Quant aux autres –l’immense majorité –, ils trouveront d’autres centres d’intérêt et d’autres allégeances (Que Dieu les bénisse, aussi !). Mais tous seront reconnaissants à des dissidents tels le Dr Toaff, qui, ayant enterré le mythe de l’antisémitisme, les auront finalement aidés à recouvrer leur liberté.

 

Mais, peut-on se demander, les juifs ne peuvent-ils pas être libres, à l’intérieur, précisément, du cadre de cette Juiverie ? Dans les années 1970 – 1980, un débat similaire fit florès, à propos de la liberté et du pluralisme à l’intérieur du Parti communiste. Finalement, cela n’a débouché sur rien.

 

La Juiverie est non moins monolithique que l’était le Parti ; elle aussi laisse s’exprimer quelques opinions dissonantes, mais cette expression symbolique est bien insuffisante. En Israël, à ma droite, un certain Gilad Sharon veut destituer les non-juifs de leur nationalité israélienne [ http://www.haaretz.com/hasen/spages/851868.html ] et, à ma gauche, un certain Avnery (Uri, pour les intimes) propose, de fait, exactement la même chose

[ http://zope.gush-shalom.org/home/eng/channels/avnery/1177227796/ ].

 

Nous pouvons – que dis-je, nous devons – aider les juifs à recouvrer leur liberté, de la même manière que les membres du Parti [communiste soviétique] et, avant eux, les fidèles de l’Eglise [catholique] ont été aidés à reconquérir leur liberté de choisir.

 

°°°°°°

 

Clio Gagged

By Israel Shamir

(A Talk given in Teramo University, Italy, at the Conference on Holocaust and the Middle East: the Gagged History, on April 18, 2007)

 

 Dear Reader,

Italy is glorious this time of year, with lush green grass covering valleys, with first figs breaking out, and cherry blossoms already being blown away by spring rains. I was there at a conference on Holocaust and the Middle East: the Gagged History, organised by the great Professor Claudio Moffa, a Paul Newman look-alike; a tall, lanky, noble-looking and blue-eyed Italian who excels in charging into one-way lanes the wrong way. His dislike for prohibitions is not limited to traffic signs: it seems it is enough to put a No Entry sign anywhere, even in some historical discussion, and the man will charge head on. He found the hottest and most tabooed part of European discourse and organised a conference, well attended by history professors, – from the Universities of Siena and Calabria, Torino and Napoli, Rome and Urbino, by writers and journalists from all over Italy, me being the only foreigner. The conference took place in Moffa’s university of Teramo, a charming, quaint medieval town in the Abruzzi Mountains, in the shade of Gran Sasso’s snow peaks. Among many attendees and speakers I’d mention Prof Mauro Manno, whose articles you can find on my site, and Dr Tiberio Graziani, the editor of Eurasia Magazine. You can read about the conference, and the talks given there on Prof Moffa’s site http://www.mastermatteimedioriente.it/ , while here I offer you my talk:   

 

 

One should not be amazed that the gentle muse of history, Clio, finds herself gagged. History is not a peaceful collection of facts and trivia. History is a perpetual tug-of-war, for its re-writing may change the world. One can’t change the past, so goes the old adage, and it is true. But if we are dissatisfied with our present, we may change our understanding of past, and this will change our future. This has been known since time immemorial, and this is why history was given into custody of sacred keepers, to ensure the power structure and some continuity. Whoever controls the past determines the future. The subject of this conference deals exactly with this topic: we are dissatisfied with present, we turn to the past, and by re-assessing it we plan to influence future. If some parts of the historical narrative are strongly defended, or perverted outright, the more reason we have to attack it.

By no means is the Holocaust the only vigorously defended domain of history, where an offender may find himself in deep water. The old case of Jewish human sacrifices re-emerged recently in Italy, with the publication of Professor Ariel Toaff’s book, Passovers of Blood. As you may already know, Prof Toaff proved that some Jews accused of kidnapping and killing Christian children in the Middle Ages were actually guilty as charged. They were executed for brutal murder, and they weren’t victims of alleged Christian prejudice or primordial antisemitism. One may think it would be a reason for celebration: the criminals were not libelled but properly punished; justice was carried out, and modern Jews should be happy that the medieval anti-Jewish prejudice is but a myth, akin to the myth of Germans turning Jews into soap.

But the Jewish organisations were not happy at all. They attacked the Jewish Professor of Medieval Jewish studies in an Israeli University; the mentally tortured, almost crucified professor Toaff withdrew and destroyed the book (mercifully in our days it is not that easy, and the book can be read on the web on http://www.vho.org/aaargh/fran/livres7/pasque.pdf ), surrendered the small amount of money he got from the publisher to the Jewish inquisition of ADL, and was forced to a new act of repentance.

The Israeli parliament (Knesset) plans to send Dr Toaff to jail, others intend to sue him for all it is worth, and see that he dies a pauper and an outcast. Here in Italy, it is natural to compare Dr Toaff with Galileo, this great Italian scholar, who was persecuted for his scientific discovery, and preferred repentance to a fiery death.

But the actual achievement of Dr Toaff is best compared to that of his Italian Jewish colleague, Dr Carlo Ginzburg, the author of The Witches’ Sabbath. Ginzburg proved that the Friulians, that is people of Friuli, neighbours of Venice, were dabbling in Black Magic, growing out of its ancient fertility ritual. Toaff achieved a similar result for the Jews, that they were dabbling in Black Magic and that it grew out of their ancient cult of vengeance and salvation-through-blood. But the Friulians remained calm, while the Jews almost lynched the Professor, thus proving that the Friulians are open-minded folk that can look with mild curiosity at the misdeeds of their ancestors, while the Jews still cannot come to terms with their non-exclusivity, their non-Chosenness, and their non-sacrality.

 

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